Tancrède et la fille de Vallverde
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Tancrède et la fille de Vallverde , livre ebook

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Description

Tancrède ARDANT, gentleman, voleur et aventurier, propose son aide au comte Montaner de Vallejo afin de lui ramener Lya, sa fille, et son magot, tous deux cachés en Espagne.


Mais le pays est à feu et à sang, la guerre civile y fait rage. Franchir les frontières, retrouver la jeune femme et mettre la main sur le trésor, en plein conflit, ne seront pas choses simples. D’autant que Tancrède ARDANT va trouver sur sa route Felipe Cuevas, Commissaire Politique de la nouvelle Armée Populaire, un homme puissant et déterminé à se venger du comte et de Lya...

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Publié par
Nombre de lectures 1
EAN13 9791070032862
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0007€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

TANCRÈDE
ET
LA FILLE DE VALLVERDE

Par
Frédéric SIPLINE
CHAPITRE PREMIER
 
Tancrède Ardant sauta de la longue voiture noire devant le porche illuminé d'un hôtel particulier de l'avenue du Bois.
Un valet habillé à la française lui prit son pardessus et son claque et Tancrède pénétra dans l'immense salon illuminé.
Le marquis de Castelviejo donnait la réception d'entrée dans le monde de sa fille Inès et le Tout-Paris se retrouvait à cette fête.
Ardant baisa la main de la marquise, salua son hôte et se perdit dans la foule.
Il y cherchait visiblement quelqu'un. Grand, élégant, sanglé dans un frac de la meilleure coupe, il alluma une cigarette et commença de flâner de groupe en groupe sans trouver, semble-t-il, la personne qu'il s'attendait sans doute à rencontrer en ce lieu.
Une baie grand ouverte donnait par trois marches de marbre sur un adorable jardin planté de buis et d'ifs taillés, au milieu desquels chantait un jet d'eau qui retombait mollement dans sa vasque.
Tancrède s'arrêta sur le seuil et huma avec délices les chauds effluves du printemps déjà avancé. Le parfum enivrant des fleurs et de la terre montait vers lui. Le jeune homme parcourut des yeux en connaisseur le ravissant bijou travaillé qu'était ce jardin de l'hôtel de Castelviejo, mais son regard s'arrêta soudain sur une forme qu'il apercevait dans l'ombre. C'était un homme, assis sur un des bancs de pierre disposés dans l'allée, dont toute l'attitude dénonçait un accablement profond.
— Ah ! fit Ardant en l'apercevant.
Délibérément il s'avança vers l'homme qui leva la tête en entendant le gravier crisser sous ses pas.
Tancrède Ardant s'arrêta devant lui. Les deux hommes se regardèrent. Le jeune homme rompit le silence le premier.
— Comte, permettez-moi de vous dire que vous êtes d'une effrayante imprudence.
— Que signifie cela ? Qui êtes-vous, monsieur ?
La voix de l'homme trahissait à la fois l'inquiétude et la colère. Tancrède répondit :
— Vous êtes le comte Montaner de Vallejo et votre fille est perdue si vous continuez à manquer ainsi de jugement. Pour moi, ajouta-t-il, on me connaît sous bien des noms différents. Notre hôte, le marquis de Castelviejo m'aurait présenté à vous sous celui d'Horace de Malesaygues... J'en ai d'autres.
— Monsieur...
Tancrède leva la main.
— Permettez, Monsieur, êtes-vous homme à garder un secret ?
L'interlocuteur d'Ardant se leva et se tint fort droit devant lui. C'était un homme d'une mâle carrure dont les cheveux blanchissaient et qui semblait prématurément vieilli par de cruels soucis. Il répondit rudement :
— Monsieur, je suis hidalgo, je suis gentilhomme...
— C'est que, poursuivit Tancrède d'un ton léger, je m'engage avec vous dans une étrange aventure. Il s'agit de votre fille, comte, et je puis vous aider, j'imagine. Seulement je ne puis me permettre de me livrer à vous pieds et poings liés. Je vais vous faire une proposition dont vous penserez ce que vous voudrez, que vous refuserez ou que vous accepterez à votre gré. Mais il me faut votre parole d'honneur, avant toute chose, et, quelle que soit votre réponse, que vous garderez secret ce que je vais vous dire.
L'homme courba la tête. Il dit :
— Monsieur, vous venez de me parler de ma fille, c'est donc que vous savez la tragique situation où je me débats. Vous avez sur moi l'avantage, monsieur. Vous savez que quoi que vous entendiez me dire, je ne puis ne pas l'écouter, quel que soit le prix que vous y mettiez. Je ne puis donc vous refuser le secret. Vous avez ma parole, monsieur.
— Soit, fit Tancrède. Voici : on me connaît ici sous le nom d'Horace de Malesaygues. J'en ai porté un autre naguère. Vous le trouverez peut-être tristement célèbre, mais je vous le donne pour que vous sachiez à qui vous avez affaire et de quoi je suis capable. Je suis Tancrède Ardant !
Le comte sursauta :
— Tancrède Ardant, vous ! L'aventurier du pectoral du basileus Ange et des émeraudes de Labrouhe ? (1) L'affaire du collier... Vous ? Mais toutes les polices du monde vous recherchent !
— J'ai ce discutable honneur. Vous voyez qui je suis ? Je suis un voleur. Il y a même des gens qui croient que j'ai un meurtre sur la conscience. Je suis, à tout le moins, un aventurier et...
Il s'arrêta un instant et poursuivit, jouant avec un briquet d'or qu'il avait extrait de son gousset :
— ... et j'ai résolu de vous rendre votre fille.
— Ah ! Monsieur, ne plaisantez pas.
— Dieu m'en préserve. Ce qu'il faudrait, comte, c'est que vous ne me rendiez pas la besogne impossible. Je vous disais tout à l'heure que vous étiez terriblement imprudent.
— Qu'ai-je fait, mon Dieu ?
— Voici ce que je sais. Nous sommes le 20 juin 1938. En 1936, vous avez quitté Valence où vous possédez une des plus grosses exploitations d'oranges de la contrée, pour faire un grand voyage en Amérique et en Europe. Vous laissiez chez vous, avec les domestiques, votre fille Lya. Elle avait alors 17 ans. Entre temps, la révolution a éclaté dans votre pays. Vous n'avez pu y retourner. Votre fille, elle, n'a pu s'échapper pour vous rejoindre. Vous ne l'avez jamais revue. Vous avec su qu'au moment des premiers massacres elle avait pu fuir et se réfugier aux environs de Valence chez des paysans qui vous étaient fidèles. Vous l'avez crue alors sauvée et, dans votre joie, vous avez été une première fois imprudent. Vous avez retrouvé à Paris votre ancien intendant Felipe Cuevas. Vous aviez toute confiance en lui. Vous lui avez révélé le secret de la cachette de votre fille. Vous vous souviendrez toujours de son rire affreux, n'est-ce pas ? Vous vous êtes aperçu que cet homme vous haïssait. Vous savez maintenant qu'il vous trahira et vous savez ce que signifie sa trahison. Vous avez commis un crime envers cet homme, comte : vous avez une fille dont il est tombé ignoblement amoureux et qui l'a repoussé durement. Il veut se venger d'elle et de vous. Vous savez ce que sera sa vengeance : pour votre fille, l'ignominie ou la mort, peut-être les deux, pour vous l'éternel désespoir d'avoir perdu l'enfant qui est tout votre amour et toute votre tendresse. Vous savez maintenant que Cuevas a partie liée avec les rouges, qu'il va rentrer en Espagne, qu'il est peut-être parti déjà. Et alors... Alors, comte, vous avez commis une seconde imprudence. Dans votre aveugle désespoir, vous avez cherché de tous côtés quelqu'un qui pût vous sauver. Vous avez cherché des hommes de main que vous avez voulu payer pour qu'ils aillent en Espagne sauver votre fille. Et ils vous ont trahi... eux aussi.
Le comte pâlit et sursauta :
— Trahi ! Mais comment le savez-vous ?
Tancrède continuait à jouer avec son briquet. Il poursuivit :
— S'ils ne vous avaient pas trahi, je ne connaîtrais pas l'histoire que je viens de vous raconter. Ce sont eux-mêmes qui me l'ont dite ! Ils ont pris votre argent et ils se proposent de vous en prendre encore en vous menaçant d'alerter les autorités espagnoles révolutionnaires de Paris.
Le comte se tordait les mains.
— Alors, alors, que faire, que faire ?...
— C'est ici que j'interviens. J'ai justement l'envie de faire un beau voyage en Espagne. L'occasion est rêvée. Je sauve votre fille en passant, voire même je vous la ramène. Et voilà...
— Ah, monsieur, je n'ai plus que vous. Il faut que vous la sauviez.
— Soit, dit Tancrède, mais, je vous l'ai dit tout à l'heure, je suis un voleur, un aventurier. La petite affaire que je vous propose occasionnera des risques et des frais. Je ne veux pas courir les premiers gratis et payer les seconds de ma poche. On dit dans certains milieux espagnols que je fréquente parfois que le comte Montaner de Vallejo avait une des plus jolies fortunes d'Espagne. On m'a dit aussi que le principal de cette fortune était investi en bijoux et pierreries. On m'a dit que ce Pactole, le comte de Vallejo ne l'avait pas emporté avec lui en voyage. On a ajouté qu'au cours du sac de sa maison de Valence, on n'avait pas trouvé ce magot. J'en conclus qu'il y est encore. Ai-je raison ?
— Oui, il y a une cachette...
— Fort bien. Alors voici ma proposition. Je vais en Espagne. J'en ramène la fille et le trésor. Je vous rends la fille entière et la moitié des...

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