Tragédie prussienne
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Tragédie prussienne , livre ebook

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Description


TRAGÉDIE PRUSSIENNE


Elsa van LAËGHELS, la célèbre détective, est conviée par le Général Ulrich von Fleygels, dans sa propriété située dans la Prusse du Nord, pour enquêter discrètement sur un terrible drame pendant lequel son petit-fils Ludwig-Michaël a été dévoré et tué par ses dogues d’Ulm.


Très vite, l’enquêtrice va douter de la thèse de l’« accident »...




LE COLLIER DE PERLES


Mrs Aurora Mac-Glenwech’, une excentrique et richissime jeune femme organisant régulièrement d’immenses bacchanales où les convives dansent, boivent et fument de l’opium dans un décor fastueux, se rend compte, après une de ces fêtes, que quelqu’un lui a volé son collier de perles d’une valeur de plusieurs millions de dollars.


Un ami sien lui présente la célèbre détective, Elsa van LAËGHELS, qui décide de participer à l’une des fameuses soirées afin de retrouver le cleptomane...




LA GRANDE VIE


Edwin et Elizabeth Laghurst, un charmant couple de jeunes Américains débarqués en Angleterre, font les beaux jours de la société londonienne.


Généreux, souriants, à l’éducation sans faille, les amoureux deviennent des invités de choix que tout le monde s’arrache.


Mais ce tableau idyllique pourrait bien cacher de sombres desseins...


Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 9
EAN13 9782373473988
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0007€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

ELSA, DÉTECTIVE PRIVÉE
Tragédieprussienne
Contient :
*16* Tragédie prussienne
*17* Le collier de perles
*18* La grande vie
Gaston-Ch. RICHARD
Tragédieprussienne
Chapitre I
VERSdéfraya pendantle début de l'été de 1923, un fait-divers horrible quelques jours les conversations à Berlin.
Selon les journaux, le petit-fils du général Ulrich von Fleygels, Ludwig-Michaël, avait été dévoré vivant par une meute de g rands dogues d'Ulm que le vieux général entretenait dans le parc d'une immens e propriété qu'il possédait dans la Prusse du Nord, en Grande-Poméranie.
Une profonde sympathie et un grand respect entourai ent Ulrich von Fleygels. On savait que, durant de longues années, il avait donné l'exemple de la modération. Beau soldat, patriote clairvoyant, h omme d'étude et de rayonnement, il savait que sa patrie avait tout à g agner aux travaux de la paix, et tout à perdre peut-être au jeu terrible de la gu erre. Parti à la tête d'une division poméranienne allemande, appelé à commander un corps d'armée après la retraite sur la Marne, partout il avait montré une valeur extrême, un froid courage, une énergie des plus belles, aux heures où lafuriafrançaise triomphait de la ténacité allemande.
De rudes coups l'avaient frappé... Sa femme était m orte de chagrin en apprenant que leur fils aîné, Wilhelm, avait été tu é en 1916 à Verdun. Son second fils, Frantz, lors de la seconde Marne avait été si cruellement mutilé qu'il devait renoncer à fonder une famille à jamais. Tout l'espoir de sa maison, tout l'avenir de sa race reposait donc sur son petit-fil s Ludwig-Michaël.
Né en 1916, très peu de temps après la mort de son père, le petit Ludwig, en 1920, était doublement orphelin. Sa mère, une bonne et tendre créature qui avait fait sienne la devise des anciennes femmes allemand es : « Le Foyer, l'Église, les Enfants », avait pris froid, un soir, en s'atta rdant à prier dans le funèbre enclos du parc où reposait la cendre de son époux : une congestion pulmonaire l'avait emportée en neuf jours.
Toute la tendresse, tout l'amour paternel du généra l von Fleygels s'étaient reportés sur son petit-fils.
Ludwig-Michaël était un bel enfant, robuste et sain , aux cheveux blonds, un peu roux, aux yeux bleus, sage, aimant, studieux au tant que pouvait l'être un garçonnet de son âge.
Mais malgré tout, la vie n'était pas bien gaie, dan s le vieux château
poméranien, entre l'enfant, le vieillard et le muti lé.
Frantz von Fleygels était d'humeur taciturne et plu tôt réservée, aux temps même de son adolescence. Sa terrible blessure l'ava it encore assombri. Devenu énorme, obèse, ce colosse de près de six pieds ne p renait plus quelque plaisir qu'à de longues randonnées solitaires en automobile . Il lisait beaucoup aussi, pêle-mêle, fumait comme un volcan et parfois, quand il se sentait l'âme trop lourde, buvait, seul, dans sa chambre, jusqu'à roul er ivre-mort.
Naguère encore, il avait essayé de chasser, pour lu tter contre la dépression morale, l'envahissement de l'adiposité. Il avait ac heté des chiens, engagé un valet, nommé Kasper, chargé de les soigner, un gard e-chasse chef, Ruprecht Wagner, et repeuplé à grands frais les tai llis... En quelques années les bêtes avaient pullulé... Mais ce n'était que rareme nt que Frantz von Fleygels consentait à leur faire l'honneur de les tuer.
Quand il apprit la mort tragique, l'épouvantable fi n de son petit-fils, von Fleygels était à Berlin... Il pensa en perdre la ra ison, de désespoir et de douleur.
Jusque-là, il avait tenu bon contre l'adversité. Il se surveillait, se soignait, portait beau, et très droit encore, très jeune sous ses cheveux gris de fer, voulait vivre, pour que l'enfant fût élevé comme il le voul ait.
Il revint en toute hâte vers sa vieille demeure. Et quand il y arriva, après deux journées de voyage, ses serviteurs eurent pein e à le reconnaître. Son visage amaigri, creusé, raviné de rides, ses yeux c aves brûlés par le sel des larmes, son grand corps courbé, affaissé étaient ce ux d'un vieillard octogénaire, alors qu'il comptait à peine soixante ans.
Il voulut revoir les restes mutilés, déchirés de so n petit-fils. En vain essaya-t-on de l'en dissuader. Il imposa sa volonté à tous. On rouvrit le petit cercueil et il revit ce qui avait été Ludwig-Michaël.
Alors, levant les mains vers la grande croix noire placée au chevet de la bière, sur le mur, il cria, d'un tel accent que tou s ceux qui l'entendirent tremblèrent de pitié et d'effroi :
— Mon Ludwig ! Mon petit ! Dieu ! est-ce juste, cela ?
Durant un mois, muet, farouche, il ne vécut que pou r aller prier au pied du mausolée où le père, la mère et l'enfant dormaient leur suprême sommeil. Puis, sous l'empire d'une idée qui sans doute le tourment ait beaucoup, il s'enferma dans son bureau et écrivit de longues lettres...
Enfin, un soir, une jeune femme se présenta au chât eau, vêtue de noir, simplement et strictement mise. Elle fit passer sa carte au général, qui la reçut immédiatement.
Et le soir même, Frantz von Fleygels, très surpris à la vue de l'étrangère, entendit son père lui dire :
— Fraulein Elsa van Laëghels partagera désormais no tre existence, mon cher fils. Durant quelques mois au moins. Car j'ai résolu d'écrire mes mémoires, et fraulein Elsa van Laëghels me servira de secréta ire.
— Bien, mon père, répondit le colosse, en inclinant la tête devant la jeune femme.
Chapitre II
DÈSle lendemain, seul avec Elsa, le général parla.
— Mademoiselle, dit-il, je vous ai demandé de venir à moi pour m'aider à éclaircir le mystère qui pèse sur la mort de mon pa uvre petit Ludwig. Je sais qui vous êtes. Von Raiter et von Hoorn sont de mes amis . Ils n'ont pas oublié le jeu terrible que vous avez joué contre von Bissing et.. . ils vous admirent. Von Raiter m'a dit que seule vous seriez capable de me donner la preuve de ce que je soupçonne. C'est pourquoi je vous ai écrit, car, av ant de mourir, je veux venger mon petit-fils.
Deux lourdes larmes, comme il parlait ainsi, roulèr ent jusque dans sa moustache grise.
— Il faut me pardonner, si je pleure ! dit-il en le s essuyant. Je ne puis pas m'en empêcher. Ah ! Dieu ! si vous saviez combien i l était gentil, affectueux et gai... Et je l'ai vu au cercueil, déchiré, défiguré , éventré, mis en loques. Un si bon petit être ! Et ces chiens l'aimaient pourtant...
— Voulez-vous me raconter ce qui s'est passé ? dit Elsa, émue par cette immense douleur.
— Oui... Ce ne sera pas long... Après la guerre, co mme on avait constaté la présence de véritables bandes de loups dans le pays (de rudes hivers les avaient fait descendre de Russie sans doute), j'eus une meute de ces dogues d'Ulm. Ils étaient quatre couples, splendides, acco utumés à cette chasse. Avec mon fils et moi, avec Ludwig, avec Ruprecht et Kasp er qui prenaient soin d'eux, c'étaient des moutons. Mais ces chiens-là sont suje ts à de brusques sautes d'humeur ; ils entrent en fureur pour une vétille. Si, à ce moment-là, on ne leur tient pas tête, vigoureusement, avec le fouet et le bâton, les choses vont mal... Toutefois... ils aimaient Ludwig... Et pourtant ils l'ont étranglé et mis en pièces...
— Vous n'avez donc pas mis l'enfant en garde contre le danger qu'il pouvait courir du fait de ces chiens ?
— Cent fois, au contraire. Je lui avais dit de ne j amais entrer seul dans leur chenil. Il m'avait bien promis de ne pas le faire, non par crainte d'une correction, mais parce qu'il redoutait, au-dessus de tout, de m e contrarier. C'était un enfant très doux, très obéissant, très intelligent. Pour q uelle raison est-il entré dans ce chenil ? Car il y est entré... Comment ? C'est ce q ue j'ai essayé de savoir. J'ai interrogé tout le monde... mais nul ici n'a pu me répondre.
— Qui a découvert le drame ?
— C'est Kasper, le valet de chiens. Il a entendu le s aboiements furieux des
bêtes, les cris horribles de l'enfant. Il a donné l 'alarme. Mon fils, à l'entendre, est arrivé aussitôt avec un pistolet ; Ruprecht, qui lo ge près des chenils, est accouru avec son fusil. Mais il était trop tard. Les bêtes étaient à la curée et il a fallu les tuer pour pouvoir reprendre les restes sanglants de mon pauvre petit ! Ils lui avaient arraché la gorge, ouvert le ventre... Pourq uoi, mon Dieu ? Pourquoi ?
Elsa l'écoutait, muette d'horreur. Elle dit, après...
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