Les évadés du toit du monde
129 pages
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Les évadés du toit du monde , livre ebook

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Description



Deux prisonniers évadés d’une prison-hôpital du Tibet se réfugient en Inde. Aussitôt, les services chinois, relayés par la pègre indienne, tentent de les enlever pour les rapatrier en Chine.


Alors que de nombreux Tibétains fuient régulièrement leur pays sous domination chinoise, pourquoi les autorités de Pékin tiennent-elles tant à récupérer ces deux-là ? Quels secrets les évadés cachent-ils ? Agrawalbhai, figure de la pègre de Bombay, va-t-il réussir à utiliser la situation au seul bénéfice de ses activités criminelles ?


Après Le Talisman tibétain, Gopika, jeune enseignante au Sikkim, et son ami Tenzin, médecin traditionnel tibétain, se retrouvent à nouveau au cœur de l’action, et ils n’hésitent pas à prendre tous les risques. Leur enquête va entraîner le lecteur des monastères de l’Himalaya aux fêtes déjantées de Bollywood, des plantations de thé de Darjeeling aux bas-fonds de Bombay.

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Informations

Publié par
Nombre de lectures 6
EAN13 9782374534978
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0045€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

Présentation
Deux prisonniers évadés d’une prison-hôpital du Tibet se réfugient en Inde. Aussitôt, les services chinois, relayés par la pègre indienne, tentent de les enlever pour les rapatrier en Chine.
Alors que de nombreux Tibétains fuient régulièrement leur pays sous domination chinoise, pourquoi les autorités de Pékin tiennent-elles tant à récupérer ces deux-là ? Quels secrets les évadés cachent-ils ? Agrawalbhai, figure de la pègre de Bombay, va-t-il réussir à utiliser la situation au seul bénéfice de ses activités criminelles ?
Après Le Talisman tibétain , Gopika, jeune enseignante au Sikkim, et son ami Tenzin, médecin traditionnel tibétain, se retrouvent à nouveau au cœur de l’action, et ils n’hésitent pas à prendre tous les risques. Leur enquête va entraîner le lecteur des monastères de l’Himalaya aux fêtes déjantées de Bollywood, des plantations de thé de Darjeeling aux bas-fonds de Bombay.


***




Bernard Grandjean est l’auteur d'une quinzaine de romans. La plupart de ses livres sont centrés sur l’Asie et l’Himalaya, tel Moi, Das, espion au Tibet , sorti en 2014 aux Editions Tensing.
Ces 15 dernières années, l'auteur a publié chez Kailash Editions les biographies romancées de personnages hors du commun de l'Histoire du Pays des Neiges (le VIe Dalaï lama et la reine Bhrikuti), ainsi que 9 titres de la série des enquêtes de Betty Bloch, bien connue des amoureux du Tibet.
Les évadés du toit du monde
Crimes en Himalaya #2

Bernard Grandjean
38 rue du polar
Quand on fait des manœuvres en douce, un jour le fond du sac se perce ! Proverbe tibétain
Principaux personnages
Gopika Pathak, professeure d’anglais et de hindi à l’école tibétaine de Namdang (Sikkim, Inde).

Tenzin Mingour, médecin tibétain traditionnel à Namdang.

Lobsang Lhakpa, Tibétain, évadé de la prison-hôpital de Phari au Tibet.

Dong Bao, surnommée Norbou, également évadée de la prison-hôpital de Phari.

Shirley (Namgyel) Bhutia, actrice originaire de Namdang, amie de Gopika Pathak.

Anil Roy, acteur célèbre de Bollywood devenu agent artistique, ex-mari de Shirley Bhutia.

Kashi Agrawal, dit Agrawalbhai (Frère Agrawal), dit aussi le Serpent, homme d’affaires et figure de la pègre de Bombay.
CHAPITRE I
Cela faisait onze nuits que l’homme et la jeune femme marchaient. Ils passaient les journées cachés dans des amas de roches ou des abris de bergers, ne se remettant en route qu’une fois la nuit tombée. Plus ils se rapprochaient des cimes blanches, plus ils étaient inquiets. Car ils savaient que bientôt il n’y aurait plus de refuges, plus la moindre végétation : que de la neige et de la glace.

*

La fille, nommée Dong Bao, avait à peine dix-neuf ans et était Han, c’est-à-dire de l’ethnie archi-dominante en Chine. Elle était née au Tibet de parents originaires de la province chinoise de Liaoning. Des immigrants pauvres venus à Lhassa pour ouvrir une boutique, alléchés comme beaucoup par les aides accordées par le gouvernement de Pékin à ceux qui osaient aller tenter leur chance dans le lointain et inquiétant Tibet. Fine et svelte, jolie comme une image de magazine, Dong Bao donnait une fausse impression de fragilité. Elle était en réalité résistante, capable de marcher des heures sans manger ni boire, malgré l’altitude folle.
Son compagnon d’évasion, Lobsang Lhakpa, grand gaillard à larges épaules, au menton carré, au regard vif et au nez en bec d’aigle, avait vingt-cinq ans. Ses cheveux légèrement crantés étaient coiffés en arrière et son sourire était éclatant. Il était Tibétain, d’une famille originaire de la vieille province de Ü, la « province bébé », comme on disait jadis. Mais si elle était petite, la « province bébé » avait l’immense prestige d’avoir pour capitale la ville sainte de Lhassa ; lha-sa , un nom qui ne signifie rien de moins que la « Terre des Dieux ». Les Chinois avaient fait disparaître le nom de Ü des cartes, comme avaient disparu les noms historiques de toutes les autres provinces du Tibet. Mais ils n’avaient pas osé siniser le nom de Lhassa, et les gens continuaient à utiliser entre eux les noms anciens. Même devant les fonctionnaires chinois, Lobsang ne manquait jamais d’affirmer fièrement qu’il était de la province de Ü et, même sur les documents officiels, il faisait suivre son nom, Lobsang Lhakpa, de Lhassa-pa , originaire de Lhassa.
Quand, à l’infirmerie de la prison de Drapchi à Lhassa, on lui avait diagnostiqué une maladie du sang rare et incurable, les médecins avaient annoncé à Lobsang qu’il allait être transféré à un hôpital pénitentiaire de Phari, aux confins du district de Shigatsé. Lobsang voyait clairement dans quel endroit épouvantable on l’expédiait. Célèbre dans tout le Tibet pour son froid intense, la modeste bourgade de Phari est située à 4 500 mètres d’altitude, ce qui en fait l’une des villes les plus hautes du monde. C’est vraiment le dernier endroit où un individu sensé souhaiterait aller se faire soigner, et Lobsang avait osé en faire la remarque.
— Il y a à Phari un laboratoire militaire de biologie qui travaille sur ce que tu as, lui avait répondu le médecin. S’il existe une chance au monde de sauver ta peau, elle est là-bas !

Le centre hospitalier militaire de Phari comportait six bâtiments, dont une unité chirurgicale, des services de médecine générale et de traumatologie, ainsi que des laboratoires. Le bâtiment où Lobsang s’était retrouvé confiné était un peu à l’écart des autres, ceint d’une haute barrière de fils de fer barbelés. L’unique entrée était surmontée d’un panneau portant une inscription en mandarin : Hôpital Pénitentiaire Militaire N o 4 – Section des maladies graves et contagieuses .
Le service ne comptait qu’une douzaine de chambres réparties en deux zones, hommes et femmes, séparées par une porte fermée à clé uniquement la nuit. La pièce contiguë à l’entrée n’était pas un poste de garde – on devait considérer que l’enceinte barbelée suffisait –, mais le local des infirmières. Lobsang avait été surpris de constater à quel point l’endroit ressemblait davantage à un hôpital qu’à une prison, abstraction faite des barbelés qu’on apercevait depuis chaque fenêtre. Ce constat l’avait encore plus inquiété : si la surveillance était à ce point relâchée, c’est que sa vie ne valait pas cher.
À son arrivée, on l’avait d’abord conduit au bâtiment de direction, où le médecin-général directeur du centre de recherches biologiques avait son bureau et son propre cabinet médical. Ce haut personnage avait longuement consulté un épais dossier avant de le faire se déshabiller et de l’examiner, un masque sur le nez. Ensuite, Lobsang avait été mesuré, pesé, radiographié et soumis à des examens cardiaques. Il avait dû également passer des tests d’effort et souffler dans un appareil destiné à calculer sa capacité respiratoire. Enfin, une infirmière lui avait pris du sang, beaucoup de sang.
Rhabillé dans l’uniforme de l’hôpital – un pantalon renforcé aux genoux et une veste à col officier en tissu matelassé vert foncé –, on l’avait ramené dans le bureau du médecin-général.
— Dans sa grande générosité, l’État accepte de te soigner, lui avait déclaré ce dernier, même si les gens comme toi ne le méritent pas. Mais comme tu es atteint d’une maladie rare, tout ce qu’on apprendra pourra aussi aider les citoyens honnêtes. Ici, le régime est souple, mais n’abuse pas de la situation : tu es un patient, mais d’abord un taulard. Respecte les ordres et le règlement, et tout se passera bien. Quant à t’enfuir, n’y songe même pas : il ne faudrait pas dix minutes à nos hélicoptères pour te liquider, ce qui serait une perte pour la recherche !
Le conseil était inutile. Lobsang connaissait un peu la région de Phari, qu’il savait très inhospitalière. Certes, à vol d’oiseau, l’Inde et le Bhoutan n’étaient pas loin, mais le paysage était dénudé, sans ressources, et l’altitude très élevée. En outre, il y avait peu de routes, et l’armée était omniprésente. Toute tentative de fuite serait vouée à l’échec. Pour un homme condamné à mort par la maladie, cette conclusion était encore plus évidente.

Dans les premières semaines, Lobsang avait compté en tout sept patients, deux hommes et cinq femmes, tous jeunes ; un nombre réduit, qui s’expliquait par le caractère rare du mal dont ils souffraient. Puis, rapidement, ce chiffre avait baissé. Les malades qui disparaissaient étaient-ils décédés ? Aucune explication n’était donnée par l’encadrement, et le personnel soignant, composé d’infirmiers militaires, ne répondait à aucune question. Après trois semaines, il ne restait plus que la jeune Dong Bao et lui. Chacun scrutait l’autre avec inquiétude, guettant des symptômes nouveaux annonçant leur fin.
La situation devenait psychologiquement insupportable, d’autant que Lobsang n’avait pratiquement rien appris sur la maladie elle-même, pas même son nom. Il remarqua un jour que l’infirmier qui pratiquait sur lui les prélèvements de sang habituels semblait de très bonne humeur. Son haleine exhalait une odeur de brandy : on avait dû fêter un événement quelconque au bâtiment de direction. Lobsang en profita pour le supplier d’au moins lui dire le nom exact de sa maladie.
— Tu es atteint d’une forme très rare d’infection du sang, répondit-il, dont le nom scientifique ne t’apprendrait rien ! Tu ne serais même pas capable de le retenir !
— Mais… Dong Bao et moi, on ne peut tout de même pas être les deux seuls cas au monde !
— Au monde, non, mais au Tibet, oui !
— Pourtant, quand je suis arrivé, il y avait plusieurs autres malades dans le service ! Ils sont tous morts ?
— Ceux que tu as vus étaient là pour des examens, et en définitive ils ne souffraient pas de la même maladie. C’est pour ça qu’ils ont été transférés.
— Et pourquoi ne nous envoie-t-on pas dans un hôpital mieux équipé, et dans un endroit moins inhospitalier que Phari ?
— Parce que vous êtes des taulards, pas les clients d’un club de vacances cinq étoiles ! En plus, cet hôpital est le mieux équipé qui soit pour votre cas. Il y

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