Le manoir de la peur
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Description

L’inspecteur PONCET de la Sûreté de Paris est chargé d’élucider l’étrange meurtre d’Edouard Scott.


Cet archéologue est l’un des rares survivants de l’expédition menée dans les sépultures des anciens rois d’Égypte, et notamment dans le sarcophage de « Tout-An-Kânon ». Les trois quarts des membres sont morts mystérieusement faisant naître la rumeur d’une malédiction ayant décimé les profanateurs.


Depuis, Edouard Scott s’était installé dans un château proche de La Rochelle où son épouse, portant au doigt l’un des bijoux de la momie, était décédée six mois plus tôt.


Le mauvais sort semble avoir encore frappé puisqu’Edouard Scott, à son tour, est retrouvé mort dans son manoir, sauvagement étranglé.


La bague de sa femme, qu’il arborait à son annulaire depuis le décès de celle-ci, a disparu.


Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 1
EAN13 9782373479591
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0007€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

LES ENQUÊTES
DE
L'INSPECTEUR PRINCIPAL PONCET
LE MANOIR DE LA PEUR
Roman policier
Henry DE GOLEN
I
Lorsque l'inspecteur principal Poncet arriva, ce ma tin-là, à la Sûreté Nationale, rue des Saussaies, il était d'excellente humeur.
Il devait, en effet, partir en congé pour quinze jo urs, le soir-même ; et il se réjouissait de pouvoir aller se reposer quinze jour s tranquilles, dans un petit hameau de campagne où il possédait une bicoque, en compagnie de sa jeune femme et de sa petite fille, âgée de 4 ans, qu'il a dorait également toutes deux.
Il avait fait, à Paris et dans la région parisienne , un hiver épouvantable, et des pluies continuelles et quotidiennes s'étaient p roduites durant tout le mois de mars qui venait de finir. Mais, depuis deux jours, le temps s'était enfin mis au beau. Pâques, qui tombait, cette année-là, à la dat e du 6 avril, avait sonné le réveil de la nature, l'éclosion du printemps, la ré apparition du gai soleil, la joie de vivre ! Et l'inspecteur principal, en vertu du prov erbe :« Après la pluie, le beau temps »,convaincu que, pour ses vacances de Pâques, il allait jouir d'un était temps splendide et d'un soleil radieux.
Il serra la main de quelques collègues qu'il rencon tra dans les sombres couloirs de la Sûreté Nationale, et, allègrement, g ravit les quatre étages qui conduisaient à son bureau.
« Son bureau » était un local fort exigu, où il y a vait tout juste place pour une table, un fauteuil et deux chaises. Mais Poncet est imait infiniment la faveur qu'on lui avait consentie de lui réserver ce local auquel ne lui donnait pas droit son grade.
Il ouvrit la porte avec son passe-partout, et allai t accrocher son chapeau à une patère, lorsque son regard fut immédiatement at tiré par une feuille de papier, posée bien en évidence sur son sous-main.
Il s'en saisit, et non sans surprise, il lut les qu elques lignes qui y étaient tracées au crayon :
« Dès son arrivée, M. Poncet est prié de se rendre auprès de M. Gérôme. »
Le bref message était signé du prénom de l'huissier spécialement attaché au service de M. Gérôme, directeur de la Sûreté Nationale.
Les sourcils froncés, Poncet considérait le papier qu'il tenait dans sa main.
— Sapristi ! murmura-t-il, qu'est-ce qu'il peut bie n me vouloir le grand patron !... Pourvu qu'il ne me tombe pas une tuile sur le crâne !...
M. Gérôme, en effet, entrait rarement en contact av ec ses collaborateurs, et seulement lorsqu'il s'agissait d'une affaire grave et importante. L'inspecteur principal redescendit trois étages, et se fit annon cer par l'huissier au directeur de la Sûreté Nationale, dont le vaste et solennel bure au était situé au premier étage. Il fut introduit sans délai, et convié à s'a sseoir.
— Poncet, lui dit M. Gérôme, je vais vous mettre su r une très grave et très curieuse affaire.
Le ton du directeur de la Sûreté Nationale parut à Poncet particulièrement imposant. Il connaissait son chef. Le « grand patro n » faisait généralement preuve d'une remarquable indifférence professionnel le, qui était même devenue légendaire. Pour qu'il estimât très grave et très c urieuse, une affaire, il fallait vraiment que celle-ci sortît du cadre habituel.
Comme M. Gérôme, après ce préambule, s'était arrêté de parler, et, rêveur, roulait machinalement son stylographe entre ses doi gts, Poncet en profita pour dire à son chef :
— C'est que, monsieur le directeur, je devais parti r, ce soir, en vacances de quinze jours. Est-ce qu'un autre ne pourrait pas, à ma place...
— Non ! interrompit vivement M. Gérôme. Vous ne par tirez pas en congé, ces jours-ci, voilà tout !... Vous remettrez cela à plus tard !... C'est vous que j'ai choisi, c'est vous qu'il me faut pour démêler l'imb roglio de cette affaire.
— À vos ordres, chef.
— Connaissez-vous la Charente-Inférieure ?
— Moi ? Pas du tout.
— Parfait. Eh bien, par ce beau temps, vous allez f aire la connaissance de ce superbe et sauvage département. Plaignez-vous do nc !...
L'inspecteur principal fit une moue qui ressemblait à une grimace, et songea que c'était bien, en effet, la tuile prévue qui lui tombait sur le crâne.
— Pas de veine ! pensa-t-il. Chaque fois que je doi s passer quelques jours de repos avec ma femme et ma petite, je suis sûr qu 'il y a un empêchement !... Et voilà qu'il m'expédie en Charente, le patron !...
M. Gérôme, qui relisait des notes prises sur une fe uille de papier, releva la tête, s'accouda sur son bureau, croisa lentement se s mains, et demanda à son collaborateur :
— Dites-moi, Poncet, est-ce que vous croyez au surn aturel ?
La question était si inattendue – surtout de la par t de M. Gérôme – que l'inspecteur principal ne put réprimer un tressaill ement de surprise, et se sentit, subitement, mordu par la curiosité.
Il esquissa un fugitif sourire et répondit :
— Ma foi, monsieur le directeur, c'est une question que je n'ai jamais encore eu l'occasion de me poser. Dans toutes les affaires dont je me suis occupé, et que j'ai résolues, je n'ai jamais rien rencontré de« surnaturel ».
M. Gérôme sourit de la réponse et dit gravement :
— Eh bien, dans l'affaire pour laquelle je vous env oie en Charente, vous pourriez bien, peut-être, rencontrer du surnaturel...
— Ah bah !... C'est ça qui me passionnerait !
— Avez-vous entendu parler des fouilles qui ont eu lieu, il y a quelques années, dans les sépultures des anciens rois d'Égyp te, et notamment dans la sépulture de« Tout-An-Kânon », où l'on a découvert un trésor ?
— Certainement, j'ai lu ça dans les journaux, comme tout le monde.
— Savez-vous que l'expédition des fouilles dans les sarcophages, était conduite par un Anglais, lord Carnavon, assisté d'o fficiers anglais, de savants de toutes les nations du monde, et de quelques amis pe rsonnels ?
— Je me souviens vaguement.
— Eh bien, un fait indéniable est là : à ce jour, l es trois quarts des membres, qui composaient cette expédition, sont morts ; et, tous, sontmorts tragiquement et mystérieusement, lord Carnavon, le tout premier. Ceci, c'est un fai t trop certain.
— Curieux !...
— Bien entendu, la légende prétend que tous ces hom mes ont péri tragiquement, parce qu'ils avaient profané le sarco phage de Tout-An-Kânon, et qu'ils s'étaient emparés de ses pierres précieuses. La malédiction du ciel était désormais sur eux !... Aucun n'échapperait à un sor t tragique !... La momie profanée et dépouillée assouvissait sa vengeance !. .. Je suis comme vous, Poncet, et je crois peu aux légendes ni au surnatur el. Pourtant, il vient de se produire un nouveau fait étrange, et troublant, et pour lequel vient de me téléphoner le Procureur de la République de La Roch elle.
— C'est là où je dois aller ?
— Oui. C'est là où vous devrez descendre, voir, dès votre arrivée le Procureur de la République et le juge d'instruction , vous mettre au courant de toutes les constatations faites avant votre arrivée à La Rochelle, et recommencer toute l'enquête. J'ai l'impression, en effet, que magistrats comme policiers charentais, perdent leur latin dans cette étrange affaire ! C'est du reste pourquoi le Procureur de la République de La Rochel le m'a demandé de lui envoyer en renfort un de mes plus fins limiers. J'a i tout de suite songé à vous, Poncet.
— Et je vous en remercie, monsieur le directeur. L' affaire me passionne déjà.
— Vous sauterez donc dans une auto rapide. Cinq cen ts kilomètres environ d'ici La Rochelle ne vous effraient pas ?
— Pas du tout. Une belle promenade.
— Vous vous adjoindrez un de vos collègues. Il vaut mieux être deux. L'affaire est sérieuse. Qui choisissez-vous ?
— Trêves. Il est très habile et actif.
— Soit !... Dans une demi-heure, il faut que Trêves et vous rouliez en auto, vers La Rochelle. Vous prenez une des plus puissant es voitures de la Sûreté Nationale. J'ai donné des ordres en conséquence.
— Parfait, chef. Et, dès mon arrivée, je me mets en rapport avec le Procureur de la République qui me met au courant de tout... Cependant, pourrai-je, avant de partir, avoir de vous une indication s ur l'affaire ?
— En deux mots, voici : Il y a deux ans, un Anglais , un des rares survivants de l'expédition de lord Carnavon, nommé Edouard Sco tt, a acheté« le Château des Dunes »,un vieux manoir situé à quelques kilomètres de La Rochelle, près de l'Océan. Ce M. Edouard Scott, fort riche, habita it ce château où il semblait beaucoup se plaire, toute l'année, avec sa femme, m orte subitement, il y a six mois. Et cette femme possédait l'un des plus beaux diamants, monté en bague, qui était dans le sarcophage de Tout-An-Kânon... Ap rès sa mort, M. Edouard Scott conserva la bague, la fit élargir, et porta le diamant à son doigt. Cette pierre, selon la légende, doit porter malheur à qui la possède !... Et me l'on est tenté de l'admettre, puisque M Scott est morte, toute jeune, subitement, on ne sait trop de quoi... Quant à son mari, il a été assassiné dans la nuit d'avant-hier auChâteau des Dunes.est parfaitement mort ; et l'on ne Il trouve aucune trace, aucune piste sérieuse. Voilà !...
— Et le diamant de Tout-An-Kânon, chef ?
— Il a disparu. Il a été volé au doigt de la victim e.
— Si je croyais au surnaturel, dit gaiement Poncet, je vous dirais une chose, chef.
— Dites.
— C'est que je retrouverai l'assassin certainement, parce que le diamant fatal qu'il a dérobé lui portera malheur comme aux autres.
— Je vous le souhaite. Mais n'ayez pas trop confian ce en votre bonne étoile, Poncet. Cette affaire est étrange, mystérie use et difficile... Elle va passionner l'opinion publique, et fournir de la cop ie à la Presse !... N'échouez
pas ; vous me comprenez ?... Et maintenant, partez vite, et bonne chance !
II
Lorsqueres, les, dans l'après-midi du même jour, vers dix-sept heu inspecteurs Poncet et Trêves quittèrent le cabinet du Procureur de la République de La Rochelle, avec lequel ils venaient d'avoir un long entretien, en présence d'un juge d'instruction commis par le Parquet, ils semblaient tous deux plutôt soucieux.
Ils montèrent rapidement dans la puissante 40 HP de la Sûreté Nationale, une torpédo de couleur grise, et Poncet indiqua au chauffeur de la Sûreté, à l'aide d'un plan qu'il avait crayonné sur son calep in, le chemin à suivre pour se rendre au château des Dunes, situé à une dizaine de kilomètres de La Rochelle, dans la partie la plus pittoresque, la plus sauvage , la plus rocheuse aussi de la contrée.
Le chauffeur de la Sûreté consulta le croquis, et m it immédiatement sa voiture en marche. La 40 HP bondit à travers les ru es de La Rochelle, prit à gauche, puis à droite, sortit des faubourgs de la v ille, et fonça sur une route de campagne. Seul le ronflement du moteur troublait le silence ambiant.
Si les deux inspecteurs avaient quitté Paris par un soleil radieux, ils n'avaient pas rencontré le même temps en Charente. Le ciel était d'encre, et de gros nuages noirs, chargés d'orage, roulaient comme une menace au-dessus de leurs têtes.
Poncet avait bourré méthodiquement une pipe de bruy ère, et fumait lentement en considérant la campagne. Lorsqu'il fum ait, de préférence une pipe plutôt que des cigarettes, c'était toujours lorsqu' il échafaudait des hypothèses préoccupantes.
— En somme, dit-il soudain à Trêves, l'enquête qui nous incombe est à reprendre à pied d'œuvre complètement... C'est bien Depoilly que s'appelle l'inspecteur de police de La Rochelle que nous allo ns retrouver au château des Dunes, et qui a fait les premières constatations av ec les magistrats ?
— Oui, chef.
— Ils ont eu une excellente idée, lorsqu'ils se son t rendu compte qu'ils n'avaient aucune piste sérieuse à suivre, de laisse r le cadavre de M. Scott, dans la position exacte où il a été découvert avant-hier . Rappelons-nous seulement que le médecin légiste a fait au corps une piqûre d estinée à en retarder la décomposition. Piqûre à la cuisse gauche. Pour le r este, nous causerons avec ce Depoilly, et nous recommencerons toutes les inve stigations comme si rien n'avait été fait jusqu'à notre arrivée.
— Nous ne devons plus être bien loin du château, ma intenant...
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