Le cachet magique
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Le cachet magique , livre ebook

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Description

Alors que Léonce CAPOULIN, le célèbre reporter, est en train de petit-déjeuner, un homme, se présentant comme Sir Thomas Harlow, pénètre dans sa chambre et le retient pendant que d’autres cambriolent sa bibliothèque.


Sir Thomas explique au journaliste qu’il est à la recherche d’une photographie de son défunt fils, Georges, que celui-ci lui aurait envoyée avant de mourir. Il lui conte les circonstances rocambolesques du décès de son enfant, mêlant magie noire, démons et autres joyeusetés.


Puis il tend à Léonce CAPOULIN une lettre que lui a écrite Georges pour lui demander de retrouver le fameux cliché.


Après le départ de ses « visiteurs », Léonce CAPOULIN demeure circonspect. Il ne connaissait pas ledit Georges et Sir Thomas lui a fait mauvaise impression.


Bientôt, il va réaliser que derrière l’étrange cachet de la missive qui lui a été remise se cache la vérité...

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Informations

Publié par
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EAN13 9791070038048
Langue Français

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Exrait

LE CACHET MAGIQUE


D'après le fascicule « Le cachet magique » publié en 1921 dans la collection « Le Roman Policier » des éditions Ferenczi (réédité sous le même titre en 1936 dans la collection « Police et Mystère » des éditions Ferenczi).
CHAPITRE I
 
Léonce Capoulin, le célèbre reporter, enveloppa d'un rapide regard l'homme qui, par ce matin d'octobre, venait forcer sa porte.
Cinquante ans environ, corpulent, ventru même, on eût dit d'une outre plantée sur deux piquets. Les bras étaient longs, les mains épaisses, les doigts terminés en spatule. Un cou, formant bourrelet, large à la base et s'amincissant vers le sommet, soutenait une tête étrange, imaginez une boule, mais une boule qu'un artiste primitif eût sculptée à coups de couteau. Jamais visage ne manqua à ce point de symétrie.
Tous ces détails, Capoulin les avait vus d'un coup d'œil, mais, à présent, il les examinait un à un, ne pouvant se rassasier du spectacle qui lui était offert.
L'inconnu supportait tranquillement l'examen dont il était l'objet. Campé au milieu du bureau du reporter, il attendait que ce dernier daignât l'interroger.
Au bout de quelques instants, il dit cependant :
— Je suis sir Thomas Vernans, j'arrive de Chicago, ma fortune est d'environ un demi-milliard ; mon fils est mort voici huit jours.
— Ah, çà, songea Capoulin, ai-je affaire à un fou ? Ou veut-il faire de moi son fils adoptif ?
Imperturbable, le visiteur poursuivit :
— Ma présence, à cette heure, en cette maison, vous prouve que la mort de mon enfant me paraît suspecte.
Capoulin haussa les épaules et grommela :
— Ce qui me paraît suspect, c'est votre histoire. Vous me tenez là en haleine, pendant que vos compagnons dévalisent ma bibliothèque.
Sir Thomas ne se démonta pas ; mieux, il daigna sourire :
— C'est tout à fait exact, dit-il, et ceci me démontre à quel point j'ai eu raison de venir vous consulter ! Vous êtes un homme remarquable, monsieur Capoulin.
Le reporter prit une cigarette, l'alluma posément et répliqua :
— Je ne sais si je suis remarquable, mais ce dont je suis sûr, c'est que vos compagnons font en ce moment du travail inutile.
— Vous croyez ? fit sir Thomas d'un ton railleur.
— J'en suis sûr, ai-je dit… Tenez, on vient vous annoncer qu'on a fait « chou blanc ».
La porte s'ouvrit brusquement, un petit homme maigre parut :
— Rien ! jeta-t-il laconiquement.
Sir Thomas eut un geste tragique ; se laissant tomber sur une chaise, il pleura ! Oui, cet être fantastique, invraisemblable, qui froidement venait de Chicago pour piller la maison du reporter, cet homme pleurait.
Se redressant brusquement, du geste il chassa le porteur de mauvaises nouvelles, puis, s'adressant à Capoulin :
— Ainsi, vous ne voulez pas me dire où vous l'avez cachée ! haleta-t-il.
Le reporter le regarda fixement. D'une voix dure, il dit :
— Si, dans cinq minutes, vous n'avez pas disparu, je vous abats comme un chien !
Le gros homme eut un haut-le-corps.
— Me tuer, moi ! Moi qui suis venu ici sans arme ! Que vous ai-je fait ?
— Comment, ce que vous m'avez fait ? Vous avez pris ma maison d'assaut, ce qui n'est rien, vous l'avez mise au pillage, ce que je vous pardonnerais, et vous m'avez considéré comme un niais, ce que je ne puis supporter.
Tirant sa montre, il ajouta :
— Vous avez encore trois minutes.
Sir Thomas parut lutter contre lui-même. Puis se dirigeant vers la porte, il se disposa à sortir. Cependant, au moment d'en franchir le seuil, il s'arrêta. Faisant demi-tour, il se campa de nouveau devant le reporter, mais, cette fois, les mains levées.
— Vous le voyez, dit-il, il vous est facile de me tuer. Je ne ferai aucune résistance. Mais de grâce, de grâce, rendez- la -moi.
— Hé ! que faut-il vous rendre ? De quoi parlez-vous ? jeta Capoulin, qui, d'une main nerveuse, tourmentait la crosse de son revolver.
Mais l'homme s'obstinait. Se jetant à genoux, il supplia :
— Rendez- la -moi, elle ne vous servira à rien, puisqu'il n'est plus. C'est le seul souvenir qui puisse me rester de lui ! Oh ! si vous saviez ! si vous saviez… Je le reconnais, je n'ai point agi en gentleman, j'aurais dû vous écrire d'abord, puis me présenter chez vous pour vous exposer ma requête. J'ai craint un refus. J'ai perdu la tête, et, oubliant que rien ne vous échappait, j'ai voulu qu'on vous la reprît tandis que je retiendrais votre attention ! J'ai compris mon erreur. Je vous en demande pardon… C'est un père qui vous en conjure, ne me repoussez pas.
Capoulin eut un geste las : nul doute, cet homme était fou. Pourtant, un soupçon, un soupçon dont il ne pouvait se défaire le hantait. Du même ton glacé il déclara :
— Les cinq minutes sont écoulées, vous devriez être mort. Puisque j'ai eu la faiblesse de ne pas tenir parole, je vous écoute… De quoi s'agit-il ? Pas de phrases inutiles.
Sir Thomas le regarda hébété ; lentement, il dit :
— Vous le savez, oui, vous le savez, il s'agit de la photographie de mon fils, de sir George Vernans.
— Je ne connaissais pas sir George Vernans !
— Mensonge, il était votre ami ; il me l'a dit lui-même.
— Et quand cela serait ? jeta Capoulin, cédant à une inspiration soudaine.
Le visiteur se prit la tête à deux mains ; il gémit :
— Oh ! ne pas pouvoir expliquer ! Rester bouche close, lorsqu'on a tant de choses à dire… Mais, au fait, pourquoi me taire ?... Que l' Autre m'assassine comme il l'a assassiné lui, qu'importe ! À quoi bon vivre lorsque tout espoir est mort ?
Il fit un pas vers Léonce et voulut lui saisir les mains ; d'un brusque saut en arrière, le reporter évita son étreinte. Menaçant, il gronda :
— Ne jouez pas ce petit jeu-là ; il pourrait vous en cuire.
Sir Thomas se tassa sur lui-même et murmura :
— Toujours ce soupçon ! toujours ce doute ! Mon Dieu ! Mon Dieu !
Il y eut un silence lourd que troubla seulement le bruit de la pluie crépitant contre la vitre. Si maître de lui qu'il fût, Léonce sentait l'envahir un indéfinissable malaise. La vue de cette brute le révoltait ; pourtant, il sentait que l'heure était proche...

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