Les élus de la violence
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Les élus de la violence , livre ebook

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Description

Seuls les élus de la violence survivront. Pour comprendre cette affirmation il faut parcourir l’Histoire de l’Humanité et entrevoir sa finalité inévitable. La violence est omniprésente, d’abord et avant tout à travers ce silence pesant de ceux qui refusent de s’engager et qui laissent les autres faire la sale besogne. Et puis il y a cette accusation néfaste aux conséquences inéluctables que c’est toujours et toujours les autres qui sont violents. La thèse centrale de ce livre est que nous nous acheminons tranquillement et irréversiblement vers le jour où l’humanité s’anéantira pour ne pas perdre la face. Allah par son existence nous pousse à espérer une sortie de ce marasme et tragédie humains. Agissons ! Nous avons besoin d’une nouvelle pensée à la hauteur de notre noblesse de cœur.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 26 janvier 2016
Nombre de lectures 0
EAN13 9782312039107
Langue Français

Extrait

Les élus de la violence
Mohamed Nejib Mili
Les élus de la violence
Manifeste Moulhamine











LES ÉDITIONS DU NET 22, rue Édouard Nieuport 92150 Suresnes
Du même auteur

L’amour en bandoulière , roman, éditions Baudelaire, janvier 2015
Spleen du voyageur solitaire , poésie, éditions du Net, octobre 2015


























© Les Éditions du Net, 2015 ISBN : 978-2-312-03910-7
Prologue
« Allez, mon cher fils Sayfeddine, lève-toi, c’est l’heure. »
Je parle bien trop tôt. Le soleil vient d’apparaitre et la prière doit encore être exécutée. Alors à quoi bon ! Me voilà penaud au pied de son lit, les bras pendants.
« D’accord, apprécie les quelques minutes de sommeil restantes, je reviens dans un instant. »
Et je me dirige droit vers la chambre de ma fille, Meriem.
« Réveille-toi, j’ai à te parler. »
Pas facile, tout cela ! Avant tout, la prière. Mes pensées sont encore obscures.
Après avoir fait les deux Rak`at obligatoires je reviens à la charge. Et nous voici enfin réunis autour d’un copieux petit déjeuner.
« Maman va nous rejoindre. Commençons. Bismil-laahir-rah-maanir-rahim. Au nom d’Allah, le Clément, le Miséricordieux. »
Et mes enfants se jettent sur les tartines beurrées que je leur ai préparées auparavant. En me rappelant la voix instructrice de ma femme, Zoubaïda, je hoche la tête, penseur.
« À quoi penses-tu, Papa ? » questionne Sayfeddine.
« Si j’ai une question sur l’individu, je viendrai te voir, mon fils. Tu es bien renseigné sur le sujet. Mais par contre, pour tout ce qui concerne les questions sur la communauté, c’est moi le maître. » Je ris de mon orgueil. « D’ailleurs commençons la journée par quelques versets coraniques, ceux de la sourate XXVI, Les Poètes, 181 – 184 :
Utilisez des mesures exactes,
ne soyez pas au nombre de ceux qui trichent.
Pesez avec une balance juste,
ne causez pas de tort aux hommes
dans ce qui leur appartient ;
ne soyez pas malfaisants sur la terre,
en la corrompant.
Craignez celui qui vous a créés :
vous, et les générations qui vous ont précédés ».
Et je questionne : « Je veux savoir ce que tu en penses, Sayfeddine. »
« Papa, n’est-ce pas là une aberration des temps modernes ? Quel peuple peut se déclarer au niveau de ces versets, sinon les Christianistes ? Ne sont-ils pas maitre de la juste mesure, et nous autres, Arabes, n’avons pas montré tant de cupidité dans le négoce ? » Sayfeddine dit cela d’une voix tranchante.
« Ça veut dire quoi, être corrompu ? » demande alors Meriem.
Je me presse de répondre, car l’enjeu est de taille.
« Tricher, voilà la source de tous nos malheurs. S’enrichir au dépend des autres, mentir, donner des promesses qu’on ne tient pas. »
« Mais aussi troquer la bonne parole contre l’injustice ! » s’exclame mon fils.
« Se taire ! » ajoute Meriem
« Le silence a fait beaucoup de mal. Un musulman doit combattre sous toutes ses formes la corruption, et pas seulement celle qu’entraine l’argent, mais aussi le manque de foi » précise Sayfeddine.
« Allez, fini de philosopher. Tous au travail. Bonne journée. Et que le salut soit sur vous et les croyants ». Moi, né Yacine, je prends mes responsabilités.
L’atentat christianiste ou comment chercher le traitre parmi nous
L’intemporel est de rigueur. À toi de décider. En tout cas, ce qui est sûr…
Cette année-ci est une année décisive, pas comme les autres. Notre année ! Votre année ?
Terré, j’ai pris l’habitude d’agir en silence. Mon arrière grand-père Hossein l’avait prédit, les Christianistes essayeront par tous les moyens de reprendre le dessus. Et cette année-ci ils ont trouvé enfin la clef à leurs soucis. Du moins ils y croient fermement. Une sorte de puce biologique, placée à la base de l’hypophyse, contrôlera le flux hormonal qui détermine à quel degré vous appartenez à cette race damnée des dévots. Si vous priez avec une intensité illégale, si vous vous vouez à la cause d’Allah par trop de dévouement ou si même votre pensée dérive vers une religiosité inexpliquée, alors la puce agit au niveau du cerveau pour vous remettre sur le droit chemin, celui d’un être à la croyance moyenne sans cet élan ravageur qui ferait de vous un Moulhamine du peuple. La puce est devenue ma terreur absente. Je devais échapper au contrôle des Christianistes mis aux abois par une guérilla implacable et incorruptible. Pour survivre je me faufile comme un poisson entre les mailles de leur filet. Mais pour combien de temps encore ?
La puce elle-même ne pose pas de problème d’éthique, sinon celui d’une intervention chirurgicale que subit votre corps. Vous continuerai à vous comporter en être humain, bien assimilé et docile. Mais dans mon cas cette puce à la base de l’hypophyse m’entraînerait indéniablement au suicide mental. Mon rapport avec Allah ne peut subir une détérioration, au point où mes pensées religieuses en seraient affectées, sans provoquer une révolte intérieure, une aliénation irréversible. Allah ne me le pardonnera pas le jour du Jugement Dernier, j’en suis convaincu, si j’acceptais de me laisser aliéner. Mais voilà que l’Islam considère le suicide, même virtuel, comme un péché capital. Que faire ? Je suis horrifié, la puce mettrait alors fin à une vie décente vouée à Allah. En tant que serviteur, je devais me préserver. Pas de puce, ai-je décidé ! Je devrai mourir avant son implantation, cela me coûtera simplement la vie. Quel mort vais-je donc choisir ?
Les histoires de puce biologique implantée dans votre corps courent de nos jours de bouche à oreille sans avoir une appartenance à une réalité palpable, beaucoup sont saugrenues. Parfois l’auteur de ces racontars fait exprès de les diffuser pour semer la terreur parmi la population religieuse. « Soit croyant et terre-toi » est un des meilleurs slogans de la propagande Christianiste. « Pas de religieux à nos portes » avait dit leur chef de fil. Les frontières de l’oubli ont déjà été repoussé bien loin, personne n’ose plus de nos jours proclamé son appartenance au fondamentalisme, encore mois à l’intégrisme musulman. Mais que penses-tu, frère, de ton intégrité religieuse, toi qui combats et as combattu les membres de ta communauté sans sourcilier, en torturant et en muselant, et même ton propre frère ou ta propre sœur ? N’as-tu pas commis un péché impardonnable ? Qui croit encore à ta Foi ? De quelle Foi parles-tu ? Ton langage est bien vide de sens, pauvre être éperdu.
C’est ainsi que je parlerai, m’ai-je promis, dans un de ces songes saisi à la sauvette. J’ai peur de me perdre, moi aussi. Ma perspicacité de reconnaître le vrai du faux fait de moi un être dangereux, un fauve qui dévore l’hypocrisie. Et le pire est que personne ne le saura jamais. J’ai un besoin de propager ma vérité, comme le fit mon arrière grand-père Hossein, mais avec la seule différence que lui du moins a su commander et affiner sa doctrine. Cette doctrine-là, je me la répète tous les matins en me levant. L’histoire de Hossein ne s’est pas éteinte comme une flamme de bougie au vent ! Qu’on se le dise… Et tant que je vivrai vivra sa mémoire.
« Qu’as-tu à nous annoncer ? » m’avait dit un jour de pluie Ibrahim.
« Comptons nos morts ! » rétorquai-je.
Et ce sera lui le premier à disparaître de nos rangs, éliminé en silence.
« N’oublions pas les torturés » voulait-il encore ajouté, dans un soupir agonisant.
Ah ! Ibrahim, ta souffrance a transpercé nos cœurs. Et nous t’aimons tellement fort que nos têtes ont déjà surgi hors de la masse, éparses fleurs solitaires, aimant la piété. Discernons donc entre la paille et le blé. Un Tunisien religieux n’est-il pas fondamentalement différent d’un Afghan des montagnes ou d’un Arabe de la Péninsule, encore plus d’un Tchéchène ? Ibrahim voulait que j’articule mes pensées. Et je mettrai une vie à exécuter sa dernière volonté. Mais au fond que me voulait-il ? Dans ma schizophrénie naissante je n’arrivai pas à distinguer la cassure. Al

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