Au Nom de l Harmonie, tome 2 : Miroir
328 pages
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Au Nom de l'Harmonie, tome 2 : Miroir , livre ebook

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Description

Je commençais tout juste à découvrir l'Harmonie lorsqu'un événement inattendu s'était produit...



Et puis, comme dans un rêve, je m'étais retrouvée mariée à Nathan sans aucun souvenir de cet événement.



Si, au départ, cela m'avait rendu heureuse, j'avais eu un étrange pressentiment. C'était comme si la vie dont je me rappelais n'avait jamais existé.



« Une histoire audacieuse où l'harmonie tant recherchée n'est pas le bonheur pour tous. Loin de là... » Aurélie Venem



« Olivia Sunway nous offre un deuxième tome magnifiquement bien mené. Une histoire pleine de rebondissements, qui vous fera palpiter le coeur ! J'ai adoré ! » LS Ange

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 05 février 2019
Nombre de lectures 66
EAN13 9782954692029
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0045€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

Livres du même auteur Trilogie Au Nom de l’Harmonie Tome 1 : Zéphyr Tome 2 : Miroir Tome 3 : Descendance Autre roman Working Love
Olivia Sunway
Au Nom de l’Harmonie Tome 2 : Miroir © éditions Temporelles 2016 Les éditions Temporelles 52 rue Louis Baudoin 91100 Corbeil Essonnes
Prologue
Uepuis qu’une femme m’avait mystérieusement agressé e le soir de mes quinze ans et qu’un homme avait surgi de nulle part pour me sa uver, j’avais pensé que ma vie serait chamboulée à tout jamais. Malheureusement, j e n’étais pas au bout de mes surprises… Uix ans plus tard, j’avais plus ou moins oublié cet épisode de ma vie. J’aimais mon meilleur ami d’un amour à sens unique et je lui fai sais entièrement confiance. Jusqu’au jour où il m’avait offert ce collier, qui arborait la même marque que mon sauveur, pour débrider des pouvoirs dont j'ignorais l’existence. C’est à partir de ce moment précis que j’avais commencé à découvrir des choses incompréhen sibles. Entre mes origines royales et mon rôle primordial d ans le maintien de l’Harmonie, un pouvoir indispensable pour la pérennité de mon espè ce, j'avais eu mon compte de bouleversements. Au cours de cette année, malgré toutes les horreurs que j’avais subies, Nathan s’était finalement dévoilé. Cela avait inévitableme nt renforcé mon amour pour lui. Bien que son statut de guerrier rende notre relation imp ossible, nous étions passés outre les règles imposées par le conseil pour enfin être ense mble. Puis il y avait eu Alex, un autre guerrier affecté à ma sécurité. Il avait créé ce lien d’empathie entre nous pour m’imposer ses sentiments . Et j’avais fini par lui céder… Aujourd’hui, je ne savais plus trop où j’en étais. Mais cela me faisait affreusement mal de savoir qu’ils étaient tous les deux en train de subir les pires tortures pour avoir été trop proches de moi. Si j’avais découvert que mon sang était de lignée royale, cela ne voulait pas dire que je maîtrisais ce qui se passait. Bien au contraire. J’avais plutôt l’impression d’être un pion que le conseil manipulait à loisir pour accomp lir mon destin…
1
Cela faisait à peine quelques heures que je venais d’assister au jugement de Nathan et d’Alex. Daphné, ma dame de compagnie, avait dépo sé un plateau-repas sur ma table de nuit pour le déjeuner. Je n’avais pas la f orce de manger. Depuis que j’avais regagné ma chambre, je n’avais fait que pleurer san s réussir à m’arrêter. Roulée en boule, je ne cessais d’imaginer les pires tortures que Nathan et Alex devaient subir. Tout ça pour avoir franchi les limi tes que le conseil leur avait interdites. Cela m’était insupportable et me paraissait telleme nt injuste. Ce jugement m’avait prouvé que je ne pouvais pas battre le conseil. J’a vais essayé de lutter, bien que mes pouvoirs ne fassent pas le poids. Rodolf s’était co ntenté de me paralyser pour m’obliger à regarder ce que les autres membres faisaient à me s deux guerriers, sans que je ne puisse rien y faire… Quelques coups retentirent contre la porte et Daphn é entra timidement. Ses cheveux bruns coupés court étaient toujours parfaitement co iffés, sa tenue toujours aussi sophistiquée et professionnelle. — Ma Reine, le conseil voudrait vous voir, dit-elle hésitante. Je reniflai bruyamment et lui jetai un regard plein d’amertume. — Dites-leur que je n’ai pas l’intention de leur pa rler après ce qu’ils ont fait ! — Si vous ne venez pas, Siréna viendra vous cherche r… Siréna, la seule femme qui faisait partie du consei l et qui semblait plus tolérante que les trois autres membres, avait quand même torturé Alex et Nathan… — Alors qu’elle vienne ! Je me ferai un plaisir de lui dire ses quatre vérités. — Très bien…, acquiesça Daphné, mal à l’aise. Je va is lui transmettre. Elle se retira et ferma la porte derrière elle. Je dois me ressaisir… Nathan voulait que je sois fo rte. De nouvelles larmes roulèrent sur mes joues à la si mple évocation de Nathan. Je fermai les yeux et inspirai profondément pour chass er mon chagrin. Je devais l’enfouir au plus profond de moi. Quelques coups résonnèrent de nouveau contre la por te. Je m’assis maladroitement sur le lit et adoptai une posture droite, en essaya nt de paraître sûre de moi. — Entrez, dis-je d’une voix encore un peu trop chev rotante à mon goût. La porte s’ouvrit, révélant une Siréna qui ne sembl ait pas en meilleur état que moi. Elle paraissait anéantie. Ses cheveux bruns étaient à peine coiffés, ce qui accentuait les quelques rides de son visage. Quant à ses yeux sombres, ils semblaient vides et sans vie. Aujourd’hui, elle faisait beaucoup plus v ieille que les cinquante années que je lui avais données la veille. — Ma Reine, vous pouvez passer les fêtes de Noël av ec votre famille adoptive, si vous le souhaitez. Vous devez vous reposer. Dans qu elques jours, je vous présenterai les élémentales qui sont susceptibles de créer l’Harmonie. Surprise, je mis un peu de temps à répondre et continuai à l’observer. — Est-ce qu’ils vont mourir ? ne pus-je m’empêcher de demander en sentant de nouvelles larmes affluer sous mes paupières. — Vous devez arrêter de vous inquiéter pour eux. Vo tre priorité est de maîtriser l’Harmonie, vous n’avez pas besoin d’éléments perturbateurs. — Mais vous vous inquiétez pour Alex. Vous avez l’a ir si triste… Sa lèvre inférieure trembla légèrement, son visage se ferma. — Ils doivent être punis pour ce qu’ils ont fait, p eu importe ce qu’Alex représente pour moi. Je devais le faire, je n’ai pas eu le cho ix… — On a toujours le choix… Elle me toisa avec mépris. — Vous ne pouvez pas comprendre…
Elle garda le silence un moment, sans cesser de me dévisager. Quelqu’un d’autre frappa à la porte. Siréna fit entrer un homme asiat ique qui s’accroupit devant moi à l’instant où il me vit. — Bonjour, Ma Reine, s’inclina-t-il respectueusemen t. — Melinda, voici Dae-Jung. Il va vous aider à aller mieux. Dae-Jung se releva lentement et s’avança vers moi. Il jeta un œil à Siréna, qui hocha la tête, et posa sa main sur mon épaule avant que j e ne puisse dire quoi que ce soit. Ma peine disparut instantanément et un calme inhabi tuel m’envahit. — Faites-lui oublier l’existence de ses guerriers. Non ! Pas un dévotionniste... Dae-Jung acquiesça. La panique que j’aurais dû ress entir resta loin de moi tandis que Dae-Jung plongeait ses yeux sombres dans les mi ens. Je n’avais pas la force de protester, son pouvoir était beaucoup trop anesthés iant. C’est à cet instant que je compris… Sarah ne m’avait pas aidée à aimer les dévotionnist es, mais ce qu’était en train de faire Dae-Jung me faisait les détester encore plus. — À partir de maintenant, vous allez oublier Nathan et Alex pour vous concentrer sur la tâche qui vous attend, articula Dae-Jung d’une v oix posée. Je clignai plusieurs fois des paupières. D’un seul coup, je me demandai pourquoi j’avais les yeux mouillés de larmes… Dae-Jung retira sa main et s’inclina avant de repartir. Je me sentais un peu perdue. — Quoi que vous décidiez, reprit Siréna, vous devez être de retour le 26 décembre au plus tard. Je fronçai les sourcils, j’avais l’impression d’avo ir loupé quelque chose. Siréna ne s’attarda pas davantage et me laissa seule. Mon regard s’arrêta sur le bracelet violet attaché autour de mon poignet. Un frisson d’horreur me remonta le long de la colonne vertébra le, sans que je ne comprenne pourquoi. Une chose était sûre : je ne devais pas l ’enlever, je savais que c’était douloureux. La pierre se mit à briller intensément et mon inqui étude augmenta encore. Mon intuition me criait que je devais faire quelque cho se. Sylvert est peut-être capable de m’aider.Déterminée, j’ôtai maladroitement la robe de cérémo nie que je n’avais toujours pas quittée. Je fouillai le dressing de fond en comble à la recherche d’un jean et d’un pull. Il n’y avait que très peu de vêtements classiques. Heu reusement, je trouvai rapidement ce qu’il me fallait et m’habillai prestement. Je rassemblai mes affaires, glissai la couronne et le médaillon dans mon sac à main et attrapai ma clé de voiture. Je la serrai entre mes doigts en réalisant que je n ’avais aucun moyen de transport. Je ne savais pas du tout où je me trouvais. Je m’engageai hors de ma chambre, à la recherche de Daphné. Par chance, je la croisai dans l’escalier qui menait jusqu’au salon d u rez-de-chaussée. — Je pars, annonçai-je de but en blanc. Dites-moi o ù se situe le château, j’aimerais appeler un taxi. S’il vous plaît, faites qu’il se trouve dans mon mo nde. Elle se figea. — Ma Reine, dit-elle en inclinant légèrement la têt e. Vous ne pouvez pas nous abandonner… Peu importe où vous vous cachez, ils vo us retrouveront. — Siréna m’a proposé de passer les fêtes de Noël ch ez moi. — Ah… Très bien. Heu… je vais chercher quelqu’un po ur vous y emmener. — Non, je ne veux pas de téléportation ! Donnez-moi simplement l’adresse. — D’accord… Laissez-moi quelques minutes, je vous r ejoins dans vos appartements.
Jesoupirai en remontant les quatre marches que j’avai s descendues. Aujourd’hui, je n’avais aucune patience. Arrivée dans le petit salo n, j’étais au bord de la crise de nerfs.  J’arpentai la pièce de long en large sans comprend re les sentiments contradictoires qui m’envahissaient. Daphné me rejoignit quelques minutes plus tard. — Une voiture vous attend devant le château, Ma Rei ne, dit-elle en s’inclinant légèrement. Elle releva la tête et m’adressa un sourire plein d e tristesse. — Vous allez me manquer. — Je ne pars que quelques jours… — Ils seront très longs pour moi. Je n’avais pas la force de tenir cette conversation . En faisant mon possible pour ne pas être désagréable, je soutins son regard déçu. — Merci pour la voiture, Daphné… Vous allez me manq uer aussi, ajoutai-je un peu maladroitement. Son sourire se fit plus joyeux, mais elle n’ajouta rien de plus. — Où sont vos affaires ? demanda-t-elle comme si el le était prête à les porter. — Chez moi… — Oh… Très bien. Je vais vous conduire à la voiture . Elle me guida à travers le château qui était étrang ement vide. — Où sont-ils tous passés ? — Vous savez, Ma Reine, la plupart des gens présent s lors de la cérémonie n’habitent pas ici. Chaque membre du conseil possèd e une chambre au château. En général, ils préfèrent rester chez eux. Avant, ce n ’était pas pareil mais, avec la modernité, chacun a préféré avoir son indépendance… — Vous voulez dire que je suis la seule à habiter i ci ? — C’est à peu près ça, sourit-elle. Bien sûr, chaqu e membre du personnel a un petit appartement à disposition, moi y comprise. — Ce n’est pas très rassurant… — S’il y a le moindre danger, votre guerrier vous p rotégera, affirma Daphné. Je retins un flot de larmes et ma gorge se serra. E ncore une fois, ce sentiment me déstabilisa. J’avais l’impression qu’il me manquait quelque chose, une donnée importante qu’on avait effacée de ma mémoire… — Quel guerrier ? Le bracelet se remit à briller intensément. Mon ven tre se comprima, tout mon corps se crispa instantanément. Il doit y avoir un lien… — Celui qui vous attend devant. Nous franchîmes la grande porte en bois de l’entrée et nous retrouvâmes devant l’immense portail en fer forgé noir. Une berline sombre attendait devant. Elle semblait luxueuse et déplacée au milieu de la forêt qui nous entourait. Daphné ouvrit le portail et un panneau sur le mur a ttira mon attention. « Château du Saussay » Nous étions donc à Ballancourt-sur-Essonne. Savoir que je n’étais pas loin de chez moi me réconforta un minimum. — Votre retour est prévu pour quand ? demanda Daphn é. — Le 26 décembre. — À dans quatre jours alors, s’inclina-t-elle. Un peu perdue, j’avançai d’un pas hésitant vers la voiture dont les vitres teintées ne me permettaient pas de distinguer le conducteur. Je jetai un dernier regard à ma dame de compagnie avant d’ouvrir la portière côté passag er pour m’installer à l’intérieur. — Bonjour Ma Reine.
Une femme ? — Où est le guerrier ? — C’est moi, Ma Reine, grinça-t-elle en me regardan t avec insistance. — Vous êtes une femme…, lâchai-je sans réfléchir. Ses yeux bruns se plissèrent et elle se rembrunit. Ses longs cheveux noirs étaient rassemblés en une grande natte qui reposait sur sa poitrine et son teint mat faisait ressortir ses traits amérindiens. Elle démarra tran quillement en rivant son regard devant elle. Étrangement, je connaissais les particularité s des guerriers même si je n’avais pas le souvenir d’en avoir connus. — Nous ne sommes pas nombreuses, dit-elle simplemen t. — Vous savez vous battre ? Elle eut un rire de dérision un peu méprisant. — Mieux que Nathan et Alex, si vous voulez tout sav oir. Ces deux noms me provoquèrent un énorme pincement a u cœur. Quelque chose clochait, je devais en savoir plus. — Qui sont-ils ? La jeune femme brune me jeta un regard indéchiffrab le. — Vous ne vous rappelez pas d’eux ? demanda-t-elle étonnée. — Non… Elle frappa le volant de sa paume, me faisant sursa uter. — Les enfoirés ! — Pardon… ? dis-je, choquée par sa réaction. — On dirait que le conseil t’a effacé la mémoire. Sa familiarité à mon égard me surprit. Je m’efforça i de passer outre, sans réussir à réprimer ma réaction. — Quoi ?! m’écriai-je. La jeune femme soupira bruyamment. — Que ce soit clair, je n’ai aucune envie de te ren dre service. Si je le fais, c’est uniquement pour Nathan. Et ça devra rester entre n ous. — Qu’est-ce que vous allez faire ? m’inquiétai-je. — Arrête de me vouvoyer, ça me donne l’impression d ’être vieille… Ok… Elle arrêta brusquement la voiture sur le bas-côté de la route, à quelques centimètres du fossé. — Il faut que tu me donnes le nom du dévotionniste qui t’a fait ça. Je fronçai les sourcils tandis qu’un nom me revenai t. — Dae-Jung… — C’est lui qui t’a lobotomisée ? Tu es sûre ? Je lui jetai un regard incertain tandis qu’elle serrait les dents, comme pour retenir une répartie cinglante. Elle se racla la gorge et s’écl ipsa hors de la voiture pour venir m’ouvrir la portière. — Nous allons nous téléporter, ça ira plus vite. — Vous… tu ne m’as pas dit ton nom, remarquai-je. — Théo. — C’est un nom de garçon… Elle me toisa avant de poursuivre. — Mon vrai nom est Théodora, mais ne t’avise pas de m’appeler comme ça. Bon, tu es prête ? Des voitures passaient à toute allure sur la nation ale à quelques mètres de moi. — Oui… Elle passa maladroitement ses mains autour de ma ta ille. Son corps était tendu quand elle me serra contre elle. C’était étrange de se retrouver dans les bras d’une personne totalement inconnue.
Théo nous emmena devant une grande maison de type c oréen. La nausée que je ressentis me fit vaciller légèrement. Elle me relâc ha précipitamment, comme si je l’avais brûlée, puis frappa de grands coups sur la porte. — On est dans un autre pays ? demandai-je abasourdi e. — Ouais, en Corée.  Je la dévisageai. Je n’avais encore jamais voyagé de ma vie. La porte s’ouvrit sur une femme brune, aux traits asiatiques, qui semblai t méfiante. Elle parlait dans une langue que je ne comprenais pas. — Dae-Jung est là ? enchaîna Théo. — Pourquoi ? Reprit la femme dans un français parfa it. — J’ai besoin de ses services. En y réfléchissant, c’était probablement la mère de Dae-Jung. Elle fit une moue désapprobatrice avant de se tourner vers l’intérieu r de la maison pour appeler son fils. Ce dernier arriva quelques secondes plus tard. Son visage devint livide quand il me découvrit sur le perron. Il s’apprêta à faire demi-tour, mais Théo empoigna le devant de son T-shirt d’un air menaçant. — Rends-lui ses souvenirs ! gronda-t-elle. Dae-Jung déglutit péniblement et sa mère nous observa, paniquée. — Ne lui faites pas de mal, supplia-t-elle. — Si je fais ça, le conseil me punira, se plaignit Dae-Jung. Il ne savait visiblement pas se battre et Théo avai t beau être une femme, elle était aussi intimidante que n’importe quel homme. — Si tu ne le fais pas, je te taille en pièce ! Dae-Jung semblait sur le point de s’évanouir de peu r. — Je ne sais pas le faire… Je ne l’ai encore jamais fait…, balbutia-t-il, au bord de la syncope. — Tu plaisantes ! s’énerva-t-elle. — Non…, couina Dae-Jung, de plus en plus livide. — Tu vas quand même essayer ! gronda Théo d’une voi x un poil moins menaçante. — D’accord, d’accord... Théo le relâcha, sans cesser de le fixer avec méfia nce. — Entrez, dit faiblement Dae-Jung. Nous le suivîmes à l’intérieur sous le regard effra yé de sa génitrice, trop tétanisée pour s’interposer. La maison était décorée avec des meubles traditionn els, dans une ambiance plutôt apaisante. Dae-Jung se plaça face à moi sans cesser de surveil ler Théo du coin de l’œil, comme pour s’assurer qu’il ne la contrariait pas. C ette dernière hocha la tête bien que son expression reste toujours aussi dure. — Je serais tentée de te demander de ne pas lui ren dre ses souvenirs avec Alex…, lâcha-t-elle avec ironie. Dae-Jung la dévisagea, dans l’expectative. Il ne sa vait pas trop comment interpréter cette déclaration. — Je plaisante. Allez, dépêche-toi. Dae-Jung posa sa main sur mon épaule et planta ses yeux dans les miens. Le calme m’envahit. — Rappelez-vous de ce que je vous ai enlevé, commen ça-t-il d’une voix profonde et posée. J’attendis que les souvenirs affluent dans mon espr it. Malheureusement, il ne se passa rien. Je continuais d’étudier Dae-Jung, dans l’expectative. — Alors ? demanda Théo en m’observant attentivement. Je me dégageai de l’étreinte de Dae-Jung et me tournai vers elle. — Ça n’a rien changé…
Théo ferma les yeux et soupira bruyamment pendant q ue Dae-Jung et sa mère se mettaient à trembler. — Tu peux faire mieux que ça, non ? demanda Théo en regardant Dae-Jung d’un air sévère. — Le meilleur moyen pour raviver sa mémoire est de la mettre en contact avec ses souvenirs. — Je sais déjà tout ça ! s’énerva Théo. Mais un dév otionniste est aussi censé redonner les souvenirs qu’il a volés. Ça ne peut êt re que toi, puisque c’est toi qui l’as manipulée. Dae-Jung déglutit péniblement. — Pardon…, balbutia-t-il piteusement. Je ne sais pa s comment faire, ça n’a jamais marché avec moi. — Putain ! cria Théo en abattant son poing sur le m euble le plus proche, faisant sursauter tout le monde. C’est sans doute pour cett e raison que le conseil a fait appel à toi… — Ce n’est pas grave s’il y a un autre moyen…, comm ençai-je. — Ça ne marche pas à tous les coups…, lâcha-t-elle avec humeur. Elle prit une profonde inspiration et la relâcha le ntement, comme pour se ressaisir. — Ok, tant pis. On s’en va. Sans que je comprenne ce qui se passait, Théo m’att rapa et me serra contre elle avant de nous téléporter. J’avais une nouvelle fois la nausée, mais également un sentiment de vide qui me donna envie de pleurer. Il me manquait quelque chos e et je savais que ces souvenirs faisaient mal. Je ne savais pas d’où venait cette t ristesse insoutenable. Mes larmes se mirent à couler à flot et d’horribles sanglots me s ecouèrent. Théo se détacha de moi et m’agrippa le visage à pl eines mains. — Hé ! Hé ! Regarde-moi, dit-elle agacée. Je rouvris les yeux pour croiser son regard détermi né. — Ressaisis-toi, Melinda. Nathan n’accepterait pas de te voir dans cet état. Je sais que tu es sensible, mais tu dois t’endurcir ! Elle me parlait comme si elle me connaissait, alors que je ne l’avais jamais vue avant. Nathan… Ce nom me provoqua un douloureux pincement au cœur. Je reniflai bruyamment, sans cesser de la dévisager. — Qui est Nathan ? — C’était ton guerrier et… celui que tu aimes. — Pourquoi tu essaies de m’aider ? demandai-je la v oix tremblante. Tu sembles me détester… Elle serra les dents et ferma les yeux un bref instant. — Alex et Nathan comptent beaucoup pour moi, dit-el le en me relâchant. — Alex ? Elle me fixa un moment dans un silence pesant. — Ouais, Alex… Il a lié vos marques pour que tu res sentes ses émotions, grinça-t-elle. Je fronçai les sourcils sans comprendre. — Comment c’est possible ? Ses yeux se posèrent sur le bracelet que je portais . — Ce bracelet, dit-elle. Ça bloque l’empathie. Je l’inspectai sous toutes les coutures. — Tu ne te rappelles toujours pas ? — Non… Mais je crois que personne ne m’a jamais parlé de toi… — Comment tu peux le savoir ? lâcha-t-elle d’une vo ix cinglante.
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