Les colères d Hippocrate
157 pages
Français

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Description

De Honfleur à Hong Kong, ce thriller rend hommage au monde médical. Il nous invite à nous rendre compte que si certains hommes ne changent pas en bien dans de trop nombreux domaines, d’autres conservent néanmoins toutes leurs capacités d’ingéniosité, d’émerveillement ou d’admiration. La permanence de la marche du monde et des progrès qui nous oblige à être de notre temps nous propose avec l’espoir de la guérison, une forme d’enchantement du réel nous préservant de l’envie de disparaître, quand bien même la certitude du doute accompagne chacune de nos pensées.
Ce roman a été écrit face aux violences morales et physiques qu’entraîne « La Maladie » comme aux injustices de toutes nature : celles ayant pu être rencontrées par son auteur, comme celles ayant pu être vécues par ses lecteurs. (En 2018, 4,3 millions de héros anonymes en activité interviennent quotidiennement auprès de leurs proches âgés en perte d’autonomie.)
Portez-vous bien et aimez-vous d’avantage encore !

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 05 mars 2019
Nombre de lectures 3
EAN13 9782312065151
Langue Français

Extrait

Les colères d’Hippocrate
Hilaire de l’Orne
Les colères d’Hippocrate
LES ÉDITIONS DU NET
126, rue du Landy 93400 St Ouen
Du même auteur :
Aux éditions du Net
L’Exilé volontaire tome I, « Convictions et Circonstances. »
L’Exilé volontaire tome II, « Les Fiancées du Ministre. »
L’Exilé volontaire tome III, « La résurrection du Réel. »
Les Baladines Malgaches.
Les Colères d’Hippocrate.
Nota :
Toutes les valeurs exprimées en chiffres dans ce livre sont des valeurs réelles, vérifiées et vérifiables.
© Les Éditions du Net, 2019
ISBN : 978-2-312-06515-1
Avertissement
Ce roman est une œuvre d’imagination, qui ne saurait être considérée comme une source d’informations infaillibles. Tous les lieux décrits dans cet ouvrage sont réels, certaines situations et événements le sont aussi. Les personnages choisis dans cette intrigue demeurent néanmoins en grande majorité fictifs. Toute ressemblance avec des personnes réelles, existantes, ou ayant existé, ne serait bien sûr que pure coïncidence.
H. De L’O.
Remerciements
Ce livre a été rédigé en hommage et en remerciement aux nombreux hommes et femmes du milieu médical, ayant à de multiples reprises sauvé ma vie. Il me semble naturel, mais malheureusement trop peu courant de remercier cette profession qui par passion, dévouement, ou vocation, sauve dans la plus grande abnégation chaque jour des dizaines de milliers de vies. Encore MERCI à vous !
À ma petite grenouille, sans qui je n’aurais jamais osé écrire une seule ligne de la trilogie de « l’Exilé volontaire », ni de ce livre : « Les Colères d’Hippocrate ».
Préface
La bête est rapide, silencieuse, instinctive. Elle esquive les traitements, les remèdes, elle connaît au sein de nos corps des lieux secrets où elle se nourrit de nos chairs comme de nos forces, nous entraînant inéluctablement vers la mort. Ce combat inégal renforce pourtant l’opiniâtreté des scientifiques du corps médical dont l’admirable espoir de découvrir la molécule fatale à la maladie n’est jamais entamé. Dans le pré où s’ébroue l’humanité, les mauvaises herbes sont légion tant parmi les végétaux que parmi les hommes. Mais en dépit de cela, les soignants conservent la même combativité, la même détermination à vaincre les maladies qui nous tuent.
Chapitre 1
– Ah ! Si tout ça pouvait être réel, comme ce serait beau. Je me sens conquérant, invulnérable.
– Pardon ?
– Ma vie pourrait devenir encore plus authentique au fur et à mesure que je la raconterais.
– Qu’est-ce que vous faites ?
– J’ai choisi d’écrire, avant que le poids de ce que je ne dis pas m’ait étouffé.
Les soins quotidiens dispensés avec la tendresse du personnel soulageaient les résidents ayant perdu dans les rapports humains tout réflexe de prédateur grâce à la chimie. On espérait ainsi les éloigner de la menace de ne jamais retrouver une existence authentique.
– Mon état de confusion est tel parfois, que face à un miroir, je me demande de nous deux qui dévisage l’autre. Est-ce moi qui regarde ce visage avec défiance, ou est-ce ce visage qui me regarde ? Sans pour autant avoir envie d’être pris pour l’autre.
– Vous devriez vous reposer, je repasserai tout à l’heure.
La surveillante s’éloigna dans le dédale de couloirs fléchés aux couleurs d’une pathologie. L’heure était aux politiques hygiénistes et sécuritaires. La folie avait elle aussi au cours de ce nouveau siècle subit un glissement sémantique en adéquation avec les troubles psychiques devant être rééduqués pour satisfaire le nouvel ordre social.
La société de notre monde moderne avait engendré un nœud conflictuel entre les individus qui réussissaient et ceux hantés par le déclassement, l’échec suivi de l’abandon et de la déchéance.
La révolte qui s’en suivait, chez les victimes des communautés défavorisées, devait être contenue par des soignants ayant pour consigne de faire appel à la médecine psychiatrique, mais également à la neurologie.
La sphère publique des gens « normaux » s’estimait menacée en permanence sans ouvertement l’avouer, par les individus asociaux qu’elle avait elle-même fait naître. Elle usait et abusait de cellules de soutien psychologique, aptes à répandre la bonne parole et la philosophie de la dictature du progrès. Chaque partie s’estimait profondément meurtrie et en droit de réclamer réparation à l’autre.
La clinique du docteur Éric Angelman était érigée sur le plan d’une fleur à six pétales de couleurs différentes. Ainsi les pensionnaires victimes d’une même pathologie pouvaient évoluer dans un monde qui leur était familier. À leur poignet, un bracelet magnétique géolocalisable de couleur identique à celui des locaux leur étant affectés, évitait qu’ils se perdent.
La couleur rouge accueillait des schizophrènes. Les patients atteints de troubles bipolaires, dits psychoses maniacodépressives paranoïaques, étaient logés dans l’aile jaune. La couleur verte était attribuée aux cas des dépressions profondes. Le bleu, désignait ceux atteints de troubles de la personnalité limites, dits borderline et enfin, le violet pour les troubles obsessionnels compulsifs.
La couleur blanche désignait les locaux collectifs et hospitaliers réservés au personnel médical. Le staff était constitué lui, de médecins spécialistes dans chacune de ces disciplines, assistés d’internes en fin d’études ainsi que d’infirmiers. Au total une cinquantaine de soignants opéraient un service de renommée internationale.
Irène, l’administratrice directement placée sous les ordres du docteur Angelman, régnait en maître sur cette ruche. Elle avait après son doctorat souhaité diriger un établissement comme celui-ci, où il était possible de s’affranchir du carcan des directives de la santé publique. Bien que sous contrat avec le ministère de la santé, ils pouvaient mettre en œuvre des protocoles expérimentaux à l’écart des publications scientifiques.
Ce nouveau type de gouvernance liée à une économie marchande et primant sur les soins psychiques, visait à transformer l’hôpital en entreprise ayant reçu l’injonction gouvernementale de contenir les malades mentaux pour maintenir la « paix sociale ». En contrepartie, on ne leur reprochait pas de dépasser le nombre statistique de décès enregistrés au cours de traitements expérimentaux.
Irène gravit l’escalier menant aux locaux administratifs ainsi qu’à ceux de la direction dans lesquels se tenait une conférence regroupant les chefs de service et le personnel soignant. Cette femme de tête, au féminisme assumé et aux yeux d’un profond bleu turquoise, évoluait à la fois dans les registres de la séduction, du mystère et de la rancune si l’on avait l’audace de deviner son caractère entier. Elle tenait à son personnage, préférant être redoutée pour ce qu’elle était, plutôt qu’aimée pour ce qu’elle n’était pas.
Un audit concernant le taux de réussite des nouveaux protocoles nécessitant sa présence devait se tenir peu après. En passant devant la salle de réunion elle entendit s’exprimer avec passion le doyen des médecins :
« … L’accès à Internet provoque une déspécialisation de la psychiatrie et sous couvert de modernité, elle s’installe dans un modèle managérial. Que devient alors le facteur humain dans notre relation avec nos patients ? Nos rapports avec leur inconscient, leurs désirs, leur souffrance psychique ? Les soignants que nous sommes doivent-ils se reconvertir en gestionnaires au service des laboratoires et devenir les garants des nouvelles normes exigées par cette société “moderniste” ? »
Elle espérait qu’on ne la questionnerait pas sur ce sujet au moment du débriefing, ni du déjeuner. Pressant le pas, elle frappa et entra sans attendre de réponse dans le bureau d’Éric Angelman.
– Irène, comment vas ? Et comment se porte ton petit protégé, l’énigmatique « Sphinx » ? Ah, avant que j’oublie, réserve ta soirée. Betty tient à ce que tu partages notre dîner ce soir, c’est la sortie de son premier livre en librairie, j’es

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