Un cri surgi de la nuit
193 pages
Français

Un cri surgi de la nuit

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Description

Yaya est un jeune étudiant de vingt-trois ans. Ployant sous le fardeau de sa condition d’enfant illégitime, abandonné dès la naissance par une mère au destin tragique, brouillé avec un grand-père qui l’a élevé seul, mais, surtout, l’âme ruinée par le viol d’une amie auquel il a assisté, impuissant, à treize ans, il se réfugie dans la solitude et une foi solide. « Venait toujours pourtant le moment où même l’Omnipotence de Dieu ne suffisait plus à combler le terrible vide qui s’était emparé de mon âme ». Yaya sortait alors précipitamment de sa chambre de Colobane et respirait, puis marchait… pour ne point demeurer. C’est au cours d’une de ses longues promenades nocturnes vers la corniche Ouest de Dakar qu’il entendit un cri surgi du hurlement des vagues, le cri d’une femme : « Mû par la peur, guidé moins par le courage que par l’envie de rédemption, je me dirigeai vers le cri, je me dirigeai vers toi, je me dirigeai vers mon destin ». L’auteur nous entraîne dans une histoire sombre, dans laquelle le lecteur assiste à la destruction d’un homme par les non-dits et l’hypocrisie d’une société encore plus sombre.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 février 2021
Nombre de lectures 177
EAN13 9782343222165
Langue Français
Poids de l'ouvrage 2 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,05€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

MOûhaadOû FalIlOû Dioum
Un crI sûrgI de la nûIt
rOan
Un cri surgi de la nuit
Collection :Nouvelles Lettres Sénégalaises (NLS)
NOUVELLES LETTRES SÉNÉGALAISES (NLS) Collection dirigée par Dr Abdoulaye Diallo
DIALLO Khalil,L'odyssée des oubliés,roman, « Nouvelles Lettres Sénégalaises », décembre 2020. Falia,Ci-gisent nos dieux,roman, « Nouvelles Lettres Sénégalaises », octobre 2020. HANE Ibrahima,L'écume du temps« Nouvelles Lettres, roman, Sénégalaises », octobre 2020. KANE Abdoul,Les eaux noires, roman, « Nouvelles Lettres Sénégalaises », mai 2020.
SOW Seydi,Un fleuve de silence pour les larmes du cœur, roman, « Nouvelles Lettres Sénégalaises », mai 2020. DIALLO Khalil,À l'orée du trépasNouvelles Lettres, roman, « Sénégalaises », octobre 2018. BA Said Mouhamed,La révolte du sexe, roman, « Nouvelles Lettres Sénégalaises », octobre 2016. FALL Habib Demba, Les trésors du chaos. roman, « Nouvelles Lettres Sénégalaises », juillet 2016 DIA Hamidou,Les sanglots de l'espoir, roman, « Nouvelles Lettres Sénégalaises », juin 2016 NDIÉGUÈNE Ndèye Marie Aida,Un lion en cage, roman, « Nouvelles Lettres Sénégalaises »,mai 2016 BENGA Sokhna,Bris d'ombreNouvelles Lettres, roman, « Sénégalaises », mars 2016 KANE Abdoulaye Élimane,Les Dissidents, roman, « Nouvelles Lettres Sénégalaises », août 2015. NDIAYE Amadou Alain,24 impasse Salonique, roman, « Nouvelles Lettres Sénégalaises », juin 2013
Mouhamadou Falilou Dioum
Un cri surgi de la nuit Roman
NLS
© L’HARMATTAN-SÉNÉGAL, 2021 10 VDN, Sicap Amitié 3, Lotissement Cité Police, DAKAR
http://www.harmattansenegal.com senharmattan@gmail.com senlibrairie@gmail.com
ISBN : 978-2-343-22216-5 EAN : 9782343222165
Aux âmes confinées
7
J’ouvre les yeux. Un nouveau jour se lève ; des rais de lumière d’un soleil pur perlent à travers la vitre translucide de la fenêtre. Il a dû pleuvoir cette nuit, de cette pluie abondante, mais muette, qui nettoie sans abattre, qui rafraîchit sans tourmenter. Me parviennent, du dehors, le gazouillement des oiseaux et le stridulement des criquets… et le caquetage des poules… et le coassement des crapauds… tous ces bruits qui me sont si familiers qu’ils en sont devenus silencieux.
Où suis-je ? Une poignante migraine me saisit à chaque effort de mémoire… Je vois une poche de perfusion à moitié vide accrochée au bout d’une potence, une table en bois sur laquelle sont posés des flacons de toutes les couleurs ; une poubelle en fer remplie d’une pile de coton tâchée de sang ; mes pieds heurtent sans cesse la pancarte d’un lit inconfortable. Je sens un mélange d’odeurs, entre l’alcool et le médicament.
Telle l’eau qui s’égoutte de la feuille pendant la rosée du matin, des images tombent lentement, une à une ; aboutées, elles forment peu à peu des scènes, elles forment peu à peu des souvenirs.
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Un visage, infantile, celui d’Hewa : son regard a retrouvé son expressivité ; ce regard si bavard… qui me dit que tout va bien, qui me dit qu’elle est heureuse, épanouie, libérée. Un sourire, édenté, celui de Tana qui me fait signe d’approcher. Il contemple fièrement ses vastes terres en caressant sa magnifique barbe : « Regarde, mon garçon. Le mil est mature. Bientôt la moisson. Si Allah le veut, ce sera une bonne année ». Et il s’enfonce dans son champ, effleurant délicatement de ses doigts ridés chaque épi tombant, disparaissant bientôt derrière les hautes tiges. Un geste, affable, celui de mère Ndickou posant un bol de soupe devant moi : « Mange, mon garçon. C’est fait avec de la cuisse de mouton. C’est bon pour le ventre ». Elle retourne ensuite s’asseoir sur la chaise surplombant l’air étouffant de sa gargote, où le rire tuberculeux du chauffeur de taxi se mêle à la plainte insolite du mendiant. Une blessure, vive : Fary.
– Fary! Fary… Fary !
Où es-tu, Fary ? Reviens… Sans nos regards, si croisés et sitôt noués, sans nos moments de rire, rares, mais si forts, sans nos pleurs, sans notre détresse, sans nos silences, sans nos étreintes sans fin, ma vie, tel le limbe d’une feuille
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