Assassinat d une inconnue
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Assassinat d'une inconnue

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Description

Le commissaire Odilon QUENTIN est chargé, par son supérieur, d’un étrange dossier dans lequel aucun réel délit n’a été commis.


Un antiquaire a constaté que, durant la nuit, une robe a été déplacée sur le lit de l’appartement qu’il loue pour présenter ses articles aux clients. Rien n’a été volé, mais, les portes et les fenêtres du logement n’ayant pas été forcées, l’homme s’inquiète de savoir pourquoi et de quelle façon on a pénétré chez lui.


Le policier soupçonne la visite d’un cambrioleur venu recenser les « objets à déménager » avant de faire son coup.


Il décide alors d’organiser une souricière en envoyant un de ses adjoints se planquer sur les lieux.


Comment Odilon QUENTIN aurait-il pu penser qu’un si futile forfait allait déboucher sur une telle affaire ?


Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 13
EAN13 9782373472868
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0007€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Odilon QUENTIN
* 31 *
ASSASSINAT D’UNE INCONNUE
Roman policier
par Charles RICHEBOURG
CHAPITRE PREMIER
De bout en bout, au Quai des Orfèvres, on l'appela l'« affaire de la robe en organza ». Au début, très sérieusement et parce qu'il n'y av ait pas moyen de faire autrement ; par la suite, avec une pointe d'i ntention malicieuse, et voici pourquoi.
Le commissaire Odilon Quentin avait été chargé du d ossier ; or, la stature massive du gros policier, son cou de taureau et ses lourdes pattes couvertes de poils roux se conciliaient si mal avec une toilette vaporeuse, qu'on ne pouvait s'empêcher d'évoquer un éléphant en tutu chaque foi s qu'on lui demandait des nouvelles de son enquête.
Quoi qu'il en soit, lorsque l'instruction fut défin itivement close, cette singulière histoire illustra deux maximes bien conn ues dans les milieux policiers : « Il n'y a pas de fumée sans feu », et « petites causes, grands effets ».
Cette affaire en apparence inoffensive se présenta d'une manière inhabituelle : ni crime, ni vol, ni escroquerie, ni chantage. Rien de spectaculaire non plus : pas de sang, pas de coffre-fort éventré, pas même de quoi fournir la matière d'un fait-divers de trois lignes.
Il est d'ailleurs probable que, sans les relations personnelles qu'il entretenait avec M. Laubespin, directeur de la P.J., jamais le plaignant n'aurait songé à mettre en branle la lourde machine judiciaire.
Ces prémices étant posées, venons-en à l'exposé des faits, en dépit de leur déconcertante simplicité.
Décor : un cabinet de fonctionnaire ; mobilier maus sadement administratif ; classeurs verts, dossiers, paperasses.
Personnages du prologue : Quentin, trapu et plébéie n dans un complet de confection gris foncé fatigué aux coudes et aux gen oux. En face de lui, un Israélite distingué, soixantaine, jaquette de coupe irréprochable, deux bijoux seulement : une perle noire d'un orient lumineux à la cravate et, au petit doigt de la main gauche, un brillant de huit carats, blanc-b leu, enchâssé dans un anneau de platine.
— M. Laubespin vient de me téléphoner à votre sujet , fit le commissaire d'une voix neutre. Mais avant d'aborder l'objet de cette entrevue, je désirerais vous demander de me décliner votre identité complète.
— Volontiers : Birnbaum, Samuel-Ephraïm, célibatair e, né à Alexandrie le 17 juin 1896, domicilié à Paris, 44 rue du Faubourg -Saint-Honoré, nationalité
française. J'ai obtenu la grande naturalisation en 1920.
Très légère hésitation, puis :
e — J'ai terminé la guerre de 1914 comme capitaine au 53 régiment d'artillerie, avec la rosette d'officier de la Légion d'honneur ; mes états de service au front ont facilité les démarches dans une large mesure.
— Je le crois sans peine. Profession ?
— Antiquaire.
— Vos magasins sont probablement installés à votre domicile ?
— À proprement parler, je ne possède pas de salles d'exposition ; je loue des appartements luxueux, que je garnis au moyen de s meubles anciens, des tableaux et des objets d'art que je destine à la ve nte.
« Ainsi, ils apparaissent aux yeux des clients dans un cadre vivant. D'autre part, les acheteurs éventuels ont l'impression de f aire une bonne affaire, car ils croient traiter avec un particulier ; en face d'un marchand, ils se méfient !
Le procédé témoignait d'un sens aigu de la psycholo gie. M. Birnbaum n'était pas la moitié d'un imbécile !
— Venons-en maintenant aux faits, si vous le voulez bien.
— Ils se situent dans la nuit du 24 au 25 mars.
— Quel en est le théâtre ?
— L'appartement dont je suis locataire à Neuilly, 1 68 avenue du Roule, au sixième étage. Pour vous en donner une brève descri ption, il comporte un hall et six pièces richement meublées, sans compter la sall e de bains et la cuisine.
— Qui l'occupe ?
— De manière continue, personne. Je m'y rends lorsq u'un amateur s'intéresse à l'un ou l'autre des objets qu'il renf erme. À part moi, mon secrétaire y passe deux fois par semaine, en compagnie de la f emme de ménage chargée de ramasser les poussières. Mon collaborateur profi te également de sa présence pour établir un violent courant d'air à tr avers les pièces, car les meubles d'époque et surtout les tapisseries ancienn es dégagent souvent une déplaisante odeur de renfermé ou de moisi.
Tout cela paraissait d'une clarté lumineuse ; Quent in était enchanté de la docilité de son interlocuteur, et il poursuivit son « accouchement » suivant les lois de la logique :
— Parfait ; de quoi vous plaignez-vous exactement ?
— Un inconnu a pénétré dans l'appartement en questi on sans que je puisse expliquer comment ; les deux serrures de sûreté de la porte d'entrée n'ont pas
été forcées, et je suis seul à en posséder les clefs.
— Les fenêtres ?
— Celle de la salle de bains reste entrebâillée jou r et nuit, afin de faciliter la circulation de l'air, pour les raisons que je vous ai exposées il y a quelques instants. Mais je me hâte d'ajouter qu'il est matér iellement impossible d'utiliser cette issue, à moins de disposer du matériel des po mpiers ; la fenêtre est située à une vingtaine de mètres au-dessus du niveau de la cour ; il n'existe ni échelle de secours ni gouttière ; enfin, le mur est lisse c omme un miroir.
— Étrange... Que vous a-t-on dérobé ?
— Absolument rien ; j'ai passé trois heures à faire un inventaire minutieux... rien n'a disparu !
— En ce cas, comment vous êtes-vous aperçu de cette intrusion nocturne ?
— À un détail futile : sur le lit de la chambre à c oucher, une merveille en style Louis XV qui a appartenu jadis à la duchesse de Châteauroux, le mystérieux inconnu a déplacé une robe en organza.
— Une robe en organza ?... répéta le commissaire, é berlué. Que faisait-elle sur le lit d'un appartement inoccupé ?
L'antiquaire sourit, visiblement satisfait de la qu estion, et il se frotta les mains dans un geste qui...
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