Mémoires du survivant des camps nazis
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Description

Leonhard Bundheim est né en 1923 dans une famille juive de Hambourg. La « Nuit de cristal » marque pour lui la fin de l'innocence : son père est arrêté et le reste de la famille opte pour l'exil en Belgique. Leonhard est emprisonné seul à Bruxelles au premier jour de l'invasion allemande. En France, où il est envoyé, il va connaître trois camps différents avant celui de Drancy, avec une parenthèse de près de dix-sept mois à Limoges grâce à l'OSE.
Cette organisation sauvera sa mère et ses quatre frères et soeurs mais pas son père, assassiné à Majdanek en mars 1943. Leonhard, déporté depuis déjà six mois, a été extrait de son convoi à destination d'Auschwitz, à Cosel, pour servir l'industrie du Reich. La solidarité de certains codétenus lui permet de survivre aux différents camps de travail forcé puis de concentration, sans oublier l'épouvantable « marche de la mort ». Laissé pour mort dans un convoi abandonné par des SS en fuite, il est libéré après près de trois ans sous le joug nazi.
Après la guerre, en chemin vers la Palestine, Leonhard est interné avec son épouse dans un camp britannique à Chypre. Parvenu en Terre promise, il s'engage rapidement dans l'armée de défense juive. De nos jours, le lieutenant-colonel en retraite de Tsahal et guide touristique en six langues Nathan Ben-Brith, de son nom hébraïque, voit dans sa descendance sa victoire contre le nazisme qui l'a privé de son père, de son adolescence et de plus de la moitié de son peuple vivant en Europe.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 18 janvier 2018
Nombre de lectures 1
EAN13 9782304047257
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0012€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Mémoires du survivant des camps nazis A-5672


Leonhard Bundheim

Le Manuscrit 2018
ISBN:9782304047257
Cet ebook a été réalisé avec IGGY FACTORY. Pour plus d'informations rendez-vous sur le site : www.iggybook.com
Présentation de la collection  « Témoignages de la Shoah » de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah
 

 
En lançant sa collection « Témoignages de la Shoah » avec les Éditions Le Manuscrit, et grâce aux nouvelles technologies de communication, la Fondation souhaite conserver et transmettre vers un large public la mémoire des victimes et des témoins des années noires des persécutions antisémites, de 1933 à 1945.
Aux nombreux ouvrages déjà parus la Fondation espère ainsi ajouter les récits de celles et ceux dont les voix sont restées jusqu’ici sans écho : souvenirs souvent enfouis au plus profond des mémoires individuelles ou familiales, récits parfois écrits mais jamais diffusés, témoignages publiés au sortir de l’enfer des camps, mais disparus depuis trop longtemps des rayons des bibliothèques.
Si quelqu’un seul ne peut décrire l’indicible, la multiplicité des récits peut s’en approcher.
En tout cas, c’est l’objectif que s’assigne cette collection à laquelle la Fondation, grâce à son Comité de lecture composé d’historiens et de témoins, apporte sa caution morale et historique.
Face à une actualité où l’instrumentalisation des conflits divers tend à obscurcir, confondre et banaliser ce que fut la Shoah, cette collection permettra aux lecteurs, chercheurs et étudiants de mesurer la spécificité d’une persécution extrême dont les uns furent acteurs, les autres, complices, et face à laquelle certains restèrent indifférents et les autres héroïques.
Puissent ces ouvrages inspirer à leurs lecteurs le rejet de l’antisémitisme et de toute autre forme d’exclusion, ainsi que l’esprit de fraternité.
 
Consultez le site Internet de la FMS : www.fondationshoah.org
 
Comité de lecture de la collection
 
Serge Klarsfeld, président
Henri Borlant, survivant de la déportation
Isabelle Choko, survivante de la déportation
Katy Hazan (OSE), historienne
Michel Laffitte, historien
Dominique Missika, historienne
Denis Peschanski, historien
Paul Schaffer, survivant de la déportation
Annette Zaidman, enfant cachée
Philippe Weyl, responsable de la collection
 
 
Correction : Laurence Beilvert
 
Traducteur des cartes postales en allemand  : Dominique Trimbur
 
Voir les autres titres de la collection en fin de volume. Pour plus d’informations, consulter le catalogue de la collection sur Internet : http://www.fondationshoah.org/memoire/collection/titres-parus
 
Biographie de Leonhard Bundheim/Nathan Ben-Brith
 

 
1923
11 décembre : à Hambourg, au nord de l’Allemagne, naissance de Leonhard Nathan Bundheim. Son père, Ernst, né en 1895 dans une ville voisine, Altona, est un importateur bien établi de crin végétal d’Afrique. Il est membre de la communauté juive orthodoxe et fréquente régulièrement la synagogue. Sa mère, Johanna, née Glückstadt en 1898 à Hambourg, est la seule fille d’une fratrie de sept enfants. Lors de leur mariage, le rabbin Duckes leur apprit qu’ils étaient tous les deux, chacun du côté paternel, descendants à la dixième génération d’un frère et d’une sœur échappés de Lisbonne, après que leur père, Annrique Dias De Milao De Caceres (né en 1528), y fut victime d’un autodafé le 5 avril 1609 par l’Inquisition.
 
1925
11 février : naissance de son frère Manfred Joseph.
 
1926
3 avril : naissance de son frère Paul Israël.
 
1928
31 mai : naissance de sa sœur Thirza.
 
1930
Leonhard commence sa première année scolaire à l’école juive Talmud Tora Realschule.
 
1933
30 janvier : à Berlin, Hitler, chef du parti nazi, est nommé chancelier. Suite à cette nomination, les premiers décrets et lois antijuifs entrent en vigueur dans toute l’Allemagne.
 
24 mars : Adolf Hitler obtient les pleins pouvoirs.
 
1935
15 septembre : lois raciales de Nuremberg.
 
1936
Décembre : Leonhard fête sa bar-mitzvah (communion juive des garçons à 13 ans) quelques mois après la mort de sa grand-mère maternelle.
 
1937
17 juin : naissance de sa plus jeune sœur, Rosel Noa.
 
1938
13–15 mars : Anschluss (rattachement de l’Autriche au III e  Reich allemand).
 
29–30 septembre : Accords de Munich, reconnaissance par la France, le Royaume-Uni et l’Italie de la domination allemande sur le territoire des Sudètes tchèques.
 
9–10 novembre : « Nuit de cristal », pogroms organisés dans toute l’Allemagne par le parti nazi, détruisant les synagogues et les magasins juifs.
Le matin, tous les hommes juifs allemands, dont le père de Leonhard, sont arrêtés par la Gestapo et internés dans des camps de concentration («  Konzentrationslager  », KZ ou KL) à travers tout le pays.
 
Début décembre : Leonhard avec ses deux frères et l’aînée de ses sœurs sont convoyés dans un transport de la Croix-Rouge internationale en Belgique ( Kindertransporte ) où vivent déjà deux oncles maternels. Leonhard, Manfred et Paul sont accueillis à Bruxelles par Richard et Fanny Glückstadt, parents de trois garçons, Siegfried, Manfred et Werner.
Thirza va à Anvers chez Leo et Meta Glückstadt qui ont deux filles : Hannelore et Ilse.
 
Leonhard est admis à l’internat d’une yeshiva (école talmudique) où l’enseignement est en yiddish, située à une vingtaine de kilomètres d’Anvers.
 
1939
Fin mars (approx.) : Ernst, le père de Leonhard, est libéré du camp de concentration d’Oranienburg par les nazis à condition qu’il s’exile en abandonnant tous ses biens. Il rejoint son épouse et leur petite Rosel parties en avion à Bruxelles quelques jours plus tôt.
 
4 avril : les Bundheim réunis fêtent Pessah (la Pâque juive) dans la capitale belge.
 
23 août : signature du pacte de non-agression germano-soviétique, assorti d’un accord secret de partage des territoires est-européens (Pologne, pays Baltes, etc.).
 
1 er  septembre : les armées nazies envahissent par surprise la Pologne. Début de la Seconde Guerre mondiale en Europe.
 
3 septembre : la France et le Royaume-Uni, ainsi que d’autres pays, déclarent la guerre à l’Allemagne nazie.
 
1940
10 mai : début de la phase armée du conflit. Les armées allemandes attaquent par surprise la Belgique, les Pays-Bas et le Luxembourg afin de contourner la ligne de défense française Maginot et d’envahir la France.
Leonhard se rend seul au Vélodrome central de Bru-xelles pour un contrôle d’identité – son père est alors en visite à Anvers – conformément à un décret royal. Il est arrêté comme citoyen d’une puissance ennemie, et emprisonné avant d’être envoyé en France.
 
29 mai : au terme d’un long et éprouvant voyage en train, il est interné au camp de Saint-Cyprien près de Perpignan (de nos jours, Pyrénées-Orientales). Il y retrouve son père, son oncle Leo et son cousin Manfred, arrêtés à Anvers. Ces deux derniers seront libérés en raison de leur nationalité belge. Leo, sa famille et leur neveu Manfred parviendront à entrer aux États-Unis avant qu’ils n’entrent en guerre.
 
22 juin : l’armistice entre la France et l’Allemagne nazie est signé à Rethondes, près de Compiègne (Oise). Les deux tiers du territoire français passent sous la domination des vainqueurs.
Il y a 1,8 million de prisonniers français.
 
10 juillet : vote des pleins pouvoirs au maréchal Pétain. Fin de la III e  République, remplacée par l’État français. Pétain met en œuvre la « Révolution nationale » (réactionnaire, xénophobe, antisémite et anticommuniste).
 
30 juillet : la ligne de démarcation sépare la zone sous occupation allemande, au nord et à l’ouest, de la zone dite « libre » gouvernée à Vichy, au sud.
 
3 octobre : le gouvernement de Vichy promulgue la loi « portant statut des Juifs » leur interdisant la fonction publique et diverses professions.
 
4 octobre : loi sur « les ressortissants étrangers de race juive » et leur possible internement dans des camps spéciaux par décision du préfet du département.
 
24 octobre : la rencontre Hitler-Pétain à Montoire (Loir-et-Cher) engage la France dans la voie de la collaboration avec l’Allemagne nazie.
 
Fin octobre : le camp de Saint-Cyprien ayant été gravement endommagé par des inondations, les détenus sont évacués. Leonhard et son père, parmi 3 870 Juifs, sont transférés au camp de Gurs (aujourd’hui, Pyrénées-Atlantiques) où les conditions de survie sont bien plus précaires.
 
1941
29 mars : création du Commissariat général aux questions juives (CGQJ) par l’État français à l’instigation des Allemands, dirigé par Xavier Vallat qui revendique « un antisémitisme d’État ».
 
4 avril : étant encore mineur, Leonhard est libéré du camp de Gurs grâce aux actions de l’Œuvre de secours aux enfants (OSE) en la personne de Ruth Lambert. Il est envoyé à Limoges où vit la sœur de son père, Gertrud épouse de Max Sommer et leurs enfants Hilde et Norbert, réfugiée d’Épinal (Vosges), via Strasbourg. Ils logent chez eux des enfants de l’OSE, Max étant surveillant de cette annexe de l’internat de cette organisation.
Leonhard devient élève de l’OSE et de l’ORT (Organisation-Reconstruction-Travail). Il se prénommera désormais Léonard. Après avoir appris le français, il suivra des cours de technicien radio ainsi que d’études talmudique.
 
7 mai : Johanna, la mère de Léonard, et ses quatre autres enfants sont internés au camp de Gurs suite à leur arrestation par la police française après qu’ils ont franchi clandestinement la ligne de démarcation. Ils étaient parvenus à fuir la Belgique pour la France ; Johanna voulait rejoindre la famille installée à Limoges.
 
2 juin : le second statut des juifs élargit le groupe des personnes considérées comme juives et les écarte de la plupart des activités économiques.
 
22 juin : rupture du pacte germano-soviétique et invasion surprise de l’URSS par les armées nazies (plan Barbarossa).
 
29 novembre : création par l’État français à l’instigation des Allemands de l’Union générale des israélites de France (UGIF) ; toutes les associations cultuelles et culturelles, ainsi que les Juifs de France à titre individuel y sont affiliés.
 
8 décembre : les États-Unis entrent en guerre suite à l’attaque japonaise surprise sur la base navale de Pearl Harbor (sur l’île d’Oahu, État d’Hawaï) la veille.
 
1942
20 janvier : conférence de Wannsee (banlieue de Berlin), qui organise économiquement, administrativement et techniquement la « solution finale de la question juive en Europe », dont la décision remonte à quelques semaines. Onze millions de personnes sont visées.
 
Mars : l’OSE de la zone sud devient la 3 e  Direction-santé de l’Union générale des Israélites de France (UGIF).
 
Juin : les sœurs de Léonard sont libérées du camp de Gurs et rejoignent l’internat de l’OSE à Limoges où travaillent les Sommer. Elles seront par la suite cachées dans une famille d’accueil sous les noms de Thérèse et Rosette Boulogne.
 
7 juin : premier jour de l’obligation du port de l’étoile jaune pour tous les Juifs âgés de plus de six ans de la zone occupée.
 
2 juillet : accords de collaboration policière entre Bousquet et Oberg (chef de la police et chef suprême de la SS en France). Plus de 10 000 Juifs étrangers ou devenus apatrides seront arrêtés en zone « libre » par la police de Vichy pour être livrés aux Allemands et déportés.
 
4 juillet : Laval propose d’inclure les enfants aux nazis qui accepteront s’ils sont déportés séparément de leurs parents.
 
6 juillet : Manfred, le frère de Léonard, sorti du camp de Gurs pour convalescence suite à de graves maladies, arrive au Groupe rural de Taluyers (Rhône) des Éclaireurs israélite de France (EIF). Il prend le nom de Marcel Benz, alsacien, fils d’un ingénieur des eaux. Il ira ensuite à Pierre blanche , une ferme entre Valence et Alboussière (Ardèche), pour travailler dans le bucheronnage, caché avec quelques garçons d’origine allemande. Toujours en contact avec les EIF, il sera ensuite pris en charge par le Joint et la Haganah . Il fera, début mai 1944, une épouvantable traversée des Pyrénées, atteindra Cadiz d’où il partira le 27 octobre suivant sur Le Guiné avec une quarantaine d’enfants de l’OSE, et arrivera à Haïfa, alors en Palestine sous mandat britannique.
 
16–17 juillet : rafle dite « du Vél’ d’Hiv’ ». Elle vise les Juifs étrangers et apatrides de la région parisienne : 13 152 personnes sont arrêtées ; 4 992 sont internées au camp de Drancy (personnes seules et couples sans enfants) ; les familles (1 129 hommes, 2 916 femmes et 4 115 enfants) sont parqués au Vélodrome d’Hiver (XV e  arrondissement) dans des conditions inhumaines. Ces dernières personnes seront transférées dans les camps du Loiret avant d’être déportés.
 
26–28 août : premières rafles de Juifs en zone dite « libre » et premières arrestations de jeunes de plus de 16 ans dans les maisons d’enfants. Plus de 10 000 Juifs de nationalité étrangère ou devenus apatrides sont ainsi arrêtés par la police française pour être livrés aux Allemands et déportés. Parmi eux, Léonard : il est emmené au camp de Nexon (Haute-Vienne). Les Sommers, internés avec lui, vont bénéficier de l’exemption des membres de l’UGIF et seront libérés, tout comme les deux sœurs de Léonard mais elles, parce qu’elles ont moins de 16 ans.
 
À partir d’août 1942, Paul est caché par l’OSE dans des lieux différents. Après un séjour à l’hôpital de Montpellier (Hérault), il se retrouvera dans une maison pour enfants « anormaux », puis à Narbonne (Aude), dans une maison pour enfants difficiles, sous le nom de Paul Bunon. Il rejoindra ensuite son oncle Max Sommer à Limoges.
 
29 août : Léonard est convoyé avec d’autres au camp de transit de Drancy, dans la banlieue de Paris (de nos jours, Seine-Saint-Denis).
 
2 septembre : Léonard fait partie du convoi n°27, transportant un millier de Juifs, qui quitte la gare du Bourget-Drancy à destination du camp de concentration et d’extermination d’Auschwitz (Haute-Silésie, Pologne).
 
4 septembre : le train s’arrête à Kosel (Cosel en français, Haute-Silésie, à 80 kilomètres à vol d’oiseau au nord-ouest d’Auschwitz) : 245 hommes, parmi lesquels Léonard, sont sélectionnés et contraints de descendre avec leurs bagages. Ils sont amenés au camp de concentration d’Ottmuth situé sur la rive ouest du fleuve Oder. Il retrouve dans ce groupe avec lequel il restera, des connaissances comme Leo Bergoffen, rencontré au camp de Nexon.
 
Léonard est travailleur forcé pour les nazis dans l’usine OTA Schlesische Schuhwerke à Ottmuth situé à une certaine distance du camp d’Ottmuth d’où ils partent et reviennent tous les jours à pied. Léonard fait des talons en bois.
 
À l’infirmerie du camp d’Ottmuth, il retrouve des connaissances faites depuis Bruxelles, D r  Hans Slomniker et Ignace Spielmann (infirmier) qui le prennent sous leur protection, ce qui lui apportera divers avantages.
 
1943
2 février : le général allemand Friedrich Paulus capitule à Stalingrad, première grande défaite militaire des nazis, qui marque un tournant dans le conflit mondial.
Malade des intestins, Léonard tombe dans le coma. Grâce au D r  Slomniker qui le présente comme contagieux (typhoïde) au commandant SS du camp, Léonard est envoyé à l’hôpital de Krappitz. Il y est soigné et y reprend des forces.
 
6 mars : Ernst, le père de Léonard, fait partie du convoi n°51 qui part de la gare du Bourget-Drancy à destination du camp de concentration et d’extermination de Majdanek. Il ne reviendra pas.
 
Avril : les sœurs Bundheim sont convoyées en Suisse par une filière de l’OSE et sont placées dans une maison d’enfants à Bex-les-Bains (canton de Vaud).
 
Printemps : Leo Bergoffen, l’ami de Léonard, fait partie d’une sélection pour un transfert dans un autre camp de travail forcé.
 
1944
24 mai : liquidation du camp d’Ottmuth avec le transfert de tous ses détenus à celui de Blechhammer (de nos jours Haute-Silésie, Pologne) dépendant d’Auschwitz III-Monowitz. À leur arrivée, tous sont tatoués sur l’avant-bras gauche. Le numéro de matricule de Léonard est A-5672. Léonard intègre l’usine Oberschlesische Hydrierwerke AG (« usine d’hydrogénation de Haute-Silésie », destiné à la fabrication d’essence synthétique à partir du charbon ainsi qu’à la production de margarine et de saccharine) . Il travaille à la construction des réseaux de tuyauterie du complexe chimique ; les Juifs sont employés aux tâches les plus harassantes et dangereuses. Léonard est dans un groupe de jeunes, dont certains connus depuis Ottmuth. Il trouve quelques suppléments alimentaires auprès de prisonniers de guerre ou de civils travaillant à l’usine, dont un jeune soudeur tchèque.
 
6 juin : débarquement allié en Normandie.
 
22 juin : début de l’offensive soviétique en Europe de l’Est.
 
Les bombardements par les Alliés du complexe industriel de Blechhammer s’intensifient. Les Juifs sont acceptés dans les abris antiaériens.
 
1945
21 janvier : devant l’avancée de l’Armée rouge, le camp de Blechhammer est évacué : des milliers de détenus commencent une « marche de la mort » en direction du camp du Gross-Rosen, en Basse-Silésie (Pologne). Ils n’auront rien à manger et ceux qui ne peuvent avancer seront abattus.
 
27 janvier : libération du camp de concentration et d’extermi-nation d’Auschwitz par les Soviétiques.
 
3 février : après deux semaines de marche forcée, les quelques centaines de déportés survivants entrent au camp de Gross-Rosen.
 
5 février : départ de Gross-Rosen en wagons de transport de charbon découverts en direction de Weimar (Land de Thuringe, Allemagne).
 
7 février : arrivée à Weimar et marche de neuf kilomètres jusqu’au camp de concentration de Buchenwald. Léonard est enregistré sous le matricule 124901. Il s’est déclaré natif de Strasbourg et a caché sa judéité : il ne porte plus le triangle jaune sur le rouge. Grâce à cela et à son bilinguisme, il parvient à intégrer le Block  49 – dont le responsable est allemand – comprenant d’anciens détenus français résistants dans le grand camp où les conditions de survie sont meilleures.
 
11 février : Léonard est dans un Kommando Steingrube, commando des carrières de pierre de Buchenwald.
 
13 février : l’Armée rouge libère le camp de Gross-Rosen.
 
8–20 mars : Léonard, 45 kg, est à l’ « infirmerie » en raison d’un panaris.
 
5 ou 6 avril : une alerte aérienne sauve Léonard en interrompant un appel général où les prisonniers devaient se présenter nus afin de trouver les Juifs.
 
8 avril (approx.) : Léonard est sélectionné pour un Gleiskommando (commando de réparation des rails de chemin de fer détruits) embarqué à la gare de Weimar dans un train du personnel nazi de Buchenwald en fuite.
 
11 avril : libération du camp de concentration de Buchenwald par ses détenus quelques heures avant l’arrivée des Américains.
 
Léonard s’affaiblit en raison des travaux de forçat sans repos ni nourriture jusqu’à perdre connaissance. Lorsqu’il la recouvre brièvement, il voit un soldat soviétique libérateur. Il a été laissé pour mort dans le convoi abandonné.
 
7 mai : Léonard reprend conscience dans un lit d’hôpital à Salzbourg (Autriche). Il pèse 38 kg et souffre de la fièvre typhoïde.
 
8 et 9 mai : fin de la Seconde Guerre mondiale en Europe.
 
Juillet : Léonard est rapatrié de Salzbourg sur une civière dans un avion militaire français pour Paris. Il est soigné à l’hôpital Bichat.
 
Pendant son hospitalisation, Léonard retrouve sa mère. Elle est cuisinière à la maison de l’OSE L’Hirondelle près de Lyon (Rhône).
 
Une fois rétabli physiquement, Léonard rejoint sa mère dans cette maison d’enfants à La Mulatière.
 
Il reprend des études talmudiques à Aix-les-Bains, station thermale située sur la rive est du lac du Bourget (Savoie).
 
1946
21 septembre : mariage à Lyon de Léonard avec Suzanne Catarivas, qui est monitrice à L’Hirondelle , et qui est connue par son totem des EIF, Vif argent.
 
1947
2 février : embarquement en groupe à Sète (Hérault) sur le San Miguel , appelé plus tard Hama’apil Ha’almoni , pour une émigration illégale en Palestine, alors sous mandat britannique.
 
Mi-février : dans les eaux territoriales de la Palestine, des navires de guerre britanniques arraisonnent le San Miguel , les passagers sont faits prisonniers, puis internés à Chypre (alors sous tutelle britannique).
 
15 août : naissance en captivité du fils aîné de Léonard et Suzanne, appelé « Raphaël » lors de sa circoncision.
 
20 novembre  : dans le cadre des réjouissances qui entourent le mariage de la princesse héritière britannique Élisabeth avec le prince Albert, le gouvernement britannique délivre des certificats d’immigration hors quota aux 300 couples devenus parents lors de leur internement à Chypre.
Léonard et sa famille en bénéficient.
 
28 novembre : débarquement à Haïfa de ces jeunes familles qui sont envoyés dans un camp à Ra’anana. Lors de leur premier enregistrement par les autorités civiles juives du pays, Léonard décide de n’employer désormais que son prénom hébraïque, Nathan, et Suzanne hébraïse le sien en devenant Shoshana (les frères et sœurs Bundheim font de même).
 
29 novembre : vote de l’ONU à Lake Success (État de New York) sur la fin du mandat britannique en Palestine et le plan de son partage en deux États indépendants, l’un juif et l’autre arabe, en vigueur au 15 mai 1948. Bien que le territoire attribué à l’État arabe soit de beaucoup supérieur en superficie au territoire attribué aux Juifs, ces derniers acceptent ce partage tandis que tous les pays arabes déjà indépendants le refusent à l’unisson.
 
30 novembre : à partir de ce jour, quotidiennement et à travers tout le pays, des attaques armées auront lieu sur les colonies juives par la population des colonies arabes. Celles-ci reçoivent de l’aide militaire clandestine du Liban et de la Syrie.
 
Décembre : Nathan loue un petit appartement d’une chambre et demie dans une baraque en bois, sans eau courante ni électricité, dans la banlieue de la ville de Netanya. Une fois installé, il est employé comme journalier pour récolter les oranges. De plus, il est engagé d’office dans la Haganah – le plus grand des trois organismes défensifs clandestins juifs – pour monter la garde la nuit avec ses voisins de quartier contre les attaques arabes. En même temps, il reçoit une instruction de base de maniement des armes.
 
1948    18 avril : mariage de Manfred Joseph, le frère cadet de Nathan.
 
19 avril : Nathan est mobilisé, comme tous les hommes juifs, dans ce qui deviendra plus tard l’armée d’Israël.
 
14 mai : à Tel-Aviv, le président de l’Agence juive, David Ben Gourion, proclame l’indépendance de l’État juif, nommé Israël.
 
15 mai  : le dernier haut-commissaire britannique embarque à Haïfa et quitte l’ancienne Palestine.
 
Les forces armées de sept pays arabes envahissent ce qu’était la Palestine sur tous les fronts, pour détruire la nouvelle Israël et rejeter les Juifs dans la mer Méditerranée, mais n’y parviennent pas.
 
Juillet-décembre : Nathan, après avoir combattu dans son unité en tant que soldat, suit une formation d’infirmier puis d’infirmier-chef. Il montera en grade jusqu’à celui de sergent-chef.
 
25 septembre : naissance du second fils de Nathan et Shoshana, nommé Eléazar.
 
1949
20 juillet : signature du quatrième et dernier pacte d’armis-tice entre Israël et ses voisins arabes.
 
1950
19 janvier : Nathan, au terme de deux ans de service militaire obligatoire, peut se faire libérer en tant que père de famille. Toutefois, il décide de rester dans l’armée et d’y faire carrière. Ainsi, Nathan continuera dans l’ Israel Defence Forces (IDF, « Armée de défense d’Israël », ou, selon l’acronyme hébreu, Tsahal), en service actif pendant vingt-deux ans. Il suivra l’enseignement des écoles militaires, deviendra officier et montera en grade jusqu’à celui de lieutenant-colonel. Il sera réserviste après sa retraite du service professionnel jusqu’à l’âge de 65 ans.
 
2 septembre : naissance de son troisième enfant, une première fille, nommée Edna.
 
1951
15 juin : mariage de sa sœur Thirza.
 
1952
8 juillet : ayant acheté – à l’aide d’un prêt à longue durée – un appartement dans un nouveau quartier en construction à Tel-Aviv, Nathan y déménage avec sa famille.
 
1 er  septembre : Shoshana y ouvre un jardin d’enfants privé pour aider à payer le prêt, devant de toute façon rester à la maison avec ses trois enfants en bas âges.
 
1955
Nathan est élu président de la synagogue Ohel Léa de son quartier, Kiryat Shalom. Il occupera cette fonction bénévolement jusqu’à ce qu’il déménage, 50 ans plus tard.
 
31 août : mariage de son plus jeune frère, Paul Israël.
 
1956
29 octobre –5 novembre : Guerre du Sinaï, opposant Israël, la France et le Royaume-Uni à l’Égypte.
 
1959
7 juillet : mariage de la plus jeune sœur de Nathan, Noa Rosel.
 
1960
Le D r  Hans Slomniker et Ignace Spielmann, ses « parents adoptifs » d’Ottmuth, viennent en visite avec leur épouse : Nathan leur fait visiter le pays.
 
29 juillet : naissance du quatrième et dernier enfant de Nathan et Shoshana, une fille nommée Osnath.
 
Août : la famille Bundheim fête la bar-mitzvah de l’aîné, Raphaël.
 
1961
Septembre : la famille fête la bar-mitzvah du second fils, Eléazar.
 
Novembre : Nathan est envoyé par l’IDF en mission au Cameroun, pays d’Afrique centrale, avec le grade de commandant, mission qui durera trois mois. Une loi israélienne l’oblige alors à hébraïser son nom de famille en sortant du pays en tant que représentant officiel de l’État d’Israël. Désormais, la famille s’appellera donc Ben-Brith au lieu de Bundheim. Ce nom plaît à son frère Joseph qui lui aussi l’adopte pour sa famille. Par contre, leur petit frère, Paul Israël, gardera son patronyme.
 
1962
Septembre : la famille fête la bat-mitzvah d’Edna.
 
1965
Mai : l’aîné des fils de Nathan, Raphaël, débute son service militaire obligatoire de trente-deux mois. Il terminera avec le grade de sergent.
 
1966
Mai : le second fils de Nathan, Eléazar, commence la période de trente-deux mois de ses obligations militaires dans l’armée et devient parachutiste. Il se portera volontaire pour une année supplémentaire Il terminera avec le grade de lieutenant.
Il arrive alors qu’en fin de semaine il y ait trois soldats dans la maison des Ben-Brith.
 
1967
5–10 juin : guerre des Six-Jours à la suite du pacte entre l’Égypte, la Syrie, la Jordanie et l’Irak pour anéantir Israël. Les forces armées israéliennes attaquent au matin par surprise ses trois pays voisins, détruisant tout d’abord leurs avions et aéroport s militaires. Au cours des six jours suivants, Israël chasse les Égyptiens de la presqu’île du Sinaï, les Jordaniens de la Samarie et de la Judée en réunifiant à nouveau Jérusalem, et les Syriens des hauteurs du Golan. Par la suite, ces trois pays signeront des pactes d’armistice avec Israël mais continueront à refuser de signer la paix et de reconnaître son droit à l’existence.
 
1968
19 juin : le fils aîné de Nathan, Raphaël, se marie à Tel-Aviv avec Dorith Siegmann. Ils se sont connus à Eilat, la ville la plus au sud du pays, où Dorith travaillait comme maîtresse d’école.
 
1969
25 février : naissance à Eilat de la première petite-fille de Nathan, l’aînée de Dorith et Raphaël, appelée Inbal.
 
20 avril : Nathan termine son service militaire actif et cherche un poste intéressant pour son retour à la vie civile.
Début juin : Nathan commence une formation diplômante d’un an pour devenir guide touristique en Israël. Après avoir réussi l’examen du ministère du Tourisme, il sera apte à être guide touristique dans les six langues qu’il connaît. Bien que l’allemand soit sa langue maternelle, il ne se sent pas prêt à guider des groupes d’Allemands et d’Autrichiens dans cette langue, seulement des Suisses.
 
14 juillet : Edna débute son service militaire obligatoire de 20 mois qu’elle termine comme caporal.
 
1970
15 février : naissance du second petit-enfant, mais premier petit-fils de Nathan, deuxième enfant de Dorith et Raphaël, appelé Sha’har.
 
1971
7 juillet : Eléazar, le second fils de Nathan, se marie à Tel-Aviv avec Léa Dornbusch et s’établit avec elle près des parents de celle-ci à Montréal, au Canada.
 
1972
5 décembre : Edna, troisième enfant et fille aînée de Nathan, se marie à Tel-Aviv avec Nathan Mansfeld.
 
1973
6 octobre : guerre du Kippour. L ’Égypte et la Syrie surprennent Israël en l’attaquant le jour le plus saint chez les Juifs, celui de Yom Kippour (« le Jour du Grand Pardon »).

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