Via Tivoli
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Description

Un jeune homme et une jeune fille se rencontrent pendant les vacances. La jeune file disparait et le jeune homme se lance à sa poursuite à travers l'Europe : Hollande, Danemark, Suède, etc. En vain...

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 08 avril 2016
Nombre de lectures 6
EAN13 9782312042855
Langue Français

Extrait

Via Tivoli

Gérard Levacher
Via Tivoli
Roman

















LES ÉDITIONS DU NET 22, rue Édouard Nieuport 92150 Suresnes
© Les Éditions du Net, 2016 ISBN : 978-2-312-04285-5
Chapitre 1
Un nid de verdure composé de peupliers et de roseaux entrelacés, une rivière découpant avec malice une terre noire d’humus, un rayon de soleil fouillant chaque recoin, tel est l’endroit insolite où mon regard vint se poser un après-midi d’été. Je ne savais que faire, n’ayant pas encore commencé mes vacances et venant à peine de terminer une année scolaire bien trop longue à mon goût.
J’allais au gré de ma fantaisie, me fiant à mon instinct dont je connaissais la finesse du flair. Las de batifoler, je décidais de poser dans ce lit douillet mon grand corps désireux de paix.
À ma descente du train poussif, je fus accueilli par un vent chaud qui sentait bon le foin sec. Personne dans la station, à part un chef de gare à la casquette poussiéreuse et à l’uniforme bleu foncé élimé.
Les sourcils broussailleux tressaillirent à ma vue. Qui pouvait bien être ce voyageur qui débarquait à pareille heure ? Sa curiosité de brave homme fut mise à rude épreuve et lorsque je tendis mon billet il n’y tint plus. Me regardant des pieds à la tête, sa bonne voix chaude de campagnard m’arriva en plein visage, accompagnée de quelques fines particules de salive mal retenues par des dents usées et incomplètes.
« Bonjour Monsieur. Eh bien, vous arrivez par beau temps.
– Eh oui, lui répondis-je, affable.
– Pour sûr que dans le train la chaleur doit être terrible.
– Eh oui, tandis qu’ici on respire l’air pur.
– Pour ça oui, vous serez servi si vous passez vos vacances dans le pays. »
Voyant où le bonhomme voulait en venir, je décidais de satisfaire sa curiosité afin d’en finir.
« Je ne fais que passer, mais tout me paraît si calme qu’il se peut que je prolonge légèrement mon séjour. Y a-t-il un bon hôtel dans le pays ?
– Vous pouvez aller au « Faisan doré ». Vous ne serez pas déçu. On y mange très bien à ce qu’il paraît. Mais, continua-t-il en clignant de l’œil, si vous aimez les belles filles, il vaut mieux que vous descendiez à « Bagatelle ». La patronne aime bien les beaux gars costauds. »
Je souriais en recevant le compliment naïf mais qui m’allait cependant droit au cœur.
« Je crois que pour passer de bonnes vacances je préférerais la bonne chair aux jolies filles. Je vous remercie cependant du tuyau. Sait-on jamais ! »
Je quittais le bonhomme qui aurait aimé prolonger l’entretien. Tout en marchant, mes pensées dansaient autour de moi. Je revivais les derniers mois passés. Non, je n’étais pas venu si loin pour courir les filles. Ma dernière aventure m’avait laissé malheureux, meurtri et je m’étais bien juré de vivre en célibataire pendant la belle saison, de reprendre le maximum des forces que j’avais laissées dans les soirées mondaines du dernier hiver.
Je louais une chambre au Faisan Doré, me connaissant trop bien pour ne pas me tenter inutilement. Je fus enchanté par l’ambiance de l’hôtel restaurant. Le service était impeccable, les menus bien dosés et les clients sérieux et discrets. Tout ce qu’il me fallait pour couler des jours de farniente récupérateur.
Je ne savais encore combien de temps j’allais rester. Tout dépendait du besoin de changement qui m’assaillait souvent. Pour l’instant, il suffisait de me laisser vivre, occupant mon temps à visiter le coin en prenant des notes qui pourraient m’être précieuses dans les mois à venir.
***
Accoudé à une barrière de bois vermoulu, je regardais sans voir un paysage composé de verdure et d’eau. Un grand lac offrait son ventre plat aux rayons du soleil. Mon esprit voguait loin de ces beautés naturelles dont je m’étais émerveillé quelques instants auparavant.
Je pensais à ma jeunesse, à ses excès, à ses joies, à ses peines. Je revivais, image par image, une existence dont je ne savais si je devais en être fier.
À seize ans, mes études secondaires achevées, je me croyais déjà un grand garçon avide d’espace et de liberté. Dès le premier jour des vacances, je partais à l’aventure. Je m’élançais dans l’inconnu avec pour tout bagage une petite valise qui devait être mon plus fidèle compagnon de voyage pendant toute ma jeunesse errante. Je parcourais de nombreux pays récoltant une ample moisson de faits divers. Ainsi, j’acquis vite une grande expérience et une documentation précieuse sur le monde. J’en profitais pour parfaire mes connaissances en langues étrangères.
Le mois d’octobre qui suivit mes dix-sept ans me trouva au Danemark , étudiant dans un collège international l’I School People d’Elseneur . Nous étions soixante élèves originaires de vingt-six pays différents. Dans ma mémoire était encore gravée l’ambiance extraordinaire qui régnait dans l’établissement. Je me souviens également des longues soirées dans les boites d’Elseneur et des conquêtes faciles que l’on y faisait, nous qui avions l’aura de l’étudiant étranger.
L’année suivante, j’étais en Hollande, travaillant la terre, luttant contre les moustiques qui envahissaient les polders. L’hiver me surprit patinant sur les canaux gelés. Au printemps, je déménageais de nouveau, ma petite valise à la main. Je gagnais l’Allemagne puis le tyrol. Je gouttais des jours heureux dans un petit cottage de montagne. Je chassais et me promenais à mon gré, vivant d’un rien, dans une immense liberté, ce bienfait que je considérais comme indispensable à mon corps et à mon esprit.
J’avais dix-neuf ans lorsque du bateau qui nous transportait j’aperçu pour la première fois la célèbre statue de la liberté. Je regardais cette œuvre, cadeau de la France, symbole du plus grand des bienfaits que notre planète puisse posséder. Je débarquais à New York les yeux grands ouverts cherchant ce qui pouvait différencier ce pays de notre vieille Europe. Je fus déçu, au premier abord, de ne rien trouver, si ce n’est la hauteur des buildings. Je restais un an à parcourir ce vaste pays. Mon périple pris fin avec la réception d’une convocation pour faire mon service militaire.
Changement brutal avec comme nouvel horizon les murs d’une caserne, la fin de la liberté, le commencement d’une nouvelle vie souvent aberrante, avec des ordres et des contre ordres auxquels il faut néanmoins obéir.
Au bout de quelques mois, je fus envoyé en Algérie, cette magnifique contrée encore française pour quelques temps et ses habitants déroutés par les évènements qu’ils n’approuvaient pas forcément. J’ai pu rencontrer des autochtones qui écoutaient l’hymne national la main sur le cœur et la larme au coin de l’œil. Des fidèles de la France qui furent lâchement abandonnés par la suite et livrés à leurs bourreaux.
Mes obligations militaires remplies, je décidais de reprendre mes études et m’inscrivais en faculté de sociologie de Paris. Devenu, pour un temps et par la force des choses, sédentaire, étudiant acharné pour abréger le supplice, je mettais les bouchées doubles pour obtenir le sésame que je jugeais nécessaire.
Maintenant , tout était terminé. J’avais mon diplôme en poche et je jouissais pleinement de vacances que je m’étais octroyé. Je voulais me reposer et oublier les longues journées passées à la bibliothèque de la fac mais, surtout, les longues soirées dans les salles enfumées des dancings de la capitale. Nous étions une joyeuse bande et chaque soir après les cours, nous nous retrouvions dans un bar miteux pour jouer au quatre cent vingt et un en fumant et en buvant un breuvage qui variait en fonction de l’état de nos finances.
De toute cette jeunesse turbulente et trépidante, j’étais sans doute le plus calme. Nous avions tous parcourus le monde et fait les quatre cents coups. Le dimanche, nous enfourchions nos scooters et allions danser dans un village paisible au bord de la Marne. Nous étions les rois et jouions facilement les durs qui viennent de la capitale pour amuser les paysans.
Tout cela me laissait aujourd’hui une sorte de nausée, d’écœurement. Je ne voulais plus toucher un verre d’alcool, ne plus connaître les filles faciles. Voilà pourquoi j’avais choisi ce petit coin tranquille des Vosges.
Je pouvais me vanter d’avoir fait trente-six métiers, d’avoir parcouru la moitié de la terre, de pouvoir vivre sans un sou pendant des mois. Mais, qu’était-ce tout cela ? La liberté, ce fruit dans lequel on mord à belles dents ? Et après ?
Je n’avais pas d’amis, bien qu’ayant des connaissances nombreuses de par le monde. Je n’avais pas de situation bien que parlant plusieurs langues et fort d’une expérience multiple, je n’avais pas d’argent mes po

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