Les esclaves blancs
44 pages
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Les esclaves blancs , livre ebook

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Description

Jean Dartois, jeune ingénieur, s’embarque à Marseille sur un cargo faisant route pour la Grande Comore où il est engagé et bien rémunéré par une nouvelle société de mines de cuivre pour trois ans.


Il laisse derrière lui Marie-Anne, sa fiancée, non sans lui promettre de lui écrire régulièrement.


Mais, après plusieurs semaines, Marie-Anne n’a plus de nouvelles de Jean et commence à s’inquiéter.


Elle ne cesse de repenser à un étrange et terrifiant passager croisé sur le pont du bateau avant le départ de son grand amour...

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Informations

Publié par
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EAN13 9791070036921
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0007€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

LES AVENTURES DE FRANCIS BAYARD
alias le « Sphinx »

LES ESCLAVES BLANCS
Récit policier

Jean des MARCHENELLES
I
VERS L'INCONNU !...

De la Joliette au Vieux-Port, flânant, gesticulant, criant, tous les peuples de l'Orient, évocateurs de Nostalgie et de Départs, se retrouvent, amenant avec eux une odeur, un parfum des lointains sols tropicaux.
Persans, Annamites, Chinois, Hindous, Malais, Arabes se mêlent avec insouciance à leurs frères blancs sur les quais et tout au long des rues de Marseille.
Près du ponton conduisant au quai « La Cigogne », cargo des Messageries Maritimes, trempait sa carcasse de vieux bourlingueur d'océans dans une eau noirâtre et huileuse.
Sur le pont-promenade, deux jeunes gens, ignorant la foule bigarrée s'agitant autour d'eux, échangeaient leurs adieux.
Ils parlaient peu, trop émus pour conserver leur loquacité habituelle. La douleur de la séparation prochaine se lisait dans leurs yeux assombris... leurs mains se cherchaient, gauchement, lentement, pour une ultime étreinte.
Lui, était un grand garçon brun, au visage hâlé, au regard droit, loyal, respirant la santé et la jeunesse...
Elle était une toute petite bonne femme blonde, un peu pâle, aux yeux tristes, gracile d'apparence, mais nerveuse de tempérament, courageuse et volontaire...
Le cri sauvage d'une sirène de navire les fit sursauter, les tirant d'une douloureuse rêverie...
— C'est drôle, murmura la jeune fille en regardant son compagnon avec une sorte de détresse, ce n'est pas la première fois que tu me quittes pour de longs mois, mon cher Jean, mais jamais je n'ai ressenti, comme aujourd'hui, avec une telle acuité, ce sentiment affreux d'appréhension, de frayeur maladive qui fait tant souffrir... Jamais je n'ai eu peur, comme aujourd'hui !...
— Allons, allons, Marie-Anne, ne sois pas si impressionnable. Reprends-toi... Je ne t'ai jamais vu dans un tel état.
— C'est que, mon chéri... Je me sens assaillie par un vilain pressentiment. J'ai l'impression que...
À ce moment, un nègre colossal et bourru bouscula les jeunes gens, passant sur l'étroite passerelle menant au pont du paquebot.
Marie-Anne, instinctivement, s'était blottie contre son grand ami...
— Pardonne-moi, Jean... Je ne sais pas ce que j'ai... Je suis tellement nerveuse ce matin.
— Ne songe pas à mon départ, ma chérie. Songe plutôt à mon futur retour... Songe aux jours heureux que nous vivrons alors, tous les deux... Quand je te rapporterai la fortune, avec mon amour intact...
— La fortune n'est rien, Jean, auprès du don que tu m'as fait de ton cœur généreux et fidèle. Tu t'entêtes à vouloir me quitter... Tu veux absolument suivre ton rêve un peu fou, qui te pousse à quitter notre beau pays de France pour partir vers l'inconnu, vers ces rivages lointains dont tu subis le charme et dont je suis jalouse, car ils t'enlèvent à mon amour... Jean, il est temps encore... Quitte cette passerelle qui symbolise le trait d'union entre le passé, ce cher passé qui est le nôtre et que tu veux abandonner, et l'avenir incertain qui t'attend là-bas... Descends vers le quai... Laisse ce navire prendre le départ sans toi, mon chéri, renonce à tes projets ambitieux... Reste... Reste auprès de moi !...
— Marie-Anne, pourquoi me parler ainsi ?... Pourquoi me tenter ? Ce n'est pas bien. J'ai besoin de tout mon courage, tu le sais. Je veux aussi emporter de toi un souvenir réconfortant. Je veux pouvoir me dire, dans les moments difficiles : « Ma pente Marie-Anne a fait preuve de volonté, d'abnégation, je ne dois pas démériter de son esprit de sacrifice... ». Quand je serai là-bas, dans l'île bleue de mes rêves, quand je peinerai dans la mine, ou sous les ardents rayons du soleil, j'évoquerai alors ton cher souvenir. Il faut qu'à ce moment tu m'apparaisses, souriante, courageuse, pour qu'à ton image s'éveille en moi le désir d'atteindre au plus tôt le but que je me suis assigné et qui me permettra de te revoir enfin, plus belle que jamais, et de goûter aussi la récompense de tous mes efforts... Sois ma gardienne, veille sur moi, de loin, comme une madone... J'ai confiance en toi, mon petit... Je reviendrai, n'aie plus peur.
— Là... c'est fini, j'étais folle, répondit la jeune fille en essuyant d'un geste furtif les larmes qui perlaient à ses cils. Va, mon grand. Je penserai à toi, rien qu'à toi. Tu m'écriras dès ton arrivée. Et ensuite, promets-moi de tenir à jour un petit journal où tu pourras relater tous les faits de ta vie de colon et d'explorateur. De mon côté j'agirai de même... Il faut nous quitter, maintenant, le navire, bientôt va lever l'ancre. Je vais descendre à quai. Adieu, Jean ; tu vois, maintenant, je souris... Embrasse-moi... Adieu !...
Une dernière embrassade les réunit.
Puis, brusquement, Marie-Anne se dégagea des bras robustes de son ami et, sans se retourner, prit la fuite vers le vieux port.
Jean vit s'éloigner sa blanche silhouette bientôt confondue dans la foule multicolore.
Il monta sur le pont du navire et se rendit à sa cabine.
Au bas de l'étroit escalier, il se heurta à un autre passager qui transportait deux énormes valises.
Il reconnut le nègre de la passerelle.
II
L'HOMME NOIR ET L'OMBRE BLANCHE
 
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