Les Cathares d Occitanie
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Les Cathares d'Occitanie

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Dins un librilhon sintetic e arderós, Sèrgi Moneff, cap-redactor de la revista d’estudis catars « le Castrum » nos porgís un çò essencial de l’istòria dels Bons Òmes, aqueles « èssers de puretat » que visquèron una Utopia religiosa sus las tèrras dels comtes de Tolosa que i regnava paratge. çaquelà paratge e conviviença èron pas çò mai costumièr del reiaume de França del sègle XIIIen... Un libre apassionant escrich per un apassionat.


Dans un ouvrage synthétique et ardent, Serge Moneff, rédacteur en chef de la revue d’études cathares « le Castrum » nous livre un essentiel de l’histoire des Bons Hommes, ces « êtres purs » qui vécurent une Utopie religieuse sur les tolérantes terres des comtes de Toulouse. Mais paratge et conviviença n’étaient pas la règle commune du royaume de France du XIIIe siècle... Un livre passionnant, écrit par un passionné.


Préface d’Anne Brenon.

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Informations

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EAN13 9782824054681
Langue Français
Poids de l'ouvrage 3 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0052€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

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LES CATHARES D’OCCITANIE Mythes & réalités






2


A Roger et à tous les
Bons Hommes,
Mes amis.




Tous droits de traduction de reproduction et d ’ adaptation réservés pour tous les pays.
Conception, mise en page et maquette : © Éric Chaplain
Pour la présente édition :
© edr/ ÉDITION S des régionalismes ™ — 2001/2009/2011/2016/2020
EDR sarl : 48B, rue de Gâte-Grenier — 17160 cressé
ISBN 978.2.8240.0762.5
Malgré le soin apporté à la correction de nos ouvrages, il peut arriver que nous laissions passer coquilles ou fautes — l ’ informatique, outil merveilleux, a parfois des ruses diaboliques... N ’ hésitez pas à nous en faire part : cela nous permettra d ’ améliorer les textes publiés lors de prochaines rééditions.




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LES CATHARES D’OCCITANIE Mythes & réalités


Serge MONEFF



Revirada en occitan (lengadocian) d’Eric Chaplain
ambe l’ajuda de Gèli Grande


Photographies : Jean-Louis Gasc




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Préface
C omment ne pas comparer la littérature de prétexte cathare à un fleuve en crue perpétuelle qui charrie boue, troncs et surtout objets flottants non identifiés – en regard de quoi le filet d’eau rafraîchissant des livres réellement historiques ne figure que mince ruisselet ? L’inflation permanente des ouvrages de spéculation – ésotérique le plus souvent, dans le meilleur cas philosophique – et de tous les types possibles de publications touristiques, commerciales et com- pilatoires de deuxième, voire troisième main, abondent à donner au catharisme la réputation d’un aimable sujet de conversation de salon, sur lequel chacun a son mot à dire – et à écrire. Ou moins aimablement celle d’un sujet éculé, fatigué, épuisé, sur lequel on a déjà tellement déliré que point n’est besoin d’y revenir encore.
Et pourtant, dans les temps de doute et de retour sur soi qui s’imposent à nous au moment où s’écrivent ces lignes, alors que les iniquités du monde nous explosent au visage, il est particulièrement gratifiant de saluer la naissance d’un bon livre dans les eaux claires du ruisselet. Et je remercie Serge Moneff de m’en donner l’occasion.
Voici en effet un livre qui rend tout simplement au catharisme sa dimension historique et religieuse, qui rappelle le rôle qu’il a joué, la place qu’il a tenue dans le grand théâtre d’ombres de notre Moyen Age occidental, au moment où autour de la papauté triomphante d’un Innocent III se mettait en place une « société de la persécution » (expression due au médiéviste britannique Robert Moore) – dont la nôtre a directement hérité – de la persécution des hérétiques à celle des lépreux, des sarrasins et des Juifs, de l’esprit de croisade à celui de la conquête coloniale.
Même si on ne peut plus croire aujourd’hui que l’Histoire ait un sens, il est plus que jamais utile de démonter les rouages de l’intolérance et de l’exclusion, qui sont multi-séculaires. De rappeler



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que croisade et Inquisition sont des inventions labellisées de la chrétienté médiévale latine. Plus que jamais d’actualité, aussi, de remettre dans les consciences le message authentiquement évangélique des bons hommes, les réalités de leurs pratiques apostoliques et non violentes.
Serge Moneff donne ici le bon petit livre d’histoire, clair et pédagogique, qui répond à ces urgences. Un bon petit livre à côté de quelques autres, soit et heureusement. Mais que mon vieil ami Serge me permette de souligner, à l’intention du lecteur, au moins deux parmi toutes les raisons qui me semblent rendre sa démarche à lui tout à fait unique.
D’abord, ce livre est traduit en occitan, ce qui est une heureuse première. Je m’en réjouis d’autant plus que son auteur, Serge Moneff, est un vrai et pur occitan, de souche bulgare pour ne pas dire bogomile. Magnifique pied de nez à ceux que Brassens appelle « les imbéciles heureux qui sont nés quelque part », et qui rend à notre ouverte Occitanie sa magie de patrie de l’âme. Et comment ne pas témoigner des qualités de coeur et de rigueur avec lesquelles Serge, depuis des années, oeuvre et travaille avec ses amis de l’Association AREC, pour la connaissance et le respect de l’histoire des hérétiques médiévaux ?
Anne Brenon
22 septembre 2001




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Avant-Propos
Je tiens à remercier Anne Brenon qui m’éclaira le Catharisme d’une lumière nouvelle, et sans la- quelle je ne me serais pas lancé dans une telle aventure ; ma famille qui passa tant de vacances en pays Cathare pour me permettre d’assouvir ma curiosité vite transformée en passion ; enfin tous ceux qui m’encouragèrent dans ce long cheminement à travers les siècles qui virent naître, se développer, puis disparaître dans les flammes des bûchers ceux qui prêchaient l’Amour.
Merci donc à Laurent, Richard, Marie-Jo, Magali, Nadine, M me Pinot… Je ne peux ici citer tout le monde, mais je suis reconnaissant envers tous ceux qui me montrèrent leur amitié et leur confiance.





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Avantz-Díser
Arremerciar que voi a Anna Brenon qui se m’esclairè lo Catarisme d’ua lutz navèra, qui m’aviè solide de cap a-d aquesta aventura ; a la mia familha qui passè tantas vacanças en país catarro entà que pusqui assadorar lo men curiosèr lèu virat en passion ; enfin a tots los qui m’encoradgènn en aquera longa caminada capvath los sègles ond va-donn, creixonn e mei desapareixonn, hentz las eslamas deus lenhièrs, los qui prediquènn l’Amor.
Mercí hòrt donc entà Laurenç, Richard, Maria-Jo, Magalí, Nadina, D na Pinot… Ne’m vaga pas de’us citar tots, mès que’us soi a tots reconeixent de m’aver muixat amistat e ahida entà jo.





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I. Les origines.



C ’est aux environs de l’an Mil que les premières manifesta- tions de la volonté d’un retour vers le christianisme primitif (et d’un élan nouveau ayant pour principal souci d’assurer son salut) éclatèrent un peu partout en Europe.
Dès 960, Cosmas le Prêtre dénonçait l’hérésie qui avait gagné la Bulgarie. Une religion nouvelle apparut sous diverses dénominations, dans divers lieux et régions d’Europe à la même époque (autour de l’an Mil). Leurs adversaires, au cours des siècles suivants (surtout à partir du XII e  siècle leur don- neront différentes appellations :
Bogomiles (Bulgarie, Dragovitie, Mélinguie, Dalma- tie) ; Patarins (Italie, Bosnie) ; Cathares (Rhénanie) ; Publicains (Champagne, Bourgogne, Oxford) ; Piphles (Flandres) ; Manichéens (Toulouse, Orléans) ; Tisse- rands (Cambrai) ; Vlakhi (Novgorod).
Il a été longtemps considéré comme chose acquise que les Cathares occitans étaient les descendants
des Bogomiles bulgares. Or, ces deux religions se développèrent simultanément. Les Bogomiles n’étaient pas les ancêtres des Cathares, mais sim- plement leurs frères orientaux.
Si le Catharisme s’implanta en Occitanie au point d’organiser ses Eglises en Evêchés au Concile de Saint-Félix-Lauragais (1167), cela faisait un siècle et demi déjà que l’essentiel des idées qu’il pro- fessait avaient commencé à être semées à travers l’Europe.
L’on peut parler pour la période comprenant les premières manifestations anticatholiques marquées par des formes de dualisme plus ou moins diffus (début du XI e  siècle), de “pré-catharisme” ou de “proto-catharisme”.
On y retrouve en effet déjà les principales ca- ractéristiques qui feront reconnaître plus tard les Cathares : rejet de la Croix, refus de payer la dîme, rejet du Baptême des enfants, du mariage et de l’Eucharistie.



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I. Las originas.



Es als entorns de l’an Mila qu’es- peliguèron de manifestacions de la volentat de tornar cap al crestianisme dels temps primièrs (e un vam nòu que se tafurava principalament d’assegurar lo seu salut).
Tre 960, Cosmàs lo Prèire denonciava l’eresiá qu’aviá ganhada Bulgària. Una nòva religion, a l’entorn de l’an Mila, espeliguèt en medeis temps amb d’apelacions desparièras dins de luòcs e regions divèrses d’Euròpa. Lors contras, al cors dels sègles seguents (subretot a partir del sègle XII, lor balhèron maitas apelacions :
Bogomiles (Bulgaria, Dragovicia, Melinguia, Dal- macia) ; Patarins (Italia, Bosnia) ; Cathares (Rena- nia) ; Publicains (Champagne, Bourgogne, Oxford) ; Piphles (Flandras) ; Manichéens (Tolosa, Orléans) ; Tisserands (Cambrai) ; Vlakhi (Novgoròd).
Se considerèt bèla pausa coma causa assegu- rada que los Catars occitans èran los ereitièrs
dels Bogomils de Bulgària. Se trapa qu’aquelas doás religions creissèron en meteis temps. Los Bogomils èran pas los davancièrs dels catars, mas simpletament lors fraires del levant.
Lo Catarisme s’enrasiguèt tant talament en Oc- citania qu’organisèt las siás glèisas en avescats al Concili de Sant-Feliu de Lauragués (1167). Çaquelà i aviá plan un sègle e mièg que çò essencial de las idèas dels Catars èran estadas semenadas d’en pertot en Euròpa.
Pel periòde de las primièras manifestacions anti- catolicas marcadas per de formas de dualisme mai o mens difús, se pòt parlar (al començar del sègle XI) de “Pre-Catarisme” o de “Protò-Catarisme”.
Vertat es que ja s’i tròban las caracteristicas mages que, mai tard, faran reconéisser los catars : regetada de la crotz, refús de pagar lo deime, regetada del Batisme dels mainats, del maridatge e de l’Eucaristia.



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II. Des Chrétiens dualistes



M ais quelle était donc cette nouvelle religion, cette nou- velle Eglise, quelles étaient donc ses divergences fondamentales avec l’Eglise de Rome ? Et surtout, cette religion était-elle réellement nouvelle ?
Outre qu’ils ne reconnaissaient aucune valeur aux sacrements de l’Eglise catholique (nous verrons plus loin pourquoi et quelles étaient leurs argumenta- tions), les Cathares étaient des Chrétiens dualistes. Leurs adversaires les accusaient de croire en deux dieux : l’un Bon, l’autre Mauvais ; d’où l’accusation vite lancée de Manichéens.
La réalité était toute autre : les Cathares croyaient en l’existence de deux principes distincts et fon- damentalement opposés :
— Le Principe du Bien, ou Dieu Bon, miséricordieux, sauveur des âmes. C’est de Lui que parle le Christ lorsqu’il évoque : « Notre Père ». C’est de lui que parle le Nouveau Testament. C’est le « Père Saint », « Dieu des Bons Esprits », « Père des Lumières ». Il a créé le Ciel et la Terre, mais pas celui et celle
que nous avons sous les yeux : il a créé « un Ciel Nouveau et une Terre Nouvelle ».
Les Cathares s’appuient sur des autorités scriptu- raires tirées du Nouveau Testament.
Epitre de Pierre : « Car nous attendons, selon sa promesse, de nouveaux cieux et une nouvelle terre, où la justice habitera ».
Apocalypse de Jean : « J’ai vu un ciel nouveau et une terre nouvelle » (Apo. (2, 2).
Epitre de Paul aux Galates (4, 26) : « La Jérusalem d’en haut, qui est libre, est notre mère ».
D’ailleurs Jésus a dit : « Mon Royaume n’est pas de ce monde » et « Le Prince de ce monde vient, et il n’a rien en moi » (Jean (14, 30). Et Paul (II, Cor. 4, 18) : « Ce que l’on voit est transitoire, ce que l’on ne voit pas est éternel ». Enfin, le Christ à ses apôtres : « Vous n’êtes pas de ce monde, c’est pourquoi le monde vous hait » (Jean ; 8, 15). Ils s’appuient aussi sur l’Ecclésiaste : « J’ai appris que toutes les œuvres de Dieu demeurent à perpé- tuité » (Eccl. 3, 14). Or, ceci est incompatible avec



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II. De Crestians dualistas.



Mas quina èra doncas aquela nòva religion, aquela glèisa nòva, quinas èran doncas las siás divergéncias fondamentalas ambe la glèisa de Roma ? E subretot, aquela religion, èra vertadièra- ment nòva ?
En mai de reconéisser pas cap de valor als sa- graments de la Glèisa catolica (veirem çai après perqué e quinas èran lors argumentacions), los catars èran de crestians dualistas. Lors adversaris los encusàvan de creire en dos dius : L’un Bon, l’autre Maissant ; d’aquí l’acusacion lèu proferida de Maniqueans.
La realitat èra plan autra : los Catars cresián en l’existéncia de dos principis distinctes e fon- damentalament opausats :
— lo Principi del Ben, o Diu Bon, misericordiós, salvaire de las anmas. Es d’El que parla Crist quora evòca « Nòstre Paire ». Es d’El que parla lo Nòu Testament. Es lo “Paire Sant”, “Diu dels Bons Esperits”, “Paire de las lutz”. A creat lo Cèl
e la Tèrra, mas pas lo e la qu’avem jols uèlhs : a creat « un Cèl Nòu e una Tèrra Nòva ».
Los Catars s’apévan sus d’autoritats escriptuàrias tiradas del Nòu Testament.
Epístol de Pèire : « Perque esperam, segond la siá promessa, de cèls nòus e una tèrra nòva, que la justícia emplenarà ».
Apocalipsi de Joan : « Ai vist un cèl nòu e una tèrra nòva » (Apo 2, 2).
Epístol de Pau als Galatas (4, 26) : « La Jerusalèm de denaut, qu’es liura, es la nòstra maire ».
Jèsus diguèt mai : « Lo Meu Reialme es pas d’aqueste mond » e « Lo Prince d’aqueste monde vèn, e a pas res en ieu » (Joan 14, 30). E Pau (II, Cor. 4, 18) « Çò que l’òm vei es transitòri, çò que se vei pas es etèrne ». E mai Crist als seus apòstols : « Siatz pas d’aqueste mond, es per acò que lo monde vos a en òdi » (Joan ; 8, 15). Se servísson tabé de l’Eclesisasta : « Ai aprés que totas las òbras de Diu demòran per totjorn (Eccl.



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Matthieu (24, 35) : « Le ciel et la terre passeront, mes paroles ne passeront pas ».
Comment interpréter Matthieu autrement que : Mes paroles ne passeront pas car elles sont de Dieu et donc éternelles, tandis que le ciel et la terre passeront (autrement dit seront détruits, ce qui est confirmé par l’Apocalypse de Jean) car ils ne sont pas l’œuvre de Dieu et sont donc transi- toires et périssables ?
— Le Principe du Mal, ou Satan, « Prince de ce monde » ou « Prince des Ténèbres ». Il correspond au Dieu de l’Ancien Testament, créateur du monde visible où règnent le mal, l’envie, la haine, la cupi- dité, l’égoïsme, toutes choses ne procédant pas du Dieu Bon. Or, comme il est écrit dans Matthieu : « Le bon arbre ne peut porter de mauvais fruits » (Matth. 7, 18) ; et l’Apocalypse de Jean décrivait la fin de cette terre.
C’est celui qui est appelé « l’Eternel », « Dieu des Armées » et même « l’Exterminateur » (Cor. 10, 10).
Ce Dieu de l’Ancien Testament qui connaît le mal
(Gen.3, 22) qui maudit qui n’est pas circoncis (Gen. 17, 14) ; qui attise la haine (Matth. 5, 38-43), qui a ordonné des sacrifices d’animaux (Lev. 6, 23), qui incite au meurtre (Ex. 32, 27), (Lev. 20), (Lev. 26, 7) ou tue lui-même (Gen. 6 et 9), n’a rien de commun avec le Dieu d’Amour annoncé par le Christ.
D’ailleurs, Jésus dit « Tous ceux qui sont venus avant moi étaient des voleurs et des brigands » (Jean 10, 8). Pour les Cathares, cette phrase est claire : tous ceux qui ont parlé de Dieu avant lui avait menti (ou été trompés). Ce qui enlevait à leurs yeux toute crédibilité à l’Ancien Testament.
Comme on le voit, le dualisme des Cathares n’était pas la croyance en deux dieux, mais en un Dieu Bon annoncé par le Christ et en un faux dieu qui tentait par tous les moyens de séduire les hommes ou de les corrompre pour les empêcher de reconnaître leur vrai Père.
Jean Duvernoy a fourni une remarquable analyse sur ce sujet (1) qui, à mes yeux, en fait la référence en la matière.
III. L’Eglise cathare


(1) « La Religion des Cathares » (pages 39 à 53)



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3, 14). E acò es pas gaire compatible amb Matiu (24, 35) « Lo Cèl e la Tèrra passaran, las miás paraulas passaran pas ».
Cossí interpretar Matiu autrament que : Las miás paraulas passaran pas perque son las de Diu e doncas etèrnas. Al contra, lo cèl e la tèrra passaran (biais de dire que periran çò qu’es confirmit per l’Apocalipsi de Joan) perque son pas l’Òbra de Diu e son doncas transitòris e destrusibles ?
— Lo Principi del Mal, o Satan, « Prince d’aqueste monde » o « Prince de las tenèbras ». Correspond al Diu de l’Ancian Testament, creador del Monde vesedor, que i senhoreja lo mal, l’enveja, l’òdi, la cobeitat, l’egoïsme, totas causas que son pas del Diu Bon. E coma es escriut dins Matiu « L’aubre bon pòt pas portar de malas fruchas » (Matth. 7, 18) e l’Apocalipsi de Joan descriviá la fin d’aquesta tèrra.
Es aquel qu’es apelat « L’Etèrne », « Diu de las armadas » e quitament « L’Acabador » (Cor. 10, 10).
Aqueste Diu de l’ancian Testament que coneis lo mal (Gen. 3, 22), que maudís qual es pas circoncís (Gen. 17, 14) ; que enfuòca l’òdi (Matth. 5, 38-43), qu’a ordenat de sacrificis de bèstias (Lev. 6, 23), que buta al murtre (Ex. 32, 27), (Lev. 20), (Lev. 26, 7) o tua el meteis (Gen. 6 e 9) a pas res de comun amb lo Diu d’Amor qu’anóncia lo Crist.
E mai Jèsus ditz « Totes los que venguèron avantz ieu èran de volurrs e de bandolièrs » (Joan 10, 8). Pels Catars, aquesta frasa es clara : totes los que parlèron de Diu avantz el èran de messorguièrs (o de monde enganats). Çò que, per eles, tirava tota credibilitat a l’Ancian Testament.
Coma o vesem, lo dualisme dels Catars èra pas la cresença en dos dius, mas en un Diu Bon anonciat per Crist e un Diu falsièr que temptava per tota mena de mejans de sedusir los òmes o de los corrompre per los empachar de reconéisser lor paire vertadièr.
Jean Duvernoy forniguèt un analisi remarcable sul subjècte (1) que, al miu vejaire, ne fa la referéncia en aquela matèria.


(1) « La Religion des Cathares » (pages 39 à 53)



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Les Evangiles cathares en langue occitane.




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L’imposition des mains






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d’Occitanie.


A. Le Concile
de S t -Félix-Lauragais.
E n 1167, le concile cathare de Saint-Félix-Lauragais organisait les diverses communautés cathares occitanes en Evêchés distincts : Toulousain, Carcassès, Agenais et Albigeois.
Un évêque fut choisi pour chaque évéché. Pour le Toulousain : Bernard Raimond ; pour le Carcas- sès : Guiraud Mercier ; pour l’Agenais : Raimond de Casalis ; pour l’Albigeois : Sicard Cellerier.
Chaque évêque était doté d’un Fils majeur et d’un Fils mineur. A la mort de l’Évêque, le Fils ma- jeur devenait Évêque, le Fils mineur devenait Fils majeur et on élisait un nouveau Fils mineur. Ainsi, la continuité du fonctionnement de chaque Eglise était assuré.
B. Croyants et Parfaits.
L’Eglise comprenait les croyants et les Bons Chré- tiens ou Bons Hommes (ou Bonnes Dames). Ce
sont leurs persécuteurs qui les désignaient sous le terme de “Parfaits”. Si nous conserverons dans cet ouvrage les termes de Parfaits ou de Cathares, c’est pour une plus grande compréhension, ces termes étant les plus connus du grand public.
Les seuls devoirs des croyants étaient d’assister aux prêches des Parfaits et de s’agenouiller trois fois devant eux chaque fois qu’ils en croisaient un en leur demandant « de prier Dieu pour qu’il leur accorde une bonne fin ».
Cette pratique s’appelait « melhorament » en occitan (amélioration) car elle correspondait à reconnaître dans l’Eglise des Bons Hommes la véritable et seule Eglise de Dieu.
Les croyants pouvaient être mariés, avoir des enfants, manger de la viande et vivre comme bon leur semblait. L’Eglise ne leur imposait rien. La plu- part attendaient leur fin prochaine pour se placer entre les mains des Parfaits. En temps de troubles, beaucoup passeront un accord, la convenenza, avec un Parfait pour recevoir le Consolament même




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III. La Glèisa catara d’Occitania.


A. Lo Concili
de St-Feliu-de-Lauragués.
En 1167, lo concili catar de Sant Feliu de Lauragués organisava las divèrsas comu- nautats cataras occitanas en Avescats desparièrs : País Tolosan, Carcassés, Agenés e Albigés.
Un Abesque siaguèt causit per cada Abescat. Pel País Tolosan : Bernat Raimond ; per Carcassés : Guiraud Mercièr ; per Agenés : Raimond de Casalís ; per Albigés : Sicard Celerièr.
Cada abesque èra dotat d’un filh major e d’un filh menor. Quand morissiá l’abesque, lo filh major veniá abesque, lo filh menor veniá filh major e s’elegissiá tornamai un Filh menor. Aital, lo foncionament de cada Glèisa èra assegurat de contunh.
B. Cresents e Perfaits.
La glèisa èra constituïda dels Cresents e dels Bons Crestians o Bons Òmes (o Bonas Dònas). Lo nom de “Perfaits” lor foguèt donat per aquels que los
persecutàvan. Per tal qu’una majoritat de monde compréngan, dins aqueste obratge, servarem los tèrmis de Perfaits o de Catars que son los mai coneguts del public.
Los Cresents aviám pas que doás obligacions qu’èran la d’assistir als presics dels Perfaits, la de se botar tres còps de genolhons davant eles, tot còp que n’encontràvan un, en tot lor demandar « de pregar Diu per que lor acòrde bona fin ».
Aquela pratica se disiá lo “melhorament” ; èra lo biais de reconéisser dins la Glèisa dels Bons Òmes la vertadièra e sola Glèisa de Diu.
Los cresents se podián maridar, far de mainatges, manjar de carn e viure coma o volián. La Glèisa lor impausava pas res. ...

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