Révélations particulières
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Description

Le cadre de villégiature du Bassin d'Arcachon peut être aussi le théâtre d'événements dramatiques. La disparition d'un chef d'entreprise de la région bordelaise va être suivie d'un maelstrom familial aux multiples rebondissements. La célèbre maxime Après moi le déluge trouve son illustration pour tous les membres de son clan. Entre chantages financiers, scandales conjugaux et rivalités familiales, qui en sortira indemne ?

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 07 novembre 2014
Nombre de lectures 3
EAN13 9791029004599
Langue Français

Extrait

Révélations particulières
Jean-François Faroux
Révélations particulières











Les Éditions Chapitre.com 123, boulevrad Grenelle 75015 Paris
À Anne-Marie pour son aide précieuse.
À Sylvie et Marie-Christine pour leurs encouragements.
Le Code de la propriété intellectuelle interdit les copies ou reproductions destinées à une utilisation collective. Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite par quelque procédé que ce soit, sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants cause, est illicite et constitue une contrefaçon sanctionnée par les articles L. 335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle.





















© Les Éditions Chapitre.com, 2016 ISBN : 979-10-290-0459-9
I Novembre 2000
Henry Deltreuil, seul à son bureau, jeta un coup d’œil par la vitre sur la chaîne de fabrication de panneaux de bois. Avoir pratiquement toute son usine de Plessac sous les yeux lui procurait toujours un double sentiment de puissance et de quiétude.
Le bruit infernal de la machinerie venait de cesser, il n’aimait pas ces instants de silence synonyme pour lui d’inactivité.
Tout en se préparant, il pensa à la journée de demain qui serait rude. La réception de ses gros clients s’accompagnerait de dures négociations sur les prix, de mise en concurrence, de demande de rabais. Il en avait l’habitude depuis la trentaine d’années qu’il dirigeait la SOPLACO {*} .
Belle affaire en vérité que cette entreprise avoisinant un chiffre d’affaires de près de dix millions d’euros employant une centaine de salariés. Patron tout puissant, il ne s’appuyait que sur deux personnes, son chef comptable, véritable écuyer qui le servait depuis de nombreuses années, et sa fidèle secrétaire qui faisait office aussi bien de directrice des relations humaines que de responsable administrative.
Il s’installa au volant de sa puissante berline estampillée Germany et enclencha la boîte automatique pour regagner son domicile situé à une quarantaine de kilomètres de son entreprise.
Dans un hurlement de pneus digne du départ d’une Formule 1, son véhicule bondit en avant, ravagea la bordure du parking et, moteur à fond, percuta une porte de service de l’usine.
Le bruit du choc et l’emballement du moteur firent sortir Albert de sa petite maison de gardien, et se précipiter vers la voiture de son patron.
Le véhicule fumait beaucoup, le moteur poussé au maximum pouvait faire craindre le pire. Albert ouvrit cependant la portière et reçut Henry Deltreuil dans les bras… Au cri que poussa Albert, son épouse accourut à son tour.
Albert sortit son patron, non sans mal, et avec l’aide de sa femme le déposa près du véhicule.
– Appelle le SAMU, hurla Albert à sa femme.
Albert, tétanisé, regardait l’accidenté sans trop comprendre pourquoi ce dernier ni ne bougeait ni ne se plaignait.
– J’ai appelé, ils arrivent, dit sa femme en revenant.
Les deux époux se penchèrent à nouveau sur le corps étendu et, à la lueur du plafonnier, tentèrent de mieux voir la victime.
– Mais, dit Albert, il ne bouge plus du tout. On dirait même qu’il ne respire plus.
– Mon Dieu ! Mais il est mort alors, s’écria sa femme.
Albert était abasourdi, son patron n’avait aucune blessure. Malgré le choc, l’habitacle ne présentait aucun dommage apparent.
Un gyrophare bleu apparut dans la nuit et peu après l’ambulance s’immobilisa auprès de la voiture accidentée. Trois personnes sortirent précipitamment et se penchèrent sur le corps d’Henry Deltreuil. Après quelques instants, l’une d’elle se releva et déclara :
– C’est fini, il n’y a plus rien à faire. Arrêt cardiaque.
Comme un fou, Albert courut vers sa maison, se trompa trois fois de numéro avant de parvenir à joindre le domicile des Deltreuil.
– Madame Deltreuil, ici Albert. Venez tout de suite, il est arrivé malheur à monsieur.
– Quel malheur ? répondit madame Deltreuil.
– Il est mort.
Et sous l’émotion, Albert raccrocha.
****
À Bordeaux, ses deux filles et leurs époux étaient réunis dans le grand salon du domicile d’Henry Deltreuil dont la dépouille reposait dans une pièce attenante.
Le médecin de famille avait confirmé que monsieur Deltreuil avait bien succombé à une crise cardiaque fatale et que ses gestes désordonnés étaient à l’origine du choc du véhicule contre le mur de l’usine.
Emma, l’aînée, répétait en boucle :
– Il faudrait vraiment savoir si c’est la crise cardiaque ou l’accident qui est à l’origine du décès de papa. Ce n’est pas sans conséquence pour la suite.
Faustine, la cadette, lui répondit sèchement :
– Il est bien temps de se soucier des conséquences. Notre père n’est pas encore enterré que tu penses déjà à la succession. L’argent efface la douleur. Ton attitude est incroyable !
Pierre et Jean-Louis, les beaux-frères respectifs, échangèrent un regard lourd de rivalité contenue entre eux. Cependant, l’entrée de Florence Deltreuil, veuve du défunt, stoppa nette l’altercation qui se préparait entre ses enfants.
****
Jean-Luc Nicoulot, agent général d’une grande compagnie d’assurances, lisait comme chaque matin son journal local. Très impliqué dans le tissu socio-économique de sa ville, il voulait être au courant de toutes les informations. Dépliant son journal entre ses dossiers, son regard tomba sur un petit entrefilet :
"Nous apprenons hier soir le décès d’Henry Deltreuil, P.D.G. de la Société SOPLACO Selon nos informations, il semblerait que monsieur Deltreuil ait succombé à une crise cardiaque au volant de son véhicule."
Jean-Luc Nicoulot, incrédule, relut l’article une seconde fois, tant la nouvelle lui apparaissait incroyable.
Il décrocha son téléphone pour joindre son camarade de promotion de la faculté de droit, le notaire Maître Jacques Caumond.
– Allo Jacques, tu connais la nouvelle de ce matin ?
– Laquelle ?
– Henry Deltreuil est mort.
– Pas possible ! Et comment ?
– Crise cardiaque selon le journal.
– Tu sais que c’est de très loin le plus gros client de l’étude.
– Et d’encore plus loin le plus gros client de l’agence.
– Nous serons donc appelés à être souvent en contact pour cette affaire.
– Bien sûr. À bientôt alors.

Jean-Luc Nicoulot n’était pas un intime de son client. D’ailleurs, personne n’était proche du très autoritaire Henry Deltreuil dans ses relations professionnelles. Ce dernier prenait tout le monde de haut et intimidait suffisamment pour que quiconque se sente rabaissé. De ce fait, Jean-Luc Nicoulot se voulait irréprochable dans sa relation d’assureur avec son assuré. Il se dit que si son client lui avait toujours confié la gestion de ses contrats, il n’avait peut-être pas failli à sa mission. Le décès allait entraîner de gros mouvements de fonds sur le contrat d’assurances vie souscrit par le défunt et, que par sa position d’assureur, il était bien placé pour proposer ses services. Cependant le nom des bénéficiaires du contrat lui arracha un soupir. Comment la famille allait-elle réagir au versement de cet énorme capital à une certaine Agathe Doutreval et à un certain Édouard Deltreuil, qu’il ne connaissait d’ailleurs ni l'un ni l'autre ? Ce contrat avait été particulièrement bien suivi par le défunt. Un capital de base d’un million d’euros versé 15 ans auparavant, suivi d’un versement ponctuel en juillet de chaque année de 250.000 euros, soit avec les intérêts une somme avoisinant les 5 millions d’euros ! Un tel pactole ne pouvait qu’entraîner des réactions. La famille allait-elle lui reprocher quelque chose ? Avec une telle somme, on pouvait s’attendre à tout !
Il n’avait, à vrai dire, pas d’autres rapports avec les autres membres de la famille, y compris avec madame Deltreuil. Il pensa aussi que ce contrat lui avait toujours fait gagner un voyage annuel offert par sa compagnie d’assurances et que cela serait désormais sans doute terminé pour l’avenir.
****
Simultanément, l’étude de Maître Caumond entra en ébullition avec l’épais dossier qui était posé sur le bure

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