L Aube de la liberté
271 pages
Français

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Description

1943. Le collège parisien de Jean-Luc est réquisitionné par l'occupant et le jeune homme doit regagner le domicile parental. Là, il constate avec dépit que son père, notaire et maire du village, loge sous son toit le chef de l'unité allemande en place. C'en est trop ! Il accepte l'invitation de son oncle Léon, auquel il voue une grande admiration, à l'aider dans sa scierie, le lieu de ses vacances d'enfant.

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Publié par
Nombre de lectures 2
EAN13 9782812916144
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0082€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Après une carrière de cadre de direction dans la sidérurgie,Jean Rossetse reconvertit dans l’écriture. On lui doit notamment le best-seller Les Porteurs de terre, publié récemment dans la collection Terre de poche aux éditions De Borée.
L'AUBE DE LA LIBERTÉ
Du même auteur Aux éditions De Borée
La Limousine d’Hautecombe Les Derniers Porteurs de terre Les Porteurs de terre, Terre de poche
Les Envoyés du paradis Vir’vent
Autres éditeurs
En application de la loi du 11 mars 1957, il est interdit de reproduire intégralement ou partiellement le présent ouvrage sans autorisation de l’éditeur ou du Centre français d’exploitation du droit de copie, 20 rue des Grands-Augustins, 75006 Paris. © , 2013
JEANROSSET
L'AUBE DE LA LIBERTÉ
À la mémoire des victimes de la tragédie des Glière s. Aux Français qui n’ont pas vécu les temps maudits de l’Occupation.
Et aussi, à Paul, Martin, Arthur, Camille et Louis, mes arrière-petits-enfants.
Il n’y a pas de roman sans révolte. Albert CAMUS
Comme le souvenir est voisin du remords ! Victor HUGO
Prologue
UI AURAIT IMAGINÉ L’ARMÉE FRANÇAISEsi vite écrasée, laminée, Q décomposée ? La débâcle et l’Occupation provoquent dans le pays une soudaine léthargie. Puis on assistera au réveil du sentiment national c ar les Français n’ont jamais été aussi patriotes que dans l’humiliation de la « mère patrie ». Sur les décombres, un homme s’est levé. Un vénérabl e vieillard « blanchi sous le harnois ». Son visage est noble. Rassurant. C’es t celui du père pour ceux qui ont connu la Grande Guerre. Du grand-père idéal pou r la génération suivante. Ni son amour pour la France ni son prestige ne sauraie nt être contestés. Il dit : « Assez de sang versé. Au diable les utopi stes ! Nous avons perdu la guerre. Tirons-en les conséquences avec pragmatisme . » Les flots de sang répandus deux décennies plus tôt hantent encore les esprits. Les Français sont las des combats et soulagés que, cette fois, l’hémorragie soit enrayée assez tôt pour éviter un désastre similaire . Ils ne désirent désormais que paix et ordre social.Travail, Famille, Patrie est un programme qui répond à leur attente. Et qui mieux que le « vainqueur de Ve rdun », doublé de l’ambassadeur auprès de Franco, saurait tenir la dragée haute à Hitler ? Sur l’air deMaréchal nous voilà !se rallie au vieil homme avec un bel on ensemble et la conviction qu’il fera tout pour redr esser le moral de ses concitoyens, comme il a su le faire en 1917 auprès de la troupe désemparée par l’échec de l’offensive du chemin des Dames. Il est le nouveau Moïse, le patriarche bien-aimé porteur d’une espérance messia nique. Il conduirait à travers le désert le peuple qui l’avait choisi et l e sauverait. De beaux esprits vont nettement plus loin, tentés, voire fascinés par le nazisme. Ils voient en lui une réponse à la décaden ce sociale et morale ayant conduit à la défaite, le moyen d’accéder à un nouve l ordre européen, à « une civilisation supérieure » pour reprendre une expres sion de Pétain lui-même. Drieu La Rochelle n’écrira-t-il pas en février 1943 :Je suis fasciste parce que j’ai mesuré le progrès de la décadence en Europe. J’ai v u dans le fascisme le seul moyen de contenir et de réduire cette décadence. Oui, mais cette France-là, soumise, frileuse, désab usée, n’est pas la seule France et les Britanniques n’ont pas déposé les arm es. On a accepté avec soulagement la capitulation mais pas l’oppression. Elle nourrit l’indignation et, en conséquence, la révolt e et l’éclosion d’une organisation clandestine.
À ce contexte historique, ajoutons que le récit se situe principalement du dernier trimestre 1943 à la Libération et un peu au -delà. C’est une période douloureuse et à la fois vécue par les Français dan s l’espérance d’en finir bientôt avec le joug hitlérien. Les protagonistes, de par leur diversité sociale, c ulturelle, leurs divergences politiques, leurs antagonismes, donnent un aperçu r éaliste, assimilable à un microcosme, de la société provinciale sous l’Occupa tion. L’auteur, dans sa quinzième année lors de la Libération, a fait large ment appel à ses souvenirs. Dans une certaine mesure, cette fiction peut aussi être considérée comme un témoignage.
I
E ME SUIS SOUVENT DEMANDÉce qui aurait pu advenir de moi dans les J années d’Occupation, si j’avais eu les quelques ann ées de plus que j’enviais à Gérard et à Gilles. Conditionné comme eux d’un po int de vue sociologique et politique, les effets pernicieux sur moi auraient p u être les mêmes que sur ces fils de familles amies de la mienne. Et il est pres que certain que mon père aurait approuvé mon choix, entraînant dans cette approbati on ma mère, qui aurait tremblé comme lui de me voir exposer ma vie. Prompt à m’enflammer au temps de ma jeunesse, rien ne prouve que, solidement conditionné, je n’aurais pas versé d’une conception mesurée de la collaboration, celle de mon père, dans une vision i déologique carrément fasciste, celle d’un Drieu La Rochelle, d’un Brasillach ou d’ un Doriot par exemple. Il n’est 1 pas non plus à exclure qu’après un endoctrinement c hez les S.O.L. , puis dans 2 la Milice , et n’aimant pas faire les choses à moitié, j’aura is pu me fourvoyer 3 dans les rangs de la L.V.F. sous l’uniforme de la Waffen S.S…Vaines supputations, certes ! Que je force un peu la note pour illustrer à quoi peut mener un patriotisme dévoyé, soit ! Mais combien de famil les conservatrices, se sentant menacées par le socialisme et le communisme , ont prédisposé leurs fils, consciemment ou pas, à prendre cette orientation au nom de la morale ! Et combien de jeunes gens croyant, dans un superbe éla n patriotique, être utiles à la nation, puisque fortement encouragés par Pétain, se sont retrouvés manipulés, happés et souvent broyés par une machine infernale d’inspiration nazie ! Ce climat familial propice à inciter un fils à s’en gager dans une voie avilissante en croyant faire son devoir, oui, moi aussi je l’ai connu. Fort heureusement, j’étais trop jeune pour être directement concerné.
À Brière-le-Vicomte, berceau de ma famille et son l ieu de résidence depuis toujours, un petit cercle de notables proches de l’ Église et qui tenaient le haut du pavé se déclaraient favorables à la politique de co llaboration dans la dignité instituée par Vichy. Maire de cette commune d’environ trois mille âmes, mon père était tenu pour chef de file de cette nouvelle doctrine. À sa maniè re, plus insinuante que manifeste, tout en usant de ses prérogatives, il en était le plus influent propagandiste, car l’arrivée du Maréchal au pouvoir avait comblé ses vœux. Ancien combattant de 14-18, l’innommable guerre de tranchées l’avait profondément marqué au physique et au moral.
Son boitillement corrigé par une canne et qui contr ibuait à une certaine noblesse d’allure ainsi que deux minces rubans à la boutonnière attestaient qu’il s’était bien comporté au combat. Ultérieurement, il avait conçu une certaine nostalgie des relations confraternelles nouées dans la tourmente, abolissant pour un temps les clivages politiques, sociaux et c onfessionnels. Et ce n’était sûrement pas un hasard si ses meilleurs amis étaien t d’anciens combattants de la Grande Guerre. Alors, oui à Pétain et plutôt cent fois qu’une. Il n’était certes pas l’homme de l’avenir à long terme, mais lui, du moins, saurait restaurer l’honneur de la France, le restaurait déjà en partie par sa seule présence. Et mon père de déclarer en
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