Quenton
164 pages
Français

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Description

Année 1940. Quenton, un jeune étudiant en médecine brillant, est fait prisonnier par les Allemands sur une dénonciation mensongère. Envoyé en camp de concentration, c’est au cours de son transfert en train qu’il rencontre un professeur allemand, qui juge plus utile de l’employer dans son hôpital en Allemagne. De cette collaboration naîtra une belle amitié, nourrie d’un respect alimenté par le dévouement de Quenton. Le cœur du jeune médecin s’ouvre à un autre sentiment, l’amour, grâce à la rencontre avec une jeune collègue allemande. Comment les deux jeunes gens pourront-ils vivre à la fin des hostilités entre leurs deux pays ?

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 14 août 2017
Nombre de lectures 0
EAN13 9782312053691
Langue Français

Extrait

Quenton
Jean Claude Scholler
Quenton
LES ÉDITIONS DU NET
126, rue du Landy 93400 St Ouen
© Les Éditions du Net, 2017
ISBN : 978-2-312-05369-1
Remerciements
Je voudrais remercier mon amie Mimie Chérie (Michèle Delanne) pour avoir accepté, avec toute sa gentillesse, d’effectuer la saisie électronique de mon texte.
Je remercie également mon amie Maureen Andersson qui, avec la même obligeance, m’a fait profiter de sa parfaite maitrise de l’outil informatique pour lequel je n’ai toujours éprouvé qu’une profonde antipathie.
J’adresse aussi toute ma gratitude à ma petite Stéphanie Miech pour sa relecture attentive et les corrections de professionnelle qu’elle m’a suggérées.
Je remercie ma fille Catherine pour les encouragements qu’elle m’a apportés et qui m’ont soutenu au cours de cette aventure littéraire.
Je ne saurais oublier l’amour de ma vie, mon épouse Denise, pour la patience dont elle a fait preuve et elle en a eu tout au long de ce travail.
En revanche, je ne remercie pas mon chat Patou, que j’aime tant, mais qui vient systématiquement s’asseoir sur mon cahier chaque fois que je manifeste l’envie d’écrire.
Je n’ai pas écrit là un roman. Je ne suis ni écrivain, ni romancier.
Je me sens plutôt « conteur » et j’ai simplement voulu raconter une histoire, le plus naturellement.
L’ai-je bien fait ? Je le souhaite ! Je vous laisse le soin d’en juger par vous-même.
Bonne lecture !
Jean-Claude Scholler
2017
P REMIÈRE PARTIE
La nuit de la Saint - Quentin
À la ferme du château de Vignecourt la soirée s’annonçait. L’ambiance y était plus fébrile que d’habitude. Tous les ans à la même période, une petite fête s’y préparait. La maison du rebouteux s’animait joyeusement.
La pièce n’était pas très grande. Cependant , comparée à d’autres pièces semblables dans d’autres fermes, celle-ci était de taille tout à fait respectable. La table avait été poussée contre le mur du fond et au moins trois personnes s’étaient déjà assises dessus… tout ce qui faisait office de siège avait été réquisitionné y compris les deux tabourets tripattes servant à la traite des vaches et que le Petit Quenton était allé chercher dans l’étable. Clément , son père, comme à son habitude s’était procuré quelques tonneaux vides sur lesquels il avait posé des madriers afin d’en faire de confortables bancs. Avec un léger trait d’humour, Clément murmura, assez fort toutefois pour qu’on l’entende : « On est mieux sur ces bancs-là que sur ceux de l’église » ce qui eut pour effet de contrarier un tantinet madame la Comtesse qui, de bonne grâce, adressa à Clément un sourire forcé… et tous deux partirent d’un petit rire de connivence. Il y avait entre eux, un immense respect et une grande complicité mais surtout une confiance réciproque. Tout ce petit monde prit place dans un sympathique et convivial chahut… les meilleures places, bien sûr, étant réservées à monsieur le comte et madame ainsi qu’à une invitée-surprise, cette année-là, qui n’était autre que madame la comtesse de la Neuveville , sœur de madame la comtesse de la Poésie de Vignecourt . Cette nouvelle invitée était une femme très moderne, dotée d’un humour à la hauteur de son personnage !
En plus de ces illustres personnes, étaient présents à cette soirée : Jules le petit frère de Clément , accompagné de sa femme Joséphine et de leurs trois enfants : Julie , neuf ans, Martin , sept ans et le petit Georges , (le rebelle) cinq ans. Joséphine et Jules étaient très heureux de se retrouver chez ce frère chéri qu’était pour eux Clément et dont l’épouse Geneviève était pour Joséphine bien plus qu’une belle-sœur. Elle était en quelque sorte sa sœur jumelle ! En 1918, lors d’un bombardement, Joséphine et Jules avaient perdu deux de leurs enfants, deux belles petites filles : Justine , deux ans et Joséphine , un an. Geneviève et Clément s’étaient alors montrés indispensables pour les aider à se reconstruire. Les enfants de ces derniers étaient venus eux aussi : Luc , seize ans, Jeanne , quatorze ans, Joseph , douze ans et notre petit Pierre Quenton , dix ans. Quant aux deux enfants de monsieur le comte, bien trop jeunes pour assister à cette soirée, ils étaient restés au château « sous bonne garde ! » en revanche, sa sœur Julie était là de même que leur bienheureux père Henri de la Poésie de Vignecourt qui venait de fêter ses soixante-cinq ans, exactement le 2 août. Bienheureux père car colonel dans l’infanterie, il avait été grièvement blessé lors des combats meurtriers du Mort - Homme à Verdun du 6 au 10 mars 1916. Il y avait perdu son bras gauche et la moitié gauche de son visage avait été littéralement labourée. Ce jour-là, si terrible, Clément Quentin se trouvait à ses côtés lorsque l’obus allemand avait explosé pratiquement à leurs pieds. Alors ordonnance du colonel, il avait subi lui aussi de graves blessures. On sentait entre ces deux hommes quelque chose de palpable comme une véritable amitié et très certainement une infinie estime et un très grand respect réciproques.
Nous voici donc le soir du 31 octobre 1930, dans la maison de Jules Quentin, maison appelée « la ferme », car c’est le terme employé pour la vieille maison de Jules. En effet, le comte avait fait construire une maison très moderne à quelques mètres seulement de celle-ci mais Jules avait toujours refusé de l’habiter, prétextant « qu’une maison neuve n’a pas de souvenirs, donc fatalement pas d’âme » Alors, il avait laissé son fils Clément s’installer dans la belle maison neuve.
La Saint-Quentin ! Journée historique pour cette famille remarquable.
Jules Quentin avait commencé, il y a bien longtemps, le récit de cette nuit qu’il avait vécue, caché dans le lit-alcôve qui se trouvait d’ailleurs toujours dans cette même pièce dans le prolongement de celui de ses parents Amélie et Quentin Quentin ! Pourquoi deux fois Quentin ? Tout simplement parce que le père de Quentin trouvait beau ce prénom et il n’y avait aucune raison pour ne pas agrémenter un beau nom… d’un beau prénom, et voilà !
La pièce était sombre, éclairée seulement par une lampe à pétrole posée sur le rebord de la cheminée créant ainsi une ambiance un peu mystérieuse. De son coin, Jules Quentin se leva et s’approcha de la cheminée qui faisait plus ou moins office de scène.
À cet instant, Clément s’assit à l’angle du foyer où les braises rougissaient encore dans la pénombre. Il régnait ce soir-là un voile de mystères. Clément regardait son père avec dans les yeux une lueur d’amour et d’admiration. Beaucoup de gens présents avaient déjà entendu cette histoire mais, racontée par Jules, elle devenait magnifique. Jules était un passionné d’histoire c’était un érudit, c’est le moins qu’on puisse dire ! Il aimait que ses récits soient cohérents, et honnêtes. Bref c’était un vrai conteur !
Mesdames et Messieurs, et vous aussi jeunes gens,
Je dois commencer mon récit par le tout début et si vous me le permettez, il me faut vous préciser un détail qui me semble important. Vous n’êtes pas sans savoir que nos deux familles sont indissociables depuis… je pense pouvoir dire « des siècles » puisqu’elles sont liées à des temps qui remontent aux Ducs de Lorraine. Donc, j’en conclus que nous sommes unis pour la vie et c’est pour moi un grand honneur d’avoir servi avec loyauté cette grande famille qui est la vôtre monsieur le comte et je serais même tenté de dire mon colonel ! Mais restons civils, tout cela pour vous dire que notre histoire commence… la nuit de la Saint-Quentin !
Écoutons le début !
Quentin Quentin est né le 8 décembre 1831 sous la Monarchie de Juillet , puis en 1848 c’est la II e République , en 1853 le Second Empire . Il se marie à vingt-neuf ans en 1860 avec Amélie Tech alors âgée de dix-huit ans, une jeune fille d’une beauté à couper le souffle, je le sais… c’était ma mère ! La même année, celle où les Niçois plébiscitèrent leur rattachement à la France , le 13 juillet 1861 exactement, naissance de Jules Quentin , votre serviteur ! Puis bien sûr, déclaration de guerre de la France à la Prusse le 19 juill

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