Où est le cercueil ?
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Description

Le procureur de la République reçoit un courrier anonyme affirmant que la mort d’un couple de petits propriétaires de Châtillon n’est en rien naturelle. Lui semble mort de maladie, elle d’une chute dans ses escaliers.


Pour le corbeau, l’homme est mort empoisonné, la femme assommée violemment.


Pour ne pas être accusé de laxisme si les révélations étaient justes ni d’empressement dans le cas contraire, le procureur fait appel au chef de la Sûreté de Paris qui envoie un de ses hommes sur place pour enquêter discrètement.


Rapidement, les soupçons se portent sur la famille de la morte qui hérite des biens de celle-ci et, surtout, sur le fils des héritiers...


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Publié par
Nombre de lectures 9
EAN13 9782373470956
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0007€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Pour le corbeau, l’homme est mort empoisonné, la femme assommée violemment.


Pour ne pas être accusé de laxisme si les révélations étaient justes ni d’empressement dans le cas contraire, le procureur fait appel au chef de la Sûreté de Paris qui envoie un de ses hommes sur place pour enquêter discrètement.


Rapidement, les soupçons se portent sur la famille de la morte qui hérite des biens de celle-ci et, surtout, sur le fils des héritiers...


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OÙ EST LE CERCUEIL ?

Roman policier

 

par Georges GRISON

I

 

LA DÉNONCIATION ANONYME

 

En dépouillant son courrier, M. Jules Sergines, procureur de la République à Melun, trouvait la lettre suivante :

 

« Paris, le 25 mai 19..,

« Monsieur le Procureur de la République,

« Dans l'intérêt de la Justice et de la Société, je viens vous dénoncer un crime odieux que personne n'a soupçonné. Au mois de février dernier, M. André Chéron, propriétaire à Châtillon, est décédé d'une maladie que le médecin du pays a mal définie. Un mois après, sa veuve mourait à son tour d'une chute dans l'escalier où elle s'était fracturé le crâne. Eh ! bien ! M. Chéron a été empoisonné et sa veuve assommée. Pour celle-là, il n'est pas possible de trouver une preuve. Mais en ce qui concerne le mari, vous n'aurez qu'à faire procéder à l'autopsie et vous serez édifié. Le poison a été le sulfate de cuivre ou vitriol bleu. Quant aux assassins, c'est à votre sagacité de les découvrir et de les faire punir.

« UN AMI DE LA VÉRITÉ. »

 

M. Sergines était un jeune magistrat très intelligent, très instruit de toutes les choses qui touchaient à la procédure. Mais il avait peu de propension au métier de policier. Il se trouva fort perplexe à la lecture de cette dénonciation.

Après avoir réfléchi, il se souvint qu'il avait été quelques mois auparavant en relations avec M. Ragon, chef de la Sûreté de Paris, dont il avait pu apprécier la grande perspicacité. Il résolut de le consulter.

Le jour même, il se rendait à Paris et allait au bureau de la Sûreté, quai des Orfèvres.

M. Ragon se trouvait justement dans son cabinet. Il fit introduire immédiatement le jeune magistrat.

— Que puis-je pour votre service ? lui demanda-t-il après les premières salutations.

— Me donner votre avis sur un cas qui m'embarrasse. Voici la lettre que je viens de recevoir.

Le policier lut attentivement cette lettre et, hochant la tête :

— D'ordinaire, dit-il, on ne peut pas beaucoup tenir compte d'une lettre anonyme. Cependant la justice ne doit rien négliger. Peut-être y a-t-il du vrai là-dedans...

— Alors que me conseillez-vous ?

— De vous renseigner sans ébruiter la chose, sur les faits matériels dont il est question. Vous verrez ensuite.

— C'est que je n'ai guère les moyens de prendre ces renseignements sans que cela se sache.

— Bon. Alors voulez-vous que je fasse faire l'enquête par un de mes hommes ? J'en ai un fort intelligent et fort habitué à ces sortes de besognes. Je puis le mettre à votre disposition.

— Vous me rendrez grand service.

— Voilà donc qui est convenu. Tenez, mieux que cela. Ne vous mêlez en rien de l'affaire jusqu'à ce que je vous fasse signe. Je me charge de vous éclairer aussi complètement que possible.

— Mille remerciements. Faut-il que je vous laisse la lettre ?

— Inutile. Mon homme ignorera que c'est pour votre compte qu'il marche. Il ne connaîtra que moi seul.

Après avoir remercié de nouveau, M. Sergines se retira. M. Ragon sonna.

— Faites venir Barthier, dit-il au garçon de bureau.

Cinq minutes après, l'inspecteur demandé se présentait devant son chef.

Barthier, dit l'Éveillé, était un homme d'une quarantaine d'années, petit, maigre, mais d'une force nerveuse remarquable. Ancien sous-officier, il portait à sa boutonnière le ruban de la Médaille militaire, il était connu à la Sûreté pour sa finesse et son habileté.

— Un débrouillard de premier ordre, disaient ses camarades.

— Barthier, lui dit M. Ragon, je viens vous demander une chose délicate et difficile...

— Parlez, chef ! répondit l'inspecteur.

— Il faut me savoir tous les détails sur la vie, la maladie et la mort d'un nommé André Chéron, qui demeurait à Châtillon, arrondissement de Melun. Ayez tous les renseignements possibles, les plus minutieux, les plus intimes... Et que personne ne se doute que vous faites cette enquête pour nous.

Barthier sourit.

— Ça, ça me regarde, dit-il. Les plus malins n'y verront que du feu. Et quand faut-il commencer ?

— Dès demain.

— Demain matin, je me mettrai en campagne.

Le lendemain matin en effet, Barthier, vêtu d'une blouse et coiffé d'une casquette de loutre, portant en bandoulière une boîte contenant du fil, des épingles, des bagues de cuivre, du papier à lettres, des plumes et des crayons, prenait le train à la gare de Lyon et se rendait à Melun. Une fois là, il se mit en route à pied pour gagner Châtillon.

Là il commença sa tournée, allant de maison en maison, offrant sa marchandise, essuyant des refus, mais trouvant moyen de causer avec l'un ou l'autre, de « prendre langue », comme on dit.

II

 

LES RÉSULTATS DE L'ENQUÊTE

 

Barthier, dit l'Éveillé, n'avait pas volé le renom d'habileté que lui avaient fait ses confrères. Dès le premier jour, il avait trouvé moyen de lier connaissance avec deux ou trois habitants du pays. Il leur avait offert une tournée au cabaret et leur avait demandé les adresses de gens aisés avec lesquels il espérait faire quelques affaires.

On les lui donna. Alors d'un air naïf, il demanda :

— N'y a-t-il pas aussi un M. Chéron qui a des propriétés par ici ?

— Oh ! Celui-là, répondit un de ses nouveaux amis, vous ne ferez rien avec lui.

— Et pourquoi donc ?

— Parce qu'il est enterré depuis bientôt quatre mois...

— Pas possible ! s'écria l'inspecteur d'un ton de surprise.

— Eh ! oui... même que sa femme l'a suivi de près. Ils sont tous les deux côte à côte dans le cimetière.

— Tiens ! tiens !

— Oh ! c'est toute une histoire.

— Contez-moi donc ça, dit Barthier en faisant signe au cabaretier d'apporter un nouveau litre de vin.

Le bonhomme ne demandait pas mieux. L'inspecteur l'écoutait avidement, notant chaque phrase dans sa cervelle.

— Quand M. Chéron est venu habiter ici, dit le villageois, vous pensez bien qu'on s'est enquis de ce qu'il était et de ce qu'il avait fait. On a su ainsi qu'il arrivait de Paris où il avait fait fortune.

« À vingt-cinq ans, Chéron, qui était un beau gars des environs de Toulouse, de moyenne taille, mais solidement bâti et agréable de figure, était entré comme garçon boucher chez Mme veuve Letourneur qui avait une maison importante à la Villette. Bientôt il avait plu à sa patronne et, bien qu'elle eût douze ans de plus que lui, il l'avait épousée.

« Intelligent, actif, habile dans son métier, il avait réussi à faire de bonnes affaires et, au bout de quinze ans, il avait avantageusement vendu sa maison et était venu acheter à Châtillon une petite propriété, bien gaie, bien située, où il s'était installé avec sa femme.

« C'était un bon vivant, ne boudant ni au travail ni à la table.

« Il se nourrissait bien et buvait sec. Il eut bientôt beaucoup d'amis dans le pays.

« Sa femme, par contre, était chétive, maladive et on se disait tout bas qu'elle ne l'embarrasserait pas longtemps.

« Mais voilà qu'un beau jour Chéron se trouva mal à l'aise. Après les repas il avait des suffocations, des étouffements, et ensuite des douleurs vives dans l'estomac, comme des brûlures...

« Il fit venir le médecin. Celui-ci l'examina, le questionna et finit par lui dire qu'il avait une nourriture trop forte pour sa nature. Il lui interdit le vin, l'eau-de-vie, le café et les viandes rouges... Du veau, du poulet et encore en petite, quantité. Comme boisson de l'eau rougie ou, mieux, des tisanes dont il lui donna la composition sur son ordonnance. Enfin, chaque matin, une cuillerée d'une potion qu'il lui fit faire par son...

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