Question de goût suivie de Une âme de poète et Tu la connais ?
11 pages
Français

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Question de goût suivie de Une âme de poète et Tu la connais ?

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Description


Question de goût

Un serviteur raconte comment, depuis sept ans, il trouve le gibier pour contenter le tempérament de chasseur de son Maître.



Une âme de poète

L'histoire du vilain petit Virgil, l'enfant qui écrivait des poèmes.



Tu la connais ?

Lors d'un dîner qui s'annonçait bien, des invités mystères vont changer la tournure de la soirée.





Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 15 novembre 2012
Nombre de lectures 8
EAN13 9782823804799
Licence : Tous droits réservés
Langue Français
Poids de l'ouvrage 2 Mo

Informations légales : prix de location à la page €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

couverture
Sophie Loubière

Question de goût
 suivie de
 Une âme de poète
 et
 Tu la connais ?

images

Question de goût

C’est une vieille tradition dans la famille des Jägerwald et cela depuis plusieurs générations. Certains trouvent ce rituel barbare, mais je me dois de me plier aux ordres et aller quérir le gibier qui aura l’honneur d’être chassé sur les terres du domaine.

 

Bien que le secret ait été soigneusement gardé par le personnel du château – et pour cause ! –, au premier jour de printemps, le village de Täfelndorf se vide de ses habitants. Les volets restent clos et aucun enfant ne se rend à l’école. Une légende à propos d’un ogre géant ou d’un dragon n’effraierait guère plus les villageois. Pourtant, cette chasse ne les concerne en rien. Mon Maître ne quitte jamais les bois. Et personne au village n’a jamais été blessé par une quelconque flèche.

*

Mon Maître est un excellent chasseur. Jamais je ne l’ai vu rater sa cible. Il peut rester plusieurs jours à courir les bois, sans dormir, guettant sa proie, attendant qu’elle s’épuise dans une course insensée avant de tomber à ses genoux. Mon Maître aime les bêtes jeunes, saines, aux tendons vigoureux. Ce n’est pas facile à trouver dans la région. Les bois sont infestés de sangliers. Je suis personnellement chargé de rapporter la perle rare aux écuries du château, de la nourrir en veillant bien à ce que jamais elle n’engraisse – cela rendrait sa course plus lourde et la partie de chasse bien moins excitante.

*

Le choix du gibier incombe à ma famille depuis qu’elle sert la famille des Jägerwald. Lorsque je ne serai plus capable de faire ce travail, mon fils me succédera, puis le fils de mon fils. Dans notre famille, les femmes n’ont pas le droit de mettre au monde des filles. De la même façon, il n’y a jamais eu aucune fille dans la famille des Jägerwald. À chaque génération vient à naître un ou plusieurs fils. Avec les rigueurs du climat qui règne ici dans les montagnes, les pluies incessantes d’octobre et la neige qui fait geler la forêt jusqu’en avril, il n’est pas rare que nous perdions nos enfants. Heureusement, les femmes sont robustes et connaissent des remèdes pour apaiser les souffrances de l’enfantement.

Très tôt, le Maître emmène ses fils chasser avec lui du petit gibier que je rapporte des fermes voisines. Mon Maître est très riche et, ici, la terre est pauvre. Sans l’argent des Jägerwald, le comté serait le plus pauvre du pays. Il suffit de voir dans quel état de délabrement sont les ponts et les chemins qui permettent de rejoindre la ville la plus proche, à quelques kilomètres de la frontière. Le gibier adulte, c’est là que je vais le prendre. Au bord de la route principale. Elle longe une forêt particulièrement riche et dense. Chaque année, depuis sept ans, j’y ai trouvé de quoi satisfaire le tempérament de chasseur de mon Maître.

*

C’est l’heure d’aller nourrir la bête. Une fois par semaine, je la lave et la brosse au gant de crin. Elle se laisse faire. Celle-ci est très docile, à cause du coup que je lui ai donné sur la tête la semaine dernière lorsqu’elle m’a mordu à l’épaule jusqu’au sang. Cette bête a du tempérament et il faut que je fasse attention car le Maître n’aime pas que j’abîme son gibier. Pour l’attraper, j’ai dû l’étourdir en l’étouffant avec un sac, puis je l’ai traînée dans les feuilles jusqu’à la charrette. Le Maître n’aime pas que les bêtes souffrent, qu’elles aient des plaies sur le ventre ou des hématomes.

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