Les enquêtes de l Inspecteur Mic - L intégrale
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Les enquêtes de l'Inspecteur Mic - L'intégrale , livre ebook

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Description


L'INTÉGRALE :



L'alibi :


L’inspecteur MICANEL alias l’inspecteur MIC, jeune policier parisien talentueux, est chargé d’enquêter sur l’assassinat d’un vieil homme riche retrouvé étranglé au matin dans sa chambre.


Les premières constatations font état d’un meurtre crapuleux. Pour autant, l’inspecteur MIC ne peut se départir d’une intuition qui lui souffle que la scène de crime a été maquillée.


S’il ne s’agit pas d’un vol par opportunité qui a mal tourné, le seul suspect à qui bénéficierait la disparition du notable est son neveu.


Mais celui-ci a un alibi parfait... trop ??




La parure d'émeraudes :


Lapaume dit « Le beau blond » s’est évadé de la prison dans laquelle l’avait jeté l’inspecteur MIC.


Désireux de se refaire, il voit dans la réception donnée par une starlette, l’occasion de mettre la main sur une splendide parure d’émeraudes que vient de lui offrir un milliardaire américain.


Mais il va également pouvoir se venger de son pire ennemi, l’inspecteur MIC...




Un échec :


La compagne et modèle d’un peintre est retrouvée poignardée dans son atelier.


Les premières constatations écartent l’hypothèse du suicide, mais celle du meurtre se heurte à plusieurs impossibilités.


Le verrou du logement était tiré de l’intérieur ; l’accès par quelque autre point d’entrée est impossible ; la jeune femme était vivante avant que l’artiste descende à la pharmacie lui chercher son traitement, trajet qui lui a pris moins d’un quart d’heure ; ces deux dernières allégations sont corroborées par un témoin à la moralité indiscutable puisqu’il s’agit du voisin du couple, le célèbre inspecteur MIC...




Le 7 février :


Jean de Sailly, un rentier bambochard, est retrouvé mort, le crâne défoncé, dans son lit, un dimanche matin.


La veille, il avait touché 120 000 francs chez son notaire pour la vente d’un bien.


Le crime crapuleux ne fait aucun doute et si l’inspecteur MIC envisage plusieurs pistes, c’est celle du majordome récemment licencié qu’il privilégie, avec raison, puisque l’homme, une fois arrêté, avoue son forfait.


Mais le coupable est-il un meurtrier pour autant ?




La rencontre :


Robert de Vardes rencontre une charmante jeune femme dans le train le menant à Monte-Carlo.


Le voyage est propice à un certain rapprochement qui n’est pas pour déplaire à Robert.


Mais sa partenaire n’est pas ce qu’elle semble être...


Ceci dit, Robert de Vardes, non plus !...




Le panneau volé :


L’inspecteur MIC est chargé de l’enquête sur le cambriolage d’une boutique d’antiquaire.


L’endroit regorge d’objets de valeur, pourtant, seul le panneau d’un triptyque d’un peintre hollandais a été dérobé.


Le policier est surpris que le voleur se soit contenté d’un unique tableau, qui plus est, pas le plus cher ni le plus pratique à transporter hors de l’échoppe.


S’il est de coutume de chercher à qui profite le crime pour découvrir le coupable, dans cette affaire, celui à qui le larcin bénéficie est également celui qui se retrouve lésé...




Le complice :


N’est-il pas drame plus classique que celui d’un homme se suicidant d’une balle dans la tête par dépit amoureux ? Que celui-ci soit bien plus âgé que la belle qu’il chérit et qu’il soit multimillionnaire quand son rival est jeune et désargenté n’y change rien !


Mais, dans un tel cas, si la police ne retrouve pas l’arme, le suicide se transforme immédiatement en homicide.


Et s’il faut chercher à qui le crime profite, le pauvre « fiancé » de la femme convoitée devient vite suspecté et tout aussi rapidement accusé, même s’il se défend du meurtre.


Heureusement pour les deux amants, l’inspecteur MIC est toujours prêt à résoudre les mystères impénétrables, même quand il est en vacances...

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 10
EAN13 9791070036228
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0015€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

AU LECTEUR


Des divers récits qui suivent, quelques-uns ont été rédigés à l’aide des notes et dossiers que m’a confiés l’inspecteur Mic (1) ; d’autres m’ont été directement racontés par lui, et furent transcrits par moi aussi exactement que possible. Réunis tels quels, ils constituent pour ainsi dire les mémoires du célèbre policier, dont je ne fus, en l’occurrence, que le fidèle secrétaire et le confident.
Alfred MORTIER.


(1) Son nom véritable était Micanel, mais dès le collège, ses camarades l’appelaient déjà Mic, et cette abréviation familière a persisté durant toute sa carrière. [Retour]
L'INTÉGRALE

1 - L'alibi
2 - La parure d'émeraude
3 - Un échec
4 - Le 7 février
5 - La rencontre
6 - Le panneau volé
7 - Le complice

Par
Alfred MORTIER
L'ALIBI

I

L'une des voies les plus calmes, les plus retirées de Paris est assurément l'avenue Raphaël. Située en bordure du parc de la Muette, entre la chaussée du même nom et le boulevard Suchet, c'est comme une oasis d'ombre et de silence, où ne passent que les rares automobiles des riches riverains. Car cette courte avenue, plantée d'arbres épais, est bordée sur un seul côté presque uniquement d'hôtels particuliers, dont quelques-uns aussi somptueux que des palais princiers.
Dans la journée, l'avenue Raphaël retentit un peu du bruit des cris d'enfants, auxquels un morceau de la chaussée voisine a été réservé pour leurs jeux, et qui leur sert de patinoire et de vélodrome ; mais dès le crépuscule tout se tait, et l'on n'y entend plus que la rumeur assourdie de Passy, venant du carrefour de l'avenue Mozart.
Bâti entre cour et jardin dans le style Renaissance si fort à la mode à la fin du siècle dernier, l'un de ces beaux hôtels appartenait à M. Émile Martin, industriel retiré des affaires, possesseur d'une fortune évaluée à une dizaine de millions.
Le 3 mars 193... vers dix heures du matin, l'inspecteur principal Mic, de la Police Judiciaire, fut avisé par son chef, le commissaire divisionnaire de la brigade spéciale, qu'un meurtre venait d'être commis au n° 18 bis de l'avenue Raphaël, et invité à se rendre d'urgence sur les lieux du crime, ce qu'il fit aussitôt. En arrivant, il y trouva le commissaire de police de la Muette, qui le mit au courant de ses premières constatations.
M. Émile Martin, âgé de soixante-six ans, avait été trouvé assassiné dans son lit une demi-heure auparavant. Son valet de chambre avait frappé à sa porte à huit heures trente, comme d'habitude.
N'entendant rien, il avait cru son maître encore endormi, et il s'était retiré sans bruit. Vers neuf heures et demie, il était revenu ; mais cette fois, ne recevant toujours pas de réponse bien qu'il eût heurté vigoureusement à plusieurs reprises, il était entré dans la chambre et avait découvert le vieil homme couché en travers de son lit, en chemise de nuit, la face rouge et convulsée, mort d'asphyxie par strangulation. La victime avait dû être surprise pendant son sommeil, car le commissaire n'avait pas trouvé trace de lutte. Toutefois la chambre présentait le plus grand désordre.
En attendant l'arrivée du substitut du procureur de la République, du juge d'instruction ainsi que du médecin légiste et du service d'identité judiciaire, Mic et le commissaire complétèrent leurs informations en interrogeant sommairement, suivant l'usage, les domestiques, à savoir le valet de chambre, la cuisinière et le chauffeur. Aucun d'eux n'avait vu ni entendu quoi que ce fût, ce qui n'avait rien de surprenant, car deux d'entre eux logeaient sous les combles, et le chauffeur occupait une chambre au-dessus du garage, au fond de la cour. Sur question, le valet déclara que son maître vivait fort retiré, ne recevait pour ainsi dire personne et menait un train de vie assez simple, ne dépensant certainement qu'une faible partie de ses considérables revenus.
Mic se fit ensuite conduire dans la chambre du crime. Là, sans toucher à rien, car il fallait attendre l'arrivée des autorités, du médecin légiste et du photographe, l'inspecteur demeura sur le seuil, se bornant, à examiner l'ensemble des lieux. Effectivement tout y était sens dessus dessous, car le malfaiteur avait forcé et fouillé tous les meubles, et même éventré un fauteuil. Devant un secrétaire, dont la serrure avait été brisée, gisaient à terre de nombreux papiers. On pouvait même apercevoir deux billets de cent francs que, dans sa hâte, l'assassin avait omis ou laissé tomber par mégarde. Mic se tourna vers le valet de chambre qui les avait suivis, un nommé Joseph Herpin, homme d'une cinquantaine d'années, depuis fort longtemps au service de la victime, et lui demanda si son maître avait l'habitude d'enfermer des sommes importantes dans ce secrétaire : « M. Martin a parfois ouvert ce meuble en ma présence, car il avait pleine confiance en moi ; il y maintenait en général quelques milliers de francs, de quoi faire face aux besoins ordinaires de la maison durant deux ou trois semaines ; pour ce qui est des factures conséquentes, M. Martin ne les payait que par chèques. »
Mic et le commissaire descendirent dans le jardin en échangeant leurs réflexions.
— L'affaire, dit Mic, se présente avec les apparences d'un crime crapuleux, ayant eu le vol pour mobile. C'est très net, c'est même évident... Et pourtant, je n'ai pas l'impression d'un travail de professionnel ni de la basse pègre.
— Ah ! je vous reconnais bien là, Mic ! dit en souriant le commissaire, son ancien collègue à la P. J. Vous allez toujours chercher midi à quatorze heures.
« Nous verrons ce qu'en penseront ces messieurs.
« Ces messieurs » n'arrivant toujours pas, Mic suivi du commissaire inspecta le jardin, et sa clôture. Ni la serrure du portail ni la grille ne présentaient de marques d'effraction ou d'escalade ; mais à l'angle du mur mitoyen garni de lierre, le feuillage était fripé, le chaperon légèrement effrité, et, en bas, la mince bordure de gazon avait été piétinée.
— C'est par là que le gaillard a passé, déclara le commissaire.
Et tout à coup, se baissant vivement, derrière un massif de buis, il ramassa un objet qu'il tendit à Mic :
— Voyez ! il a même, en sautant, laissé tomber sa casquette, et l'obscurité l'a empêché de la retrouver !
Et il lui tendit une vieille casquette crasseuse que l'inspecteur tourna et retourna d'un air songeur.
Les deux hommes rentrèrent dans la maison, et, durant que le commissaire rédigeait un rapport sommaire dans la bibliothèque du rez-de-chaussée, Mic fit subir un nouvel interrogatoire aux domestiques. Tous trois, depuis des années dans la maison, n'étaient guère soupçonnables, fut-ce même de complicité, mais ils pouvaient avoir commis une imprudence involontaire ; Mic, les ayant réunis dans la salle à manger, leur demanda si, en bavardant au café ou ailleurs avec des camarades, des voisins, ils n'avaient point par mégarde, devant un étranger, donné quelque indication sur la fortune ou sur les habitudes de leur maître. Il souligna l'importance d'une parole indiscrète, suffisant parfois à aiguiller un malfaiteur sur un coup à faire.
Ceux-ci protestèrent avec énergie : « ils sortaient peu, passaient leurs jours de congé en famille ou avec des intimes, et ne parlaient jamais des affaires de leur malheureux patron ».
— Passons à autre chose, dit Mic. Combien y a-t-il de clefs de la porte d'entrée de l'hôtel, et qui les détient ?
— Il y a trois clefs, dit Joseph le valet de chambre ; l'une appartenait à M. Émile Martin, comme de juste, et on la trouvera dans ses habits ou dans un tiroir, l'autre était détenue par Augustine, qui sort chaque jour pour le marché et les emplettes, la troisième servait au chauffeur et à moi, et nous nous la prêtions mutuellement, surtout quand l'un de nous sortait le soir.
— Tu en oublies une, dit Henri Modot, le chauffeur ; la clef de Monsieur Pierre.
— Ah ! c'est vrai, dit Joseph.
— Monsieur Pierre... ? demanda Mic.
— C'est le neveu de notre pauvre monsieur, dit la cuisinière. Même qu'il est à Cannes en ce moment. Faudra même ce tantôt lui envoyer une dépêche. Il sera sûrement là demain. Ça va lui porter un coup, parce qu'il aimait beaucoup son oncle, qui l'avait recueilli et élevé comme un fils, vu qu'il n'avait pas d'enfant, et que M. Pierre, de son côté, est orphelin depuis l'âge de onze ans.
— N'empêche, commenta le chauffeur, que Monsieur Pierre va hériter d'une belle fortune.
— L'argent n'est pas tout, riposta la cuisinière ; ça lui fera tout de même un gros chagrin, surtout de le voir péri comme ça, avant l'heure ; car not' pauv' Monsieur n'était point malade, il se portait comme un charme ! Tout vieux qu'il était, il avait encore au moins vingt ans devant lui.
— Ça, c'est bien vrai, approuva Joseph. Monsieur m'a dit un jour qu'on vivait très vieux dans sa famille, que son père était mort à quatre-vingt-neuf ans et son grand-père pas loin du centenaire.
Mic congédia le chauffeur et la cuisinière ; puis resté seul avec Joseph, il lui demanda d'autres détails. M. Émile Martin n'avait-il pas de liaison féminine ? À soixante-six ans, un homme vigoureux ne désarme pas encore. Joseph se récria, il n'avait jamais entendu ni vu quoi que ce fût dans cet ordre d'idées.
— Voyageait-il ?
— Avant de se retirer, M. Émile Martin avait fait divers voyages en Russie soviétique pour de grosses commandes industrielles.
— Travaillait-il encore ?
— Oui. Le défunt était un ingénieur de premier ordre. Pour son plaisir, même après sa retraite des affaires, il avait fait installer dans les combles, un laboratoire, où il se livrait à toutes sortes d'expériences, paraît-il, très intéressantes, sur un moteur silencieux pour avions.
L'inspecteur nota ces renseignements dans sa mémoire.
À ce moment, par la fenêtre, il aperçut trois taxis qui s'arrêtaient devant la grille. Il en vit descendre le substitut, le juge d'instruction, le commissaire divisionnaire, le docteur P., le renommé médecin légiste, et les employés du service d'identité avec leurs volumineux appareils. Le groupe pénétra dans le vestibule, et monta au premier étage sous la conduite du commissaire de la Muette, qui, chemin faisant, mettait rapidement « ces messieurs » au courant. Mic les rejoignit discrètement, et les opérations usuelles commencèrent. Les mêmes constatations reprirent. Elles durèrent, avec les interrogatoires, les vérifications complémentaires, prises d'empreintes, plan des lieux, l'examen sommaire de la victime par le médecin, et la visite minutieuse de toutes les chambres, près de quatre heures ; l'impression du juge, du parquet, et de la police fut unanime : tout indiquait un crime crapuleux, commis par un malfaiteur qui avait escaladé le mur, ouvert avec une fausse clef la porte du vestibule et, son crime commis, était reparti par le même chemin.
Consulté par ses chefs, Mic, ne pouvant fonder ses doutes que sur une impression vague, préféra s'incliner, se taire, et il se réserva de poursuivre l'enquête de son côté.
II

L'inspecteur principal touchait à la quarantaine ; c'était un homme de taille moyenne, mince, mais robuste, à la physionomie nette et décidée, au regard direct ; il était vêtu avec une certaine recherche et donnait l'impression d'un officier en civil. Ayant fait de bonnes études, il avait pris sa licence en droit ; puis, demeuré orphelin sans ressources, à vingt-deux ans il était entré dans la police grâce à l'appui d'un oncle, chef de bureau au ministère de la Justice. Ce métier l'avait d'ailleurs bientôt passionné, et il n'eût pas changé de carrière pour tout l'or du monde.
Esprit fin, logique et cultivé, assez artiste (il peignait à ses heures de loisir) il envisageait son métier à la fois comme une science et comme un art ; scientifique par la rigueur de la méthode, imaginatif par l'indispensable intuition. Ces deux éléments lui semblaient complémentaires, et donnaient à son activité professionnelle la souplesse qu'exige la solution d'énigmes parfois difficiles. Très sensible à ce qu'il appelait la physionomie d'une affaire criminelle, il accordait à cet élément une place importante dans ses déductions. Aussi ses collègues, plus attachés aux faits matériels, raillaient-ils parfois légèrement cette tendance, ainsi qu'on l'a vu tout à l'heure. Il n'en restait pas moins que Mic était considéré par eux comme un « as » et qu'il avait bénéficié d'un avancement mérité par plusieurs succès marquants.
Lorsqu'un problème un peu compliqué hantait sa cervelle, le policier avait l'habitude de le laisser macérer tout seul au fond de ses méninges, et de s'occuper d'autre chose. Pour se distraire de l'affaire Martin, il alla faire un tour au quai des Orfèvres, bavarda avec les camarades, puis ressortit, fuma quelques cigarettes le long de la Seine en feuilletant dans les boîtes des bouquinistes, et finalement à la tombée du jour, se rendit dans un petit café situé au coin de la rue Dauphine, de l'autre côté du Pont-Neuf.
Là, il entama une partie d'échecs avec un commissaire retraité, vieil habitué qu'il savait devoir y trouver vers six heures du soir. Après un échange de gambits plus ou moins scabreux, son adversaire s'en fut dîner ; Mic dévora deux sandwiches, et, tout au fond du petit café il se mit à réfléchir à l'affaire de l'avenue Raphaël.
Comme suite aux constatations officielles, Mic avait mobilisé deux inspecteurs, chargés, l'un d'enquêter si possible sur la provenance de la casquette trouvée dans le jardin, l'autre de visiter les cafés ou bars de la Chaussée de la Muette, et des rues voisines, pour le cas où les tenanciers auraient dans la soirée du 2 mars aperçu quelque individu suspect coiffé de ladite casquette, soit parmi leurs consommateurs, soit sur la chaussée, aux heures tardives de la fermeture.
L'inspecteur ne se faisait du reste guère illusion sur le résultat de cette recherche, étant donné que la casquette était pareille à des milliers d'autres, et que par ailleurs on ne possédait même pas le plus vague signalement de l'assassin.
C'est dans la méditation qu'il espérait trouver un point de départ, au fond du petit café de la rue Dauphine, à présent tout à fait désert.
Au bout d'une heure de réflexion il avait construit plusieurs hypothèses, qui n'avaient qu'un inconvénient – il le savait du reste parfaitement – celui de ne correspondre à aucune présomption. Mais Mic aimait les constructions chimériques lorsqu'elles se tenaient bien. Partant de cette impression que ce meurtre n'émanait pas d'un malfaiteur professionnel, et présentait d'étranges symptômes, surtout dans le désordre vraiment excessif, exagéré de la chambre du crime, il se demanda si tout cela n'était pas un habile camouflage destiné à aiguiller la justice sur une voie de garage. Ce fauteuil éventré pour y chercher les liasses de titres lui parut une fausse note. À la campagne, chez un paysan, cela eût paru naturel ; chez l'industriel Martin, possesseur d'une fortune en banque, c'était absurde. En conséquence, qui sait si le forcement du secrétaire et jusqu'aux billets de banque semés à terre peut-être à dessein, les traces trop visibles de l'escalade, et cette invraisemblable casquette trouvée juste à point sous un buisson n'étaient pas une adroite mise en scène ?
Délaissant ces apparences trop évidentes, le policier se demanda si M. Émile Martin, n'appartenait pas à quelque société secrète qui l'avait exécuté, cas dont il existe des exemples. Et ces voyages en Russie soviétique ne cacheraient-ils pas autre chose ? Peut-être détenait-il des documents politiques ? Ou encore en ses travaux de laboratoire n'aurait-il point découvert quelque procédé de nature à intéresser une puissance étrangère ? Les informations du valet de chambre légitimaient en quelque sorte ces hypothèses. D'autre part l'on pouvait supposer une vengeance ; la vie privée des plus paisibles bourgeois recèle parfois des drames ignorés, passionnels ou autres. En affaires, un homme qui réalise une grosse fortune sème plus d'une rancune dangereuse sur sa route. Tout cela méritait vérification, et une enquête serrée s'imposait sur l'existence intime de la victime.
Enfin, une dernière hypothèse, assez singulière, méritait également d'être envisagée ; mais il était tard ; Mic se sentait fatigué de sa journée et il en remit l'examen au lendemain.
III

Les journaux du 4 mars parurent avec des manchettes énormes mentionnant le crime de l'avenue Raphaël. Il n'y avait à ce moment ni crise ministérielle ni scandale financier, de sorte que l'affaire fit sensation. Toutefois le public dut se contenter des maigres renseignements réunis par la Justice ; aussi la presse s'en donna-t-elle à cœur joie sur les « à-côtés » de l'affaire.
On publia la photographie de l'hôtel, celle de la casquette et celle de Joseph Herpin, le valet de chambre qui avait découvert le cadavre ; on précisa que les recherches étaient confiées au renommé détective Mic, qu'elles ne pouvaient être en meilleures mains, et qu'en conséquence il fallait s'attendre à ce que le coupable fût bientôt découvert, car ledit détective suivait, paraît-il, une piste des plus sérieuses. Cette lecture fit faire la grimace à Mic, car il détestait la publicité et de plus estima fort dangereux pour sa réputation qu'on donnât ainsi, sans son assentiment, au public des espérances que rien ne justifiait.
D'assez méchante humeur, il se rendit à la police judiciaire. Il y trouva les deux inspecteurs qu'il avait chargés de l'aider, et apprit d'eux sans étonnement que leur enquête concernant la casquette et les cafés du quartier n'avait exactement rien fourni. Il leur donna alors de nouvelles instructions touchant la vie privée, le passé et l'activité de M. Émile Martin, ses tenants et aboutissants, en leur recommandant de faire diligence ; vu l'importance que cette affaire prenait aux yeux de la presse et de l'opinion publique, il fallait absolument être fixé sur sa physionomie définitive, bien que le parquet et le juge eussent déjà leur opinion arrêtée.
Vers midi il prit un taxi et se fit conduire avenue Raphaël. Des badauds stationnaient devant la grille, que gardait un planton. Mic voulait revoir tout seul, et minutieusement, la chambre du crime, et poser quelques nouvelles questions au personnel de la maison. La visite de la chambre ne donna lieu à aucune observation particulière. En redescendant dans le vestibule, il aperçut, près de la porte, pendue à un clou, au mur, une grosse clef, et s'informa : « Celle de la grille » lui répondit Augustine : « Elle est toujours pendue là, ajouta-t-elle. Le soir on va fermer. Il n'y en a qu'une. Celui de nous qui sort la nuit l'emporte et la repend au clou en rentrant. Si c'est l'un des maîtres qui sort, Joseph, ces soirs-là, est de garde ; il attend ces messieurs, et va ouvrir la grille à la voiture. »
À ce moment un timbre électrique résonna. Augustine alla ouvrir ; sur le perron se tenait un jeune facteur, un télégramme à la main. Mic saisit impérativement le pli bleu, l'ouvrit et lut :

« Cannes 4 – 9 – 20
Arriverai ce soir 22 heures 40. Envoyez chauffeur gare. Prenez immédiatement disposition pour obsèques. Pierre. »

Les chiffres indiquaient que ce télégramme avait été expédié le même jour 4 mars à 9 heures du matin. C'était la réponse au télégramme expédié la veille au soir par le chauffeur Henri Modot à M. Pierre Martin, le neveu de la victime. Mic en donna connaissance aux serviteurs.
— Quant aux obsèques, elles ne pourront avoir lieu avant quarante-huit heures, après l'autopsie et l'expertise médicale complète. Vous avez donc le temps nécessaire.
Sur ces mots il quitta la maison, alla déjeuner dans son restaurant habituel, puis se rendit à son bureau, afin de réfléchir tranquillement avant d'aller voir le juge d'instruction, qui l'avait convoqué.
C'est alors qu'il songea à la dernière hypothèse qu'il avait laissée la veille en suspens ; si invraisemblable qu'elle fût, il ne voulait pas la rejeter sans l'avoir examinée. Puisqu'on avait constaté que la porte d'entrée du vestibule avait été, non point forcée, mais ouverte avec une clef – fausse ou vraie – si l'on écartait la complicité des domestiques, il fallait se rappeler que Pierre Martin, le neveu de la victime possédait l'une des quatre clefs authentiques ; d'autre part, il avait pu, à l'insu de chacun, faire forger une clef de la grille du jardin, car la bonne clef était à la disposition de tous continuellement pendue à son clou, au mur du vestibule, ou Mic l'avait remarquée. En somme, c'est au neveu que profitait la mort de l'oncle ; il savait que cet oncle avait encore de longues années à vivre, et il lui avait paru sans doute interminable d'attendre aussi longtemps. Il ne s'agissait plus de s'approprier une dizaine de mille francs déposés dans le secrétaire, mais une dizaine de millions déposés dans les caves de la Banque de France.
— Comme tout cela s'arrangerait bien ! songeait complaisamment Mic. Qu'il serait intéressant de savoir si l'oncle Martin était avare ou large de ses écus ; s'il tenait ou non la bride serrée à son neveu ; celui-ci vivait-il de ses subsides ou bien gagnait-il de l'argent ? Quelle existence menait-il ? Régulière ou dispendieuse ? Jouait-il ? Avait-il une maîtresse de luxe ?
Soit ! Mais en admettant même ces éléments moraux, ou plutôt immoraux, il ne fallait pas oublier, en faveur de Pierre, la profonde affection qu'il témoignait à son oncle, auquel il devait tout. Comment supposer possible un forfait aussi monstrueux, une si noire ingratitude ? Toutefois sur ce point, le policier n'avait guère d'illusions. Familier du crime, il avait exploré les souterrains putrides de l'âme humaine. Et il se souvenait aussi d'avoir lu, dans la collection des procès célèbres, l'histoire d'Anastay, ce sous-lieutenant qui, criblé de dettes, avait assassiné sa bienfaitrice pour lui voler quelques billets de banque.
Soudain Mic se donna un petit soufflet, comme pour se punir de laisser ainsi vagabonder son imagination. En effet, un obstacle majeur, irréductible, s'opposait à sa construction : Pierre ne pouvait pas être l'assassin, puisque la veille, jour du meurtre, il était encore à Cannes, ainsi qu'en faisait foi son télégramme. Mais ce télégramme n'avait-il pas été expédié par un complice ? Voilà un alibi qui exigeait d'être examiné plus soigneusement encore que tout le reste. Pourtant, s'il en vérifiait l'exactitude, il allait de soi que son hypothèse tout entière s'écroulait. Il ne pouvait plus être question d'incriminer le jeune homme.
Arrivé à ce point de ses réflexions, le policier sentit que le premier état de l'affaire était classé dans son esprit.
Il quitta son bureau pour aller prendre contact avec le juge d'instruction et lui rendre compte de ses démarches, se réservant, bien entendu, de ne pas souffler mot de ses diverses suppositions avant d'avoir fixé les vérifications nécessaires.
Cet entretien le conduisit assez tard. Sans se presser, il alla faire sa partie d'échecs avec son partenaire coutumier, dîna tranquillement, et vers dix heures du soir il prit un taxi et se rendit à la gare de Lyon.
IV
 
À dix heures quarante, le Pullman-Côte d'Azur entra en gare avec une parfaite exactitude. Henri Modot, le chauffeur, et Mic l'attendaient sur le quai. « Voici Monsieur Pierre », dit le chauffeur.
Au même moment un élégant et svelte garçon d'une trentaine d'années, sauta lestement du marchepied en tenant une valise de cuir brun. Le chauffeur ôtant respectueusement sa casquette s'avança, et l'en débarrassa. L'inspecteur, demeuré en arrière, dévisagea l'arrivant avec une âpre curiosité. Grand, bien découplé, visiblement rompu aux exercices sportifs, il avait un visage énergique, aux méplats nets, les lèvres charnues surmontées d'une courte moustache brune, des cheveux haut plantés, un nez droit aux larges narines, des yeux résolus. Après quelques mots brefs au chauffeur qui lui désigna son compagnon, le voyageur leva sur lui un regard surpris, mais direct, où le policier ne put démêler aucun faux-fuyant, aucune appréhension. Le premier abord était, en somme, favorable à l'arrivant.
— Quel drame affreux, Monsieur l'Inspecteur ! dit-il d'une voix émue. Je vous remercie d'être venu. De grâce, donnez-moi des détails. Je suis parti de Cannes ce matin à 10 heures et les journaux ne mentionnaient rien encore. J'ai hâte de savoir...
La voix était franche, sympathique.
— C'est une vilaine affaire, dit Mic.
— Mon pauvre oncle ! lui si bon ! J'ai passé une journée bien douloureuse. Comment l'a-t-on tué ? A-t-il souffert ? que dit le médecin ? A-t-on relevé des traces ? Suivez-vous une piste ? J'espère que la police va mettre tout en œuvre pour découvrir le coupable.
Les questions se pressaient fiévreusement sur ses lèvres. Mic pensait : « Si c'est lui, il est rudement fort. Mais non, ce ne peut-être lui, puisque le voici débarquant du train. Donc il était à Cannes et c'est bien lui qui a envoyé la dépêche. »
Cependant il répondait au jeune homme, le mettait au courant durant qu'ils se dirigeaient vers la sortie, sans néanmoins souffler mot de ses observations personnelles.
— Enfin quelle idée se fait-on du crime ?
— Pour nous, c'est un cambriolage, suivi de meurtre, probablement parce que votre oncle s'est réveillé et a voulu appeler... En somme ce qu'on appelle un crime crapuleux, précisa Mic en observant le voyageur du coin de l'œil.
— Ah ! fit simplement Pierre Martin. C'est bien ce que je pensais.
L'inspecteur, qui espérait une réaction de soulagement, en fut pour ses frais d'observation.
Ils étaient parvenus au portillon de sortie, et Mic, tandis que le voyageur tendait son coupon de wagon-lit, put, d'un coup d'œil agile, se convaincre qu'il portait la mention « Cannes ».
Cette dernière preuve levait tous les doutes.
Ils étaient sortis de la gare, et le chauffeur s'installait au volant.
— Vous nous accompagnez ? dit obligeamment Pierre, en faisant signe à Mic de monter. Je vous déposerai chez vous.
— Non, je vous remercie ; j'ai encore quelques vérifications à faire. À propos, votre oncle ne s'occupait pas de politique ? Il ne faisait partie d'aucune association, publique ou secrète ?
— Je ne crois pas. En tout cas il n'y a jamais fait allusion devant moi. Mon oncle était ce qu'on appelle un bon républicain de nuance modérée. Bien que, en raison de sa grosse situation industrielle en Seine-et-Oise, on lui eût jadis proposé un siège au Sénat, il avait décliné cette offre. Il aimait sa tranquillité. Il avait travaillé d'arrache-pied durant quarante ans, et il n'aspirait plus qu'à se reposer et à jouir paisiblement de sa fortune. La fatalité ne l'a pas voulu. Pourquoi me demandez-vous tout cela ? Est-ce que vous croiriez à des dessous ténébreux, à une vengeance politique ?
— C'est une idée qui m'était venue. Ma méthode consiste à envisager toujours toutes les hypothèses.
— Je crois que vous feriez fausse route.
— Un dernier mot. Pouvez-vous me renseigner sur ses travaux de laboratoire, sur une prétendue invention...
— Ah ! vous savez déjà ? Oui, mon pauvre oncle avait mis au point un nouveau moteur silencieux pour avion. Mais quel rapport... ?
— Encore une idée à moi. Au revoir, monsieur.
— En tout cas, si vous aviez d'autres questions à me poser, je reste à votre disposition, dit le jeune homme en montant dans la voiture.
La limousine s'éloigna. Mic s'apprêtait à prendre l'autobus, lorsqu'une idée lui vint. Il rebroussa chemin, rentra dans la gare et se dirigea vivement vers le Pullman qui était encore à quai, car on en déchargeait les derniers gros bagages. Outre ses dons intuitifs, l'inspecteur devait la plupart de ses succès à son esprit méticuleux, à une conscience que rien ne rebutait ni n'impatientait. Il estimait qu'on ne prend jamais assez de précautions dans la recherche de la vérité. De plus sa conscience morale égalait sa conscience professionnelle : il craignait toujours qu'une indication hasardeuse n'égarât les soupçons sur un innocent, et il eût ressenti un véritable chagrin à désigner un faux coupable à la réprobation publique, sachant qu'il en est d'une suspicion judiciaire comme de la calomnie, dont – suivant la parole célèbre de Basile – « il reste toujours quelque chose. » et parfois même quelque chose d'irréparable.
En arrivant à quai, il aperçut dans le couloir du Pullman-car d'où était descendu Pierre Martin, l'employé préposé aux couchettes. Celui-ci était en train de recueillir les journaux et brochures que les voyageurs abandonnent d'habitude dans les voitures. Mic monta dans le wagon, fit un signe à l'employé et lui montra sa carte d'inspecteur.
— J'ai à vous parler, dit-il. Asseyons-nous cinq minutes dans ce compartiment. Vous venez de Nice, n'est-ce pas ? Bon ! alors, vous rappelez-vous parmi les voyageurs de cette voiture un jeune homme de vingt-cinq à trente ans, brun, grand, costume gris foncé, petite moustache coupée court, teint halé...
— Je me souviens parfaitement ; il occupait justement la place où vous êtes ; c'est un Français ; mes autres voyageurs étaient des étrangers, trois Anglais d'une quarantaine d'années, un Allemand avec sa femme, et une famille sud-américaine. Dites donc, votre homme n'est pas un gangster, au moins ?
— Non, c'est mieux ou pire.
— Je vous dis ça parce qu'il a été très chic. Il m'a donné vingt francs pour le service.
— Vous rappelez-vous où il est monté ?
— À Cannes.
— Vous en êtes certain ?
— Absolument certain, car c'était ma dernière couchette libre, et c'est lui qui l'a eue ; tous les étrangers que je vous ai dits étaient déjà casés.
Mic se leva et s'en fut. Il n'y avait plus à douter. Pierre Martin était bien monté à Cannes. Le policier avait pensé un instant à une fraude possible : le meurtre une fois commis, l'assassin partait en auto, rejoignait le train en cours de route, y montait avec un coupon acheté d'avance à Cannes, et débarquait à Paris devant le chauffeur convoqué par dépêche, afin de servir le cas échéant de témoin. Mais l'attestation du waiter était formelle, et toute la construction de Mic s'écroulait comme un château de cartes devant cet alibi patent, irréfutable.
À moins, pourtant, que le futur héritier n'eût chargé une crapule quelconque d'assassiner son oncle. Mais il rejeta aussitôt cette idée : cela, c'était vraiment trop dangereux, trop imprudent, car alors Pierre fût resté à la merci du bandit, qui l'eût fait chanter toute sa vie durant, sans compter les indiscrétions, les mouchardages, toujours possibles dans le monde de la pègre. Non ! Un homme intelligent ne commet pas une faute pareille. Il opère seul, ou il n'opère pas.
L'inspecteur rentra chez lui assez énervé et dormit mal.
Le lendemain matin, vers neuf heures, il téléphona, avenue Raphaël pour demander si M. Pierre Martin pouvait le recevoir. Celui-ci fit dire qu'il se tenait à sa disposition. Mic s'y rendit aussitôt et trouva le jeune homme achevant son petit déjeuner dans la salle à manger.
L'inspecteur lui demanda s'il avait averti les autres membres de la famille.
— Il n'y en a pas, répondit Pierre. Mon oncle, célibataire, n'avait qu'un frère – feu mon père – veuf de bonne heure, et une sœur, également veuve, sans enfants et morte depuis huit ans.
— Qu'allez-vous faire à présent ? Étiez-vous dans les affaires ? Y resterez-vous ?
— J'étais dans les affaires sans y être. Mon oncle, qui avait possédé une énorme usine métallurgique, avait depuis une dizaine d'années, cédé son exploitation à une société anonyme ; mais il avait conservé un fort paquet d'actions, et j'étais chargé par lui de surveiller la marche de l'affaire.
— En somme un peu une sinécure, dit l'inspecteur avec bonhomie.
— Non pas. J'allais à l'usine, je m'occupais des succursales et magasins de vente à Paris et en province. Mon oncle, grand travailleur, n'eût pas admis qu'un homme de mon âge restât sans emploi, et moi-même je n'eusse pas voulu vivre à ses crochets sans rien faire.
— Il vous donnait des appointements ?
— Quatre mille francs par mois.
— Ce n'était pas mal pour un homme de votre âge, surtout que vous étiez logé et nourri à la villa.
— Ce n'était pas mal en effet, et cela me suffisait.
...

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