Le sous-marin fantôme
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Description

Première Guerre mondiale !


Après la terre et la mer, le conflit fait rage désormais sous les eaux !


Les sous-marins allemands sillonnent la Méditerranée et s’approchent un peu trop près des côtes françaises pour que l’ennemi ne possède pas une base de ravitaillement clandestine au large.


Cette station, Thérèse ARNAUD alias C. 25, la célèbre espionne du Deuxième Bureau est chargée de la découvrir et de la neutraliser.


Pour ce faire, elle pourra compter sur l’aide de ses fidèles lieutenants.


Mais si Thérèse ARNAUD et ses hommes sont prêts à tout pour défendre leur patrie, ils sont loin de se douter de ce qu’ils vont devoir entreprendre pour cela.


Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 1
EAN13 9782373477597
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0007€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

AVIS AU LECTEUR

***
Nous commençons, aujourd’hui, la publication des :

EXPLOITS EXTRAORDINAIRES DE THÉRÈSE ARNAUD
Le meilleur agent du Service de contre-espionnage français.
*
Les espions sont généralement des êtres vils, des êtres décriés qui pratiquent la délation dans le but unique de servir leurs appétits de lucre et de débauche.
Il n’en est pas de même de THÉRÈSE ARNAUD dont la conduite pourrait servir d’exemple à bien des hommes et des plus courageux.
Au début de la guerre, ayant assisté au meurtre de son père commis par les Allemands, elle avait, tout naturellement, comme elle le dit, « pris du service ».
Trop vaillante pour jouer le rôle effacé d’infirmière, le cœur gonflé d’un trop profond amour pour la France, elle avait consacré son intelligence, sa connaissance des langues, sa beauté, sa force, son dévouement, son courage et, il faut le dire, son génie à une besogne plus directe.
THÉRÈSE ARNAUD NE PEUT ÊTRE COMPARÉE À AUCUN AUTRE AGENT SECRET.
Toujours sur la brèche, toujours en plein danger, son cœur jamais ne faiblit, même durant les interrogatoires les plus dangereux. Bien au contraire, elle ne cessa de se jeter audacieusement au plus fort du péril. Cent fois, elle se trouva en pleine bataille ; non pas dans des batailles d’où l’on ressort chargé d’honneurs et de gloire, mais dans des batailles anonymes, contre des ennemis invisibles, inconnus et, par là même, d’autant plus à craindre.
THÉRÈSE ARNAUD est la plus noble figure de la Grande Guerre. NOUS DEVONS À SA BRAVOURE, À SON HÉROÏSME, PLUSIEURS MILLIERS DE VIES HUMAINES.
D’une modestie aussi grande que son courage, elle n’a pas voulu que ses exploits fussent publiés de son vivant.
« Plus tard, disait-elle, plus tard... quand, dans ma Terre de France, je dormirai mon dernier sommeil, il sera bien temps... »
THÉRÈSE ARNAUD repose, maintenant, dans le cimetière d’un minuscule village de l’Est. Tous ceux pour qui elle s’est sacrifiée sans compter doivent, désormais, savoir comment et dans quelles épouvantables conditions, cette grande Française a magnifiquement combattu pour sa Patrie.
Puissent les EXPLOITS DE THÉRÈSE ARNAUD trouver un écho attendri dans l’âme de ce Peuple de France à qui elle avait voué son plus fervent Amour et son incomparable Loyauté !
THERESE ARNAUD
- 17 -

LE SOUS-MARIN FANTÔME

De
Pierre YRONDY
CHAPITRE I
DES COUPS DE FEU DANS LA NUIT

La rade de Port-Vendres semblait dormir dans la nuit tiède et parfumée de senteurs marines. Pas un souffle ne ridait la surface de la mer et un observateur non averti eût, certes, été fort étonné si on lui avait dit que toute cette quiétude de la nature était fonction du grand drame qui se jouait depuis trois ans sur la scène ensanglantée d'un monde bouleversé.
De temps à autre, l'éclair d'un projecteur trouait la nuit.
C'est alors qu'on eût pu se rendre compte que, contrairement aux apparences, la rade n'était point déserte. Même une activité intense y régnait. Là-bas, au sud-est, vers le cap Béar, la masse sombre d'un navire reposait majestueusement sur les flots.
De ce vaisseau se détachaient, maintenant, des baleinières et des canots, lesquels, bardés de troupes, se dirigeaient vers la côte.
Il s'agissait d'un débarquement de soldats français ; débarquement effectué avec toutes les précautions qu'exigeait une situation nouvelle.
En effet, la guerre sous-marine, décidée par les Empires centraux, battait son plein, à cette époque, et les abords des ports se trouvaient infestés des dangereux engins de l'amiral von Tirpitz.
Il était donc indispensable, dans ces conditions, d'effectuer les débarquements, non dans les ports eux-mêmes, mais à leurs alentours, afin de déjouer les manœuvres des hordes de corsaires ennemis.
C'est la raison pour laquelle nous voyons un navire, retour de Salonique, avec son fort contingent de troupes de l'Armée d'Orient, débarquer ces dernières dans une crique déserte, à trois miles à l'est du môle de Port-Vendres.
Les baleinières avançaient sur l'eau calme sous la protection des canons du fort Saint-Elme et sous celle, peut-être plus efficace, des puissants projecteurs fouineurs et repéreurs des méchants poissons d'acier. Mais les hommes qui montaient baleinières et canots se souciaient peu, ce soir-là, du danger que pouvait leur faire courir la visite de quelqu'un de ces monstres en qui le Kaiser et son séide avaient mis le dernier espoir de l'Allemagne aux abois.
Les soldats ne voyaient qu'une chose : le retour vers le pays natal ; et, pour des hommes qui avaient passé de longs mois dans l'atroce vallée du Vardar ou dans les rudes plaines de la Macédoine, le seul fait de revoir les rivages de France suffisait à faire oublier, avec les périls passés, celui immédiat de la rencontre d'un sous-marin allemand.
Aussi, les hommes chantaient-ils tous lorsque les embarcations les ramenaient à terre. Une « Madelon » enthousiaste montait vers le ciel sombre. Déjà la grève était pleine des premiers débarqués, lorsque, tout là-bas, sur les flots, vers le milieu du golfe, un certain nombre de coups de feu retentirent.
Le premier moment de stupeur passé, les officiers, tant ceux de la Marine que ceux de l'Armée de Terre, se concertèrent, s'interrogeant du regard.
La chose, en effet, semblait inexplicable. Aucun des hommes présents dans les baleinières n'avait son fusil approvisionné. D'ailleurs, les lueurs des coups de feu semblaient provenir de beaucoup plus à l'ouest, du côté de Collioure où ne se trouvait aucun bâtiment allié.
Fait encore plus troublant : les coups de feu en question n'avaient pas été tirés dans la direction du rivage, puisque les hommes n'avaient entendu siffler aucune balle à leurs oreilles.
Qui donc avait pu, dans ces conditions, tirer une salve aussi mystérieuse ? Et apparemment, aussi peu efficace ?
La chose, d'ailleurs, n'avait pas manqué d'étonner les officiers présents. D'autant plus que les rayons des projecteurs venaient de découvrir, au milieu de l'immensité de la rade, une voile émergeant au-dessus du sombre miroir que formait, à ce moment, la mer.
Une seule voile, blanche, et à demi-effondrée comme l'aile d'un goéland blessé à mort.
Un bref conseil de guerre fut tenu par l'État-Major. Celui-ci fut unanime à juger l'incident bizarre et des plus suspects.
Des ordres furent rapidement donnés. Un canot à moteur, chargé d'hommes en armes, fut dépêché dans la direction de la voile solitaire.
Celle-ci dépendait d'une barque de pêche de Collioure, laquelle faisait, alors, le petit cabotage, le long de la côte, depuis ce dernier port jusqu'à la frontière espagnole.
Mais quelle ne fut pas la stupéfaction de l'équipage du canot à moteur lorsque, n'obtenant aucune réponse à ses appels aux gens de la barque, et s'étant approché bord à bord, il put constater que rien ne bougeait sur le petit bâtiment.
Abandonné ? Il ne l'était point, à coup sûr, car un navire, dans cette situation, est facilement reconnaissable pour l'œil exercé des marins.
À la dérive, amarres rompues ? Cette seconde hypothèse n'était pas plus plausible que la première, étant donné le calme de la mer.
L'officier qui commandait le canot à moteur voulut en avoir le cœur net.
Une puissante lampe électrique en main, et suivi de deux hommes, il sauta sur le tillac de la petite barque.
Alors, un spectacle impressionnant s'offrit, tout à coup, aux yeux des trois marins.
Sur le pont, gisaient, au milieu de flaques de sang, quatre hommes. Nulle plainte ne s'échappait de leurs lèvres crispées, mais leurs corps étaient encore chauds.
Point de doute : un drame venait de se passer là ; un de ces drames de la mer que les hostilités rendaient, certes, plus fréquents, mais qui n'en restait pas moins inexplicable, dans les circonstances présentes.
Évidemment, les victimes avaient été tuées par la mystérieuse salve de tout à l'heure. Mais, d'OÙ VENAIT CETTE SALVE ? Par qui avait-elle été tirée ? Si on devait admettre qu'aucun navire ni aucune embarcation ne se trouvait aux alentours, le problème devenait, de ce chef, insoluble.
L'officier et ses hommes inspectaient, maintenant, la barque tragique. Soudain, sous le tillac, un cinquième corps fut retrouvé : celui d'un jeune homme, vraisemblablement le mousse du bord.
— Il vit ! s'écria un matelot.
En effet, la poitrine se soulevait faiblement, montrant que la respiration n'était point arrêtée.
— Emportons-le, dit l'officier. Et ramenons-le à terre. Les majors des troupes débarquées le soigneront.
Et, penché sur la poitrine du pauvre enfant, l'officier l'encourageait :
— Eh ! bien, mon petit ! Allons... Cela ira mieux... Mais, qui donc t'a mis en cet état ?
Pour toute réponse, l'enfant eut un spasme qui émut aux larmes les assistants. Puis il fit, pour parler, un effort inouï. Il put, enfin, articuler :
— Sous... Marin... Sous-marin...
Un dernier râle... et, dans les bras de l'officier consterné, il s'endormit pour toujours...
CHAPITRE II
L'ENQUÊTE
 
L'incident de la rade de Port-Vendres n'avait pas manqué de causer, en haut lieu, une véritable perturbation.
Les sommités maritimes consultées avaient trouvé presque funambulesque une pareille aventure.
En effet, dans l'état où se trouvait, à cette époque, l'art de la guerre sous-marine, il était difficile d'admettre qu'un bâtiment qualifié, par les compétences, d'AVEUGLE EN PLONGÉE, pût s'approcher si près d'une côte défendue et située à une distance immense de ses bases de ravitaillement.
Il y avait là un dilemme angoissant :
Ou bien l'Allemagne était parvenue à augmenter le rayon d'action de ses sous-marins dans des proportions telles qu'elles en devenaient inadmissibles. Ou bien alors, il existait, en un point quelconque de la Méditerranée, des bases de ravitaillement clandestin à l'usage des sous-marins des Empires centraux.
Le bon sens interdisant d'envisager la première de ces hypothèses, c'est, finalement, à la seconde que se rallièrent les hautes autorités maritimes. Restait, alors, à découvrir la ou les bases mystérieuses de ravitaillement des corsaires.
Le deuxième bureau fut chargé de cette délicate opération.
Sitôt qu'il eut pris connaissance de la mission confiée à ses services, le capitaine Ladoux s'empressa de faire appeler C. 25.
Thérèse Arnaud partit immédiatement pour les Pyrénées-Orientales afin d'enquêter sur place.
Mais de grosses difficultés portaient obstacle à la tâche de l'intrépide espionne, et dont la moindre n'était pas le manque total d'indice révélateur.
Accompagnée de Malabar, de Friquet et de Languille, C. 25 avait parcouru la côte depuis Narbonne jusqu'au cap Cerbère, interrogeant habilement les pêcheurs, les marins, les habitants de la zone côtière, poussant en mer de fréquentes investigations à bord d'un petit yacht mis à sa disposition par l'Administration de la Marine et dont ses trois auxiliaires composaient, bien entendu, l'équipage.
Mais l'espionne française et ses collaborateurs avaient beau sillonner en tous sens cette partie du Golfe du Lion, aucun indice ne leur permettait de découvrir ce phénomène qui, à l'époque, passait pour une sorte de monstre mythique : un sous-marin ennemi. Et un sous-marin poussant l'audace jusqu'à s'approcher si près des côtes dont la protection était, cependant, assurée avec le plus grand soin.
Thérèse Arnaud était devenue nerveuse. Elle SAVAIT qu'un corsaire, peut-être même plusieurs, venait razzier les alentours, qu'il était prêt à recommencer son terrible exploit et elle n'entrevoyait pour paralyser son action, aucun moyen vraiment efficace.
Ces réflexions assiégeaient le cerveau de la jeune femme qui, debout au poste de commandement de la « Libellule » – ainsi se nommait le petit yacht –, regardait les flots coupés par l'étrave s'enfuir en deux...

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