Le rendez-vous sur la plage
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Français

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Le rendez-vous sur la plage , livre ebook

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Description

Jack DESLY, gentleman cambrioleur, et sa compagne et complice Gladys, sont descendus dans un palace de Cannes afin d’exercer leurs « talents ».


Durant la soirée, Jack DESLY, en fouillant la chambre d’un gros négociant flamand que Gladys est chargée de distraire en l’accompagnant dans un dancing, met la main sur cinq millions en billets.


Mais, le lendemain matin, sa victime est retrouvée sur une plage proche, une balle dans la tête.


Très vite, l’inspecteur Arthème Ladon arrête un triste individu, ancien employé du mort.


Jack DESLY, mêlé de manière détournée à l’affaire, est persuadé de l’innocence du suspect et décide de tout faire pour qu’il soit relâché...

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Publié par
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EAN13 9791070038062
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0007€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

- 18 -

Le rendez-vous sur la plage
Récit policier

Claude ASCAIN
CHAPITRE PREMIER
LE SUIVEUR INCONNU
 
L'homme rôdait sur la Promenade de la Croisette, à Cannes, choisissant les coins d'ombre. Il était correctement vêtu, mais son visage, par moments crispé, révélait une rage intérieure.
À bien l'examiner, on aurait pu voir que son costume était fripé comme lorsqu'on est resté de longues heures, allongé, sans se déshabiller. De fait, l'inconnu, arrivé de Paris le matin même, avait passé une nuit en chemin de fer et, depuis, ne s'était pas reposé.
Il y avait, dans son regard, un éclat fiévreux qui s'accompagnait d'un rictus de la bouche.
Posté en face du grand hôtel de l' Empereur, un palace international, il semblait guetter les allées et venues des gens.
Jack Desly, assis dans le hall, feuilletant un magazine d'un air faussement distrait, avait fini par le remarquer. Il s'était mis à suivre d'un regard nonchalant le manège qui se déroulait au-delà de la vaste porte à tambour.
Il ne manqua pas de constater que l'inconnu s'intéressa tout particulièrement à la sortie de Gladys en compagnie de M. Verzuyt. À ce moment, l'inconnu fit même quelques pas derrière le couple et sembla renoncer à le suivre quand il vit qu'un taxi était venu se ranger le long du trottoir à l'appel du massif personnage.
Jack Desly resta pensif. Un instant plus tard, il s'aperçut que l'étrange individu n'était plus là. Toujours de son air indifférent, il se leva, sortit dans la tiédeur de la soirée et traversa la chaussée pour aller s'accouder au parapet de pierre qui, de l'autre côté, longeait la plage et la mer. Il alluma une cigarette, en tira quelques bouffées et rentra dans le palace.
— Un policier ? Non. Il n'en a ni l'allure ni les manières...
Desly avait de bonnes raisons pour veiller à éviter l'intrusion de ce genre importun dans ses affaires. Surtout, ce soir-là.
Gladys — sa collaboratrice et amie, une délicieuse Anglaise aux yeux verts — était chargée de passer la soirée avec un gros négociant de la région parisienne, Achille Verzuyt, d'origine flamande, comme l'indiquait son nom.
Pendant ce temps, Jack s'occuperait fructueusement à inventorier l'appartement du bonhomme, à l' Empereur. Il habitait au même étage, à quelques portes de distance. Bien entendu, Gladys, aux yeux de tous, n'était qu'une connaissance de passage rencontrée à Cannes même. C'était une méthode soigneusement calculée. Les deux amoureux — car ils en étaient toujours à leur lune de miel officieuse — avaient suffisamment d'occasions de se retrouver, à l'abri des observateurs importuns. Ils se voyaient dans de jolis coins aux environs de Nice ou de Menton. Mais le travail, c'était le travail...
Sans plus se préoccuper du guetteur de la rue, le jeune homme monta chez lui, s'assura que le corridor était vide et, quelques instants plus tard, pénétrait chez M. Verzuyt, grâce à ses petits instruments nickelés.
Jamais de serrure forcée. Il savait ouvrir les plus rebelles. L'A-B-C du métier, n'est-ce pas...
Il savait que sa future victime avait reçu une somme très importante de Paris, le matin, vers l'heure du déjeuner. Comme on était au samedi et qu'il fallait attendre jusqu'au lundi pour l'ouverture des banques, force avait été à M. Verzuyt de la garder par-devers lui.
— Sa hâte à les recevoir — monologua Jack, après avoir découvert, dans la poche d'un veston, l'argent épinglé dans la doublure — me permet une charmante opération...
Par acquit de conscience — il ne faisait jamais les choses à demi — notre gentleman-cambrioleur fouilla tous les vêtements. Au cas où d'autre butin intéressant se fût présenté.
Il en tira quelques paperasses qu'il enfouit machinalement dans sa poche. Tout fut remis en ordre. Il écouta, un moment, l'oreille collée à la porte, puis satisfait, se glissa dans le corridor avec la même prestesse qu'il avait mise à s'introduire.
Les cinq millions formaient une liasse assez confortable. Il les inséra dans une grande enveloppe de papier fort, inscrivit dessus : « Imprimés recommandés » avec l'adresse de son domestique, l'Annamite Nan-Dhuoc, resté dans la villa de La Varenne.
— La dénomination est exacte, murmura-t-il avec un sourire narquois. Ce sont bien des « imprimés ». Et très recommandés pour tous ceux qui savent ce qu'ils valent !...
Certes, il ne les expédierait pas. Le service des Postes vérifie parfois les envois et il ne tenait pas à subir les résultats d'une pareille bévue. Mais cela suffisait à donner un aspect innocent à ce petit paquet négligemment déposé au fond d'une valise.
Il descendit, son bagage réduit à la main, pour le porter à la consigne de la gare. C'était le coffre-fort le plus sûr. Il n'allait pas risquer la visite d'un « confrère » durant son absence.
Ceci fait, il se rendit au cabaret-dancing de la Truite Bleue, où il savait retrouver le couple.
— Tiens ! voilà encore mon bonhomme !...
L'inconnu aux traits tourmentés se tenait juste en face de la porte au fronton brillamment illuminé. Jack lui jeta un bref coup d'œil, l'autre s'enfonça dans l'ombre d'une encoignure.
Jack poussa la porte et des bouffées de musique arrivèrent jusque dans la rue. Il y avait beaucoup de monde, mais le regard exercé du jeune homme repéra, presque tout de suite, la gracieuse silhouette de Gladys, dans les bras de son corpulent danseur.
Il comprit la direction du coup d'œil qu'elle lui adressa et gagna un coin. Le garçon s'empressa.
— Du champagne, mon ami... commanda Jack.
Les saxophones cessèrent leur plainte syncopée. Des applaudissements éclatèrent. Les couples restaient sur la piste pour la reprise. Jack eut le temps d'emplir une coupe et de la vider à moitié.
Les gens qui habitent le même hôtel et surtout le même palier depuis un certain temps — mettons, à partir de huit jours — finissent par se connaître de vue, plus ou moins.
C'est pourquoi, lorsque M. Verzuyt revint vers sa table, en compagnie de Gladys, il eut un sourire et salua Jack de la tête. Ce dernier s'était levé et s'inclinait devant Gladys. Elle tendit sa menotte. Il y appuya ses lèvres.
Toilettes du soir. Jack Desly était impeccable dans son habit. De taille plutôt petite, mais bien proportionné, il symbolisait l'élégance parisienne de bon ton. De nombreux regards de femme l'avaient accueilli à son entrée.
Vers minuit, M. Verzuyt, dont Jack n'avait pas tardé à accepter l'invitation de se joindre au couple, glissa à l'oreille du jeune homme :
— Je suis vraiment enchanté de vous avoir rencontré, mon cher, car vous allez me rendre un grand service...
— À votre disposition
— Je... je suis un peu fatigué... Je n'ai plus vingt ans — il rit avec un peu de lourdeur — et je... ma foi, je voudrais rentrer. Je vais donc profiter de votre présence pour m'excuser auprès de miss Gladys Smith et lui demander la permission de...
— De me la repasser ? sourit Jack, parlant à mi-voix. Ma foi, ce n'est pas désagréable...
— Elle gagnera au change, dit le gros négociant, riant de nouveau. D'ailleurs, ajouta-t-il, elle savait que je ne resterais guère ici au-delà de minuit...
On imagine que Gladys ne fit aucune difficulté devant ce changement de cavalier. Au moment où M. Verzuyt sortit sur le trottoir, Jack, mû par une idée soudaine, se leva rapidement, courut jusqu'à la porte, jeta un coup d'œil au-dehors.
Il revint, le visage empreint d'une curieuse expression. Gladys eut une moue exquise.
— C'est tout ce que tu trouves à me dire ?...
— Chérie... Je ne puis m'extérioriser ici... Au fait, tu sais, cela a très bien marché.
— Ah ? C'est fait ?...
— Complètement... Nous partirons dans le courant de la semaine. Toi, d'abord... Je te rejoindrai d'ici huit jours, dans un petit trou perdu du côté du Pays basque et nous pourrons y passer un été nous deux, rien que nous deux... Nous avons de quoi attendre cet hiver...
Il remplit les deux coupes et, comme l'orchestre attaquait une rumba, ils se lancèrent sur la piste. Tout en dansant, ils conversaient discrètement.
— Pourquoi t'es-tu jeté vers la porte, à la sortie de Verzuyt ?
— Pour rien... Ou, plutôt, pour vérifier une petite chose.
— Quoi donc, Jack ?... Je ne pense pas que tu aies des secrets pour moi ? murmura-t-elle d'une voix caressante.
— Oh ! non, chérie... Voilà, en deux mots...
Il expliqua la présence de l'inconnu devant le palace, puis à la porte de la Truite Bleue.
— Je voulais savoir à qui il s'intéressait... Toi ou lui...
— Et tu as trouvé ?
— Évidemment, petit colibri... C'est M. Verzuyt qui semble devoir fournir le centre d'attraction... Dès que notre voisin d'hôtel s'est mis en route, l'autre lui a emboîté le pas, de loin...
— Tant mieux, dit-elle avec un bref soupir rassuré.
...

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