Hatshepsout, Fille du Dieu Amon
401 pages
Français

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Hatshepsout, Fille du Dieu Amon , livre ebook

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Description

"Des romans historiques dans lesquels l'aventure, les intrigues, les rebondissements sont indissociables de la pédagogie" (Midi Libre).


Cet ouvrage raconte la fabuleuse histoire d’Hatshepsout, la femme pharaon qui, 1500 ans avant Jésus-Christ, a régné en majesté sur le bassin Méditerranéen. Si les historiens ont égratigné sa légende en la présentant comme une personne intrigante et sans scrupules, ce livre, quant à lui, la réhabilite.



Cette aventure en fait une souveraine moderne et sage qui agrandit intelligemment son royaume par le biais de nombreuses expéditions commerciales. La fascinante Hatshepsout va se retrouver confronté à des complots machiavéliques, des tentatives d’empoisonnement et va rencontrer au fils de ses quêtes, l’amour.


Michel Pelamourgue, le Midi Libre « Pédagogique comme un beau livre d’Histoire, précis comme un documentaire, passionnant comme un roman »,
le dernier livre de Florence Ferrari s’apparente à une fresque en trois dimensions. Un volet historique, un autre romanesque et un dernier spirituel : véritable pilier pour cette reine ayant toujours eu espoir de devenir un être de lumière, une étoile dans le ciel.

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 0
EAN13 9782368327531
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0067€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

Hatshepsout, Fille du Dieu Amon























La SAS 2C4L — NOMBRE7, ainsi que tous les prestataires de production participant à la réalisation de cet ouvrage ne sauraient être tenus pour responsables de quelque manière que ce soit, du contenu en général, de la portée du contenu du texte, ni de la teneur de certains propos en particulier, contenus dans cet ouvrage ni dans quelque ouvrage qu'ils produisent à la demande et pour le compte d'un auteur ou d'un éditeur tiers, qui en endosse la pleine et entière responsabilité.
Florence Ferrari










Hatshepsout, Fille du Dieu Amon





















Pour Alain, avec tout mon amour
I
« On ne devient expérimenté qu’après avoir été enseigné…

Sois un artiste en parole pour atteindre la victoire. La langue est le glaive des Rois…

N’enfle pas ton cœur de ton savoir. Prends conseil de l’ignorant comme du savant… »

Aménopé 1




L’Égypte du Moyen Empire
Le Présent, 1435 av. JC

Éclats de braise sur l'indigo du ciel. Les couleurs ondulantes se fondent dans une brume légère.
L’air bruit de mille feux.
Du haut de sa terrasse, elle suit du regard celui qui fut son intendant, cette petite silhouette grise, rabougrie, au pas incertain, qui, au fur et à mesure de son éloignement, s’amenuise dans le blanc horizon. Ne pas se fier aux apparences ; ce vieil homme au dos cassé, aux membres grêles, détenait encore, il y a peu de temps, un pouvoir immense ; n’était-il pas, alors, l’ombre du Pharaon ?
Une brise chaude soulève un nuage de poussière et forme autour de lui comme un linceul de lin pour mieux le soustraire à la réalité. Triste présage. Hatshepsout 2 frissonne. Pour elle, c’est le commencement d’une nuit lugubre et lourde. Une nuit douloureuse. Interminable et douloureuse. Sa tête oscille dans l’aile dévorante du ciel. Son esprit se veut oublieux des nécessités du moment, de ce tout ce qu’elle n’a plus la force de gérer ; ce grand rien fait de palais vacillants et de sceptres brisés.
Il est parti. Peut-être est-il en marche vers le royaume d’Osiris – celui qui abrite déjà son père, son mari, puis tout récemment sa fille.
Il est parti, son ami de toujours. C’est beaucoup mieux ainsi. Elle redresse à nouveau la tête. Non, la Pharaonne ne pleurera pas. D’ailleurs, depuis le drame qui a précédé leur séparation, elle a juré de ne jamais plus pleurer, de ne plus rêver surtout. Et puis toutes ces années de règne lui ont appris à endurcir son cœur.
Mais comment parvenir à chasser de son esprit ce dernier regard si plein de reproche et d’incompréhension… Lui qui a tout eu s’en va déshérité. Lui, qui la considérait comme le maître du monde ?
Saisie d’un léger vertige elle prend appui sur la balustrade. C’est comme si le temps s’arrêtait. Ses os se glacent.
Elle considère un moment, hébétée, les vertes cultures qui s’étendent jusqu’au fleuve, les blés encore en herbe, les gypaètes qui strient l’air puis filent en vol bas vers les marais, les palmiers qui se reflètent dans les eaux miroitantes. À l’extérieur, pourtant, rien n’a changé.
Quelque chose l’oppresse ; le poids d’une solitude définitive renforcée par l’angoisse de l’inconnu. Désormais elle ne devra plus compter que sur elle-même. Que va devenir son pouvoir déjà vacillant ?
Mais quoi ! comment peut-elle se laisser aller de la sorte ! Les larmes ne conviennent pas à une reine, encore moins à la Pharaonne. Hatshepsout relève brusquement son front dans une attitude de défi ; après tout, n’a-t-elle pas été appelée à régner seule, ne porte-t-elle pas en elle les temples et les dieux ? Qui pourrait avoir raison de « Maatkaré », celle dont émane l’ordre et l’équilibre du monde ? Ne s’est-elle pas élevée au rang des plus grands, elle une simple femme ? Non, la maîtresse des deux terres ne s’avouera jamais vaincue ! Les partisans de Thoutmosis III sont aux aguets et n’attendent qu’un faux pas. Ne l’ont-ils pas déjà contrainte à prendre cette terrible décision relative à Senmout… Et toujours au nom de la raison d’État. La sacro-sainte raison d’État! Celle qui sait avoir raison de tout. De l’homme lui-même. Hélas.
Thoutmosis et elle sont comme les deux faces du dieu soleil Ré. Celle qui dispense ses bienfaits, et Seknmet déesse à tête de lionne sanguinaire qui se repaît du sang des hommes. Celle qui perpétue la vie, et cette autre qui la brûle et la détruit si l’eau vient à se tarir.
— Maintenant, murmure-t-elle d’un air vaguement inquiet, tous ne souhaitent plus qu’une chose : que le Nil m’emporte comme il emporte aussi le sang des cadavres momifiés et les immondices de leurs viscères !
D’un pas lourd, la Pharaonne regagne ses appartements. Elle promène un regard indifférent sur son mobilier. Si en elle « tout » est bouleversé, « tout », dans cette pièce semble à sa place. D’une façon presque incongrue. Elle prend conscience que ce lieu n’est peut-être pas, comme elle le pensait jusque-là, le prolongement de sa personnalité, mais plutôt celui de la royauté ; son lit à baldaquin aux côtés incrustés d’ivoire, aux pieds sculptés en forme de pattes de lion et au dossier représentant des fleurs de lotus… Jusqu’au marchepied lui-même qui semble toujours aussi «désespérément» parfait. À proximité, les coffres d’ivoire et d’ébène renferment ses perruques. Des coffrets en albâtre et en obsidienne contenant des onguents et des fards trônent sur des dessertes, tandis qu’un coffret à tiroirs abrite des peignes et agrafes en tout genre. Les cinq ou six armoires en or et en argent sont tout aussi stables et veillent tout aussi scrupuleusement sur son linge que les jours précédents… Sans oublier dans le coin, là-bas, cette harpe gigantesque qui semble la narguer… Et puis toutes ces choses inutiles : cratères en métal de Syrie, amphores sculptées, guéridons en bois serti de pierres précieuses.
Hatshepsout saisit un miroir et contemple le reflet que celui-ci lui renvoie, tandis que ses doigts fébriles s’attardent sur les rides profondes de son visage.
— Rien qu’une femme… Et vieille de surcroît ! s’exclame-t-elle avec dépit.
Dans un geste rageur, elle jette à terre l’étoffe blanche et rouge ramenée en arrière qui couvrait sa tête ainsi que le cobra royal, l’uræus taillé dans de l’or dont elle était ceinte. Dressé en signe d’attaque ou de protection, il y a bien longtemps qu’il semble avoir perdu tout pouvoir…
Elle soupire. Son corps est pris dans les maillons du temps tandis que son âme, elle, vit dans un présent éternel. Ce corps qui n’a plus la force de rien.
Cette nuit, elle a rêvé que Thoy et Anubis roulaient devant elle le disque lunaire symbole de l’éternel rajeunissement cosmique des rois. Mais même l’éternelle jeunesse devient sans intérêt. Tout semble l’ennuyer désormais. Il est vrai que le monde ne distrait que le temps d’y passer.
Le souvenir de Senmout la hante.
Elle ressent autour d’elle comme un pouvoir lointain, occulte (peut-être celui du grand intendant) qui annihile sa volonté d’oubli. Comme un écho qu’elle seule peut entendre. Il est là… Partout… Derrière ses gestes, ses pensées. Il est encore là malgré tout. Une absence qui engendre un silence ne demandant qu’à être habité.
Elle penche la tête en avant comme si elle voulait écouter l’inaudible, cet entre-temps, ce contre-espace habité par le souvenir.
Soudain, près d’elle, quelqu’un se racle la gorge. Hatshepsout sursaute. Le scribe accroupi dans un angle de la pièce comme pour mieux s’y fondre, prend aussitôt un air confus et baisse les yeux. La Pharaonne le congédie d’un geste de la main.
— Aujourd’hui, tu n’écriras pas une seule ligne de ma biographie. Profites-en pour relire ce que nous avons déjà fait et n’oublie pas, surtout n'oublie pas de m'appeler « le roi » !
Aujourd'hui, elle est presque heureuse de ne pas avoir à entendre le crissement du roseau sur le papyrus 3 . Aujourd'hui, les signes eux-mêmes ne lui donneront pas d’existence. C’est peut-être mieux ainsi.
Accablée par le poids des jours et du pouvoir, Hatshepsout est lasse. Infiniment. L’astre rayonnant n’est plus qu’une ombre brisée. Un cœur plein de confuses rumeurs.
Elle tend sa main dans la direction du départ de Senmout; une main suppliante, implorant la clémence des Dieux… Puis ses doigts se recroquevillent lentement et elle porte son poing contre sa poitrine qu’elle frappe violemment.
— Mon amour !… Je t’ai tant aimé !
Les larmes fusent de ses yeux clos. Le maquillage se liquéfie peu à peu et dessine des vagues d’ombre sur son visage, effaçant presque ses traits.
— Que vas-tu devenir ?… Y aura-t-il seulement un endroit au monde où tu pourras fuir le mécanisme implacable d’un si funeste destin ? Déchu de tous tes titres, sans argent, sans cette famille à laquelle tu as renoncé pour moi… Que va-t-il advenir de toi ?
Elle blêmit plus encore. Ses lèvres frémissent.
— Tous les Égyptiens qui vivent autour du Nil te chasseront comme tu as été chassé du palais, trop effrayés par l’éventualité que ton infamie ne retombe sur eux. Bientôt, il n’y aura plus que le désert pour t’abriter, ce site inhospitalier où pullulent tous les résidus de notre humanité. Il n’y aura plus personne pour t’aimer comme je t’ai aimé, embrasser ton doux visage, caresser et chérir chaque parcelle de ton corps…
Sa voix vacille.
— Je ne peux imaginer ce corps que mes doigts ont maintes fois recomposé, livré aux charognards…
Les mots s’éteignent sous le coup de l’émotion. Elle se laisse tomber lourdement sur le sol.
— Dire que c’est moi qui t’ai banni… la personne qui te chérissait le plus… J’y ai été contrainte par la raison d’État. Le roi ne s’appartient pas. Il n’a toujours été que l’instrument du pouvoir. Hélas ! je ne suis coupable que de mon impuissance… Nous sommes désormais séparés pour toujours… ou du moins pour le temps qu’il nous reste à vivre. Souhaitons qu’il so

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