Violoncelle pour lune d automne
123 pages
Français

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Violoncelle pour lune d'automne , livre ebook

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Description

On ne joue pas avec le souvenir, dit-on souvent. Et pourtant ! Dans ce roman à trois voix, l'auteur explore les méandres d'une rupture artistique et amoureuse qui a survécu au temps. Entre les partitions pour violoncelle et les manuscrits d'un jeune poète, entre l'homme, les femmes et l'enfant, les années coulent et les lieux d'appartenance se redessinent, s'imbriquent les uns dans les autres. Souvent maladroite, la nostalgie s'insinue, des vies se défont et se refont. Sous une lune d'automne, les personnages oscillent entre des fragments du passé et du présent, tentant de situer leurs souvenirs, leurs craintes et leurs espoirs.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 14 juin 2016
Nombre de lectures 1
EAN13 9782896994304
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0027€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Table des matières
Correspondance
Lui
Elle
Lui
Elle
Lui
Elle
Lui
Elle
Lui
Elle
Lui
Elle
Lui
Elle
Lui
Elle
Lui
Elle
Lui
Elle
Cristina


Violoncelle pour lune d’automne




Du même auteur

Chez le même éditeur
dégainer , 2013 (recueil de poésie).
pendant que l’Autre en moi t’écoute , 2010 (poésie – finaliste au prix Trillium 2011).
l’éternité derrière , 2008 (recueil de poésie accompagné de croquis de Michel Galipeau).
l’anarchie des innocences, 2007 (récit poétique – finaliste au prix Trillium).
Famien (sa voix dans le brouillard) , 2005 (roman).
l’écho des ombres , 2005 (disque audionumérique – réalisation et paysages sonores : Daniel Bédard).
l’écho des ombres , 2004 (recueil de poésie accompagné d’illustrations de Michel Galipeau et de textes de Blandine Agohi-oka).
à l’écart du troupeau, 2003 (recueil de poésie et disque audionumérique – réalisation et paysages sonores : Daniel Bédard – finaliste au prix Trille Or 2005 de l’Association des professionnels de la chanson et de la musique dans la catégorie « Meilleur album – poésie »).
L’enfant de tout à l’heure, 2000 (roman – finaliste au Prix des lecteurs Radio-Canada 2001).

Chez d’autres éditeurs
(le pays intime), Sudbury, Éditions Prise de parole, 1999 (recueil de poésie et disque audionumérique – réalisation : Daniel Bédard et Mireille Groleau – paysages sonores : Daniel Bédard – prix Trille Or 2001 de l’Association des professionnels de la chanson et de la musique dans la catégorie « Meilleur album – poésie »).
Ponts brûlés et Appartenances, Ottawa, Éditions du Nordir, 1998 (recueil de poésie – finaliste au prix Trillium).
Dans ma grande maison folle, Sudbury, Éditions Prise de parole, 1995 (recueil de nouvelles).
Terrains vagues, Montréal, VLB éditeur, 1992 (roman – prix littéraire Jacques-Poirier – Outaouais 1992).
Cinéma muet, Sudbury, Éditions Prise de parole, 1989 (recueil de poésie).
L’Œil interrompu, Sudbury, Éditions Prise de parole, 1985 (roman).
Regards dans l’eau, Sudbury, Éditions Prise de parole, 1981 (recueil de poésie).




Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives Canada

Dallaire, Michel, 1957-, auteur
Violoncelle pour lune d’automne : roman / Michel Dallaire.

(Collection « Vertiges »)
Publié en formats imprimé(s) et électronique(s).
ISBN 978-2-89699-428-1 (couverture souple).--ISBN 978-2-89699-429-8 (pdf).--ISBN 978-2-89699-430-4 (epub)

I. Titre. II. Collection: Collection « Vertiges »

PS8557.A457V56 2014 C843’.54 C2014-904411-9
C2014-904412-7

Les Éditions L’Interligne
261, chemin de Montréal, bureau 310
Ottawa (Ontario) K1L 8C7
Tél. : 613 748-0850 / Téléc. : 613 748-0852
Adresse courriel : commercialisation@interligne.ca
www.interligne.ca

Distribution : Diffusion Prologue inc.

ISBN : 978-2-89699-430-4
© Michel Dallaire et Les Éditions L’Interligne
Dépôt légal : troisième trimestre 2014
Bibliothèque nationale du Canada
Tous droits réservés pour tous pays





L’art de l’interprétation,
c’est de ne pas jouer ce qui est écrit.
— Pablo Casals




Correspondance


Lui
Hier au soir, j’oscillais entre deux saisons . Bercé de tentations contraires, je regardais distraitement tomber la première neige en écoutant une des sonates de Bach que tu as toujours tant aimé.
Assis devant la baie vitrée du salon, un vieux manuscrit à la main, j’ai longuement observé l’ambiguïté de cet entre-deux-saisons qui ouvre la voie à ce que d’aucuns qualifieraient de sereine mélancolie ; celle qui permet de remettre les pendules à l’heure quand la musique d’une vie amplifie le moment, secoue l’ordre, nous arrache à l’indifférence ou au territoire neutre qui nous empêche de voir les choses telles qu’elles sont. Quand tous les éléments réunis semblent mener au recommencement.
À minuit moins quelques poussières, j’ai senti le violoncelliste étirer langoureusement la dernière note et j’ai tiré les rideaux. Il neigeait toujours et sans le vouloir je n’ai cessé de remonter le temps, n’ai pas réussi à fermer l’œil de la nuit.

Ce soir, le temps est anormalement doux et le ciel d’octobre du Grand Sudbury semble vouloir déjouer la saison annoncée. Les érables sont en flammes. Quelques nuages aux formes saugrenues se gonflent, avancent paresseusement d’ouest en est, et dissimulent ou révèlent des étoiles dans un jeu de cache-cache mystérieux, paisible et réconfortant (« très zen ! » dirais-tu) autour d’une pleine lune que l’on ne peut admirer qu’en silence, qui au dire de Cristina « provoque l’ivresse la plus coupable qui soit ».
Dans notre quartier, bien du monde dort déjà. Néanmoins, par-ci par-là, me parviennent des bribes de conversations et des musiques en sourdine.
De temps à autre, le bruit d’une voiture, son moteur ronflant, son système de son crachant le tube de l’heure dans une espèce de mutilation loufoque, filant à toute allure. Quelques notes, de basse surtout, faisant des bonds dans tous les sens et, au bout de quelques secondes, le calme revient.
Malgré le temps doux, j’ai enfilé le chandail que Cristina m’a offert pour mon anniversaire. Il paraît que les jeunes d’un certain âge reviennent au tricot, à la patience qu’il impose.
Cristina dit que le bleu me va bien, que je dois me couvrir pendant ces soirées d’automne. Comment lui en vouloir ? C’est vrai que je deviens plus frileux. En même temps, j’aime savoir qu’une belle complicité s’est installée entre nous, petit à petit, une maille à la fois.
Certes, notre parcours n’a pas été de tout repos, mais à présent, je suis loin de l’enfant rebelle qui défiait son père à la première occasion. Au diable le cœur ! À une certaine époque, c’était semble-t-il ce qu’elle m’imposait, nous imposait. Pour ma part, je reculais, comme pour sceller un pacte, cherchant le bon mot, le geste à poser. Aux cris qu’invitaient nos disputes, je choisissais le silence pour éviter de la contrarier, de la provoquer. « Un peu lâche », me diras-tu.
J’avais souvent peur qu’elle fugue pour les mauvaises raisons, qu’elle saute dans un autocar Greyhound ou qu’elle parte à l’autre bout du monde à la recherche de celle qui l’habitait, qui l’invitait à se dépasser… Bref, de tout et de n’importe quoi.
Pourtant, je l’ai toujours trouvée belle dans son mutisme quasi dictatorial. Cela dit, dès qu’elle a eu l’âge de le faire, pour des raisons qui m’échappent, elle aimait s’affirmer. Un père ne joue pas avec cela. C’est ce que je me disais. Ne sachant pas toujours où se situaient ses envies, je marchais sur des œufs. C’est ainsi que nous avons appris à nous connaître.
Ce chandail tricoté de ses mains habiles, cette invrai-semblable métaphore, a tout fait basculer pour moi. Tu me diras que c’est banal, mais je n’ai pas trouvé mieux.

Ce soir, pour la première fois depuis des années, pour la première fois depuis que nous nous écrivons, j’ai osé me pencher sur un manuscrit sorti d’un fond de tiroir (tu te souviens de ces vieux cahiers que je trimballais un peu partout ?) et la nostalgie que j’ai si souvent combattue me berce, m’entraîne, m’oblige à remonter le temps, à m’ouvrir à ce qui ressemble à l’espoir déchu d’une complainte dans une comédie du vertige.
Des enfants. Je m’en rends compte maintenant. Nous n’étions que des enfants désenchantés. Ni plus ni moins. Des enfants un peu déchaînés, ouverts à une révolution des peuples d’un peu partout qui nous poussait de plus en plus vers… Ouf ! Soyons francs ! Avouons que nous n’avions aucune idée d’où cela nous menait.
Armée de ton archet, tu improvisais, te soumettant sans résister au souffle déliquescent de ces orages qui te prenaient en pleine jeunesse.
Pour ma part, j’écrivais, je tentais d’éviter le style prosaïque qui, à mon avis de jeune poète qui savait très peu de choses mais qui aimait jouer le jeu, avait trop longtemps nourri le chaos ou la soumission de ceux et celles qui nous avaient précédés. Sortant mes petites griffes, tambourinant une frange de mots, j’attendais l’heure des résurrections choisies, improbables ou...

Je reviens à Sudbury, passe la main dans le désordre grisonnant de mes cheveux, j’hésite avant de reprendre la lecture. Dans un accès de souvenirs qui se chevauchent, que je sens parfois le besoin de réprimer, mes doigts froissent quelques pages, prêts à

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