Tome 4 - Un mystère suspense psychologique Chloé Fine : Le Voisin Silencieux
138 pages
Français

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Tome 4 - Un mystère suspense psychologique Chloé Fine : Le Voisin Silencieux

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Description

« Un chef-d’œuvre de thriller et de mystère. Blake Pierce est parvenu à créer des caractères avec un côté psychologique tellement bien décrit, que nous avons l’impression de pouvoir pénétrer dans leur esprit, suivre le cheminement de leurs pensées et nous réjouir de leurs réussites. Plein de rebondissements, ce livre vous tiendra en haleine jusqu’à la dernière page. »--Critiques de livres et de films, Roberto Mattos (re Une fois partie) LE VOISIN SILENCIEUX (Un mystère Chloé Fine) est le volume 4 d’une nouvelle série suspense psychologique par Blake Pierce, l’auteur à succès de Une fois partie (volume 1) (téléchargement gratuit), un bestseller nº1 ayant reçu plus de 1 000 critiques à cinq étoiles. Quand une nouvelle voisine tape-à-l’œil fait étalage de sa richesse dans une ville de banlieue, il ne faut pas attendre longtemps avant de la retrouver assassinée. Est-ce que sa façon d’exhiber ses richesses a fini par irriter ses voisins envieux ? Ou est-ce qu’il y avait un secret plus profondément enfoui derrière la fortune de son mari ? L’agent spécial de l’unité VICAP du FBI, Chloé Fine, 27 ans, se retrouve plongée dans l’univers d’une petite ville rempli de mensonges, de rumeurs et de trahisons, et essaye de séparer le vrai du faux. Mais quelle est la vraie vérité ? Et sera-t-elle capable de la trouver, tout en faisant face à la remise en liberté de son père instable et à la spirale descendante où s’est engagée sa sœur ? Un suspense psychologique émotionnel avec des personnages complexes, une atmosphère de petite ville et un suspense qui vous tiendra en haleine, LE VOISIN SILENCIEUX est le volume 4 d’une fascinante nouvelle série qui vous fera tourner les pages jusqu’à des heures tardives de la nuit. Le volume 5 dans la série CHLOÉ FINE sera bientôt disponible.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 10 octobre 2019
Nombre de lectures 84
EAN13 9781640299009
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0250€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

le voisin silencieux

( un suspense psychologique Chloé Fine – volume 4)

b l a k e p i e r c e
Blake Pierce

Blake Pierce est l’auteur de la série à succès mystère RILEY PAIGE, qui comprend treize volumes (pour l’instant). Black Pierce est également l’auteur de la série mystère MACKENZIE WHITE, comprenant douze volumes (pour l’instant) ; de la série mystère AVERY BLACK, comprenant six volumes ; et de la série mystère KERI LOCKE, comprenant cinq volumes ; de la série mystère LES ORIGINES DE RILEY PAIGE, comprenant deux volumes (pour l’instant), de la série mystère KATE WISE comprenant deux volumes (pour l’instant) et de la série de mystère et suspense psychologique CHLOE FINE, comprenant deux volumes (pour l’instant).

Lecteur avide et admirateur de longue date des genres mystère et thriller, Blake aimerait connaître votre avis. N’hésitez pas à consulter son site www.blakepierceauthor.com afin d’en apprendre davantage et rester en contact.
Copyright © 2019 par Blake Pierce. Tous droits réservés. Sous réserve de la loi américaine sur les droits d'auteur de 1976, aucune partie de cette publication ne peut être reproduite, distribuée ou transmise sous quelque forme ou par quelque procédé que ce soit, ni enregistrée dans une base de données ou un système de récupération, sans l'accord préalable de l'auteur. Ce livre électronique est sous licence pour usage personnel uniquement. Ce livre électronique ne peut être ni revendu, ni donné à d'autres personnes. Si vous désirez partager ce livre avec quelqu'un, veuillez acheter une copie supplémentaire pour chaque bénéficiaire. Si vous lisez ce livre et que vous ne l'avez pas acheté, ou qu'il n'a pas été acheté pour votre usage personnel uniquement, veuillez le rendre et acheter votre propre copie. Merci de respecter le travail de cet auteur. Il s'agit d'une œuvre de fiction. Les noms, les personnages, les entreprises, les organisations, les endroits, les événements et les incidents sont soit le produit de l'imagination de l'auteur, soit utilisés de manière fictive. Toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant existé est purement fortuite. Image de couverture Copyright Mayer George , utilisé sous licence de Shutterstock.com.
LIVRES PAR BLAKE PIERCE

SÉRIE SUSPENSE PSYCHOLOGIQUE JESSIE HUNT
LA FEMME PARFAITE (Volume 1)
LE QUARTIER PARFAIT (Volume 2)
LA MAISON PARFAITE (Volume 3)

SÉRIE SUSPENSE PSYCHOLOGIQUE CHLOE FINE
LA MAISON D’À CÔTÉ (Volume 1)
LE MENSONGE D’UN VOISIN (Volume 2)
VOIE SANS ISSUE (Volume 3)

SÉRIE MYSTÈRE KATE WISE
SI ELLE SAVAIT (Volume 1)
SI ELLE VOYAIT (Volume 2)
SI ELLE COURAIT (Volume 3)
SI ELLE SE CACHAIT (Volume 4)

LES ORIGINES DE RILEY PAIGE
SOUS SURVEILLANCE (Tome 1)
ATTENDRE (Tome 2)
PIEGE MORTEL (Tome 3)

LES ENQUÊTES DE RILEY PAIGE
SANS LAISSER DE TRACES (Tome 1)
RÉACTION EN CHAÎNE (Tome 2)
LA QUEUE ENTRE LES JAMBES (Tome 3)
LES PENDULES À L’HEURE (Tome 4)
QUI VA À LA CHASSE (Tome 5)
À VOTRE SANTÉ (Tome 6)
DE SAC ET DE CORDE (Tome 7)
UN PLAT QUI SE MANGE FROID (Tome 8)
SANS COUP FÉRIR (Tome 9)
À TOUT JAMAIS (Tome 10)
LE GRAIN DE SABLE (Tome 11)
LE TRAIN EN MARCHE (Tome 12)
PIÉGÉE (Tome 13)
LE RÉVEIL (Tome 14)
BANNI (Tome 15)
MANQUÉ (Tome 16)

SÉRIE MYSTÈRE MACKENZIE WHITE
AVANT QU’IL NE TUE (Volume 1)
AVANT QU’IL NE VOIE (Volume 2)
AVANT QU’IL NE CONVOITE (Volume 3)
AVANT QU’IL NE PRENNE (Volume 4)
AVANT QU’IL N’AIT BESOIN (Volume 5)
AVANT QU’IL NE RESSENTE (Volume 6)
AVANT QU’IL NE PÈCHE (Volume 7)
AVANT QU’IL NE CHASSE (Volume 8)
AVANT QU’IL NE TRAQUE (Volume 9)
AVANT QU’IL NE LANGUISSE (Volume 10)
AVANT QU’IL NE FAILLISSE (Volume 11)

LES ENQUÊTES D’AVERY BLACK
RAISON DE TUER (Tome 1)
RAISON DE COURIR (Tome2)
RAISON DE SE CACHER (Tome 3)
RAISON DE CRAINDRE (Tome 4)
RAISON DE SAUVER (Tome 5)
RAISON DE REDOUTER (Tome 6)

LES ENQUETES DE KERI LOCKE
UN MAUVAIS PRESSENTIMENT (Tome 1)
DE MAUVAIS AUGURE (Tome 2)
L’OMBRE DU MAL (Tome 3)
JEUX MACABRES (Tome 4)
LUEUR D’ESPOIR (Tome 5)
TABLE DES MATIÈRES

PROLOGUE
CHAPITRE UN
CHAPITRE DEUX
CHAPITRE TROIS
CHAPITRE QUATRE
CHAPITRE CINQ
CHAPITRE SIX
CHAPITRE SEPT
CHAPITRE HUIT
CHAPITRE NEUF
CHAPITRE DIX
CHAPITRE ONZE
CHAPITRE DOUZE
CHAPITRE TREIZE
CHAPITRE QUATORZE
CHAPITRE QUINZE
CHAPITRE SEIZE
CHAPITRE DIX-SEPT
CHAPITRE DIX-HUIT
CHAPITRE DIX-NEUF
CHAPITRE VINGT
CHAPITRE VINGT ET UN
CHAPITRE VINGT-DEUX
CHAPITRE VINGT-TROIS
CHAPITRE VINGT-QUATRE
CHAPITRE VINGT-CINQ
CHAPITRE VINGT-SIX
CHAPITRE VINGT-SEPT
CHAPITRE VINGT-HUIT
CHAPITRE VINGT-NEUF
CHAPITRE TRENTE
CHAPITRE TRENTE ET UN
ÉPILOGUE
PROLOGUE


Rosa ouvrit la porte de la maison, en se disant combien c’était bizarre que des gens engagent d’autres personnes pour nettoyer leur maison, en leur donnant un accès total à chacune des pièces et aux secrets potentiels de leurs vies. Rosa nettoyait des maisons dans la région de Falls Church, en Virginie, depuis maintenant six ans et elle était souvent tombée sur des choses assez inattendues. Elle était étonnée combien les gens faisaient peu d’efforts pour dissimuler leurs indiscrétions et leurs secrets.
Mais avec ce couple, elle ne pensait pas tomber sur des choses un peu inattendues ou surprenantes. C’était son tout dernier client – le septième sur sa liste – et celui qui lui permettrait d’atteindre son but de gagner quatre mille dollars par mois, juste en faisant du nettoyage. Ce n’était pas si mal pour une femme qui avait eu du mal à payer son loyer de trois cent cinquante dollars en nettoyant des tables.
Ce couple, les Fairchild, semblait bien être le genre à n’avoir aucun scandale caché. Un gentil couple marié, bien qu’un peu trop impliqué dans leur travail. Le mari était courtier en bourse et il voyageait au moins une fois par mois à New York et à Boston pour y assister à des réunions. Son épouse, une femme à l’air effacé d’une cinquantaine d’années, n’avait pas l’air de faire grand-chose. Elle était une sorte d’influenceuse sur les réseaux sociaux – quoi que ça veuille dire. Mais c’était un couple aimable, ils étaient riches, et ils étaient vraiment gentils avec Rosa… ce qui n’était pas le cas de tous ses autres clients.
Elle entra dans le grand vestibule et regarda le spacieux salon, l’espace ouvert et la cuisine attenante. Elle trouvait que la maison était bien trop grande pour un couple sans enfants – un couple où le mari était parti au moins une semaine par mois.
En regardant autour d’elle, Rosa sut tout de suite que ça allait être l’une de ces fois où elle allait avoir l’impression de ne pas vraiment mériter son salaire. Les Fairchild étaient des gens très propres et leur maison était toujours très bien rangée. Rosa allait bien entendu s’atteler à sa tâche, frotter, aspirer et nettoyer les fenêtres, mais c’était loin d’être un dur labeur dans la maison des Fairchild.
Elle alla à la buanderie et au vestibule adjacent, où elle remplit l’évier d’eau, en y versant un peu de produit parfumé à la lavande. Elle allait commencer par le sol de la cuisine, vu que c’était la pièce la plus utilisée de la maison. En attendant que le sol sèche, elle aspirerait les pièces à l’étage, où tous les sols étaient recouverts de moquette. Elle n’aimait pas avoir le sentiment de berner un aussi gentil couple, mais elle se disait que si elle parvenait à donner l’impression d’être passée par toutes les pièces les plus importantes, les Fairchild considérerait qu’elle avait fait du bon boulot. Puis ce n’était pas sa faute s’ils ne laissaient pratiquement rien à nettoyer.
En attendant que l’évier se remplisse, Rosa traversa la cuisine et se dirigea vers les escaliers. L’aspirateur se trouvait dans un placard à l’étage, vu que c’était le seul endroit de la maison où il y avait de la moquette. Elle voulait vérifier s’il ne fallait pas changer le filtre avant de commencer à nettoyer le sol de la cuisine.
Elle trouva l’aspirateur à l’endroit habituel et vérifia le filtre, qui s’avéra être encore bon pour quelques utilisations. Vu qu’elle avait sorti l’aspirateur, elle décida de le passer tout de suite dans la chambre à coucher principale. C’était une pièce énorme, avec une cheminée, des étagères encastrées et une salle de bains adjacente qui était plus grande que le salon de son appartement.
La porte de la chambre était ouverte, alors elle entra sans frapper. Elle ne savait pas toujours si madame Fairchild était à la maison ou pas, alors elle avait pris l’habitude de frapper quand une porte était fermée. Elle tira l’aspirateur derrière elle mais elle s’arrêta après avoir fait trois pas dans la pièce.
Madame Fairchild était allongée sur le lit et dormait. Ça paraissait bizarre parce que Rosa était sûre que madame Fairchild se levait tôt et allait faire un jogging pratiquement tous les matins. Elle recula pour sortir de la chambre, afin d’éviter de la réveiller. Mais elle remarqua deux choses bizarres.
D’abord, madame Fairchild portait ses vêtements de jogging. Ensuite, elle était couchée au-dessus des draps, sur un lit récemment fait.
Un signal d’alarme retentit dans sa tête et au lieu de sortir de la pièce comme elle en avait l’intention, elle s’avança vers le lit, comme poussée par une main invisible.
« Madame Fairchild ? » dit-elle.
Il n’y eut aucune réponse. Madame Fairchild ne bougea pas d’un centimètre.
Appelle la police, pensa Rosa. Appelle le 911. Il y a quelque chose qui ne tourne pas rond… elle n’est pas juste endormie et tu le sais.
Mais il fallait qu’elle en soit sûre. Elle s’avança encore un peu, jusqu’à ce qu’elle vit le visage de madame Fairchild.
Ses yeux étaient grands ouverts et regardaient en direction de la fenêtre – d’un air vide. Sa bouche était en partie ouverte. Une flaque de sang encore frais tachait les draps juste au-dessus de sa tête. Une entaille était clairement visible au niveau de son cou.
Rosa sentit un gémissement lui monter dans la gorge. Ses genoux flanchèrent mais elle parvint tout de même à reculer. Quand elle heurta l’aspirateur, elle laissa échapper un cri.
Il lui fallut faire un effort considérable pour détacher ses yeux de madame Fairchild, mais quand elle le fit, elle sortit en courant de la pièce. Elle descendit jusqu’à la cuisine, où elle avait laissé son téléphone, et appela le 911. Quand le standard répondit, Rosa était tellement horrifiée par ce qu’elle venait de voir qu’elle ne pensa plus à l’évier de la buanderie, qui continuait à se remplir et qui était sur le point de déborder.
CHAPITRE UN


Chloé avait entendu beaucoup de conseils sur le fait de bien maintenir séparées sa vie personnelle de sa vie professionnelle. En tant qu’agent du FBI, les choses pouvaient devenir très délicates quand ces deux mondes commençaient à se chevaucher. Mais pour être tout à fait honnête, ces deux mondes s’étaient constamment heurtés depuis qu’elle avait terminé sa formation à l’académie – surtout en raison de son père et de tous ses mensonges.
Elle savait qu’elle avait passé bien trop de temps à spéculer sur ce que son père avait pu faire à sa mère il y a près de dix-huit ans. Grâce à la découverte par Danielle du journal intime de leur mère, Chloé avait vécu ces dernières semaines en pleine confusion. Elle était maintenant presque certaine que leur père avait tué leur mère. Chloé lui avait octroyé le bénéfice du doute jusqu’à maintenant – en allant même jusqu’à essayer de remettre la faute sur un bouc émissaire, Ruthanne Carwile.
Mais maintenant, elle le voyait écrit de la main de sa mère. Maintenant, elle avait plus qu’assez de raisons pour penser que son père était non seulement un assassin – mais qu’il avait aussi tué leur mère.
Ça l’avait vraiment choquée. Bien que Chloé ait fait de son mieux pour que ça n’affecte pas son boulot, ça l’avait consumée à chaque instant de son temps libre. Les deux premiers weekends après cette découverte, elle avait ignoré les appels de tout le monde – de Danielle, de sa coéquipière, l’agent Rhodes, et de son père.
Il suffit tout simplement que je rende tout ça public, n’arrêtait-elle pas de se dire. Que j’en parle au FBI et qu’il soit arrêté. Et finalement en terminer avec ce chapitre sordide de ma vie et remettre cette crapule derrière les barreaux.
Mais c’était risqué. Ça pouvait affecter sa propre carrière. Puis, elle entendait toujours cette petite voix à l’intérieur d’elle, qui insistait sur le fait qu’il y avait peut-être quelque chose qu’elle ne savait pas… que c’était impossible que son père soit vraiment un assassin.
C’était une lutte intérieure constante, qui lui donnait littéralement la migraine. Ça faisait tout juste vingt jours qu’elle avait reçu le journal de sa mère. Et même au travail, bien qu’elle fasse de son mieux pour rester professionnelle et ne pas laisser ses propres émotions interférer avec son boulot, des phrases du journal lui venaient régulièrement en tête.
Ce soir, il m’a étranglée… et il m’a giflée. Avant que je réalise ce qui se passait, il m’a poussée contre le mur et s’est mis à m’étrangler. Il m’a dit que si je m’avisais jamais à lui manquer à nouveau de respect, il me tuerait. Il m’a dit qu’il avait quelque chose de mieux qui l’attendait, une femme plus intéressante et une meilleure vie…
Le journal intime était posé sur sa table de salon. Chloé le laissait là pour ne jamais oublier… et pour l’avoir toujours sous les yeux. Elle le gardait là pour se rappeler qu’elle avait été idiote – et que son père n’avait jamais cessé de lui raconter des histoires.
Ça faisait vingt jours, presque trois semaines, depuis qu’elle et sa sœur étaient finalement arrivées à la conclusion que leur père avait tué leur mère, quand Chloé commença à envisager de se rendre chez lui et de le tuer. On était samedi. Elle avait commencé à boire à onze heures du matin et regardait les voitures qui se déplaçaient dans les rues de Washington en-dessous d’elle.
Elle en savait suffisamment sur la manière dont fonctionnait le système pour faire croire à un suicide. Ou, tout au moins, elle savait comment ne laisser aucune trace. Elle savait comment le tuer sans qu’elle ne soit jamais soupçonnée du crime.
Elle y avait bien réfléchi et elle commençait à avoir un plan solide en tête.
Mais c’est un peu dingue, non ? se dit-elle.
Mais elle se rappela ensuite combien il l’avait trompée, tous les mensonges qu’il lui avait racontés. Elle se rappela combien elle avait été loyal envers lui, même quand Danielle avait essayé de la prévenir que leur père n’était pas l’homme qu’elle croyait. Et quand elle se rappelait tout ça… eh bien, non… l’idée de le tuer ne lui semblait pas si drastique après tout.
Elle imaginait appuyer sur la gâchette et descendre son père de sang-froid tout en buvant sa troisième bière de la journée, quand elle entendit quelqu’un frapper légèrement à sa porte. Elle se raidit. Son père était venu frapper chez elle quatre fois au cours des vingt derniers jours, mais elle était toujours restée silencieuse de l’autre côté de la porte. Mais là, la manière de frapper était différente – ça ressemblait à l’intro du morceau Closer de Nine Inch Nails, l’une des chansons préférées de Danielle. C’était le code qu’elles avaient mis en place pour que Chloé sache que c’était sa sœur qui se trouvait derrière la porte.
Avec un sourire las, Chloé ouvrit. Danielle se trouvait de l’autre côté et était sur le point de frapper à nouveau. Elle baissa le bras et sourit à Chloé. C’était presque bizarre. En général, c’était Danielle qui avait tendance à être morose et c’était Chloé qui essayait tout le temps de lui remonter le moral. Ça avait été comme ça depuis toujours, surtout depuis que Danielle avait découvert combien les hommes pouvaient parfois se comporter comme des crétins.
« Tu as bien dormi ? » demanda Danielle, en entrant et en refermant la porte derrière elle.
« Pas vraiment, » répondit Chloé. « Tu veux une bière ? »
« À cette heure-ci ? »
« Il doit être midi… ou pas loin. »
« Juste une, alors, » dit Danielle, en regardant sa sœur d’un air bizarre.
Chloé était bien consciente que les rôles s’étaient complètement inversés entre elles. En ouvrant une bouteille et en la tendant à Danielle, elle vit de la préoccupation dans ses yeux. Et quelque part, c’était tant mieux… ça montrait que Danielle avait grandi. Cela montrait que, malgré ce qu’elles avaient découvert ensemble, Danielle était capable de faire face seule à la situation, sans que sa sœur ne doive la soutenir, comme elle l’avait toujours fait.
« Je sais ce que tu penses, » dit Chloé.
« Non, tu ne le sais pas. Quelque part, j’aime bien la Chloé qui boit avant midi, la Chloé qui n’en a plus rien à foutre de rien. Mais je serais une mauvaise sœur si je ne te disais pas que je suis préoccupée à ton sujet. Tu n’es pas exactement le genre à devenir maussade et à broyer du noir. »
« C’est pour ça que tu es là ? » demanda Chloé. « Pour me dire que tu te préoccupes à mon sujet ? »
« En partie. Mais il y a autre chose. Et je voudrais que tu m’écoutes sans m’interrompre, OK ? »
« Bien sûr, » dit Chloé. Elles s’assirent sur le divan avec leurs bières. Chloé vit le journal intime de sa mère posé sur la table basse et elle repensa à l’idée sordide de tuer son père. Et ce fut à ce moment-là, alors que Danielle était assise en face d’elle, qu’elle sut qu’elle ne pourrait jamais le faire. Elle pouvait y penser tant qu’elle voulait et réfléchir à la manière de procéder, mais elle ne le ferait jamais. Elle n’était tout simplement pas ce genre de personne.
« Je me suis rappelée avoir vu cette émission il y a quelque temps… dans le genre Mystères non résolus, » dit Danielle.
« J’espère que cette conversation va mener quelque part, » l’interrompit Chloé.
« Oui. Enfin… c’était au sujet de cette femme qui a sauvé la vie de son frère. Tu vois… ils étaient jumeaux. Nés à cinq minutes d’intervalle. Un soir, elle préparait le diner pour sa famille, quand elle a soudain eu un sombre pressentiment… comme si elle entendait une voix dans sa tête. Elle eut la sensation que son frère avait des problèmes. C’était un sentiment tellement intense qu’elle s’est arrêtée de faire ce qu’elle faisait et qu’elle l’a appelé. Il n’a pas décroché, alors elle a appelé la petite amie de son frère. La petite amie est allée chez le frère et a découvert que quelqu’un s’était introduit chez lui et lui avait tiré dessus. Il saignait quand la petite amie l’a trouvé, mais elle a appelé le 911 et il s’en est sorti. Tout ça, sur base de ce pressentiment qu’avait eu sa sœur jumelle. »
« OK… »
Danielle s’interrompit un instant. Elle réfléchissait avec soin aux mots qu’elle allait prononcer par la suite. « J’ai eu un truc un peu similaire il y a quarante minutes, » dit-elle. « Pas aussi intense que dans l’émission télé, mais c’était un pressentiment bien présent et suffisamment fort. Et… eh bien, c’était bizarre. »
« Personne ne s’est introduit chez moi, » dit Chloé. « Et on ne m’a pas tiré dessus. »
« Oui, je vois ça. Mais… je ne sais pas. J’ai eu ce pressentiment bizarre de jumelle. J’ai eu la sensation qu’il fallait que je vienne. Excuse-moi si ça a l’air stupide. Mais… eh bien, est-ce qu’il y a quoi que ce soit que ma venue ici ait pu t’éviter de faire ? »
Chloé secoua la tête négativement. Mais elle pensa : Juste que j’arrête de réfléchir à la manière de tuer notre père. Elle eut un petit rire et but une gorgée de sa bière.
« Tu ne vas pas bien, » dit Danielle. Elle fit un geste de la tête vers la bouteille de bière. « Combien de bouteilles vides je trouverais dans la poubelle si je l’ouvrais ? »
« Deux. Et excuse-moi… mais qui es-tu pour te préoccuper de ma consommation d’alcool ? Je crois que j’ai pas mal de longueurs de retard par rapport à toi. »
« Oh, ce n’est pas vraiment le fait de boire qui me préoccupe. Tu peux t’automédicamenter comme tu veux. Mais je sais que ce n’est pas toi. Ça n’a jamais été ton genre. Tu as toujours eu la tête sur les épaules… tu as toujours été la plus intelligente. C’est parce que je te vois plonger dans le même genre d’habitudes que j’ai toujours adoptées pour tenir le coup que je me préoccupe. C’est pour ça que je suis là. »
« Je vais bien, Danielle. »
Danielle croisa les bras et s’enfonça dans le divan. S’il y avait eu de bonnes intentions dans la conversation qu’elles venaient d’avoir, ce simple geste indiquait que c’était terminé. Danielle la fixa des yeux d’un air glacial.
« Alors tu veux dire que toute cette dernière année, où tu n’arrêtais pas de défendre papa devant moi… que je dois juste laisser couler ? Le fait qu’on se soit si souvent disputé à son sujet et que tu prennes toujours son parti… Je trouve que je mérite un peu plus de franchise de ta part, Chloé. Je ne suis pas stupide. Cette découverte au sujet de notre père t’a complètement anéantie. »
« Bien sûr que ça m’a anéantie. »
« Alors, dis-moi ce que tu penses. Dis-moi ce qu’on fait maintenant. Pour être tout à fait franche, je ne comprends pas pourquoi tu ne l’as pas encore dénoncé. Est-ce que le journal intime de maman n’est pas suffisant pour qu’il soit inculpé ? »
« Tu ne penses pas que je n’y ai pas songé ? » dit Chloé, avec un peu de colère dans la voix. « Et non… le journal n’est pas suffisant. Peut-être juste assez pour rouvrir l’affaire, mais c’est tout. Il n’y a aucune preuve tangible… et le fait qu’il y ait déjà eu un procès et que notre père ait été incarcéré, ça rend les choses encore plus difficiles. Et si tu y ajoutes la récente inculpation de Ruthanne Carwile, ça devient carrément le bordel. »
« Alors, tu veux dire par là qu’il va finir par s’en sortir indemne ? »
Chloé resta silencieuse. Elle termina sa bière et se dirigea vers la cuisine. Elle ouvrit le réfrigérateur pour en prendre une autre mais elle s’arrêta. Elle referma lentement la porte du réfrigérateur et s’appuya contre le comptoir de la cuisine.
« Je suis consciente que c’est principalement ma faute, » dit Chloé. C’était difficile à admettre. Les mots avaient du mal à sortir de sa bouche.
« Je ne suis pas là pour te faire des reproches, Chloé. »
« Je sais. Mais c’est ce que tu penses. Et je ne t’en veux pas. Maintenant que j’ai lu ce journal intime et que j’ai… je ne sais pas… que j’ai commencé à mieux le cerner … Je le pense aussi. Si je t’avais écoutée avant, tout serait différent. Avant Ruthanne, avant de commencer à bosser pour le FBI… »
« Ne pense pas ça, ne pense pas au passé. Voyons plutôt ce qu’on peut faire à partir de maintenant. »
« Mais il n’y a rien qu’on puisse faire ! »
Chloé se surprit elle-même au moment où elle hurla ces mots. Mais une fois qu’ils furent sortis de sa bouche, il n’y avait plus moyen de revenir en arrière.
« Chloé, je… »
« J’ai merdé. Vous n’avez pas pu compter sur moi, ni toi, ni maman. Et c’est là où j’en suis maintenant. Il faut que j’apprenne à vivre avec cette idée et c’est juste… »
« Mais on peut essayer de trouver une solution ensemble, non ? Écoute… je ne supporte pas de te voir te culpabiliser comme ça. »
« Pas maintenant. Je ne suis pas capable d’y faire face pour l’instant. Il faut que j’y vois un peu plus clair. »
« Alors, laisse-moi t’aider. »
Chloé avait l’impression d’étouffer. Elle sentit la colère monter en elle, mais elle serra les poings et fut capable de la contrôler. « Danielle, » dit-elle, aussi lentement qu’elle put, « j’apprécie vraiment que tu te préoccupes autant pour moi. Mais pour l’instant, j’ai besoin d’être seule. Plus tu insisteras, plus ce sera difficile pour moi. Alors s’il te plaît… pour l’instant… est-ce que tu veux bien tout simplement me laisser seule ? »
Chloé vit l’expression du visage de Danielle changer. Elle avait l’air déçue, ou triste, peut-être. Chloé n’en était pas sûre et franchement, c’était le cadet de ses soucis à cet instant présent.
Danielle posa sa bière sur la table du salon – elle en avait bu à peine un quart – et se leva du divan. « Je voudrais que tu m’appelles dès que tu ne ressentiras plus le besoin d’être aussi distante. »
« Je ne suis pas distante. »
« Je ne sais pas exactement ce que tu es, » dit Danielle, en ouvrant la porte. « Mais distante me semblait plus sympa que le mot garce . »
Avant que Chloé ait eu le temps de répondre, Danielle avait déjà refermé la porte derrière elle.
Elle aurait préféré que Danielle claque la porte. Au moins, il y aurait eu une émotion palpable après son départ, un signe que Danielle était autant en colère que Chloé. Mais il n’y eut rien de tout ça… juste le bruit de la porte qui se refermait doucement.
Chloé resta assise toute l’après-midi, seule dans son appartement. Et tout ce qu’elle parvint à faire, c’est accumuler davantage de canettes vides de bière dans sa poubelle.
CHAPITRE DEUX

Le dimanche, Chloé se retrouva sur le parking visiteur de l’établissement pénitentiaire central de Washington. Elle regarda l’édifice pendant un moment avant de sortir de voiture, en essayant de comprendre la raison exacte de sa venue ici.
Elle connaissait la réponse mais elle n’était pas facile à accepter. Elle était là parce que Moulton lui manquait. C’était une réalité qu’elle ne voulait jamais formuler à haute voix, un sujet qu’elle avait du mal à accepter. Mais elle avait vraiment besoin que quelqu’un la réconforte et depuis qu’elle avait déménagé à Washington, Moulton était devenu cette personne à ses yeux. Mais bizarrement, c’était quelque chose qu’elle n’avait réalisé qu’une fois qu’il s’était retrouvé en prison pour son implication dans une fraude financière.
Au début, elle avait pensé qu’il lui manquait uniquement en raison de leur intimité physique – qu’elle avait besoin qu’un homme la tienne dans ses bras quand elle se sentait découragée ou perdue. Mais quand Danielle était partie hier et que Chloé s’était retrouvée avec le besoin pressant de parler à quelqu’un de ce qui lui arrivait, Moulton était la seule personne à qui elle avait pensé.
Chloé rassembla son courage, sortit de voiture et se dirigea vers les portes d’entrée. Elle utilisa son badge du FBI pour entrer, signa le registre, et s’assit dans une petite salle d’attente pendant qu’un gardien allait chercher l’agent Moulton. La salle était déserte. Apparemment, le dimanche n’était pas le jour préféré pour rendre visite aux détenus.
Moins de cinq minutes plus tard, Moulton apparut à travers les portes à l’arrière de la pièce. La salle en elle-même était disposée comme une sorte de petit salon. Chloé était assise sur un divan, vers lequel Moulton s’approcha lentement. Il la regarda en souriant, comme s’il essayait de la jauger.
« Je peux m’asseoir à côté de toi ? » lui demanda-t-il.
« Oui, bien sûr, » dit-elle, en se poussant sur le côté pour lui laisser de la place sur le divan.
« Ça me fait plaisir de te voir, » dit-il. « Mais je dois également admettre que c’est très inattendu. »
« Comment est-ce qu’on te traite là-dedans ? »
Il leva les yeux au ciel et soupira. « C’est tous des types dans mon genre. Des criminels en col blanc. Je n’ai jamais eu à me préoccuper de me faire agresser dans les douches ou tabasser dans la cour, si c’est ça que tu veux dire. Mais je n’ai pas vraiment envie d’en parler. Comment ça va, le boulot ? Tu travailles sur quelque chose d’intéressant ? »
« Non. Je fais de nouveau équipe avec Rhodes. Pour l’instant, on travaille sur un projet de profilage. C’est un peu ennuyant, mais ça nous occupe. »
« Et ça va ? Tu t’entends bien avec elle ? »
« Mieux que la première fois, ça, c’est sûr. »
Il se pencha vers elle et la regarda d’un air interrogateur. « Qu’est-ce qui t’amène par ici, Fine ? »
« J’avais envie de te voir. »
Il sourit. « Ça me fait vraiment plaisir de l’entendre. Mais je ne te crois pas. Pas entièrement, en tout cas. Qu’est-ce qui se passe ? »

Elle détourna les yeux. Elle se sentait un peu gênée. Avant de se retourner vers lui, elle parvint finalement à laisser échapper un semblant de réponse. « Mon père. »
« Ton père ? Celui qui vient de réapparaître dans ta vie il y a quelques mois ? Celui qui a passé la majorité de ces vingt dernières années derrière les barreaux ? »
« Oui, celui-là. »
« Je pensais que tu étais plus ou moins OK avec la situation. »
« Je l’étais. Puis j’ai découvert un truc, et encore un autre. Il y a toute une série de choses qui n’ont pas cessé de s’empiler. Et la dernière chose que j’ai découverte… je ne sais pas. Je crois que j’ai juste besoin que quelqu’un qui ne le connaît pas me donne son avis. »
« Peut-être quelqu’un qui travaillait étroitement avec toi avant d’être jeté en prison ? »
« Peut-être, » dit-elle, avec un sourire légèrement coquin.
« Eh bien, me raconter tout ça sera probablement la chose la plus intéressante que j’ai pu faire ces deux dernières semaines. Alors, vas-y, raconte-moi. »
Il fallut quelques secondes à Chloé pour trouver le courage de parler de quelque chose d’aussi personnel mais elle savait qu’elle devait le faire. Et au moment où elle commença à parler à Moulton des avertissements continuels de Danielle concernant leur père, ainsi que des révélations découvertes dans le journal intime de sa mère, elle comprit pourquoi elle avait refusé d’en parler avec Danielle. Elle lui aurait montré un côté vulnérable et c’était quelque chose que Danielle n’avait jamais vu d’elle.
Elle raconta presque tout à Moulton, à part quelques détails plus privés – surtout en ce qui concernait les souvenirs qu’elle avait de la mort de sa mère. Parler de tout ça lui était extrêmement bénéfique. Elle savait qu’au fond, c’était un moyen pour elle de décompresser. Et elle avait vraiment l’impression de se décharger d’un énorme poids.
Ça l’aida également que Moulton ne lui pose aucune question, ni ne trahisse aucune émotion sur ce qu’il pensait réellement. Il savait ce dont elle avait besoin. Elle avait juste besoin que quelqu’un l’écoute – que quelqu’un lui offre peut-être même des conseils.
« J’imagine que tu as pensé en parler à Johnson ? » lui demanda-t-il, quand elle eut terminé.
« Oui, bien sûr. J’y ai beaucoup pensé. Mais tu sais aussi bien que moi que rien ne sera fait sur la seule base d’un journal intime écrit il y a vingt ans. Tout ce que ça pourrait faire, c’est lui mettre la puce à l’oreille. Dès le moment où la police ou le FBI se mettrait à l’interroger, il saurait tout de suite qu’il y a anguille sous roche. »
« Tu penses qu’il prendrait la fuite ? » demanda Moulton.
« Je ne sais pas. Il ne faut pas que tu oublies… que je ne le connais pas vraiment bien. Il a passé la majorité de ma vie en prison. »
« Et qu’en est-il de toi et de ta sœur ? Est-ce que tu te sens en sécurité ? Tu penses qu’il pourrait s’en prendre à vous ? »
« J’en doute. Il me considère toujours comme sa confidente. Bien que je suis sûre qu’il doit se dire qu’il y a quelque chose qui ne tourne pas rond, vu que je ne réponds plus à ses appels ni à ses messages. Et je n’ouvre pas la porte quand il vient chez moi. »
Moulton hocha la tête, d’un air entendu. Il la regarda d’une manière qui la mit légèrement mal à l’aise. C’était exactement le même regard qu’elle avait vu dans ses yeux il y a un mois, quand ils avaient failli coucher ensemble. Et elle eut soudain vraiment envie de l’embrasser.
« Tu sais ce que tu dois faire, » dit-il. « Je ne sais pas si tu es venue ici pour avoir cette confirmation ou pas. »
« Je sais, oui. »
« Alors, dis-le à haute voix. »
« Je dois découvrir la vérité par moi-même. Pas une enquête officielle, mais juste… le surveiller, j’imagine. »
« Tu penses que ça implique d’être à nouveau en contact avec lui ? » demanda Moulton. « De continuer à vivre normalement, comme si rien n’avait changé et que tu n’avais jamais lu ce journal intime ? »
« Je ne sais pas encore. »
Un bref silence s’installa entre eux, avant que Moulton finisse par émettre un soupir. « Il y a beaucoup de choses que je vais rater à cause de ce que j’ai fait, » dit-il. « Trop de choses pour commencer même à y penser. Mais une des choses que je commence vraiment à regretter, c’est que je pense qu’on aurait vraiment pu avoir quelque chose de chouette entre nous. »
« J’essaye de ne pas penser à ça. »
Il hocha la tête, la regarda dans les yeux et se pencha lentement vers elle. Elle se sentait attirée par lui comme par un aimant, ses lèvres s’entrouvrirent même pour accepter son baiser. Mais elle détourna la tête au dernier moment.
« Désolée, je ne peux pas. Toute cette histoire avec mon père… la dernière chose dont j’ai besoin, c’est d’une relation avec quelqu’un qui se trouve en prison. »
Il eut un petit rire et posa sa tête sur son épaule. « Tu as raison, » dit-il, en levant la tête et en la regardant. « Mais… je veux avoir le droit de pouvoir t’inviter à sortir dès que je serai hors de cet endroit. »
« Et ce sera quand ? » demanda Chloé.
« Officiellement, dans quelques années. Mais pour bonne conduite et avec quelques failles du système… personne n’en est encore tout à fait sûr. Ça pourrait être dans huit mois. »
« OK… tu auras le droit de m’inviter à sortir, » dit-elle.
« Tant mieux… ça me donne au moins quelque chose à attendre avec impatience. Parce que cet endroit, ça craint. Mais la nourriture en revanche… est bien meilleure que ce que je pensais. »
Elle se rappela pourquoi elle appréciait autant sa compagnie. Il était parvenu à passer subtilement de la conversation désagréable concernant son père à autre chose. Et il l’avait fait sans qu’elle ait l’impression que ça lui pèse.
Ils restèrent assis sur le divan pendant un quart d’heure et Moulton lui expliqua ce qu’avait été sa vie au cours des dernières semaines. Il n’avait aucun problème à admettre entièrement que c’était sa faute et qu’il regrettait. Ça faisait du bien à Chloé d’entendre ça – non seulement parce qu’elle était convaincue qu’il était sincèrement une bonne personne, mais aussi parce que ça lui prouvait que les gens pouvaient vraiment faire preuve d’honnêteté.
Et vu le calvaire qu’elle voyait peu à peu se former entre elle, Danielle et son père, être en présence d’une forme d’honnêteté était incroyablement rafraîchissant.
Elle prit congé quarante minutes après être sortie de sa voiture sur le parking. Moulton n’avait pas réessayé de l’embrasser, bien qu’elle aurait secrètement souhaité qu’il le fasse. Elle partit en se sentant soulagée d’un poids, comme si elle était enfin sur le point d’aller de l’avant, après trois semaines de stagnation totale.
Au moment où elle traversait le parking devant l’édifice, son téléphone se mit à sonner. Elle le sortit tout de suite de sa poche, en se disant que ça devait être Danielle ou son père. Si c’était son père, elle avait décidé qu’elle allait décrocher, cette fois-ci. Elle trouverait bien une excuse pour expliquer pourquoi elle avait ignoré ses appels au cours des dernières semaines. De toute façon, il accepterait probablement n’importe quelle raison, vu qu’il venait soudainement de réapparaître dans sa vie après près de vingt ans d’absence.
Mais le numéro qui s’affichait à l’écran n’était ni celui de son père, ni celui de Danielle. C’était un numéro du FBI. Elle fit une légère grimace en répondant. Un appel un dimanche annonçait très certainement un lundi très stressant.
« Agent Fine, » dit-elle, en décrochant.
« Fine, c’est Johnson. Où êtes-vous ? »
Elle dut réprimer un petit rire avant de répondre. « En ville, » se contenta-t-elle de répondre.
« Je voudrais que vous vous rendiez sur une scène de crime à Falls Church. Un quartier riche, une victime dans le genre mondain. »
« Aujourd’hui ? »
« Oui, aujourd’hui. Le corps a été découvert vendredi matin. La police a fait sa part du boulot mais n’a aucune piste. »
« Il n’y a qu’un seul corps ? »
« Oui. Mais on veut un agent sur l’enquête afin de s’assurer que ce n’est pas lié à un cas similaire qui a eu lieu dans la région l’année dernière. »
« Monsieur… est-ce que Rhodes ne pourrait pas s’en occuper toute seule ? J’ai quelques soucis personnels pour l’instant. »
Il y eut un bref moment de silence sur la ligne. « Quelqu’un de votre famille est décédé ? »
« Non, monsieur. »
Elle savait que Johnson avait connaissance de certains détails concernant son père. Elle se demanda si c’était la raison de son silence.
« Désolé, Fine. Vous avez passé trois semaines au bureau à travailler sur du profilage. Maintenant, je veux que vous sortiez sur le terrain. Je veux que vous et Rhodes soyez à Falls Church dans moins de trois heures. Deux, ce serait encore mieux. »
Elle ouvrit la bouche pour protester mais se ravisa. Elle n’avait aucune envie d’être plongée dans une enquête pour meurtre alors qu’elle devait faire face à tant de choses au niveau personnel. Mais en même temps, elle savait qu’être impliquée dans une nouvelle affaire pourrait être exactement ce dont elle avait besoin. Ça la distrairait non seulement des problèmes qu’elle avait avec son père, mais il se pourrait également que ça la mette dans la bonne disposition d’esprit pour trouver un moyen de le faire arrêter.
« Oui, monsieur, » dit-elle. « J’appelle tout de suite Rhodes. »
Et juste comme ça, elle se retrouva sur sa première enquête active en plus de trois semaines. Le timing n’était pas idéal mais elle n’avait aucune raison de protester. Après tout, elle avait rejoint le FBI pour aider les gens dans le besoin – pour essayer d’apporter un sens de la justice à un système auquel elle n’avait jamais entièrement fait confiance.
Vu tout ce qui s’était passé concernant son père au cours des dernières semaines – y compris ses propres méprises à son sujet – ça semblait tout naturel que ce soit cet état d’esprit qui l’accompagne jusqu’à sa voiture et la pousse à appeler l’agent Rhodes.
CHAPITRE TROIS


Si Rhodes pensait éventuellement que Chloé avait des soucis personnels, elle n’en fit aucune mention durant le trajet vers Falls Church. En fait, elle n’avait jamais rien dit concernant un quelconque changement dans l’attitude de Chloé au cours des trois semaines où elles avaient travaillé ensemble sur ce projet de profilage – qui avait pour but de déterminer le profil d’un homme soupçonné d’avoir mené une série de cambriolages à main armée dans des banques à New York. Mais Rhodes était aussi du genre un peu dure à cuire et gardait tout pour elle. Même si leur relation avait atteint un tout autre niveau après que Chloé lui ait sauvé la vie suite à une blessure par balle, Rhodes ne montrait aucun signe de vouloir en savoir davantage sur la vie privée de Chloé.
Et c’était tant mieux.
En fait, la plupart du trajet de Washington à Falls Church, en Virginie, fut silencieux. Johnson leur avait donné très peu de détails concernant l’affaire. Tout ce qu’il leur avait dit, c’était qu’un adjoint de la police locale serait sur les lieux pour leur donner davantage d’informations quand elles arriveraient.
La seule conversation qu’elles échangèrent, fut au moment où elles prirent la sortie vers Falls Church. « Tu sais quelque chose concernant cette ville ? » demanda Rhodes.
« Pas grand-chose. Surtout des habitants de la classe aisée. Mais le quartier où on va, si je me rappelle bien, c’est l’un de ces quartiers qui est surtout riche en raison de vieilles fortunes . »
« Ah, tu veux dire que ce sont des gens qui sont riches parce que papa et maman étaient riches et qu’ils avaient encore trop d’argent au moment de leur mort ? »
« Oui, c’est ça. »
Rhodes eut un petit rire et regarda par la fenêtre. « On dirait qu’on est devenu les agents à qui on fait toujours appel pour ce genre de quartiers. Enfin… toi, en tout cas. Qu’est-ce que tu en penses ? »
Ce n’était pas quelque chose à laquelle Chloé avait pensé auparavant. Elle se contenta de hausser les épaules et de répondre franchement : « J’imagine que tout le monde a besoin de trouver sa niche et de se spécialiser dans quelque chose. »
Rhodes n’insista pas. Chloé faisait de son mieux pour lui faire comprendre qu’elle n’était pas intéressée par des conversations futiles pour l’instant – en essayant de faire passer le message sans être impolie. Apparemment, ça marchait. Elles n’échangèrent plus un seul mot jusqu’à la scène de crime – une magnifique maison à un étage dans un quartier aisé. La plupart des terrains derrière les maisons étaient recouverts d’arbres ou d’un vaste jardin. Le quartier en lui-même était un peu à l’écart des quartiers d’habitation plus denses et chaque maison disposait d’un vaste espace.
La présence d’une seule voiture de police dans l’allée semblait vraiment bizarre. Ça donnait à la maison une sorte de côté hanté, après avoir vu les autres résidences de la rue. Ça faisait tache dans le quartier.
Elles garèrent la voiture et montèrent les marches qui menaient au porche. La porte était fermée, alors Chloé frappa. Elle ne voulait pas avoir l’air présomptueuse et entrer comme si elle était chez elle, alors qu’il y avait un officier de police qui les attendait. La porte s’ouvrit tout de suite. Le policier qui apparut devait avoir la trentaine. Il était rasé de près et il eut l’air un peu surpris quand il vit deux femmes de l’autre côté de la porte.
« Nous sommes les agents Fine et Rhodes, » dit Chloé. « On nous a envoyées pour enquêter sur le meurtre de Jessie Fairchild. »
Le policier tendit la main et se présenta. « Je suis l’adjoint Ed Nolan. Je suis là pour vous donner toutes les informations dont vous pourriez avoir besoin. Venez, entrez. »
Quand elles entrèrent, Chloé se rendit compte que la maison était encore plus grande à l’intérieur qu’elle le semblait depuis l’extérieur. Le vestibule était de la taille de son salon et les plafonds s’élevaient à au moins quatre mètres de haut. On aurait dit que personne ne vivait depuis un petit temps dans cet endroit et ça lui donna froid dans le dos.
« Alors, qu’est-ce qu’il s’est passé ici ? » demanda Chloé. « Tout ce qu’on nous a dit, c’était de découvrir si c’était lié à une autre affaire datant de l’année dernière. »
« Quelle autre affaire ? » demanda Nolan.
« Trois morts par strangulation à environ huit kilomètres d’ici, » dit Rhodes. « Des femmes qui avaient toutes entre quarante et soixante ans. »
« Je pense que vous pourrez très vite confirmer que ce n’est pas lié. »
« Pourquoi ? » demanda Chloé.
« Eh bien, le corps a bien entendu été retiré, mais je peux vous montrer les photos. Madame Fairchild n’a pas été tuée par strangulation, bien qu’elle ait tout de même été étranglée. La mort a été causée par une entaille à la gorge… mais d’une manière assez bizarre que je n’avais jamais vue auparavant. »
Il les amena jusqu’à la cuisine et prit un dossier qui était posé sur la table. Il montra ensuite les escaliers en disant, « La femme de ménage a découvert le corps dans la chambre à coucher principale, à l’étage. Elle est montée en laissant le robinet de la buanderie ouvert. Elle a tellement été choquée par ce qu’elle a découvert là-haut qu’elle a complètement oublié le robinet et que l’eau a débordé un peu partout. »
« Allons jeter un coup d’œil à la chambre, alors, » dit Chloé.
Nolan hocha la tête et prit les devants. En traversant la maison, Chloé se dit que la femme de ménage devait vraiment être exceptionnelle, ou que les Fairchild étaient des gens particulièrement ordonnés.
Le couloir à l’étage était tout aussi impressionnant qu’au rez-de-chaussée. Une bibliothèque était encastrée dans le mur, au fond du couloir. Il y avait quatre pièces à l’étage, deux étaient des chambres à coucher, la troisième était une salle de bains secondaire, et la quatrième un bureau.
Nolan les amena jusqu’à la chambre à coucher principale. Bien que le corps ait été retiré, Chloé remarqua que les draps n’avaient pas été changés depuis le meurtre.
« La pièce est exactement dans le même état qu’au moment où le corps a été découvert ? » demanda Chloé.
« Tout ce qui a été bougé, c’est le corps, » confirma Nolan.
« Est-ce que vous pouvez nous donner un peu plus de détails ? »
Il se mit à leur détailler les éléments de l’affaire, pendant que Chloé et Rhodes regardaient la chambre autour d’elles. Chloé écouta chaque détail en essayant d’imaginer les scènes qui avaient eu lieu dans la pièce où elle se tenait actuellement.
« Rosa Ramirez, la femme de ménage, a découvert le corps vers onze heures trente vendredi matin. La police est arrivée sur les lieux un peu avant midi. Je faisais partie de la première équipe à arriver ici, alors j’ai pu voir de mes yeux tout ce qui est résumé dans ce dossier. La gorge de Jessie Fairchild avait été tranchée, mais d’une manière vraiment étrange et horrible. Bien que nous pensions qu’elle ait également été étranglée, l’entaille de son cou a été faite avec une bague ornée d’un très gros diamant. »
« Vous êtes sûrs de ça ? »
« Positif. La police scientifique l’a confirmé hier soir. Elle était recouverte de sang et les bords de l’entaille du cou correspondent à la coupe du diamant. Mais le mari n’est pas sûr que la bague appartenait à sa femme. »
« Attendez un peu, » dit Rhodes. « Il est impossible qu’une bague en diamant soit assez grosse pour faire une entaille aussi profonde. »
« On a pensé la même chose, » dit Nolan. « Mais l’entaille a touché une artère vitale et perforé la trachée. »
« Une idée de mobile possible ? » demanda Chloé.
« On a d’abord pensé qu’il s’agissait d’un cambriolage. Je suis sûr que vous avez remarqué que cet endroit est rempli d’objets de valeur. » Il montra du doigt une penderie sur le côté gauche de la chambre et ajouta : « Il y a une quantité incroyable de bijoux là-dedans. Quand on a parlé au mari, il nous a montré un collier qui vaut au moins trente mille dollars. Et il n’était pas dans un coffre-fort. Il était juste là, dans une boîte à bijoux. Il y a également deux voitures dans le garage, chacune valant minimum trois ans de mon salaire. Une énorme piscine à l’arrière, un jacuzzi. Les Fairchild avaient vraiment beaucoup d’argent. Et vu qu’ils étaient nouveaux dans le quartier, nous avons d’abord pensé que c’était un cambriolage. Mais on n’a pas pu trouver une seule preuve qui pointe dans cette direction. »
« Vous voulez dire que rien n’a disparu ? » demanda Chloé.
« Nous avons demandé au mari de faire le tour de la maison pour vérifier si quelque chose manquait mais il n’a rien constaté d’anormal. Il dit que tout semble être là. Bien sûr, il était sous le choc du meurtre de sa femme, alors peut-être qu’il n’a pas tout bien regardé dans les détails… »
« Vous avez dit que vous pensiez qu’elle avait également été étranglée, » dit Rhodes. « Est-ce que vous savez avec quoi on l’aurait étranglée ? »
« On n’en est pas certain, mais nous pensons que c’est avec une écharpe en fourrure de renard. On l’a retrouvée en-dessous du lit. La police scientifique est presque certaine que les deux extrémités ont récemment été agrippées et tirées. Le mari a affirmé qu’il ne se rappelle pas à quand remonte la dernière fois où il a vu sa femme la porter. »
« Que pouvez-vous nous dire au sujet des Fairchild ? » demanda Chloé. Elle s’avança vers le lit, en regardant les taches de sang séché sur le drap du dessus.
« Ils étaient nouveaux en ville. Ils ont emménagé il y a environ cinq semaines. Il y a encore des caisses dans le garage qu’ils n’avaient pas encore déballées. Le mari, Mark, est un gros bonnet de la finance et de la bourse. Jessie Fairchild travaillait sur les réseaux sociaux… une sorte d’influenceuse pour des célébrités. Instagram, Facebook, ce genre de choses. Ils venaient de Boston… le mari a dit qu’ils avaient déménagé parce qu’ils commençaient à en avoir marre de la congestion de la ville. »
« Où se trouve actuellement le mari ? » demanda Chloé.
« Il est parti avec son frère dans une cabane dans les montagnes. Il est parti ce matin. Il… eh bien, il est complètement anéanti. Je sais que chacun réagit différemment à la mort. Mais cet homme… Je l’ai vu littéralement s’effondrer, vous voyez ? Je n’ai jamais vu quelqu’un dans un tel état. »
« J’imagine que vous n’avez retrouvé aucune empreinte digitale sur la scène de crime ? » demanda Chloé.
« Aucune. Mais on a retrouvé un cheveu sur l’écharpe en fourrure. C’était un cheveu blond et Jessie Fairchild était brune. Ils sont occupés à l’analyser à l’heure où on parle… on devrait avoir les résultats très bientôt. »
Chloé prit un moment pour réfléchir. Vu qu’il y avait une solide indication qu’il y avait eu une sorte de strangulation, elle ne pouvait pas tout de suite écarter un lien possible avec les meurtres de l’année dernière. Mais l’entaille faite à l’aide d’une bague en diamant, c’était quelque chose de nouveau… de différent. Elle prit le dossier en main et fut sur le point de l’ouvrir pour commencer à l’examiner sur place.
« Vous avez dit que c’était vous qui étiez chargé de régler les derniers détails ? »
« Oui. »
« Est-ce qu’on peut vous suivre jusqu’au commissariat ? J’aimerais y installer un poste de travail. »
« Alors vous pensez vraiment que ça pourrait être lié aux meurtres par strangulation de l’année dernière ? » demanda Nolan. Il était évident qu’il ne s’attendait pas du tout à ça.
« Je n’en suis pas sûre, » dit Chloé. « Mais ce que je sais, c’est qu’une femme est morte – qu’elle a été tuée chez elle – et qu’il n’y a encore aucun suspect. Alors… mettons-nous au travail. »
Nolan sourit à son attitude positive. Il hocha la tête et se dirigea vers la porte de la chambre, en direction du couloir. « OK, on y va, alors. »
CHAPITRE QUATRE


Chloé ouvrit le dossier sur le meurtre de Jessie Fairchild, dès qu’elle fut installée au commissariat. Nolan leur avait donné un bureau qui avait appartenu à un assistant qui avait dû être licencié en raison de restrictions budgétaires. Certaines de ses affaires y avaient été laissées et Chloé avait un peu du mal à s’y sentir à sa place.
Mais elle se mit néanmoins au boulot et commença à examiner les informations contenues dans le dossier. Elle fut impressionnée par la manière ordonnée dont tout y avait été consigné. Apparemment, l’adjoint Nolan avait un penchant pour l’organisation et les détails.
Au-delà du rapport de police, qui contenait tout ce que Nolan leur avait déjà dit chez les Fairchild, il y avait plusieurs photos du corps de Jessie. Elle était entièrement vêtue, couchée sur le lit. Sa tête était tournée vers la gauche, ses yeux ouverts regardant la flaque de sang qui s’était répandue autour de sa tête. Mais ce qui sautait le plus aux yeux, c’était l’entaille profonde et irrégulière au milieu de son cou.
Les photos avaient dû être prises dans les heures suivant sa mort parce que le sang était encore frais. Chloé remarqua les endroits où il commençait à coaguler, mais le meurtre devait être très récent. L’entaille en elle-même était assez laide à voir. Les bords de la plaie étaient déchiquetés, comme si on avait littéralement scié la chair. Chloé remarqua également de très légères traces semblant indiquer que quelque chose avait été noué autour de son cou, bien qu’il soit difficile d’en être tout à fait certaine en regardant les photos. Vu qu’elle n’avait pas vu le corps, elle allait devoir se fier au rapport des légistes. Mais si ce qu’elle avait vu était bien le signe que quelque chose avait été noué autour de son cou, ça correspondrait parfaitement à l’écharpe en fourrure de renard qu’elle avait vue sur l’une des autres photos.
Elle vit également une photo de la bague en diamant qui avait été utilisée pour entailler son cou. Elle était posée sur la table de chevet. L’assassin n’avait en aucune manière essayé de la nettoyer ou de la dissimuler. Chloé était certaine qu’il cherchait à envoyer un message.
Mais quel message ?
« Je me pose des questions concernant la bague, » dit Rhodes. « Pourquoi la poser sur la table de chevet ? Par vantardise ? Ou pour essayer de nous dire quelque chose ? »
« Je me posais exactement la même question. Je me demande si cette bague a une signification particulière. Pourquoi cette bague- là précisément ? On dirait une bague de fiançailles. »
« Elle a également l’air de ne pas être donnée, » ajouta Rhodes.
« Ça doit être symbolique, d’une manière ou d’une autre. Tu ne laisses pas par hasard une bague en diamant couverte de sang sur une table de chevet, juste après l’avoir utilisée pour tuer quelqu’un. »
« Alors tu penses que l’assassin essaye de nous dire quelque chose ? »
« Ça se pourrait bien. Ça pourrait aussi… »
Elle fut interrompue par la sonnerie de son téléphone. Elle le sortit de sa poche, en se disant que ça devait être Johnson qui voulait vérifier si elles étaient bien arrivées. Mais quand elle vit le mot PAPA s’afficher à l’écran, elle fit la grimace. Une vague de colère et d’appréhension l’envahit.
Elle ignora l’appel et elle posa le téléphone sur la table, avec l’écran vers le bas. Elle retourna son attention vers le dossier qui se trouvait devant elle mais elle eut du mal à se reconcentrer.
« Ça va ? » demanda Rhodes.
« Oui, pourquoi ? »
« Eh bien, tu viens juste de regarder ton téléphone comme s’il venait de t’injurier. »
Chloé se contenta de hausser les épaules. « Juste des trucs personnels. »
Rhodes hocha la tête, ne souhaitant visiblement pas s’engager dans une conversation plus profonde. « Ouais, les trucs personnels, ça craint. »
Chloé essayait de se reconcentrer sur le dossier, quand elle entendit frapper à la porte. Quand elle s’ouvrit, elle vit l’adjoint Nolan passer la tête. Il ouvrit la porte plus grand et Chloé vit qu’un autre homme se tenait derrière lui. Il avait l’air beaucoup plus âgé et il avait l’une de ces épaisses moustaches grises qui le faisait vaguement ressembler à un morse.
« Agents, » dit Nolan, « voici le commissaire Clifton. »
Clifton entra dans le bureau et les regarda en hochant la tête. Il jeta un coup d’œil en direction du dossier qui était ouvert sur la table et qui montrait l’une des photos de l’entaille sanglante le long du cou de Jessie Fairchild, avant de rapidement détourner les yeux.
Chloé et Rhodes se présentèrent rapidement, pendant que Nolan entrait derrière le commissaire Clifton et refermait la porte derrière lui.
« Est-ce que l’adjoint Nolan a pu vous fournir tout ce dont vous avez besoin ? » demanda Clifton.
« Tout à fait, » répondit Chloé. « Il nous a beaucoup aidées. »
« Est-ce que vous avez besoin d’autre chose ? »
« Eh bien, vu qu’il s’agit d’une si grande maison, j’imagine qu’il devait y avoir un système d’alarme. Est-ce que c’est bien le cas ? »
« Oui, en effet, » dit Nolan. « Le mari nous en a donné le code pour qu’on puisse la réactiver en sortant. »
« Et il n’a jamais reçu aucun signal comme quoi l’alarme avait été déclenchée ? »
« Non, aucun. »
« Est-ce qu’on pourrait obtenir un rapport de la compagnie qui s’occupe du système d’alarme ?

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