Janvier de Glace
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Description

Après le « sable rose », premier roman publié aux Éditions du Net, nous retrouvons l’inspecteur Paul Caressa, toujours secondé par son collègue et ami Alain Girard, dans une enquête le mettant au pied du mur avec son passé. En effet, ce mois de janvier glacial dans la métropole de Montréal sera le théâtre de meurtres violents qui semblent tous dirigés contre lui. Cela commence brutalement avec l’assassinat de son ex-petite amie dans d’horrible circonstance. Parviendra t’il à gérer son inquiétude pour ses proches avec la distance qu’il faut pour diriger à bien une enquète ?

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 04 avril 2016
Nombre de lectures 1
EAN13 9782312042831
Langue Français

Extrait

Janvier de Glace
Jean-Christophe Guelpa
Janvier de Glace


















LES ÉDITIONS DU NET 22, rue Édouard Nieuport 92150 Suresnes
© Les Éditions du Net, 2016 ISBN : 978-2-312-04283-1
14 Janvier
L’hiver, la grande ville de Montréal le connaissait bien. C’était un invité ponctuel qui s’installait annuellement en novembre et repartait tranquillement en avril. Mais, ne vous méprenez pas ! Le Québec a bien quatre saisons. Cependant, les divisions sont un peu inégales, c’est tout ! On dit souvent que ceux qui aiment les bottes en caoutchouc et les parapluies devraient vivre en Grande-Bretagne ; et bien ceux qui aiment la neige presque six mois par an sont faits pour le Québec…
Toutefois certaines années, la froide saison décide de sévir un peu plus et, en ce début d’année, depuis maintenant trois jours, la température n’avait pas grimpé au-dessus de moins dix degrés et ce climat polaire n’était pas si habituel dans la métropole, surtout en continu. De plus, la radio n’annonçait malheureusement pas de réchauffement pour les journées à venir. Cependant si cela dérangeait certaines personnes, d’autres, par contre, se moquaient des grands froids.
Steve Nelson faisait partie de cette dernière catégorie. Il était, en ce moment, confortablement installé sur le canapé de son petit logement et la météo était le dernier de ces soucis. En effet, plus rien n’existait autour de lui à présent, car il était « collé » à son écran de télévision pour la diffusion du match de la soirée qui opposait les Canadiens de Montréal aux Bruins de Boston, éternels ennemis sur la glace. Aucun amateur de hockey digne de ce nom n’aurait de toute façon manqué un affrontement entre ces deux équipes, qui serait certainement comme d’habitude, un moment intense et enflammé. Et Steve faisait partie de cette race de « fan ». Pour l’occasion il s’était d’ailleurs bien préparé : rien ne devait manquer pendant ce duel épique et les bières ainsi que les chips avaient été achetées en conséquence. Pourtant, contrairement à beaucoup d’autres sportifs de salon, il préférait regarder le match seul. Aux yeux de certains, cette solitude aurait pu sembler bien triste, mais pour lui, c’était un réel plaisir de déguster les images sans d’autres commentaires que ceux des analystes bavards mêlés au son de ses mâchoires croquant les chips entre chaque délicieuse gorgée de bière…
C’est donc avec beaucoup d’irritation qu’il dut répondre au petit tintement aigrelet de la sonnette de l’accueil du Motel. Il se leva en râlant, car « son » équipe fétiche, Boston, commençait justement à mener le jeu et semblait en instance de marquer le premier but qui ouvrirait enfin le début réel des hostilités. Arrivé au comptoir il reçu avec un peu de froideur, chose bien inhabituelle de sa part, l’homme qui se présentait devant lui. Il le fit signer rapidement le registre et lui donna les clefs de la chambre en émettant un minimum de mots. Avant même que le client ne franchisse la porte, il avait déjà tourné les talons, ayant hâte de retrouver ses héros sur patins.
Il ne vit donc pas l’homme se diriger vers sa voiture, ouvrir la portière du côté du passager et tirer un peu brutalement une jeune femme hors du véhicule et par la même occasion, ne remarqua pas le regard effrayé de cette jolie blonde qui avançait, poussée dans le dos, vers la chambre que l’homme avait réservée.
15 janvier
Il faisait un froid de canard ce matin-là quand l’inspecteur Alain Girard arriva sur les lieux, bien avant son collègue l’inspecteur Paul Caressa, comme d’habitude d’ailleurs.
– Maudit mois de janvier, maugréa-t-il, emmitouflé dans son écharpe.
Des gyrophares clignotaient dans la lueur de ce matin brumeux devant le motel. L’aube commençait à poindre, mais semblait s’épanouir au ralenti par ce climat polaire venu du nord. Lorsqu’il claqua la portière de sa voiture avec un peu de mauvaise humeur, un policier s’approcha et, voyant la carte que lui montrait Girard, dit en créant un halo de buée glacée : « Bonjour inspecteur, c’est tout droit, là-bas, dans la chambre 10. »
Girard ne répondit pas, hochant simplement la tête, non pas par manque de politesse, mais lorsqu’il fait moins 18 degrés avec, en plus, un bon vent, chaque mot émis devient une rude épreuve. Il avait quitté de bonne heure la douce chaleur familiale pour se geler ici sur le boulevard Métropolitain, au motel Howard Johnson. Le téléphone l’avait sorti du lit et il était donc là pour un meurtre dans cette chambre dont il poussait la porte à l’instant. Il passa sans un mot devant un autre policier qui le salua d’un petit geste de la main. L’espace d’un instant, il se demanda ce qu’il allait découvrir dans cette pièce. Un crime dans un motel, quel lamentable cliché pensa-t-il, en avançant. Le corps nu d’une jeune femme était étendu sur le lit. Girard ne voyait que son dos, car elle était couchée sur le ventre, et aussi ses jolies fesses, assez musclées d’ailleurs, ainsi qu’une large tache rouge près de l’omoplate gauche. Il s’approcha un peu et constata que c’était une belle femme, enfin de dos. Il remarqua la blessure : sûrement un couteau, se dit-il. Il se pencha et vit que la victime avait dû être plaquée sur le lit, car il voyait de légères rougeurs au niveau des poignets.
Il entendit, derrière lui un « Bonjour Doc ! » et vit arriver Boutin, le légiste. Ils se saluèrent sans un mot. Boutin était de la même trempe que son collègue Caressa : il n’était pas du tout du matin ! Donc il fallait éviter de trop parler… Le docteur ouvrit sa petite valise en demandant si l’inspecteur Caressa était là.
– Non, il n’est pas encore arrivé, répondit Girard en haussant les épaules signifiant son impuissance.
– Comme d’habitude, hein ! rétorqua le médecin avec un petit clin d’œil ; disons que je connais bien ça, les matins difficiles… Bien ! Voyons voir ce que nous raconte cette gentille dame aux jolies petites fesses, lâcha-t-il en se penchant sur le corps.
– Doc !
– Ben quoi, j’étudie mon sujet. Ne me dis pas que tu n’as pas remarqué ce joli galbe !
Il sortit son petit dictaphone et dit :
– Commençons : Plaie profonde sous la scapula gauche traversant le trapèze sous la septième côte sternale gauche, directe au cœur. Travail très précis.
Alain le stoppa poliment pour lui demander : « N’est-ce pas l’omoplate ? » Ce à quoi Boutin répondit :
– Ah ! Ah ! Je vois que tu as besoin d’un petit cours d’anatomie linguistique. « Scapula » vient du latin qui veut dire bateau, car c’est un peu la forme de cet os et « omoplate » qui désigne le même os, veut dire plat, en grec. En fait, on peut dire les deux. Voilà l’explication ! Mais franchement Alain, parlons de choses importantes, tu ne trouves pas que son derrière est vraiment adorable ? Admire un peu ces muscles grands glutéaux, ronds, fermes, à croquer !
– Ouais, mais ce ne sont pas ses fesses qui vont nous donner des infos ! dit Girard avec une pointe d’humour.
– Eh bien, peut-être que si ! Voyons Alain, en tant qu’inspecteur, tu devrais savoir qu’il ne faut omettre aucun détail… Tout n’est qu’indice. La moindre information peut mener à une enquête réussie.
Il avait dit cela sur un ton très sérieux, mais Girard enchaina :
– Belle excuse… Honnêtement je ne pense pas qu’admirer les fesses de notre cadavre nous conduira à la découverte de son meurtrier.
– Bon ! Écoute jeune homme, dit-il en prenant un air important. Lorsqu’il rajeunissait ainsi ses collègues (car il n’avait, somme toute, qu’une dizaine d’années de plus que l’inspecteur), il désirait leur montrer toute la sagesse que son attitude générale n’arrivait malheureusement pas à imposer. Caressa s’amusait d’ailleurs souvent à dire qu’il ressemblait beaucoup à Jerry Lewis dans « Docteur Jekyll et M. Hyde »… lorsqu’il est Jekyll, évidemment. Le légiste remonta lentement d’un doigt ses lunettes pour dire :
– Je suis 24 heures par jour au contact de morts, de personnes qui ne me disent pas un mot, que je suis en plus, obligé de découper et de vider… Reconnais que ce n’est pas vraiment le plus joyeux des boulots. Mais ne pense surtout pas que je me plains, car j’aime beaucoup mon travail, je l’ai choisi et il me plaît ; j’aime découvrir toutes les innombrables et parfois mystérieuses causes des décès, mais laisse moi au moins m’extasier de temps en temps sur la beauté corporelle de certains…
– De certaines plutôt !
– De toute façon, inutile de discuter, c’est bien connu que, pour l’inspecteur Girard, ici présent, seule sa femme est belle…
– Non, Doc, tu fais erreur. Je suis capable d’admirer la beauté des femmes, mais vivantes… Quand elles sont mortes, et bie

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