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Pour les Siècles des Siècles , livre ebook

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Description

Laon, 1112. Dans une France médiévale ravagée par les pillages et les luttes intestines, les bourgeois de la localité montent une conjuration pour préserver la charte communale leur accordant certains privilèges. Las, des meurtres abominables s’attaquent aux membres de cette corporation.


Lâche, le roi de France prend peur et quitte la ville.


Cupide, l’évêque Gaudry met Laon sous sa coupe tyrannique. La Cité tombe inexorablement dans la violence... Entre miracle et apocalypse, paix fragile et batailles sanguinaires, qui triomphera du Bien ou du Mal ?


Thierry Dardart nous livre une magistrale épopée romanesque. L’opus « les Sentiers de la Révolte » célèbre la lutte des êtres pour leur liberté. Fresque tourbillonnante, riche en rebondissements, la série Pour les Siècles des Siècles repose sur une solide réalité historique, des personnages hauts en couleur et des dialogues savoureux.


Thierry Dardart est diplômé de l’Université Paris-Dauphine, il est cadre bancaire depuis une vingtaine d’années, spécialiste de l’innovation et des agro-industries. Ses publications portent sur l’histoire de Laon, à laquelle il a consacré ses travaux, la vie et l’œuvre d’Arthur Rimbaud et des ouvrages de photos de bâtiments historiques. Il a comme passions les voyages, les chats et la trompette.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 13 mai 2023
Nombre de lectures 1
EAN13 9782382111468
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0105€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

Thierry DARDART

Livre I – MCXII
Les Sentiers de la Révolte
 
Roman historique
M+ ÉDITIONS 5, place Puvis de Chavannes 69006 Lyon mpluseditions.fr

Le Code de la propriété intellectuelle interdit les copies ou reproductions destinées à une utilisation collective. Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite par quelque procédé que ce soit, sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause, est illicite et constitue une contrefaçon sanctionnée par les articles L. 335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle.
 
 
 
 
 
 
 
Illustration originale  : Perrine Dardart
Cartes de l ’ auteur
 
 
© M + éditions Composition Marc DUTEIL ISBN : 978-2-38211-146-8


Note
Les pages qui vont suivre font apparaître des notes de bas de page. Elles sont les héritières des «   gloses   » en marge du texte (marginales) ou entre les lignes (interlinéaires) des manu scrits anciens. Il s’agissait d’un commentaire linguistique ou historique pour expliciter un terme rare ou apporter une précision. Dans les livres modernes, la glose a laissé place aux notes de bas de page ou à un glossaire (notes de fin d’ouvrage), littéralement une «   collection de gloses   ». Ce réempl oi de la glose est un hommage particulier à Anselme de Laon (1050-1117), inventeur du procédé.
 
Préambule
Narrer des faits anciens n’est pas chose aisée. L’historien s’attache à la véracité des événements qu’il relate, tandis que l’écrivain se concentre davantage sur les profondes motivations, ces sourdes aspirations ou grands sentiments de ses personnages fictifs ou réels. La difficulté de rapporter les événements de la Commune de Laon en 1112 s’avérait de restituer, tout à la fois, l’Histoire et les petites histoires. Et s’il a été possible de vous les retranscrire l’une comme l’autre, c’est grâce en particulier au témoignage de Guibert de Nogent, qui nous a transmis de minutieuses chroniques dans ses Mémoires. M’appuyant sur ses écrits et des recherches historiques, je n’ai fait, cher lecteur, que relater la sombre et facétieuse mécanique qui gouverne le rapport entre les Hommes. Un théâtre baroque où les protagonistes s’aiment, se trahissent, se détestent et s’entretuent.
Le Moyen-Âge présente un tournant pour les hagiographes patentés, car il ne s’agit plus de raconter uniquement la vie des Saints, des Grands, des Puissants, qu’ils soient papes, rois ou seigneurs pour comprendre la marche d’un pays. La montée d’une classe citadine, de commerçants, de bourgeois qui disposent de nouveaux avoirs et constituent un patrimoine est marquante et devient un sujet historique à part entière. Le Souverain du royaume des Francs, lignée de Clovis son premier roi sacré par Remi, voulait affirmer son statut et sa légitimité. En pacifiant son domaine, en légiférant, en signant des chartes communales, le monarque entendait démontrer sa puissance et sa clairvoyance. Des temps mouvementés où l’Europe se présentait en guerre dans les méandres de ses vassalités, entre le Pape et les Empereurs germaniques, entre le roi des Francs et celui des Anglais pour la Normandie – un an avant le premier traité de Gisors – et menait croisade pour se réapproprier la Terre sainte.
La théologie et la philosophie s’enrichirent mutuellement à cette époque de foisonnements et de chocs culturels… À commencer par la conception de Dieu, sauveur, purificateur et pacificateur que les écolâtres de Laon invoquèrent pour restaurer la foi dans la Cité ravagée. Avec l’avènement de l’art gothique des Villes, l’adhésion au Nouveau Testament, émergea la notion d’un Dieu d’Amour, généreux et protecteur. Les consciences s’ouvrirent encore fragiles face aux comportements vils, violents, voire sanguinaires. Le Moyen-Âge ne constitue pas une basse époque pour l’Histoire, mais au contraire un ferment inépuisable de compréhension et d’imagination de notre Civilisation. Nous ne saurions renier cet héritage tourmenté qui a précédé et fortifié notre Société contemporaine. L’oublier nous condamnerait à revivre incessamment ce passé. La fiction nous amène à redécouvrir cette époque riche et mouvementée. Époque qui présente beaucoup de similitudes avec le monde que nous connaissons.
Je dédie ce livre à tous les révoltés et opprimés qui espèrent la délivrance. Durant la semaine commémorant une résurrection, l’insurrection peut parfois être plus terrifiante que la soumission. Car, comme l’écrivit Lucain, «   Mieux vaut mourir libre en combattant que vivre sous un tyran.   »
T.D.
† † †

 

 
 

«   Ad Augusta per Angusta 1   »

I – Le jour où l’évêque Gaudry rencontra le roi Louis pour exiger d’abolir la commune
Et diabolus, qui seducebat eos, missus est in stagnum ignis, et sulphuris, ubi et bestia – et pseudopropheta cruciabuntur die ac nocte in saecula saeculorum 2
 
Laon (Laudunum 3 ), jeudi 18 avril 1112, jour de la cène du Seigneur
 
 
De temps immémoriaux, en hommage perpétuel aux tours de sa cathédrale défiant la rase plaine, la colline de Laon était désignée comme la «   Montagne Couronnée   ». Tel un phare, cette grande église coiffée de ses campaniles romans pointait vers le ciel. Elle éclairait les pécheurs venant absoudre les souillures de leur âme. Ainsi, les pèlerins pétris de prières, de commisération, suivaient inlassablement les chemins   , puis traversaient les champs, surmontant les ponts et rivières, se dirigeaient en procession, pour terminer leur long périple par l’ascension de la butte culminant à cent mètres.
En ce timide matin d’avril, d’évanescentes brumes parsemaient de leurs frêles volutes le tertre verdoyant. Le soleil gris-blanc balaya le faîte des toits ocre. Les rues Saint-Jean et Saint-Martin se trouvaient encore endormies. Tout à coup, dans une des venelles glacées, un attroupement se fit. Des murmures laissèrent place à des cris puis à de subites lamentations.
«   Que se passe-t-il ici   ?   » tonna le vidame 4 Adon ceint de sa cape, se frayant difficilement un chemin parmi les badauds entassés sur le pavé humide.
Dans la foule ainsi amassée, nul ne trouva la force de répondre. Comme un seul homme, quelques-uns des soldats de la garnison le suivaient, la mine sombre. Le vidame Adon, grand, blond, au beau regard franc, découvrit au sol le cadavre d’un pauvre bougre assez corpulent, atrocement dépecé à la hache.
«   Qui est-ce   ?   » questionna le chef des gardes royaux en plissant les yeux devant ce peu ragoûtant spectacle de visage bleui et tuméfié.
–   Certainement encore un échevin, répondit Eudes, un de ses gardes replets – expert en supposition. Ça fera le quatrième ce mois-ci.
–   Qu’ont-ils tous contre les échevins 5 en ce temps de carême   ? s’emporta Adon accroupi en retournant le corps sauvagement attaqué par-derrière et écimé sur le dessus du crâne. Celui ayant administré ce coup ne lui aura donné aucune chance   ; le malheureux devait certainement courir pour se réfugier dans cette sombre venelle, se révélant être un véritable coupe-gorge.
–   Un coupe tête, corrigea Eudes qui aimait être précis.
–   Bon, reprit Adon joignant le geste à la parole, en voilà assez, écartez tous ces gens.   »
Après avoir débarbouillé le visage cramoisi, on découvrit avec abomination qu’il s’agissait de Norbert, un échevin et surtout boulanger. On comprit ainsi pourquoi le pain n’avait pas été cuit ce matin et que Norbert avait bien été roulé dans la farine. On fit venir un linceul et on emporta prestement la dépouille rouge sang. Accourut dans la rue Pétronille, l’épouse éplorée du fournier. Elle tomba au pied de la civière   ; elle cria et s’effondra de douleur sur le pavé.
«   Norbert   !   ».
À prime 6 , un vacarme assourdissant creva la torpeur de ce Jeudi saint initialement voué à la sérénité et à l’ orémus 7 . Car, pendant que le sinistre convoi arpentait les ruelles, emportant le pauvre boulanger, les cloches de l’église Saint-Martin exhortaient à l’angélus 8 . Des sons en cascade s’amplifièrent dans le bourg, traversèrent les ruelles, atteignirent la Cité. Puis, dans leur élan irrépressible, descendirent de la colline, se répandirent dans les vignes et se répondirent sur la plaine. Dans un vibrant appel à la prière, cette sonnerie interpellait les fidèles. Un souffle qui intimait aux villageois la célébration de Pâques. Il semblait que les cloches résonnaient plus fort qu’à l’habitude, comme pour éveiller les consciences face aux drames. Car, la semaine sainte commençait sous de tragiques auspices.
Dans leurs parcelles éparses, les serfs et les vilains aux mains saignantes travaillaient comme toujours, par tous les temps, à tous les vents. En ce printemps terrible, délaissé de Dieu, peu en vérité avaient le loisir de s’adonner aux éloquences pascales ou au recueillement pour le salut de leur âme. Seuls des hommes de foi, férus de doctrine religieuse, accordaient leur temps à la supplication chrétienne, pour conjurer le sort, espérant écarter le danger. Mais le péril persistait : sourd aux prières, insensible aux péroraisons, le malheur s’abattait inexorablement.
Malgré les pouvoirs étendus de justice dont disposaient les sénéchaux du Roi, rien encore ne permettait d’expliquer cette série de meurtres. On chercha alors un coupable : qui s’en prenait aux bourgeois, ces édiles ayant signé la charte communale   ? Mais enfin   ? Qui tuait donc en choisissant à la lettre ses victimes   ? Qui suivait un effroyable plan manifestement bien calculé   ? Tout le monde se posait la question (ça oui). La réponse se faisait attendre. Sans criminel désigné, le climat sombra par la force des choses dans la suspicion, les menaces et la paranoïa collective la plus primaire. Chacun lorgnait son voisin, suspectait le passant qu’on n’avait jamais vu, accablait le voyageur paraissant toujours être un dangereux conspirateur. Et l’intensification de la violence, avec son lot de vengeances que nul ne pouvait endiguer, prospérait avec fatali

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