La vallée du yak sauvage
130 pages
Français

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Description

Après Le talisman tibétain et Les évadés du Toit du Monde, pas de trêve pour nos enquêteurs, Gopika, jeune enseignante au Sikkim (Inde), et Doc Tenzin, médecin traditionnel tibétain !


Alors que les deux amis font tout pour faciliter la réalisation d’un film dans une vallée écartée de l’Himalaya, ils se trouvent confrontés à un mystérieux vol de manuscrit, puis à un double meurtre. Et sur les lieux mêmes du tournage, une jeune nonne vivant en ermite est menacée de mort.


Pourquoi s’en prendre à une nonne ?


Est-ce que ces événements sont liés ?


Et comment Gopika peut-elle garder l’esprit clair pour l’enquête alors qu’elle tombe amoureuse des deux jeunes acteurs du film ?


Entre traditions tibétaines, réalités indiennes et fantasmes de Bollywood, humour et dépaysement sont au rendez-vous de ce troisième roman de la série Crimes en Himalaya.

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Informations

Publié par
Nombre de lectures 11
EAN13 9782374535135
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0045€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

Présentation
Après Le talisman tibétain et Les évadés du Toit du Monde , pas de trêve pour nos enquêteurs, Gopika, jeune enseignante au Sikkim (Inde), et Doc Tenzin, médecin traditionnel tibétain !
Alors que les deux amis font tout pour faciliter la réalisation d’un film dans une vallée écartée de l’Himalaya, ils se trouvent confrontés à un mystérieux vol de manuscrit, puis à un double meurtre. Et sur les lieux mêmes du tournage, une jeune nonne vivant en ermite est menacée de mort.
Pourquoi s’en prendre à une nonne ?
Est-ce que ces événements sont liés ?
Et comment Gopika peut-elle garder l’esprit clair pour l’enquête alors qu’elle tombe amoureuse des deux jeunes acteurs du film ?

Entre traditions tibétaines, réalités indiennes et fantasmes de Bollywood, humour et dépaysement sont au rendez-vous de ce troisième roman de la série Crimes en Himalaya.


***




Bernard Grandjean est l’auteur d'une quinzaine de romans. La plupart de ses livres sont centrés sur l’Asie et l’Himalaya, tel Moi, Das, espion au Tibet , sorti en 2014 aux Editions Tensing.
Ces 15 dernières années, l'auteur a publié chez Kailash Editions les biographies romancées de personnages hors du commun de l'Histoire du Pays des Neiges (le VIe Dalaï lama et la reine Bhrikuti), ainsi que 9 titres de la série des enquêtes de Betty Bloch, bien connue des amoureux du Tibet.
Crimes en Himalaya est sa nouvelle série policière, qui met en scène un duo atypique : Gopika, jeune enseignante indienne et Doc Tenzin, médecin traditionnel tibétain. Ensemble, sur les terres himalayennes et sur fond de turbulences politiques entre Tibet, Chine et Inde, et de corruptions en tous genres, ils vont mener l’enquête pour résoudre meurtres, intrigues, mystères...
La vallée du yak sauvage
Crimes en Himalaya #3

Bernard Grandjean
38 rue du polar
On n’échappe pas à l’étroit sentier des œuvres, des causes et des effets. Légende des oiseaux et des singes
Principaux personnages
Gopika Pathak, professeure d’anglais et de hindi à l’école tibétaine de Namdang (Sikkim, Inde).

Tenzin Mingour, médecin tibétain traditionnel à Namdang.

Shirley (Namgyel) Bhutia, actrice originaire de Namdang, amie de Gopika Pathak.

Kirtan Kapoor, réalisateur, compagnon de Shirley Bhutia.

Samten Lama, acteur.

Bruce Robertson, acteur.

Ani Gyourmé, nonne ermite.

Ani Jamyang, abbesse du monastère de Dharma Ling Gompa.
CHAPITRE I
Un peu fantomatique dans son sari blanc de veuve népalaise, le bout du nez touchant presque le menton, la vieille revint avec la théière :
Namgyel, veux-tu encore des toasts ?
Pas pour moi, Maman Pouspika, mais prépares-en quelques-uns pour Kirtan, quand il daignera se lever… Rapporte aussi de la marmelade, veux-tu, Gopika vient de finir le pot.
Et pour vous, Miss Gopika ? demanda la vieille. Peut-être des œufs, si votre caste l’autorise ?
Je me moque de ce que ma caste m’interdit ou m’autorise, Maman Pouspika !
La vieille prit un air scandalisé. Décidément, tout fiche le camp , se dit-elle. C’était choquant d’entendre une jeune brahmane parler comme ça.
… les interdits de caste m’importent moins que mon tour de taille, poursuivit Gopika, et j’ai 500 grammes à perdre ! Non, plus rien pour moi, merci Maman Pouspika.
Outrée, la vieille repartit vers la cuisine.
C’est drôle comme elle persiste à t’appeler Namgyel, chuchota Gopika à son amie, et non pas Shirley, comme tout le monde.
Au contraire, j’y tiens ! Depuis la mort de mes parents, c’est une des dernières personnes au monde à m’appeler encore Namgyel. N’oublie pas que Maman Pouspika était ma nounou, elle me connaît sous ce nom-là depuis que je suis petite. Elle n’a jamais pu se rentrer mon nom d’actrice dans le crâne, et c’est très bien : chaque fois que je reviens à Namdang, dans cette vieille baraque, j’ai l’impression de renouer avec mon enfance, mes parents disparus, et toute une lignée familiale… Mais, sur un tout autre sujet, je trouve que tu exagères, avec tes 500 grammes… Et qu’est-ce que tu as fait à ton visage, pour que ta peau soit si lumineuse ? Une nouvelle crème de nuit ? Un emplâtre miraculeux fabriqué par notre ami Doc Tenzin ?
Mais non, je ne mets rien de spécial.
Alors ça doit être l’effet des brumes du Sikkim et du vent glacé qui dévale du Kangchenjunga ! Je devrais venir à Namdang plus souvent…
Shirley se laissa aller en arrière dans le sofa, présentant la plante des pieds au modeste feu qui brûlait dans l’âtre, trop maigre pour réchauffer la pièce. Il n’était que sept heures trente du matin ; par les portes-fenêtres donnant sur la galerie, on apercevait un paysage gris et embrumé, qui donnait des frissons rien qu’à le regarder. Comme elle était en chemise de nuit, et pas encore très bien réveillée, la jeune femme remonta le plaid sur sa poitrine et bascula la tête en arrière. Dans cette attitude intime et abandonnée, elle était très belle, avec sa crinière noire contrastant avec sa peau ivoire, ses pommettes hautes et ses yeux joliment étirés vers les tempes. Gopika, qui tenait son amie pour la plus belle femme du Sikkim en même temps que la meilleure actrice du cinéma indien, ne pouvait détacher d’elle son regard. Shirley le remarqua :
Pourquoi me regardes-tu comme ça ? J’ai un bouton sur le pif ?
Non, au contraire, je te trouve très en beauté, ce matin.
C’est parce que je suis amoureuse, dit-elle en s’étirant comme une chatte. Ça ne m’était pas arrivé depuis longtemps !
Alors dans ce cas, moi, je ne suis pas près d’embellir…
Ne dis pas de bêtises, Gopi, tu n’as pas besoin d’être amoureuse pour être ce que j’appelle une redoutable beauté fatale indienne, comme tu le sais très bien !
Redoutable ! Ça doit être pour ça que les hommes m’évitent !
Elles sourirent toutes deux.
Tout en se réchauffant les mains à son bol de thé brûlant, Shirley souriait béatement :
Quel bonheur d’être à nouveau chez soi… et de sentir le froid vous saisir ! Ce qui me manque le plus à Bombay, outre les paysages de l’Himalaya et la vieille maison de mes ancêtres, ce sont ces soirées où on se gèle jusqu’à la moelle des os… Ensuite, on va se coucher dans un lit mal réchauffé par une bouillotte déjà tiède… Quel bonheur !
Gopika Pathak ramena le pan de son lourd sari de soie sur ses épaules et approuva :
C’est aussi pour ça que je n’arriverais plus à vivre à Bombay ! Ma petite maison de Namdang ne vaut pas une belle grande demeure comme celle-ci, mais c’est fou ce que je m’y sens bien… Et pour ce qui est des courants d’air glacés, même les climatiseurs du Taj Mahal Palace lancés à fond n’arriveraient pas à rivaliser !
Elles burent quelques gorgées de thé en silence.
Depuis quand as-tu emménagé dans ta nouvelle maison ?
Pile deux semaines !
Et tu ne regrettes pas ta petite chambre du… c’était quoi, déjà, le nom crétin que la logeuse avait donné à sa baraque ?
Le Cottage Fleuri  ! Et ça n’était pas si crétin, la veuve Giri faisait pousser plein de fleurs. Mais à l’arrière de ma nouvelle maison, il y a aussi un jardinet, avec vue sur la chaîne du Kangchenjunga ! Un jardin à l’abandon, mais au printemps je vais planter des géraniums, et suspendre des pots d’orchidées sous la galerie.
Tu as une vraie salle de bain ?
Presque ! Et aussi une cuisine, un salon, deux chambres… plus l’électricité ! Il est vrai que ça me coûte quatre fois plus en loyer qu’avant… Presque tout mon salaire d’enseignante y passe.
Je sais que l’arrivée régulière des mandats de ton père a bouleversé ta vie… Il faudra que tu me fasses visiter ton palais, Maharani 1  !
D’accord, mais quand j’aurai accroché les rideaux, vu que pour le moment, ça n’a pas très grande allure.
Je suis sûre que c’est aussi ce que tu racontes à ta mère pour la dissuader de venir te rendre visite.
Sa mère étant un sujet compliqué, Gopika préféra éluder :
Alors, ce mystérieux Kirtan qui dort à l’étage, dont tu es amoureuse et qui te rend si belle, est-ce que je finirai par le voir, ou bien est-ce qu’il attend que je sois partie pour se lever ?
Comme je savais que tu passerais ce matin, j’ai insisté pour qu’il fasse la grasse matinée, bien au chaud sous les couvertures. C’est que je ne tiens pas du tout à ce qu’il te voie, et qu’il réalise qu’il y a dans ce nid de vautours de Namdang des filles aussi jolies que toi… enfin, je veux dire, aussi jolies que moi ! C’est que je suis prudente ! Comme on est ensemble depuis à peine plus de trois mois, je ne peux pas encore me permettre de jouer à la femme sûre d’elle, tu comprends ? Il faut me laisser un peu de temps pour dompter l’animal…
L’animal ? Tu parles d’un tigre ou d’un éléphant ?
Elles se retournèrent d’un bloc pour découvrir l’animal en question debout dans l’encadrement de la porte du salon. Aucune des deux ne l’avait entendu arriver.
Tout sourire, Kirtan Kapoor les regardait, et devait écouter leurs bavardages depuis un moment. Il était enveloppé dans une robe de chambre en laine, et portait d’épaisses chaussettes de montagne à motifs torsadés. Autour de son cou, il avait noué un foulard en soie que Gopika savait appartenir à Shirley.
Je parle d’un lion, mon chéri ! s’empressa de répondre cette dernière. Gopika, je te présente Kirtan Kapoor, le fauve indomptable qui partage ma vie !
Indomptable ? Elle me fera bientôt sauter au travers d’un cercle de feu juste en battant des cils ! dit-il en saluant Gopika mains jointes. Namasté ! Ravi de faire la connaissance de la meilleure amie de Shirley, dont j’ai tellement entendu parler…
Âgé d’environ trente-cinq ans, Kirtan Kapoor était grand, et très bel homme selon les critères de Gopika. Il avait un visage carré, un teint mat encore ombré par une barbe courte et drue, un regard intelligent derrière des lunettes à fines montures dorées. Il vint s’asseoir sur le sofa tout contre Shirley, qui lui servit un bol de thé.
Ça n’est pas bien, mon chéri, d’écouter aux portes comme tu viens de le faire !
J’adore surprendre les conversations des femmes entre elles ! J’ai déjà écrit des dialogu

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