Le regard africain sur l Europe
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Le regard africain sur l'Europe

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Description

Aujourd’hui, l’Europe et l’Afrique peuvent-elles envisager une nouvelle relation sur des bases saines ? Peut-on changer leur rapport, en ayant à l’esprit l’immigration et le co-développement ? S’agissant de la France, oserait-on encourager la suppression de la cellule africaine de l’Élysée au profit de l’intervention parlementaire en amont dans certaines missions, notamment les actions militaires dans les pays du « pré carré » ? S’agissant de l’Union européenne, doit-elle systématiquement financer l’Union africaine dans le but de maintenir ses États membres dans la dépendance ? Multilatéralisme ou bilatéralisme dans les relations entre les pays africains et ceux d’Europe ? Aurait-on enfin l’intelligence, compte tenu du poids colonial, de dépasser le paternalisme et le bilatéralisme pour mettre l’être humain au cœur de la politique africaine de l’Europe ? Que faire pour que le destin commun profite réellement aux peuples ? Comment les jeunes Africains perçoivent-ils l’avenir de leur continent ? Le panafricanisme, est-ce une voie à développer à tout prix ? Transfert de techniques et de technologie, en échange des matières premières et d’autres marchés ? Assistance matérielle ou aide financière ? Exigence de la protection du bassin du Congo, en contrepartie d’une contribution à l’éducation et à la santé ? Alignement des monnaies africaines, pourquoi pas de la monnaie unique africaine, sur la valeur des ressources naturelles, et non sur le dollar américain, ni sur l’euro ? Indexation automatique du franc CFA sur les critères de la Banque de France, ou alors dépendance ou non à la Banque centrale européenne ? Retrait des troupes militaires étrangères du territoire africain ?


Voilà les questions dont les réponses permettront de sortir, en principe, des rapports dominants-dominés, d’envisager des relations responsables, respectueuses, justes, pérennes et davantage constructives entre les deux continents.

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 22
EAN13 9791091580373
Langue Français
Poids de l'ouvrage 6 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0064€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Contenu Couverture Hors_texte_1 Hors_texte_2 Hors_texte_3 Hors_Texte_4 Hors_Texte_5 Remerciements Prologue I - L'esclavage II - Le contexte colonial III - Les décolonisations IV - Après les indépendances V - L'accord de Cotonou, un cadre idéal ? VI - Quelles relations entre l'Europe et l'Afrique ? Épilogue Annexe Nouvel article 16 Index des noms Institutions, oprations militaires, partis politique... Ouvrages publiés L'Atelier de l'Égrégore

Gaspard-Hubert LONSI KOKO




LE REGARD AFRICAIN SUR L’EUROPE




Collection Démocratie & Histoire
DU MÊME AUTEUR :


- Pagaille à Mavoula !  – L’Atelier de l’Égrégore, collection Démocratie & Histoire – Paris, 2018 – ISBN : 979-10-91580-25-0 ;
- Les figures marquantes de l’Afrique subsaharienne  – L’Atelier de l’Égrégore, collection Démocratie & Histoire – Paris, 2017 – ISBN : 979-10-91580-23-6 ;
- Le justicier exécuteur  – L’Atelier de l’Égrégore, collection Crime & Suspense – Paris, 2016 – ISBN : 979-10-91580-07-6 ;
- Au pays des mille collines  – L’Atelier de l’Égrégore, collection Crime & Suspense – Paris, 2016 – ISBN : 979-10-91580-05-2 ;
- La chasse au léopard  – L’Atelier de l’Égrégore, collection Crime & Suspense – Paris, 2015 – ISBN : 979-10-91580-04-5 ;
- Dans l’œil du léopard  – L’Atelier de l’Égrégore, collection Crime & Suspense – Paris, 2015 – ISBN : 979-10-91580-03-8 ;
- Ma vision pour le Congo-Kinshasa et la région des Grands  Lacs, Éditions de l’Harmattan – Paris 2013 – ISBN : 978-2-343-02079-2 – EAN Ebook format Pdf : 9782336330327 ;
- Congo-Kinshasa : le degré zéro de la politique , Éditions de L’Harmattan – Paris, avril 2012 – ISBN : 978-2-296-96162-3 – ISBN13 Ebook format Pdf : 978-2-296-48764-2 ;
- La vie parisienne d’un Négropolitain  – L’Atelier de l’Égrégore, collection Roman – Paris, 2012 – ISBN : 979-10-91580-06-9 ;
- Drosera capensis  – L’Atelier de l’Égrégore, collection Roman – Paris, 2005 – ISBN : 979-10-91580-01-4 ;
- Le demandeur d’asile  – L’Atelier de l’Égrégore, collection Document/Réalité – Paris, 2012 – ISBN : 979-10-91580-00-7 ;
- La République Démocratique du Congo, un combat pour la survie  – Éditions de l’Harmattan – mars 2011 – ISBN : 978-2-296-13725-7 – ISBN Ebook format Pdf : 978-2-296-45021-9 ;
- Socialisme : un combat permanent  – Tome I – Naissance et réalités du socialisme  – L’Atelier de l’Égrégore, collection Démocratie & Histoire  – 2ème édition, Paris, 2017 – ISBN : 978-2-916335-04-9 (coécrit avec Jacques Laudet) ;
- Mitterrand l’Africain ?  – L’Atelier de l’Égrégore, collection Démocratie & Histoire  – 2ème édition, Paris, 2017 – ISBN : 979-10-91580-02-1 ;
- Un nouvel élan socialiste , Éditions de L’Harmattan, collections Question contemporaine, Paris, mai 2005 – ISBN : 2-7475-8050-4 – ISBN Ebook format Pdf : 978-2-296-39177-2.
En France, le code de la Propriété intellectuelle du 1er juillet 1992 interdit expressément la photocopie à usage collectif sans autorisation des ayants droit. Cette pratique s’est généralisée au point que la possibilité pour les auteurs de créer des œuvres nouvelles est aujourd’hui menacée.

Illustrations : Marie-Pierrette Gandon
ISBN : 979-10-91580-37-3 – EAN : 9791091580373
© L’Atelier de l’Égrégore, juin 2019
http://www.atelieregregore.eu – Courriel : atelieregregore@gmail.com
Aux futures générations à travers le monde, qu’elles soient blanches, jaunes, rouges, noires, métissées, mulâtresses, arc-en-ciel ou incolores.

Aux jardiniers de l’Ubuntu, acteurs incontournables pour une planète davantage écologique et humanistement vivable.
« Non, vous n’êtes pas morts gratuits. Vous êtes les témoins de l’Afrique immortelle, vous êtes les témoins du monde nouveau qui sera demain. »
Léopold Sédar Senghor


« Le grand succès des ennemis de l’Afrique, c’est d’avoir corrompu les Africains eux-mêmes. »
Frantz Fanon


« L’homme, blanc en Europe, noir en Afrique, jaune en Asie, et rouge en Amérique, n’est que le même homme teint de la couleur du climat. »
Georges-Louis Leclerc de Buffon

« C’est du courage dont l’Afrique a le plus désespérément besoin. »
Barack Obama
Remerciements


Mes remerciements les plus sincères s’adressent à Marie-José Freling et à Jean-Marc Glenat pour avoir organisé à Lunel Viel dans l’Hérault en France, la conférence à propos du  regard africain sur l’Europe .
Un clin d’œil amical à Jacques Bédacier, Joël Bourdelas, Françoise Dat, Françoise Grapperon, Laërte Palangié et Christiane Vienne.
Je remercie également les africanistes, toutes tendances confondues, qui ne cessent d’œuvrer pour des relations respectueuses et responsables entre l’Europe et l’Afrique.
Je n’oublie pas ces jeunes gens, fruits du métissage culturel, qui sont nés des parents africains et occidentaux. Ils représentent en toute légitimité, en tant que passerelle, le trait d’union entre les deux continents.
Les Noirs, où qu’ils se trouvent à travers l’univers terrestre ou cosmique, vivants ou décédés, au-delà de leur nationalité ou citoyenneté, ayant des ascendants africains, lointains ou proches, restent les dignes enfants de la matrice de l’Humanité. Fort de cette évidence, je remercie du fond du cœur tous les pionniers du panafricanisme et tous ceux qui, par leurs actions et leurs inventions, leur virtuosité et leur génie, ainsi que leurs découvertes, ont œuvré et ne cessent d’agir en vue d’une meilleure image du continent africain et de la dignité de l’Homme africain : Mohamed Ali (Cassius Clay), Kofi Annan, Louis Armstrong, Christine Arron, Alexander Ashbourne, Ambert Ayler, L. C. Bailey, Ella Baker, Joséphine Baker, William Barry, William « Count » Basie, Patricia E. Bath, Andrew J. Beard, Francis Bebey, Sidney Bechet, Landron Bell, Bella Bellow, Halle Berry, Georges Biassou, Eric Marlon Bishop (Jamie Foxx), Arthur Blakey (Art), Edward Herman Poole Blount (Sun Ra ou Lee), Wilmot Blyden, Barthélemy Boganda, Usain Bolt, Joseph Bologne (le Chevalier de Saint George), Bwemba Bong, Sarah Boone, Dutty Boukman, Otis Boykin, Charles B. Brooks, Henry Brown, James Joseph Brown, Lincoln F. Brown, Oscar E. Brown, Anna Mae Bullock (Tina Turner), Chester Arthur Burnett (Howlin’ Wolf), John Albert Burr, William F. Burr, Lee S. Burridge, Gus Burton, Richard A. Butler, John W. Butts, Cab Calloway, Naomi Campbell, William S. Campbell, Gratien Candace, John Carlos, Stokely Carmichael, George Washington Carver, Jerry M. Certain, Aimé Césaire, James Chambers (Jimmy Cliff), Adolphus Anthony Cheatham (Doc), Linford Christie, Henri Christophe, Lewis W. Chubb, Kenny Clark (Klook), Robert Coates, Nat King Cole, John Coltrane, George Cook, Sam Cook, James Cooper, Misty Copeland, Alfred L. Cralle, David N. Crosthwait Jr, Eusebio da Silva Ferreira, Léon Gontran Damas, Angela Davis, Miles Dewey Davis III, William D. Davis, Marcel Desailly, Jean-Jacques Dessalines, Stéphane Diagana, Balise Diagne, Cheick Modibo Diarra, Emmanuel N’Djoké Dibango (Manu), Joseph Hunter Dickinson, Alioune Diop, Cheikh Anta Diop, Oumar Dioum, Edson Arantes do Nascimento (le roi Pelé), Clatonia Joaquin Dorticus, Frederick Douglass, Philip B. Downing, Charles R. Drew, William Edward Burghardt Du Bois, Alexandre Dumas, William Thomas Dupree (Champion Jack Dupree), Almaaz Ayana Eba, Thomas Elkins, Edward Kennedy Ellington (Duke), Jean-Baptiste Emeneya Mubiala (King Kester), Olivier Enogo, J. H. Evans, Cesária Évora, Tiken Jah Fakoly, Frantz Fanon, Anténor Firmin, David A. Robert F. Flemmings Jr, Fisher, George Foreman, Aretha Franklin, Joseph William Frazier (Joe Frazier ou Smokin’ Joe), Morgan Freeman, Joseph A. Gamell, Marcus Garvey, Gregory Isaacs, Laurent Koudou Gbagbo, Leymah Gbowee, Haïlé Gebrselassié, John Birks Gillespie (Dizzy), Danny Glover, Nadine Gordimer, George F. Grant, W. S. Grant, Minnis Hadden, Marvin Hagler, Prince Hall, Fannie Lou Hamer, Michael C. Hamey, Lionel Hampton, Herbert Jeffrey Hancok (Herbie), William Christopher Handy, Abraham Hannibal, Rufus Harley, Coleman Randolph Hawkins (Bean), Dorothy Height, Thierry Henry, William Henry (Chick Webb), Earl Kenneth Hines (Fatha), Billie Holliday, Tovalou Houénou, Langstone Hugues, John W. Hunter, Jessie Jackson, Michael Jackson, Samuel L. Jackson, O’Shea Jackson Sr (Ice Cube), Benjamin Johnson (Ben), Lonnie G. Johnson, Isaac R. Johnson, Frederic Homer Johnson (Keg), John Harold Johnson, Marion Jones-Thompson, Michael Duane Adalbert Adam Johnson, Payton Johnson, Powell Johnson, Willis Johnson, Frederick M. Jones, H. L. Jones, James Earl Jones, J. C. Jones, Quincy Delight Jones Jr (Quincy Jones), Scott Joplin, Joseph Athanase Kabasele Tshamala (Grand Kallé), N’Golo Kanté, Modibo Keïta, Salif Keïta, Sundiata Keïta, Jomo Kenyatta, Angélique Kidjo, Simon Kimbangu, Dona Béatrice Kimpa Vita, Coretta Scott King, Martin Luther King, Moses Kiptanui, Joseph Ki-Zerbo, Beyoncé Giselle Knowles-Carter (Beyoncé), Seydou Koné (Alpha Blondy), Tiémoko Garan Kouyaté, Fela Anikulapo Kuti, Ferdinand Joseph Lamothe (Jelly Roll Morton), Lewis Latimer, W. A. Lavalette, Martin Lawrence, Shelton Jackson Lee (Spike), Sugar Ray Leonard, A. L. Lewis, Edward R. Lewis, Frederick Carlton Lewis (Carl), James E. Lewis, Ismaël Lô, John L. Loove, Tegla Loroupe, Eboa Lotin, Toussaint Louverture, Peguy Luyindula, François Luambo Makiadi (Franco ou Grand Maître), Patrice Émery Lumumba, Albert John Lutuli, Wangari Maathai, Samora Machel, François Makandal, Myriam Makeba, Claude Makelele, Ladysmith Black Mambazo, Elijah Manangoi, Nelson Mandela, Sam Mangwana, Manthatisi, Luvo Manyoga, René Maran, Wynton Learson Marsalis, Thurgood Marshall, Thomas J. Martain, Newman R. Mashman, Abeti Masikini, Dorothy Masuka, André Matsoua, Blaise Matuidi, Jan E. Matzeliger, Ama Mazama (Marie-Josée Cérol), Elijah McCoy, Labotsibeni Mdluli, Ménélik II, James Meredith, Alexander Miles, Roger Milla, Anicet Mobe Fansiama, Thelonious Sphere Monk, Garett A. Morgan, Félix Moumié, Pamelo Mounka, Pierre Moutouari, Alfride M’Pongo Landu (M’Pongo Love), Denis Mukwege, Khalid Abdul Muhammad, Edward Regan Murphy (Eddie), Jean Bosco Mwenda Bayeke, Kwame Nkrumah, Winston Hubert McIntosh (Peter Tosh), George W. Murray, Maria de Lurdes Mutola, Theodore Navarro (Fats), Isidore Ndaywel è Nziem, Youssou N’Dour, Robert Nesta (Bob Marley), Katoucha Niane, Thomas Nkono (Tommy), Yannick Noah, Julius Kambarage Nyerere, Barack Obama, Théophile Obenga, Hellen Obiri, Jean-Philippe Omotounde, Geoffrey Oryema, James Cleveland Owens (Jesse), George Padmore, Charles Parker Jr (Charlie), Rosa Parks, Marie-José Pérec, Oscar Emmanuel Peterson, J. F. Pickering, Alphonse Picou, Sidney Poitier, Laurent Pokou, Alexandre Pouchkine, Larry T. Preston, Sammy Price, William B. Purvis, William Randoph (Cozy Cole), John Rawlings, Lloyd P. Ray, Humphrey Reynolds, Mary Jane Reynolds, Norbert Rilleux, Albert C. Richardson, William H. Richardson, Alvin L. Rickman, Paul LeRoy Bustill Robeson, Elbert R. Robinson, Chris Rock, Walter Rodney, Jérome B. Rhodes, Theodore Walter Rollins (Sonny), James Andrew Rushing (Jimmy), Carl Luis Russell, Samba wa Mbimba N’zingo Nezumi Masi Ndo Mbasi (Chéri Samba), Walter H. Sammons, Henry T. Sampson, Thomas Sankara, Robert P. Scott, Kémi Séba, Lamine Senghor, Léopold Sédar Senghor, Malik Zulu Shabazz, George T. Sampson, Caster Semenya, Jules Shungu Wembadio Pene Kikumba (Papa Wemba), Malick Sidibé, Arthur James Singleton (Zutty), Ellen Johnson Sirleaf, Noble Lee Sissle, James Todd Smith III (LL Cool J), Joseph H. Smith, John V. Smith, Tommie Smith, Walker Smith Jr (Sugar Ray Robinson), Willard Carroll Smith Jr (Will), Ousmane Sow, Wole Soyinka, Richard B. Spikes, John Stenard, Thomas W. Steward, Bénito Sylvain, Pascal Tabou Sinamoyi (Seigneur Rochereau ou Tabu Ley), Jean Amadou Tigana, Lilian Thuram, Antumi Toasijé, Jean-Pierre Tokoto, Ahmed Sékou Touré, Ali Farka Touré, Samory Touré, Aminata Traoré, Marius Trésor, Harriet Tubman, Desmond Mpilo Tutu, Patrick Vieira, Louis Eugene Walcott (Louis Farrakhan), Aaron Thibeaux Walker (T-Bone Walker ou Oak Cliff T-Bone), Madam C. J. Walker, Cora Walton (Koko Taylor), Booker Taliaferro Washington (Booker T.), Denzel Washington, Eunice Kathleen Waymon (Nina Simone), Benjamin Francis Webster (Ben), Antoine Wendo Kolosoy, John W. West, Forest Whitaker, John T. White, Carter William, Henry Sylvester Williams, Oprah Winfrey, Joseph R. Winters, F. J. Wood, Granville T. Woods, Richard Wright, Malcolm X, Rashidi Yekini, Lester Willis Young (Pres ou Prez), Casimir Zoba (Zao), Chaka Zulu…
Que ceux qui ne sont pas cités ne m’en tiennent pas rigueur, cette liste n’étant établie qu’à titre indicatif. Surtout qu’ils se rassurent, car ils sont fraternellement gravés dans la mémoire patrimoniale noire.
Prologue


Cet ouvrage est l’approfondissement d’une conférence publique que, sur proposition de Marie-José Freling, l’auteur a donnée le 10 avril 2019 à Lunel Viel dans l’Hérault en France, à l’initiative de l’association Imagine encore , laquelle est adhérente de la Fédération Olympe de Gouges . La seconde vice-présidente Marie Francalanci et la secrétaire Françoise Lacout représentèrent à cette occasion Édouard Habrant, le président de cette fédération d’associations.
Lors de quelques échanges en vue de l’approche à privilégier pour la circonstance, le président d’ Imagine encore , en l’occurrence Jean-Marc Glenat, fit allusion à l’émission de France Culture  intitulée Les Chemins de la philosophie 1 , plus précisément à une phrase du critique littéraire et traducteur français de religion juive Benjamin Crémieux, s’agissant de son arrivée à Alger. Ce propos était contenu dans un télégramme ayant été adressé à l’écrivain britannique Rudyard Kipling : « Arrivé à Alger, je vais enfin comprendre la France... ». Cela ne pouvait laisser indifférent Jean-Marc Glenat. De plus, ce dernier avait compris davantage l’Europe à l’occasion de son séjour à Kinshasa au Zaïre – pays redevenu en mai 1997 la République Démocratique du Congo.
Les Africains du Sud du Sahara ont toujours à l’esprit le fait que « le ciel touche la terre à l’horizon ». Ce principe a chaque fois guidé les Bantous, depuis les temps reculés jusqu’à ce jour, dans leur rapport avec l’inconnu, dans leur éventuelle approche avec le lointain. L’invisibilité n’est pas forcément la preuve de l’inexistence de quelque chose ou d’un phénomène, tout comme la visibilité n’est pas nécessairement la démonstration de la réalité. Tout dépend, à vrai dire, de la connaissance que l’on a de l’environnement dans lequel l’on se trouve, des forces palpables ou non qui y évoluent. Cela est aussi fonction des dimensions supérieures ou inférieures, ces mondes parallèles qui ne sont connus que de seuls initiés.
De plus, selon la psychothérapeute et écrivaine Marie de Hennezel,

« l’être humain ne se réduit pas à ce que nous voyons ou croyons voir. Il est toujours infiniment plus grand, plus profond que nos jugements étroits ne peuvent le dire. Il n’a, enfin, jamais dit son dernier mot, toujours en devenir, en puissance de s’accomplir, capable de se transformer à travers les crises et les épreuves de sa vie. » 2

Il est tout à fait important de rappeler, avant d’aborder en profondeur la thématique proposée à la réflexion, que l’Union européenne (UE) est le premier partenaire du continent africain à propos du commerce, des investissements étrangers et du développement. D’après les économistes, 36 % des échanges commerciaux de l’Afrique se font avec l’UE, à hauteur des 40 % des investissements directs étrangers (IDE). Le continent africain bénéficierait donc, chaque année, de quelque 26 milliards d’euros de subventions.
Dans un contexte de globalisation de plus en plus évidente de nos jours, tout observateur consciencieux serait d’accord sur le fait que l’Afrique ne devrait surtout pas s’enfermer dans le solipsisme. Elle aurait plutôt intérêt à s’ouvrir, tout en se mettant à la hauteur des enjeux en cours et à venir. Encore faudrait-il que les Africains puissent tirer les leçons du passé, faire le bilan de leurs relations avec l’Europe dans l’optique d’une nouvelle page à écrire en connaissance de cause : c’est-à-dire avec pragmatisme. Cet exercice doit également servir à faire, en toute objectivité, le bilan des rapports avec des partenaires non occidentaux, dans la mesure où l’on craint même le mille-pattes après avoir été mordu par le serpent.

« Au moment où la concurrence de la Chine offre une alternative dont on voit progressivement les limites au fur et à mesure du niveau d’endettement de certains pays africains, il convient de s’appuyer sur ce qui a été tenté pour renforcer l’histoire économique entre les deux espaces [africain et européen, ndlr], mais aussi sur les chiffres actuels des échanges entre l’Afrique et l’Europe pour comprendre la pertinence de réfléchir à ce sujet en ce début de XXIe siècle. » 3

D’autant plus que, dès la mise en place de la Communauté écono­mique européenne à Rome en mars 1957, les territoires colonisés géographiquement situés dans le continent africain furent intégrés dans le cadre d’un régime dit « d’association ». Ce dispositif, qui concernait les départements et les territoires d’Outre-mer, reposait déjà sur les notions de libre commerce et d’aide au développement. Dans le préambule des traités de Rome 4  ayant été signés le 25 mars 1957 par l’Allemagne, la Belgique, la France, l’Italie, le Luxembourg et les Pays-Bas – lesquels entrèrent en vigueur le 14 janvier 1958 –, les États membres déclarèrent, entre autres,

« vouloir confirmer la solidarité [liant] l’Europe et les pays d’Outre-mer, et assurer le développement de leur prospérité, conformément aux principes de la Charte des Nations Unies ».

Il était donc question d’associer, au Marché commun nouvellement mis sur pied, les pays et territoires d’Outre-mer dépendant politiquement et administrativement, d’une manière ou d’une autre, des six membres fondateurs. Ces entités étatiques et administratives devaient être concernées par ces dispositions, ainsi que par l’union douanière, en vue de la promotion de leur développement économique et social. Cela ne devrait en aucun cas affecter la coopération avec les anciennes colonies d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique dans le cadre de ce qui deviendrait la convention ACP 5 -CEE – la politique européenne du développement constituant « l’un des trois éléments clés de l’action extérieure de l’Union européenne, avec la politique commerciale et les relations politiques » 6 . Enfin, rappelons tout simplement que l’accord de Cotonou entre les pays ACP et ceux de l’Union européenne a marqué un tournant décisif dans leurs relations.
La communauté européenne représente la première puissance commerciale avec 20 % du commerce mondial. Elle est le premier fournisseur d’aide publique au développement, avec 55 % de l’aide publique internationale au profit du continent africain. À cet effet, dans son discours sur l’état de l’Union du 12 septembre 2018, le président de la Commission, qu’était Jean-Claude Juncker a annoncé « une nouvelle alliance Afrique-Europe pour un investissement et des emplois durables » – complétant ainsi le partenariat politique de longue date entre les deux continents et renforçant, en principe, leurs relations économiques et commerciales pour dépasser l’approche « donateur-bénéficiaire » au profit d’un cheminement « d’égal à égal ».
Il n’est nullement question d’accuser, dans cet ouvrage, qui que ce soit. La démarche de l’auteur ne consiste donc pas à faire le bilan des rapports entre le continent africain et ses partenaires occidentaux, ni de s’adonner à une comparaison entre le mercantilisme et l’inhumanité à finalité expansionniste. Il ne s’agit pas non plus de juger la politique européenne dans son rapport avec l’Afrique. Cette étude tente seulement de comprendre en toute objectivité certains faits, ou quelques réalités, dans le but d’envisager le futur sur des bases constructives et durables. Les Français ne disent-ils pas que « le présent passe, le passé n’est plus rien, et l’avenir est incertain » ? Tout justement, cette incertitude suscite la curiosité de l’auteur. Ce dernier essaie surtout d’évaluer la situation présente à l’aide de la somme des événements qui se sont déroulés dans le temps qui s’est écoulé – l’historien étant, comme disent à juste titre les Allemands, un prophète tourné vers le passé. Cette entreprise ne constitue pas non plus une sorte de « culpabilité historique », pour utiliser l’expression si chère à Michel Rocard, en vue du traitement ou de la résolution des problèmes récurrents qui ne cessent d’empoisonner les liens existant entre l’Europe et l’Afrique.
« Quand on ne sait pas où on va, on n’oublie pas d’où on vient », dit toutefois un vieux proverbe africain. Pour livrer aux lecteurs cette réflexion relative au  regard africain sur l’Europe , il est très intéressant de se pencher principalement sur le passé ayant trait à l’esclavage, au colonialisme et aux relations postcoloniales. On doit donc s’appuyer sur le passé, qu’il soit bon ou malheureux, afin de construire l’avenir, de développer des partenariats plus heureux – l’objectif consistant à sortir du colonialisme moderne par l’avènement d’un monde meilleur et davantage humaniste.

Gaspard-Hubert Lonsi Koko
Paris XVe, le 30 mai 2019
1  Il s’agit d’une émission radiophonique française de philosophie. Elle est quotidien­nement diffusée sur France Culture  et présentée par Adèle Van Reeth.
2  In La mort intime : ceux qui vont mourir nous apprennent à vivre , Marie de Hennezel, préface de François Mitterrand, Robert Laffont, Pocket, Paris, 1995.
3  In Afrique-Europe : une nouvelle histoire à reconstruire , article de Malick Diawara et Hassina Mechaï publié en avril 2019 sur le site Internet du Point Afrique .
4  Le premier créa la Communauté économique européenne (CEE), tandis que le second accoucha de la Communauté européenne de l’énergie atomique (CEEA ou Euratom).
5  Afrique, Caraïbes et Pacifique.
6  Cela se traduisit notamment par l’accord de coopération économique de Coto­nou, qui a été signé le 23 juin 2000 entre l’Union européenne et les pays ACP. Révisé le 25 juin 2005 (voir le texte entier dans la partie annexe), il a radicalement modifié le système des Conventions de Lomé, avec pour objectif la réduction de la pauvreté et l’intégration des pays ACP dans l’économie mondiale.
Les anciennes colonies de certains membres de la Communauté européenne ont été, en effet, à la source de la coopération entre la Communauté et les pays en voie de développement qui s’est manifestée dès 1957 avec le Traité de Rome. L’accord de Cotonou a succédé aux Conventions de Lomé, lesquelles étaient ratifiées en 1975, ayant pris de facto  la suite des Accords de Yaoundé (1963-1975). Ceux-ci ont longtemps été considérés comme un modèle du rapport Nord-Sud.
I – L’esclavage


L’esclavage est stricto sensu  la condition d’un individu privé de sa liberté, devenant de facto  la propriété exploitable et négociable comme un bien matériel d’une autre personne. Dans ce cas, il est nécessaire de préciser que les traites négrières orientales, dont la transsaharienne (dite « traite arabe ») et la traite négrière transatlantique, avaient été la plus importante des pratiques esclavagistes. Ils l’étaient du fait de leur durée 7 , de leur ampleur 8 , de leur impact sociologique, culturel et économique dans les régions concernées par l’esclavagisme – notamment en Afrique, où se trouvaient les trois principaux lieux du trafic d’esclaves : Gao, Tombouctou et Zanzibar
Comme la problématique abordée hic et nunc  concerne avant tout le regard africain sur l’Europe , il est préférable d’aborder essentiel­lement la thématique liée à l’esclavage externe, lequel s’était caractérisé par la réduction en esclavage des membres d’une communauté – religieuse, étatique, lignagère ou autre –, et non à l’esclavage interne. Le fait que celui-ci ait pu être assimilé à l’esclavage pour dettes ou à la servitude pour dettes intégrant la possibilité de vendre ses enfants, de se vendre soi-même ou d’être réduit en cette condition pour cause de dettes insolva­bles, n’intègre pas l’approche extracontinentale. De plus, ni l’Europe chrétienne, ni le monde arabo-musulman n’avaient pratiqué l’esclavage interne. Néanmoins, à l’époque précoloniale des traites négrières, les deux sociétés considéraient comme légitimes le fait de s’approvisionner en esclaves en Afrique. Ainsi serait-il plus compréhensif de s’attarder un moment, en complément de l’aspect relatif aux marchands d’esclaves proprement dits, sur la capture des personnes ayant été fréquemment assurée par des groupes qui n’avaient pas pratiqué eux-mêmes l’esclavage, ou seulement en proportion limitée. Ce fut le cas des lançados portugais qui, sur le sol africain, approvisionnaient les navires négriers et participaient à l’alimentation du commerce triangulaire. Les plus gros pourvoyeurs d’esclaves étaient donc des États côtiers, des chefs locaux – n’en déplaise à certains – ou des trafiquants africains
Il serait effectivement plus instructif d’évoquer un instant l’orientation de la traite vers l’Afrique septentrionale, surtout au cours du Moyen Âge, et sur les grandes routes commerciales ayant trouvé leurs sources en Afrique subsaharienne

1.1 – La traite négrière orientale

Thierry Portes reste catégorique, à propos du commerce d’esclaves à partir de l’Afrique du Nord. Pour ce Grand Reporter et collaborateur du quotidien français Le Figaro , le fait de :

« ne s’intéresser à ...

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