La partie de jeu criminelle
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Description

La finalité dans la vie, n’est pas toujours de vivre ou d’être simplement heureux, comme la plupart des citoyens le souhaitent. Pour certains, la vie n’est que l’excuse de planifier des horreurs et d’en vouloir à la terre entière. Pour ces personnes, la manière de la voir est comme un jeu d’échec. Maitriser le crime et sacrifier autrui pour gagner. Pour obtenir entière satisfaction, l’auteur de cette partie devait la mener jusqu’à son terme. Terroriser et malmener les êtres humains ne lui suffisait plus. Il se devait d’assouvir sa vengeance et les éliminer. Son terrain de jeu devenait Paris.
Kate était placée au centre de cette partie sans le vouloir. Était-ce la seule personne qui avait les capacités pour l’intercepter ? Capitaine à la fameuse NYPD, elle se voyait priée de gagner Paris, afin d’aider Brousse et son service, à élucider, puis à appréhender un meurtrier récidiviste.
Une certitude en découlait, l’enquête révélerait une très grande barbarie !!

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Informations

Publié par
Date de parution 08 octobre 2021
Nombre de lectures 1
EAN13 9782312084848
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0250€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

La partie de jeu criminelle
José De Barros
La partie de jeu criminelle
LES ÉDITIONS DU NET
126, rue du Landy 93400 St Ouen
Cette histoire est une fiction, une œuvre issue de l’imagination de son auteur. Toutes ressemblances avec des personnages existants ne seraient que fortuites.
© Les Éditions du Net, 2021
ISBN : 978-2-312-08484-8
La finalité dans la vie, n’est pas toujours de vivre ou d’être simplement heureux, comme la plupart des citoyens le souhaite. Pour certains, la vie n’est que l’excuse de planifier des horreurs et d’en vouloir à la terre entière. Pour ces personnes, la manière de la voir est comme un jeu d’échec. Maitriser le crime et sacrifier autrui pour gagner. Pour obtenir entière satisfaction, l’auteur de cette partie devait la mener jusqu’à son terme. Terroriser et malmener les êtres humains ne lui suffisait plus. Il se devait d’assouvir sa vengeance et les éliminer. Son terrain de jeu devenait Paris .
Kate était placée au centre de cette partie sans le vouloir. Était-ce la seule personne qui avait les capacités pour l’intercepter ? Capitaine à la fameuse NYPD, elle se voyait priée de gagner Paris, afin d’aider Brousse et son service, à élucider, puis à appréhender un meurtrier récidiviste.
Une certitude en découlait, l’enquête révélerait une très grande barbarie !!
Dans les dernières heures de la nuit, les badauds allaient et venaient d’une rue à une autre en courant.
Les sirènes et les cris se mélangeaient pour ne faire qu’un.
La lumière du jour n’avait pas encore pointé le bout de son nez, qu’un vacarme infernal emplissait les rues de la ville. C’est dans ces heures où se mélangent la nuit et le jour, que les âmes sensibles aperçoivent des chroniques macabres. A les entendre, elles ont l’air bien réelles, mais à les voir, cela paraît encore plus horrifiant.
Le camion d’intervention des pompiers était déjà sur les lieux depuis environ dix minutes dans l’attente du médecin du SAMU. Mais était-ce vraiment nécessaire ?
Le corps mutilé de la jeune femme, ne laissait présager aucun miracle. Ses membres supérieurs étaient placés à cinq mètres de la tête, qui elle-même se tenait à plus de dix mètres du corps déchiqueté.
Deux, trois passants avaient déjà piétiné ses entrailles au sol, en sortant des bars de nuit avoisinants. Des témoins hurlaient d’horreur et de dégoût. La vue des ossements sanguinolents ainsi exposés venait de faire vomir Clarisse, jeune infirmière du SAMU, affectée depuis seulement un mois à Paris. Le ventre de la victime était tailladé et découpé. Le trou béant laissait apparaître ses organes internes.
La mort et les meurtres sont assez communs dans cette grande ville. Mais autant d’horreur arrivait rarement. Était-ce l’œuvre de l’homme, ou était-ce l’œuvre d’une machine ? L’horrible destin arrivé à cette femme était de toute façon effroyable.
Clarisse venait de vomir une nouvelle fois. Elle regardait les morceaux de corps gisant sur le sol avec un tel dégoût qu’elle en était toute blanche. Elle se demandait parfois si la vie finirait ainsi pour tout le monde, à savoir, dans une mort atroce et dans de telles souffrances. Pour le moment, elle n’était habituée qu’à de toutes petites interventions sur la voie publique. Son secteur d’intervention étant le premier arrondissement, peu de choses se passaient la journée. Étant amenée à être décalée, et commençant plus-tôt ce jour-là, jamais elle n’aurait pu s’attendre à une telle vision. Ce n’était pas faute d’avoir été avertie par ses collègues plus anciennes qu’elle dans le service. Avant cette intervention, cette jeune fille rigolait des histoires macabres et lugubres qu’elles lui racontaient.
L’heure n’était plus à l’émotion. Le médecin du SAMU n’avait pas eu de mal à confirmer le décès de la personne. Même si cela était une évidence, et que le simple être humain se rendrait compte de la mort de cette femme, il fallut au médecin rédiger un acte de décès authentique. Il donnait l’autorisation de conduire le corps jusqu’à la morgue, pour permettre une circulation normale de la vie, dans les rues de la ville. Il n’avait pas pris la peine de mentionner sur ses observations, la présence d’une marque lacérée sur le côté droit de son ventre, en forme de lettre C.
Une fois le décès déclaré, la dizaine de pompiers s’affairait à ranger la tonne de matériel qui se trouvait toujours au sol près de la victime. Le corps médical faisait de même. Tous ces gestes se faisaient par habitude. Ils ne prêtaient pas attention aux badauds qui s’étaient rapprochés à la limite de la zone sécurisée par la police, pour assouvir leur curiosité et pouvoir raconter des histoires glauques à leur entourage.
Afin de réguler la petite masse de gens, et afin de remettre le flux de circulation à jour, les bras du fonctionnaire de la police nationale gesticulaient dans tous les sens.
Ses collègues pouvaient commencer à œuvrer sur place. Les talkies-walkies et les gyrophares étaient toujours en marche. Les demandes d’informations émanaient sans cesse de leur Direction. Les policiers ne pouvaient certainement pas déterminer l’origine de la mort, mais ce qu’ils savaient, c’est qu’ils en avaient encore pour quelques heures sur place, à attendre que chaque service d’enquête et que le service funéraire exerce leur travail.
Depuis près d’un quart d’heure, les effectifs de la police judiciaire emmagasinaient des témoignages et procédaient à des constatations dans les bâtiments et les entrées avoisinantes. Ce travail de fourmi était extrêmement important à ce moment-là. Allez savoir à quoi allaient bien servir tous ces renseignements : élucider cette enquête, servir à des rapprochements pour d’autres faits similaires, ou alors tout simplement finir aux oubliettes. Il est de règle que, sur une affaire de cette importance, la vingtaine de policiers se devait de faire le nécessaire afin de ne rien oublier. Les effectifs de l’identité judiciaire commençaient à se mettre au travail, ils en avaient au moins pour deux heures. La minutie accordée à ces gestes techniques amenait la plupart du temps à élucider des affaires improbables.
Au bout de deux heures, presque tous les badauds étaient partis. Le peu qui restait sur place, venait d’arriver depuis quelques minutes en passant d’une bouche de métro voisine à une autre, ou pour regagner leur bureau. Seule une personne était restée depuis le début. Cette personne discrète se tenait bien à l’écart, elle faisait tout pour ne pas se faire remarquer. Elle observait le ballet incessant des allers et venues des intervenants. Elle pouvait suivre du regard le corps mutilé de la victime enfermé dans un sac plastique, conduit dans le camion funéraire. Son regard se dirigea ensuite vers le véhicule médical assistant. Il arrêta sa vue sur le visage de Clarisse, qui était toujours aussi blanche par sa première expérience sérieuse.
La lumière du jour se levait sur les bâtiments haussmanniens de la rue de Rivoli. Les premiers rayons du soleil venaient effleurer les motifs dorés de certains balcons centenaires. Ces structures devaient en avoir connu, des histoires aussi glauques que romantiques ! Les siècles se succèdent, mais les hommes ne font que passer, laissant à ces lieux de nombreux souvenirs.
Kate venait de finir son chocolat chaud et son brownie, avant de reprendre sa réflexion. Elle avait senti le besoin de se requinquer auprès du take away le plus proche, avant de retourner dans la chambre de cet appartement new-yorkais. L’homme gisait sur son lit. Il était presque dévêtu. Seul son slip kangourou recouvrait ses parties intimes. Il portait au milieu du thorax une marque en forme de cercle, comme s’il avait été aspiré par un monstre assoiffé ou alors par une espèce de machine extra-terrestre. Les agents de police arrivés en premier sur les lieux ne voyaient pas les choses autrement.
Kate observa attentivement l’homme inanimé. Le cercle formé sur sa poitrine présentait des profondeurs cylindriques égales. Les sillons étaient rouges et du sang coagulé s’y était accumulé. Ce diamètre d’une quinzaine de centimètres, avait une forme parfaite.
Autour du lit, aucune trace de sang n’était visible sur la moquette jaunie par la saleté des lieux. Un morceau de plastique blanc se trouvait près de la table de chevet. Kate le prit soigneusement à l’aide de ses gants et le plaça dans un sac en papier après l’avoir observé pendant plus d’une minute. Elle le posa près de la mallette des prélèvements biologiques. Son regard fut attiré par la présence d’un aérosol posé sur la tablette de la chambre.
Un collègue revint du salon avec des papiers d’identité.
– James Blood, il s’appelle James Blood, capitaine.
L’homme tenait dans ses mains un permis de conduire.
– Il est né le 24 novembre 1955 à Boston. Dit-il en continuant de scruter le document administratif.
– Vous lui donnez 65 ans Lewis ? demanda le Capitaine Kate.
– Ben à vrai dire, le voyant ainsi, il est un peu fripé, je lui aurais donné au moins dix ans de plus. Vous pensez qu’il a été vampirisé capitaine ? Lewis était terrorisé.
– Vous m’avez bien confirmé que notre centre n’avait reçu aucun appel de détresse pour ce domicile ?
– Non, c’est exact.
– Vous avez bien précisé que la porte de l’appartement n’est pas fracturée et qu’elle était bien ouverte lors de votre arrivée ?
– Oui, exactement. Je pense que le gars qui lui a fait ça, ou plutôt, l’espèce qui lui a fait ça, a des pouvoirs surnaturels ? dit de nouveau Lewis, qui tentait de chercher une solution irrationnelle.
Kate se gratta la tête avant de reprendre.
– Heu, vous avez bien vérifié auprès du voisin qu’ils n’ont entendu aucun bruit suspect ?
– Oui, bien sûr.
– Quand je suis arrivée, vous m’avez dit avoir trouvé une somme d’argent en liquide dans sa poche de manteau, qui est dans l’entrée. Combien y avait-il déjà ?
– On a compté avec mon collègue la somme de 225 dollars.
– Donc le motif n’était pas le vol. Même son alliance se trouve toujours à son annulaire.
– Vous en pensez quoi Capitaine ?
– Je crois que j’ai trouvé dit Kate à voix basse. Elle continua.
– Pourriez-vous aller me chercher le gardien de l’immeuble, il confirmera ce que je vais vous dire.
Avant de s’exécuter, l’agent était curieux de connaître la réflexion de l’officier.
– Je serais trop curieux d’avoir votre version capitaine, pourriez-vous nous en dire plus ?
– Nous n’avons pas à faire ici à un meurtre ni à une aspiration extra-terrestre de son thorax. Dit-elle en rigolant.
Elle reprit.
– Il est vrai que cette marque en son centre est très perturbante. D’ailleurs, je n’ai plus besoin de faire analyser ce bout de plastique blanc. Il provient tout simplement d’un sparadrap. Cet homme a été secouru par le corps médical après avoir fait un infarctus. Ils se sont servis d’un électrochoc pour tenter de le réanimer, ce qui a provoqué cette marque au centre de son thorax.
– La Ventoline est sur la table de nuit. Il n’a pas du pouvoir l’attraper à temps lors de son malaise. Il a dû mourir avant l’arrivée des secours. Au vu des papiers sur la table du salon, cet homme vit seul et souffrait de problèmes respiratoires chroniques. Quand les urgentistes ont compris qu’ils ne pourraient pas le ramener à la vie, ils sont partis en laissant le corps sur le lit.
– Mais comment est-ce possible ? demanda Lewis, qui avait à peine six mois d’expérience.
– Le corps médical tente de sauver des vies, pas de les conduire à la morgue. Je pense qu’il y a eu un loupé de communication quelque part, signala Kate.
Lewis ne semblait pas tout comprendre. Il se hâta et alla chercher le gardien de la résidence comme l’avait demandé l’officier.
Il revint deux minutes plus tard, accompagné d’un homme à l’air un peu hirsute. Ce dernier avait les cheveux en pétard, les yeux vitreux et sa ceinture ne semblait pas assez grande pour lui faire le tour de la taille. Sa chemise à moitié ouverte, laissait apparaître un ventre bien dodu et rougi.
Il s’exprima.
– Quelqu’un a demandé à me voir ?
Kate le dévisagea d’un air agacé.
– C’est moi cher monsieur. Je suppose que vous avez une explication à nous fournir au sujet de ce locataire mort sur son lit. Il me semble que vous avez dû oublier une chose importante.
Le gardien la regarda d’un air bête avant d’avouer tout en s’égosillant.
– Heu, ben quoi, je comprends pas trop ce que vous voulez, j’ai aidé les secours.
– Justement, vous avez omis une chose importante, repris Kate. Vous sentez l’alcool et la tache rouge sur votre col en dit long.
Le gardien baissa la tête de honte tout en s’essuyant le coin de sa bouche qui laissait apparaître du vin sec.
– Ah oui, c’est vrai, j’ai sans doute oublié de vous prévenir que ce gars est mort, mais bon c’est pas grave, il est déjà mort. Il a le temps.
– Oui, mais vous faites perdre un temps précieux aux services de police. Nous avons été appelés par un voisin qui a vu la porte entrouverte. Vous auriez pu nous aviser avant.
– Heu, oui mais les pompiers sont partis tellement vite après que je leur ai ouvert la porte, et j’ai pas eu le temps de vous appeler.
– Mais vous avez eu le temps de boire un ou deux verres de vin, repris Kate.
– Ben , je suis passé donner le courrier à l’étage et j’ai entendu un gémissement dans son appartement. J’ai frappé à sa porte, mais personne ne m’a ouvert. Alors je suis allé chercher mon passe pour entrer. Quand je suis arrivé de nouveau à la porte, je n’entendais plus aucun bruit. Je suis quand même entré, vu ce que j’avais entendu avant. J’ai vu Mr Blood mort sur son lit. J’ai appelé les urgences qui lui ont fait des électrochocs, mais ça n’a rien fait. Il était mort. Puis ils sont partis sans rien me dire. Je devais être occupé.
– Occupé ? dit Kate d’un air contrarié.
Le gardien avait honte et baissa de nouveau la tête sans dire un mot.
– Allons-y messieurs, s’adressa Kate à ses collègues, notre soi-disant meurtre est élucidé. Nous pouvons rentrer au poste.
Kate reprit en s’adressant au gardien.
– Et n’oubliez pas de faire appel aux pompes funèbres pour le transport du corps. Sinon, il risque de rester sur son lit très longtemps.
Les deux policiers remontèrent dans leur véhicule sérigraphié et estampillé NYPD tout de bleu, tandis que Kate prit le volant de sa Ford Mondéo . Elle suivit ses collègues en longeant la cinquième avenue. En passant devant la bibliothèque Public Library , elle eut un petit rictus. Elle y avait passé des mois à étudier la criminologie. Elle se souvenait des pauses casse-croûtes passées sur les grandes marches qui devancent le bâtiment.
Arrivée au central, Kate fut reçue par le Chef de Division, le chef Larson. Ce dur à cuir avait des apparences de forte tête, mais il avait beaucoup d’affection pour ses hommes.
– Kate, asseyez-vous. Je ne voudrais pas que vous tombiez en m’écoutant.
– Je pense que mon cœur est bien accroché avec ce que je vois régulièrement au boulot patron.
– Oui, sans doute. Puis il annonça.
– Je vous envoie en Europe, au pays des romantiques et des fromages qui puent.
– En France, s’exclama Kate ?
– Oui, cela même. Et à Paris s’il vous plaît. Il dit cela en ajoutant un geste de révérence.
Il ajouta.
– La ville des amoureux et du romantisme.
Kate, surprise, resta bouche bée.
– Mais ne pensez pas aller vous amuser, j’ai du boulot pour vous. Dans le cadre de nos accords internationaux, vous avez été choisie par le Commissaire, notre grand Chef de la police new-yorkaise lui-même, pour aider les frenchies à élucider une enquête. Paris est également une ville meurtrière. En ce moment, ses policiers font face à un serial killer qui terrorise la ville. Leur ministre de l’intérieur a entendu parler de nos méthodes et nous demande en aide pour résoudre cette affaire.
– Pourquoi notre pays n’envoie-t-il pas le service criminel de la CIA patron ?
– Justement, c’est nous que la France est venue voir et non d’autres services. C’est un privilège dû à mes connaissances sur New York.
Kate resta un moment interloquée.
Larson reprit.
– Le maire de notre belle ville a été sollicité en personne par les frenchies. Mes relations avec lui ont fait le reste. Il me fait confiance et moi j’ai confiance en vous. Vos états de service en disent long. Le regain de sécurité en ville satisfait pleinement notre maire. Vos belles affaires criminelles ne vous sont pas imputées par hasard. Je me souviens encore de l’affaire Balkyn y a trois ans. Depuis ça, les citoyens dorment tranquilles.
Kate baissa la tête en rougissant.
– Non, ne soyez pas gênée ! La vérité c’est que vous l’avez bien malmené ce grand malade. Six victimes en un an. Il était temps de le stopper. Heureusement qu’il a fini avec trois balles dans le corps. La ville et ses victimes n’auraient pas supporté un long procès sur plusieurs années.
– Merci commissaire pour votre franchise. C’est très appréciable à entendre.
– Je n’le dis pas pour vos beaux yeux ma chère. Je suis sincère.
Il se mit à rire en la regardant.
À Roissy Charles de Gaulle, le tapis roulant à bagages se coinça.
Kate attendit avec patience que le système se remette en route. Elle était assise dans un petit coin de la salle d’attente. Elle était fatiguée du décalage horaire, qui était de six heures entre New York et Paris, mais le vol fut long. Ces huit heures dans l’avion lui avaient semblées interminables.
Elle avait passé son temps à réfléchir à ce qui pouvait bien l’attendre sur Paris. Elle avait lu en quelques minutes le peu de rapports qu’elle avait reçu par le biais de Larson au sujet des meurtres parisiens. Elle avait beaucoup de mal à dormir en avion, et le manque d’informations sur ce qu’elle allait trouver n’était pas fait pour l’aider à se reposer. Kate avait pourtant bien mis son masque de nuit sur ses yeux, et allongé son siège en mode détente, cela n’y avait rien fait.
La voilà, fatiguée, telle une insomniaque, à se demander, combien de temps elle allait devoir rester assise.
Elle s’amusait à observer le comportement des autres voyageurs. Certains se bousculaient afin d’être le plus près de l’arrivée des valises, alors que le tapis ne fonctionnait toujours pas. L’observation, était chez elle un atout. Elle possédait également un sens de synthèse très développé, qui lui permettait de collecter et de résumer les informations les plus importantes très rapidement.
D’ailleurs, elle avait déjà analysé les personnes dans la salle. Elle s’amusa à en regarder d’autres. Elle avait remarqué un jeune couple dont le bébé ne faisait que brailler depuis plusieurs minutes. La maman n’arrivait pas à le calmer. Plus loin, un trio attendait ses bagages, Il s’agissait d’un couple avec un ado. La femme passait son temps à regarder l’homme avec passion. Pendant ce temps, le jeune tenait dans ses bras une petite cage qui contenait un petit animal. Il n’arrêtait pas de l’ouvrir et de la fermer. Plus près du tapis roulant, elle pouvait aussi apercevoir un groupe de personnes qui devait être en voyage organisé. Ils avaient l’air d’avoir perdu quelque chose ou plutôt quelqu’un.
L’attente était encore longue. Un message audio retentit dans les haut-parleurs de la salle.
« Veuillez nous excuser pour ce léger contre-temps, le tapis roulant sera de nouveau en fonctionnement dans cinq minutes. Nous vous remercions pour le dérangement occasionné. »
Kate eut envie de se dégourdir les jambes, afin de rendre le reste de l’attente moins longue.
Elles se leva et fit les cent pas dans la salle d’attente.
Après quelques minutes, les hauts parleurs se remirent à diffuser un message.
« Mesdames, Messieurs, merci pour votre attention. Les tapis roulants sont de nouveau en fonctionnement. Nous vous remercions pour votre patience et votre compréhension. »
Au même moment, Kate se dirigea vers le jeune couple et s’approcha du bébé.
– Excusez -moi Madame , mais je crois que votre bébé a trop chaud. Il est beaucoup trop couvert. Il a ses petites joues rouges et pleure depuis un quart d’heure au moins. Vous devriez lui ôter son manteau et le bonnet qu’il a sur la tête. Il doit ne plus supporter la chaleur. L’aéroport est climatisé et il est trop habillé.
La femme lui répondit sur un ton satisfait et charmant.
– Je vous remercie pour votre empathie Ma-dame, et pour votre conseil. Justement, je ne comprends pas ce qu’il a depuis tout à l’heure. Je l’ai habillé ainsi pour affronter le froid extérieur.
– Oui mais là vous devez agir tout de suite, sinon…
La femme fut surprise par ces paroles et ôta les vêtements de l’enfant, pensant qu’il mourait de chaud.
Une fois ses attirails enlevés, la maman pu apercevoir que la langue de son enfant était très rouge. La chaleur corporelle avait provoqué une réaction du système immunitaire. L’enfant souffrait d’une espèce de symptôme dit de la bouche brûlante.
Kate ajouta.
– Il souffre de sa langue, Madame . Donnez -lui de la glace à sucer, et il ira beaucoup mieux vous verrez.
La femme eut à peine le temps de la remercier, qu’elle était déjà partie.
Kate se dirigea ensuite vers le trio, qui se trouvait un peu plus loin.
Elle s’adressa au plus jeune. Il ne devait pas avoir plus de douze ans. Il tenait dans ses bras la cage qui était vide.
La bestiole se trouvait nichée entre les rails du tapis roulant.
Kate surgit rapidement et prit la bête par le train arrière en passant par-dessus l’épaule du jeune. Elle put apercevoir les longues moustaches du matou effleurer les caoutchoucs du tapis.
La mère regarda vers la scène à ce moment-là.
– Nasty, Nasty. dit-elle effrayée.
Elle continuait d’observer Kate qui d’une main ferme, évita au chat de se faire cisailler la tête entre les lattes. Elle le donna au jeune qui le prit dans ses bras. Il était tout abasourdi.
Là encore, Kate s’éclipsa avant que le couple ne puisse la remercier d’avoir évité une tragédie animale.
Kate s’avança vers le groupe de personnes qu’elle avait observé auparavant.
Les circonstances étaient amusantes. Elle riait intérieurement.
On pouvait apercevoir une femme mûre compter et recompter plusieurs fois le nombre de présents. Il en manquait un à chaque fois. Les gamins n’écoutaient rien. Tantôt , ils se mettaient en ligne, tantôt, ils se mettaient sur deux rangs en se moquant de la dirigeante.
Kate se dirigea vers la montagne de valises posées à leur proximité immédiate.
Elle passa à vive allure et donna un croche pied sur un coin d’une petite valise qui se trouvait tout en dessous de cette cime. Le tas d’une vingtaine de valises s’écroula comme un château de cartes dans un vacarme infernal. Toute l’assistance se retourna pour observer d’où pouvait bien provenir ce chambardement.
Une fois les valises étalées en vrac au sol, on put apercevoir au milieu le corps d’un jeune adolescent suffoquant. Il se tint la gorge et toussa comme un dératé.
La responsable du groupe se précipita vers lui affolée
– Mais où étais-tu depuis tout ce temps ? Bon sang, cela fait près d’un quart d’heure que je te cherche. Quels sont les malades qui t’on recouvert avec ces valises ?
Elle caressa le cou du jeune tout en lui frottant le dos.
– Tu aurais pu mourir si tu étais resté encore plus longtemps là-dessous.
– J’ai pas osé Madame, dit la petite voix timide. Ils m’ont dit que ça allait être rigolo.
Elle se retourna se disant que ces adolescents venaient de jouer à un jeu pouvant avoir des conséquences graves.
D’ailleurs, aucun d’entre eux n’ouvrit sa bouche pour parler. Ils avaient tous l’air choqué en comprenant que leur camarade venait d’échapper à un dramatique accident.
Une valise rose arriva sur le tapis roulant.
Kate s’avança en se frayant un passage, gênée par des personnes pressées.
Elle ôta sa valise d’un coup énergique. Une fois les tirettes relevées, elle prit la poignée puis se dirigea vers la sortie en se retournant.
Elle avait pris un air satisfait, après ses missions réussies dans cette salle d’attente.
Non seulement elle savourait le résultat de ses interventions minutieuses, mais elle se félicitait également d’avoir évité trois désastres.
Elle pouvait contempler les acteurs de ces situations affairés à consoler leur proche, devenu soudain primordial.
A la sortie de l’aéroport, la température ne devait pas dépasser les dix degrés. Cette fin de journée de mars était plus fraîche que les précédentes. Le printemps ne devait pas mettre longtemps à pointer le bout de son nez, et la chaleur se faisait attendre.
Un véhicule Renault Scénic s’arrêta en faisant crisser les pneus. Une femme assez élégante sorti du côté conducteur. Sa taille fine laissait entrevoir un pistolet automatique Sig Sauer porté à droite de sa ceinture de pantalon. Son jean mettait en valeur, son allure de poupée. Malgré le manque de maquillage, son visage reluisait de beauté.
Elle se dirigea vers l’entrée du terminal 2A. Le hall était d’une telle grandeur, qu’elle ne savait pas vers où aller. Elle aperçut l’écran des arrivées et put lire que l’avion d’American Airlines en provenance de l’aéroport JFK venait d’atterrir.
Elle patienta devant le sas de sortie. La plupart des hommes ne pouvaient que tourner leur regard vers elle, en la croisant. Elle avait un look tape-à-l’œil. Ses cheveux blonds et sa peau mate lui donnaient une allure de star de cinéma. Elle ne pouvait pas passer inaperçue.
A peine cinq minutes s’étaient écoulées, qu’elle vit Kate passer le sas avec sa grosse valise rose. Elle alla directement à sa rencontre.
– Lieutenant Jouvet, you must be Kate, don’t you ? (Vous devez être Kate n’est-ce pas ?) la femme parlait avec un anglais très approximatif.
– Ha, yes, it’s me. (Oui c’est moi). Kate fut plutôt surprise par l’affreux accent anglais que par la présence de cette dernière.
Kate continua en français.
– Ne vous embêtez pas, je parle couramment le français. Mon père a vécu en France.
– Ça m’arrange, je ne vous le cache pas, dit-elle d’un air soulagé.
– Vous avez dit vous appeler ?
– Lieutenant Jouvet, Jouvet Amandine, répondit-elle.
– Contente de faire votre connaissance. Ja-mais je ne me serais doutée que vous seriez policière. Vous êtes très ravissante. Vous travaillez avec le commissaire Brousse ?
– Ah oui, en effet. Le commissaire Brousse vous attend avec impatience. Vous savez, il compte énormément sur vous, mais j’ai du mal à y croire.
Kate se mit à rire.
– Je vous comprends ma chère, d’ailleurs, parfois je me demande ce que l’on me trouve. Ré-soudre des affaires me plaît énormément, surtout les plus sordides. Je pense que le plus important est de savoir synthétiser les éléments en notre possession.
– Brousse dit que vous êtes la plus efficace. Je pense qu’il vous met sur un piédestal.
– Oui , sans doute. Après , je trouve cela très agréable.
– Je pense qu’il doit avoir hâte de faire votre connaissance. Depuis quelques jours il ne cesse de parler de vous.
Après ces échanges de belles paroles, les deux femmes gagnèrent le véhicule qui les attendait à la sortie de l’aéroport.
Elles devaient être faites pour s’entendre. Elles ressemblaient à des sœurs de par leur allure, et de par leur apparence physique. Seule la couleur des cheveux faisait la distinction entre les deux.
Amandine prit l’autoroute A1 en direction de la Porte de la Chapelle.
En cette fin de journée, les bouchons étaient moins imposants, surtout en direction de Paris. Amandine et Kate discutaient dans la voiture et croisaient en sens inverse les travailleurs journaliers qui quittaient la ville.
Les discussions tournaient plutôt autour de la mode. Il fallait dire, que ces deux-là, s’étaient bien trouvées.
Le Scénic arriva à la porte de la Chapelle. Kate éprouva un sentiment d’étouffement en passant par le périphérique.
– La circulation autour de New York est bien plus accueillante et moins suffocante.
– Je n’en sais rien, révéla Amandine. Je ne suis jamais allé à New York, avant de faire un clin d’œil amical à Kate.
– Tu serais la bienvenue chez moi si tu le souhaites. Je te ferai découvrir cette belle ville magique. On l’appelle la ville qui ne dort jamais.
– Je crois qu’elle est faite pour moi, vu ce que tu annonces.
– Amandine, je crois que l’on est faite pour s’entendre.
Kate avait un air amusé.
– C’est vrai que l’on se connait à peine, mais j’ai l’impression que l’on va bien s’amuser toutes les deux.
– Et encore, tu verrais Broadway à Manhattan , c’est une folie nocturne. Ce sont des théâtres ouverts en permanence, des shows et des bars de nuit. J’adore.
– Un jour peut-être, fit Amandine en rêvant et en levant la tête.
Le véhicule s’arrêta devant les nouveaux bâtiments de la police judiciaire du 17ème arrondissement. Les célèbres locaux du 36 Quai des Or fèvres, qui ont servi de siège pendant un siècle, étaient trop vétustes.
Amandine passa par le sas de sécurité, accompagnée de sa nouvelle camarade de jeu.
Elles accédèrent au 3ème étage.
– Ha, vous devez être Kate ! s’exclama Brousse avec un sourire satisfait.
– Monsieur ?
– Heu, oui, je suis Brousse, le commissaire Brousse, c’est moi qui ai demandé à vous faire venir jusqu’ici. Je suis très content de vous voir.
Brousse la regarda en baissant les yeux, il fut gêné par la façon dont il la regardait. Il venait de s’en rendre compte. Il se demandait si elle l’avait remarqué.
Il reprit, tout en s’essuyant le front qui laissait apparaître une peau de soixantenaire.
– Heu, comme je disais, je suis ravi de votre venue Kate. Vos récits vous devancent.
Kate le laissa continuer tout en regardant Amandine.
– Ici, dit Amandine, il ne parle plus que de toi. Tu es presque une légende, dit-elle en riant.
– Je suis flattée par votre accueil commissaire Brousse. J’ai aussi entendu parler de vous, vous avez un vécu et une expérience hors du commun.
Brousse était tout penaud.
– Ça, c’est quand j’étais encore apte à arpenter les rues parisiennes. A mon âge, je laisse la place aux jeunes. Votre jeunesse et votre sens de l’expertise nous feront un grand bien.
– Je me permettrai de vous retourner le compliment. Quand j’ai su que c’est vous qui aviez demandé à me voir, j’étais enthousiaste de vous voir en chair et en os.
Amandine intervint.
– Heu, j’existe aussi, signifia-t-elle, en se plaçant entre les deux protagonistes.
Ils se mirent à rire.
– Ma très chère Amandine, dit Brousse en la présentant à Kate. Je vous présente ma consœur la plus futée. Elle est extra, et connait bien le monde de la nuit. N’hésitez pas à la prendre avec vous pour vos enquêtes nocturnes, elle est grande familière des nuits ténébreuses.
– Je connais sans connaitre, dit Amandine . Il faut savoir se faire discrète parmi les oiseaux de nuit. Ma présence doit être imperceptible dans ce monde. Il est vrai que je connais quelques personnes bien placées.
– Justement, Amandine, repris Brousse en regardant Kate. Je vous la confie, elle sera votre lumière le temps de votre enquête.
Kate regarda Amandine et, d’un signe de tête, valida le partenariat.
– Justement, nous avons commencé à faire connaissance sur le trajet. Nous allons bien nous entendre. Mais en parlant d’enquête, vous pouvez me parler des meurtres fréquents ? J’ai commencé à travailler sur le dossier que vous m’avez envoyé, mais tout n’y figure pas. C’est horrible, cette façon de tuer les jeunes femmes.
– C’est bien pour ces tristes raisons que je vous ai mandé ici, près de nous, précisa Brousse, avant de continuer.
– Je n’ai pas la tête à tout vous expliquer cela maintenant, je vais laisser le soin à Amandine de vous faire la visite des locaux et de vous expliquer en détails, les éléments de la procédure. Nous avons bien avancé, mais des liens importants nous manquent. On piétine depuis un moment. Et là, ce foutu meurtre la semaine dernière, cette pauvre jeune fille retrouvée démembrée près du Louvre, ha, quelle horreur ! Je commence à être trop vieux pour supporter toutes ces monstruosités. J’ai encaissé pas mal d’abominations dans ma carrière, mais là c’est trop.
Amandine apparue avec un verre d’eau. Elle avait anticipé l’indisposition de son chef.
– Asseyez-vous patron, ces meurtres de jeunes filles vous mettent à chaque fois dans ces états.
Amandine était aux petits soins avec lui.
– Merci ma petite !
– Vous allez pas claquer votre pile à six mois de la retraite ? repris Amandine en s’esclaffant.
Tout le monde se mit à rire.
Brousse était soulagé avec son verre d’eau, mais il resta avec son air inquiet.
– Vous savez Kate, annonça Brousse, je ne voudrais pas partir à la retraite sur une mauvaise note, vous comprenez. Je ne supporterai pas de penser à ces filles mortes, si cet enfoiré est toujours en vie. J’ai besoin que vous élucidiez cette affaire pour moi, et pour ma conscience. Pour cela, vous pouvez disposer de tout ce dont vous avez besoin. Pour ce faire, je vous ai réservé une belle chambre au Normandy, près du Louvre, vous y serez le temps qu’il vous faudra. Je tiens à ce que vous soyez bien reçue.
– Merci encore, Commissaire Brousse, je tâcherai de vous faire honneur.
Brousse tourna le dos, et partit en direction de son bureau, d’un air épuisé.
– Viens Kate, s’avisa Amandine, je vais te faire visiter la maison.
Les deux femmes firent le tour des lieux, devant des regards inquiets, mais plutôt interrogateurs et intéressés. Les collègues se demandaient jusqu’à présent, comment pouvait bien être cette femme venue de si loin. Ils la regardaient telle une bête curieuse. Depuis des jours que son nom circulait dans les couloirs, ils pouvaient enfin mettre un visage sur cette personne mystère.

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