La vie pour un pas
138 pages
Français

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La vie pour un pas , livre ebook

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Description




Tranche de vie, de guerre et d’Histoire




France, année 1914. L’heure de l’Union sacrée a sonné, le pays se soulève et se révolte.



Philémon Raynaud, après avoir perdu sa liberté dans son service militaire sur le sol corse et son cœur dans une séparation amoureuse, part vers la Lorraine avec le cent soixante-treizième régiment d’infanterie.



Le temps des combats est arrivé. L’odeur de la poudre, du sang et des cadavres devient son nouveau quotidien.


La guerre change un homme, mais elle amplifie son envie, avide, de rester en vie.


Tout peut se jouer à un pas, un simple mouvement vers l’avant, qui décide de votre survie ou de votre trépas...



Le mélange savoureux d’un récit familial authentique, mêlé à l’imaginaire de l’auteur... une introspection complète au cœur de l’Histoire !






Sujets

Informations

Publié par
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EAN13 9782381538198
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0052€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

ISBN : 9782381538198
 
L’œuvre présente sur le fichier que vous venez d’acquérir est protégée par le droit d’auteur. Toute copie ou utilisation autre que personnelle constituera une contrefaçon et sera susceptible d’entraîner des poursuites civiles et pénales.
 
 
La vie pour un pas
 
La SAS 2C4L — NOMBRE7, ainsi que tous les prestataires de production participant à la réalisation de cet ouvrage ne sauraient être tenus pour responsables de quelque manière que ce soit, du contenu en général, de la portée du contenu du texte, ni de la teneur de certains propos en particulier, contenus dans cet ouvrage ni dans quelque ouvrage qu’ils produisent à la demande et pour le compte d’un auteur ou d’un éditeur tiers, qui en endosse la pleine et entière responsabilité
Claude Roumieu
La vie pour un pas


 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
À Philémon RAYNAUD,
mon grand-père maternel
ancien poilu de la première heure
qui, à quatre-vingt-dix ans, m’a enfin raconté
ces heures sombres de sa jeunesse.
 
 
… On entend, une fois de plus, le refrain séculaire : Fatalité de la guerre, plus forte que toute volonté – le vieux refrain des troupeaux, qui font de leur faiblesse un dieu, et qui l’adorent. Les hommes ont inventé le destin, afin de lui attribuer les désordres de l’univers, qu’ils ont pour devoir de gouverner. Point de fatalité ! La fatalité, c’est ce que nous voulons, plus souvent, ce que nous ne voulons pas assez. Qu’en ce moment, chacun de nous fasse son mea culpa ! Cette élite intellectuelle, ces églises, ces partis ouvriers, n’ont pas voulu la guerre… Soit !... Qu’ont-ils fait pour l’empêcher ? Que font-ils pour l’atténuer ? Ils attisent l’incendie. Chacun y porte son fagot.
Romain Rolland.
Au-dessus de la mêlée
Journal de Genève , 15 septembre 1914
1- La promesse
Meurs, je te serai fidèle Reviens sans blessure, je ne ferai pas le premier pas, Reviens blessé, j’irai vers toi…
Léonie n’avait de cesse de se répéter cette phrase au rythme dramatiquement poétique. Comment avait-elle pu lui venir à l’esprit avec une telle force pour s’imposer à ce point, l’envahir même, et au final ne plus pouvoir s’en débarrasser ? Elle ne pouvait répondre à cette question. Elle essayait pourtant, faisait même d’immenses efforts et prenait parfois le contre-pied de ces propos… Meurs, j’en trouverai bien un autre, reviens sans blessure et je te sauterai au cou, reviens blessé, je ne te reverrai plus… Mais non, cela n’allait pas, cela sonnait faux, en tout cas pour elle. Pourtant nombre de ses amies auraient raisonné ainsi, sans le moindre scrupule, ne désirant pas s’embarrasser d’un handicapé. Mais ce n’était pas dans sa logique de pensée, un peu comme si on ne l’avait pas éduquée ainsi. Et c’était bien vrai, on ne l’avait pas éduquée sur de telles bases ! Loin de là même, car le respect de la personne, au même titre que la politesse, l’honnêteté et bien d’autres notions de morale, se transmettait dans sa famille comme une valeur essentielle, une valeur d’humanité. C’était souvent le cas dans ces familles paysannes qui ne possédaient rien que leur force de travail, se louant au plus offrant, s’usant pour les autres. Fermiers, ils étaient fermiers depuis toujours. Ê tre ou devenir propriétaires leur était impossible, d’ailleurs ils n’y pensaient jamais ou alors dans ces rêves inaccessibles, imaginaires. Non, en fait ils étaient soumis, un peu comme si la soumission empêchait de voir autre chose que sa propre condition. Tout cela était perçu comme une fatalité et le respect se devait aux patrons aux propriétaires. Ainsi il n’était pour elle d’autre solution à son problème que de se répéter :… Reviens blessé, j’irai vers toi.
Ces paroles, n’étaient que des pensées, certes éminemment puissantes, mais Léonie ne les avait exprimées à quiconque et surtout pas à Philémon, celui qu’elle chérissait et à qui elles étaient adressées ! Alors pourquoi un tel bouillonnement de mots dans sa tête, un tel poème d’une aussi grande cruauté ? Faut-il que l’amour soit à ce point immense pour ne prendre consistance que dans la mort et l’abstinence, la douleur et la fidélité ? Mais alors, si l’amour est si fort, pourquoi se mettre autant de barrières, de fossés, de zones infranchissables ? Oh ! c’était certes louable et tout à l’honneur de Léonie de penser ainsi. Rester droit dans ses bottes était bien beau ; être ferme, exigeant et intransigeant, être en accord avec soi-même frisait le remarquable et la perfection quasi philosophique, mais tout de même ! Faut-il penser ainsi en amour ? Elle ne se reconnaissait plus par moment, elle, si douce, compréhensive, attentionnée, à l’écoute, ne voulant froisser personne par des propos déplacés ou un tant soit peu excessifs ou contradictoires. Alors avoir proféré par la pensée de telles paroles, à l’encontre de Philémon, l’amour de sa vie , comme elle aimait à se le répéter, cela la mettait par moment dans un état insupportable, méconnaissable d’elle, ainsi que de sa propre famille. Elle en pleurait de rage, et parfois en silence, lorsqu’elle parvenait à s’isoler dans un coin de la ferme, à l’étage, là où le foin était entreposé, ou vers le nord sur le chemin creux qui mène en descendant vers la voie du chemin de fer là où le bruit de la locomotive, lorsqu’elle passait, pouvait étouffer ses pleurs et ses cris. Le chauffeur agissait parfois le sifflet de quelques coups stridents, comme pour prévenir sa femme, sa promise ou simplement sa maîtresse… Léonie aurait aimé que cela fût vrai, qu’il y ait des amants heureux, que l’amour sans nuage soit possible, palpable, réel, qu’il s’extirpe des ouvrages littéraires, elle qui lisait très peu, et vienne se répandre sur elle, en elle.
Pourtant ces quelques mots douloureux s’imposaient à elle comme une évidence, une promesse, comme quelque chose qui est et qui sera…
Il lui fallait donc faire avec et surtout vivre avec. En fait c’était cela sa hantise. Arriverait-elle à supporter ce poids-là, et pendant combien de temps ?
Comme elle savait qu’elle agissait, dans l’absolu, de la manière la plus honnête qui soit, elle pourrait toujours se regarder dans la glace, droit dans les yeux. Bien... mais cela ne la consolait nullement. Dans ces moments-là, elle se remémorait les raisons de ce qu’il faut bien appeler une rupture. Elle répugnait ce mot ! Il possédait en lui quelque chose de définitif, d’immuable, un point de non-retour. Et elle ne voulait pas qu’il en soit ainsi ! Ce qu’elle avait dit était juste à ses yeux, mais trancher ainsi dans le vif de manière aussi forte et intransigeante, lui paraissait parfois démesuré. Elle l’avait pourtant fait ! Alors tout se brouillait dans son esprit et, la nuit au fond de son lit, elle se remémorait l’histoire, son histoire, et tentait de la tricoter à nouveau en tirant peut-être cette fois le bon fil pour enfin trouver une issue secourable et acceptable pour elle et Philémon. La guerre venait d’être déclarée, les hommes partaient en train vers le nord, et elle n’avait trouvé d’autre solution pour être en accord avec elle-même, et laisser une petite chance à Philémon de conquérir définitivement son cœur, que de tenter de se consoler en exprimant cette promesse !
2- Antonelle
L’époque était difficile, pathétique même. Vers le milieu du mois de juin 1914, l’été s’annonçait déjà bien en avance. Depuis les premières années de ce 20 ème  siècle naissant, les politiques nationales comme internationales n’étaient guère réjouissantes, c’est le moins que l’on puisse dire ! De plus, depuis plus d’un an, ces politiques sentaient le soufre ; les agressions plus que verbales se succédaient, et en France les nationalistes poussaient à la guerre contre l’Allemagne, une occasion, selon eux, pour venger l’affront de la défaite de 1871 qui fit perdre à la France l’Alsace et la Lorraine, placées de fait dans l’Empire germanique.
Dans ce climat lourd de conséquences, Philémon effectuait son service militaire en Corse à Bonifacio. Né vers la fin de l’année 1891, il faisait partie de la classe 12. Incorporé en janvier 1912, il devait effectuer ses deux ans de préparation militaire, deux ans de préparation à la guerre. En décembre 1914, il serait libéré et reviendrait tranquillement à Puyricard, petit bourg paisible dépendant d’Aix-en-Provence, aux Cruyes pour être précis. Là se trouvait l’une des deux fermes familiales. (L’autre se nommait Cadole et elle accueillerait bientôt toute la famille, sauf Félix, le frère

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