Joseph Balsamo - Tome IV - Les Mémoires d un médecin
182 pages
Français

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Joseph Balsamo - Tome IV - Les Mémoires d'un médecin , livre ebook

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Description

Les "Mémoires d'un médecin" est une suite romanesque qui a pour cadre la Révolution Française et qui comprend "Joseph Balsamo", "le Collier de la reine", "Ange Pitou" et la "Comtesse de Charny". Cette grande fresque, trés intéressante sur le plan historique, captivante par son récit, a une grande force inventive et une portée symbolique certaine.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 30 août 2011
Nombre de lectures 185
EAN13 9782820602824
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0011€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

Joseph Balsamo - Tome IV - Les M moires d'un m decin
Alexandre Dumas
1848
Collection « Les classiques YouScribe »
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ISBN 978-2-8206-0282-4
Chapitre 1 Le coffret

Resté seul, M. de Sartine prit, tourna et retourna le coffret enhomme qui sait apprécier la valeur d’une découverte.
Puis il allongea la main et ramassa le trousseau de clefs tombédes mains de Lorenza.
Il les essaya toutes : aucune n’allait.
Il tira trois ou quatre autres trousseaux pareils de sontiroir.
Ces trousseaux contenaient des clefs de toutes dimensions :clefs de meubles, clefs de coffrets, bien entendu ; depuis laclef usitée jusqu’à la clef microscopique, on peut dire que M. deSartine possédait un échantillon de toutes les clefs connues.
Il en essaya vingt, cinquante, cent, au coffret : aucune nefit même un tour. Le magistrat en augura que la serrure était uneapparence de serrure, et que, par conséquent, ses clefs étaient dessimulacres de clefs.
Alors il prit dans le même tiroir un petit ciseau, un petitmarteau, et, de sa main blanche enfoncée sous une ample manchettede malines, il fit sauter la serrure, gardienne fidèle ducoffret.
Aussitôt, une liasse de papiers lui apparut au lieu des machinesfoudroyantes qu’il redoutait d’y trouver ou des poisons dontl’arôme devait s’exhaler mortellement et priver la France de sonmagistrat le plus essentiel.
Les premiers mots qui sautèrent aux yeux du lieutenant de policefurent ceux-ci, tracés par une main dont l’écriture étaitpassablement déguisée :
« Maître, il est temps de quitter le nom deBalsamo. »
Il n’y avait pas de signature, mais seulement ces troislettres : L. P. D.
– Ah ! ah ! fit-il en retournant les boucles de saperruque, si je ne connais pas l’écriture, je crois que je connaisle nom. Balsamo, voyons, cherchons au B.
Il ouvrit alors un de ses vingt-quatre tiroirs et en tira unpetit registre sur lequel, par ordre alphabétique, étaient écritsd’une fine écriture pleine d’abréviations trois ou quatre centsnoms précédés, suivis et accompagnés d’accolades flamboyantes.
– Oh ! oh ! murmura-t-il, en voilà long sur ceBalsamo.
Et il lut toute la page avec des signes non équivoques demécontentement.
Puis il replaça le petit registre dans son tiroir pour continuerl’inventaire du coffret.
Il n’alla pas bien loin sans être profondément impressionné. Etbientôt il trouva une note pleine de noms et de chiffres.
La note lui parut importante : elle était fort usée auxmarges, fort chargée de signes faits au crayon. M. de Sartinesonna : un domestique parut.
– L’aide de la chancellerie, dit-il, tout de suite. Faitespasser des bureaux à travers l’appartement pour économiser letemps.
Le valet sortit.
Deux minutes après, un commis, la plume à la main, le chapeausous un bras, un gros registre sous l’autre, des manches de sergenoire passées sur ses manches d’habit, se présentait au seuil ducabinet. M. de Sartine l’aperçut dans son meuble à glace et luitendit le papier par-dessus son épaule.
– Déchiffrez-moi cela, dit-il.
– Oui, monseigneur, répondit le commis.
Ce devineur de charades était un petit homme mince, aux lèvrespincées, aux sourcils froncés par la recherche, à la tête pâle etpointue du haut et du bas, au menton effilé, au front fuyant, auxpommettes saillantes, aux yeux enfoncés et ternes qui s’animaientpar instants.
M. de Sartine l’appelait la Fouine.
– Asseyez-vous, lui dit le magistrat le voyant embarrassé de soncalepin, de son codex de chiffres, de sa note et de sa plume.
La Fouine s’assit modestement sur un tabouret, rapprocha sesjambes et se mit à écrire sur ses genoux, feuilletant sondictionnaire et sa mémoire avec une physionomie impassible.
Au bout de cinq minutes, il avait écrit :
§
« Ordre d’assembler trois mille frères à Paris.
§
« Ordre de composer trois cercles et six loges.
§
« Ordre de composer une garde au grand cophte, et de luiménager quatre domiciles, dont un dans une maison royale.
§
« Ordre de mettre cinq cent mille francs à sa dispositionpour une police.
§
« Ordre d’enrôler dans le premier des cercles parisienstoute la fleur de la littérature et de la philosophie.
§
« Ordre de soudoyer ou de gagner la magistrature et des’assurer particulièrement du lieutenant de police, par corruption,par violence ou par ruse. »
La Fouine s’arrêta là un moment, non point que le pauvre hommeréfléchit, il n’en avait garde, c’eût été un crime, mais parce que,sa page étant remplie et l’encre encore fraîche, il fallaitattendre pour continuer.
M. de Sartine, impatient, lui arracha la feuille des mains etlut.
Au dernier paragraphe, une telle expression de frayeur sepeignit sur tous ses traits, qu’il pâlit de se voir pâlir dans laglace de son armoire.
Il ne rendit pas la feuille au commis, mais il lui en passa unetoute blanche.
Le commis recommença à écrire, à mesure qu’il déchiffrait ;ce qu’il exécutait, au reste, avec une facilité effrayante pour lesfaiseurs de chiffres.
Cette fois, M. de Sartine lut par-dessus son épaule.
Il lut donc :
§
« Se défaire à Paris du nom de Balsamo, qui commence à êtretrop connu, pour prendre celui du comte de Fœ… »
Le reste du mot était enseveli dans une tache d’encre.
Au moment où M. de Sartine cherchait les syllabes absentes quidevaient composer le mot, la sonnette retentit à l’extérieur, et unvalet entra annonçant :
– M. le comte de Fœnix !
M. de Sartine poussa un cri et, au risque de démolir l’édificeharmonieux de sa perruque, il joignit les mains au-dessus de satête et se hâta de congédier son commis par une porte dérobée.
Puis, reprenant sa place devant son bureau, il dit auvalet :
– Introduisez !
Quelques secondes après, dans sa glace, M. de Sartine aperçut leprofil sévère du comte que, déjà, il avait entrevu à la cour lejour de la présentation de madame du Barry.
Balsamo entra sans hésitation aucune.
M. de Sartine se leva, fit une froide révérence au comte et,croisant une jambe sur l’autre, il s’adossa cérémonieusement à sonfauteuil.
Au premier coup d’œil, le magistrat avait entrevu la cause et lebut de cette visite.
Du premier coup d’œil aussi, Balsamo venait d’entrevoir lacassette ouverte et à moitié vidée sur le bureau de M. deSartine.
Son regard, si fugitivement qu’il eût passé sur le coffret,n’échappa point à M. le lieutenant de police.
– À quel hasard dois-je l’honneur de votre présence, monsieur lecomte ? demanda M. de Sartine.
– Monsieur, répondit Balsamo avec un sourire plein d’aménité,j’ai eu l’honneur d’être présenté à tous les souverains del’Europe, à tous les ministres, à tous les ambassadeurs ; maisje n’ai trouvé personne qui me présentât chez vous. Je viens doncme présenter moi-même.
– En vérité, monsieur, répondit le lieutenant de police, vousarrivez à merveille ; car je crois bien que, si vous nefussiez pas venu de vous-même, j’allais avoir l’honneur de vousmander ici.
– Ah ! voyez donc, dit Balsamo, comme cela serencontre.
M. de Sartine s’inclina avec un sourire ironique.
– Est-ce que je serais assez heureux, monsieur, continuaBalsamo, pour pouvoir vous être utile ?
Et ces mots furent prononcés sans qu’une ombre d’émotion oud’inquiétude rembrunît sa physionomie souriante.
– Vous avez beaucoup voyagé, monsieur le comte ? demanda lelieutenant de police.
– Beaucoup, monsieur.
– Ah !
– Vous désirez quelque renseignement géographique,peut-être ? Un homme de votre capacité ne s’occupe passeulement de la France, il embrasse l’Europe, le monde…
– Géographique n’est pas le mot, monsieur le comte, moral seraitplus juste.
– Ne vous gênez pas, je vous prie ; pour l’un comme pourl’autre, je suis à vos ordres.
– Eh bien, monsieur le comte, figurez-vous que je cherche unhomme très dangereux, ma foi, un homme qui est tout ensembleathée…
– Oh !
– Conspirateur.
– Oh !
– Faussaire.
– Oh !
– Adultère, faux monnayeur, empirique, charlatan, chef desecte ; un homme dont

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