Cartel Robotique : L intégrale
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Description


A l'occasion du 5ème anniversaire des éditions Lune-Ecarlate découvrez les intégrales Lune-Ecarlate.




Des séries complètes uniquement en numérique pour une durée limitée.




Cette édition exclusive numérique contient les ouvrages suivants :



  • Les 6 épisodes



Après une guerre planétaire, quelques cités survivantes devinrent des mégalopoles repliées sur elles-mêmes et totalement indépendantes, tant d’un point de vue énergétique qu’informatique, transformant le réseau internet en un système local. Les décisions politiques et sociétales se limitèrent aux habitants de ces tentaculaires rassemblements humains.


Dans l’une de ces mégalopoles coupées du reste du monde, les drones se sont développés au point d’être omniprésents, au détriment des robots en général, et des androïdes en particulier. Historiquement compréhensible, cet état de fait est devenu le quotidien des millions d’âmes vivant au sein de cette immense cité.


Cette situation de monopole satisfait les habitants et le consortium à la tête des industries productrices de drones, mais un groupement de sociétés spécialisé en robotique complote. Au fil d’années de lutte industrielle, les deux responsables de ces puissantes holdings ont depuis longtemps dépassé le point de non-retour dans leur antagonisme.


L’affrontement est devenu inévitable !




"L'auteur fait preuve d'une superbe imagination, il a conçu une ville où chaque détail est bien travaillé. Sa façon de décrire immerge le lecteur dans le monde qu'il crée. On arrive facilement à s'imaginer à quoi ressemble cette mégalopole. J'apprécie toujours autant la plume de l'auteur, tellement vivante."


Marie Nel


Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 0
EAN13 9782369762065
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0060€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Table des matières
Page de Titre
Mentions Légales
Illustration interne
Prologue
cartel robotique 1
cartel robotique 2
cartel robotique 3
cartel robotique 4
cartel robotique 5
cartel robotique 6
Epilogue

Christian Perrot

Cartel Robotique Intégrale




Collection Lune Étoilée
Anticipation
Mentions légales



©2018 Chrisqtian Perrot. Illustration:©2016 Nathy. Édité par Lune-Écarlate 66 rue Gustave Flaubert 03100 Montluçon, France. Tous droits réservés dans tous pays. ISBN 978-2-36976-105-1.
Le code de la propriété intellectuelle interdit les copies ou reproductions destinées à une utilisation collective. Toute représentation ou représentation intégrale ou partielle faite par quelques procédés que ce soit, sans le consentement de l'auteur ou de ses ayants droit, est illicite et constitue une contrefaçon au terme des articles L,122,-5 et L,335-2 et suivant du code la propriété intellectuelle.

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Christian Perrot

Collection Lune Étoilée
Science Fiction



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© 2017 Christian Perrot. Couverture© 2017 Nathy. Édité par Lune-Écarlate 66 rue Gustave Flaubert 03100 Montluçon, France. Tous droits réservés dans tous pays. ISBN 978-2-36976-207-2. Le code de la propriété intellectuelle interdit les copies ou reproductions destinées à une utilisation collective. Toute représentation intégrale ou partielle faite par quelques procédés que ce soit, sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants droits, est illicite et constitue une contrefaçon au terme des articles L,122,-5 et L,335-2 et suivant du code la propriété intellectuelle.

Mes plus sincères remerciements
à Marc pour avoir cru en ce roman,
à Anne pour l’avoir sublimé,
et à Nathy pour son travail constant.




La guerre mondiale fut terrible ! Un pléonasme… Elle prit naissance dans le Proche-Orient avant d’enflammer l’ensemble du « vieux continent », de l’Europe à l’Asie. Au plus fort de la mêlée, tous les moyens de destruction furent utilisés sans discernement dans la folie collective : des satellites armés de lasers aux unités mécanisées commandées à distance.
Des pans entiers de la planète devinrent de vastes champs stériles, voire même radioactifs. Ce qui contribua à faire migrer les survivants. En plus des pertes humaines, de nombreuses avancées technologiques disparurent avec les cerveaux qui en maîtrisaient le fonctionnement. Aussi, une longue période fut nécessaire au regain d’activité scientifique dans de nombreux domaines.
Dans l’intervalle, le monde s’organisa en vastes mégalopoles où s’étaient rassemblés des centaines de milliers de réfugiés fuyant les affrontements. Du fait de la solitude de ces nouveaux centres de vie, séparés des autres par des terres souvent impraticables, chacune développa un profond sentiment d’autarcie. Chaque cité s’évertua à devenir totalement autonome à la manière d’îlots discriminés dans l’océan de la destruction.
Par exemple, l’alimentation électrique devint exclusivement dédiée à chaque mégalopole. Développant un sentiment de paranoïa aiguë, les habitants conçurent également un réseau informatique local déconnecté de l’antique Internet, depuis longtemps détruit en même temps que ses principaux serveurs. Plus facile à maintenir en état, certes, mais bien éloigné de sa fonction première.
Après la guerre planétaire, chaque mégalopole développa et accentua les compétences disponibles en son sein, se fermant plus ou moins sciemment à de nombreuses technologies et industries. Souvent à cause de la pénurie de matériaux spécifiques, mais aussi par choix délibérément orientés par de grands groupements de sociétés désireux de faire fructifier leurs propres intérêts avant ceux de la population.
Dans l’une de ces mégalopoles uniques, la population se tourna spontanément vers l’utilisation massive de drones multidisciplinaires et omniprésents. De l’autre côté de la balance, les robots en général et les androïdes en particulier, furent délaissés au point d’être proscrits par une grande part des habitants.
Cet état de fait perdura longtemps, des années de monopole exercé par un unique consortium omnipotent, sans déranger outre mesure les millions d’utilisateurs.
Pourtant, dans l’ombre, certains nourrissent encore des idées radicales sur la question…



06 h 45 : dès l’heure programmée et avant même que son propriétaire n’ouvre un œil, le drone « majordome » de type D-Butler entamait sa chorégraphie quotidienne. Capable de se mouvoir de manière autonome grâce à ses huit moteurs orientables, le D-Butler quitta son socle de chargement électrique mural dans un vrombissement assourdi. Il entreprit ensuite de remplir ses tâches préétablies.
Passant en revue les différentes étapes de sa programmation, il commanda, en premier lieu, le lancement du D-Dust. Un drone glissant sur le sol, prévu pour avaler toute trace de poussière, dont la forme arrondie facilitait la tâche. L’aspiration ne durerait qu’une poignée de minutes, juste le temps nécessaire pour débarrasser le plancher de toute particule susceptible de blesser les pieds nus de l’habitant des lieux.
Orientant son antenne infra-rouge vers le mur extérieur dans lequel s’ouvrait l’unique fenêtre de la chambre, le D-Butler sollicita les moteurs intégrés aux tringles pour repousser les rideaux afin de permettre à la lumière du jour de pénétrer dans la pièce.
De la même manière, le drone activa à distance la machine à café, le grille-pain et le presse-agrumes automatique. Tous trois préparés, la veille au soir, par le propriétaire.
* * *
Brian Nilmac se leva en baillant à s’en rompre la mâchoire. Son radioréveil indiquait 07 h 00. Il était temps d’entamer sa journée. Sans un regard pour le « majordome » électronique indépendant, il se déshabilla, puis passa dans la salle de bain. Derrière lui, le petit engin volant ramassa son pyjama, à l’aide de la pince ornant la partie inférieure de sa carlingue, et le jeta dans la corbeille à linge sale.
Dès la cabine de douche refermée, une pulvérisation de gel recouvrit le corps masculin. Sans alcool et biodégradable, ce gel de lavage antibactérien 1 , capable de générer sur la peau un film à la fois nettoyant et hydratant, présentait tous les avantages : du gain d’eau douce non négligeable pour la planète, au gain de temps pour des consommateurs de plus en plus pressés. Un instant plus tard, une projection d’air chaud permit à l’homme de quitter la pièce, propre et sec. Dans l’intervalle, le D-Butler s’était chargé d’allumer la télévision murale, d’adapter la température de la pièce à la nudité de son hôte, sans oublier de lui apporter sa chemise et son costume, accrochés à un cintre, directement prélevés dans le vaste dressing.
Vivant seul, Brian ne se préoccupait guère de sa tenue. Il avait pour habitude de déambuler dans son logement de fonction dans la plus stricte nudité sans se soucier d’être vu par la fenêtre de l’immeuble qui faisait face au sien. En tenue d’Adam, il but son café, son jus d’orange et grignota ses toasts. Comme souvent, il les trouvait trop cuits et se promit, in petto , de diminuer le thermostat du grille-pain, pour oublier immédiatement cette bonne résolution.
Sur le mur, l’écran de télévision déroulait en boucle les dernières informations qui défilaient, en bas, dans un bandeau coloré. Le reste de l’écran était coupé en quatre : publicités, chroniques, feuilletons et films. Il y en avait pour tous les goûts ! Brian n’avait qu’un mot à prononcer pour que son drone « majordome » agrandisse la chaîne choisie en plein écran tout en basculant le volume sur « on ».
Dans le silence reposant de la pièce, il parcourut des yeux quelques nouvelles brèves. De manière immuable, la surpopulation de la mégalopole engendrait son lot quotidien de rixes et de problèmes menaçant l’ordre public. Dans la partie « chroniques » de l’affichage, les reportages se succédaient au fil des heures pour rassurer la population tout en cherchant à dissuader les ennemis de la loi et de l’ordre de sévir.
Sur un canal dédié, il était possible de suivre, en direct, le ballet perpétuel des drones patrouilleurs dotés de caméras à vision thermique, occupés à quadriller les innombrables rues à la recherche d’éventuels contrevenants. Les drones policiers, spécialement équipés d’armes d’immobilisation, se chargeaient, eux, de mettre les malfrats hors service jusqu’à ce qu’interviennent les équipes humaines pour les interpellations finales.
Une sonnerie retentit dans l’appartement, rappel du rendez-vous de Brian avec ses élèves.
Sans se préoccuper de sa tenue, l’homme alla s’asseoir derrière son bureau. Celui-ci se limitait à une plaque de verre se dépliant du mur sur simple commande. En dessous de celle-ci, un boîtier clair se noyait dans la teinte de l’objet. Une seconde plus tard, son ordinateur sans écran projetait, directement sur le mur, le logo de bienvenue du système d’exploitation bureautique.
Les doigts de Brian coururent un instant sur le clavier virtuel recréé, au laser, sur le plan horizontal de son bureau. Plusieurs vues de salles de classe formèrent une mosaïque d’images. Dans chacune, une grande quantité d’étudiants patientait dans l’attente du début du cours quotidien.
Avant d’activer la visualisation tridimensionnelle, Brian choisit son masque du jour parmi une liste informatique sans cesse renouvelée. Depuis des années, les professeurs ne montraient plus leur vrai visage à leurs élèves. Trop de dérives et de drames entachaient le passé de la profession. Ces différentes affaires, toujours extrêmes et souvent mortelles, avaient conduit les autorités compétentes à prendre cette décision radicale de déshumanisation. Ensuite, ce fut le tour de la dématérialisation des enseignants. Désormais, seuls des hologrammes en trois dimensions apparaissaient dans les classes. Outre l’aspect sécuritaire, cela permettait à un même professeur de transmettre ses connaissances à des milliers de jeunes gens en simultané d’un bout à l’autre de la mégalopole. Gain de temps pour l’enseignant et gain d’argent pour la collectivité, puisque les effectifs étaient ainsi réduits à leur strict minimum.
Brian se tint un instant immobile durant le scan effectué par son D-Butler octocoptère 2 à gyroscope intégré. Sur l’écran projeté contre le mur, il put discerner son image holographique, vêtue d’un costume sombre sur une chemise claire, tenue bien plus correcte que sa présente nudité. En guise de visage, un masque dénué d’expression, mais couvert d’arabesques mouvantes du plus bel effet artistique. Les esthètes présents dans certains amphithéâtres apprécieraient peut-être. Il sourit à cette idée.
Brian lança la communication bidirectionnelle entre son appartement et les nombreux établissements d’enseignement supérieur. Il débuta d’une voix forte et posée en s’adressant au kaléidoscope de visuels défilants lentement devant lui :
— Jeunes gens, bonjour. Permettez-moi de vous souhaiter la bienvenue en ces lieux de transmission de la connaissance. Votre cours du jour aura pour sujet le développement des drones dans notre structure sociale.
Tout en parlant, Brian pouvait suivre les questions posées, in live, par les étudiants via leurs implants biologiques directement connectés au SymbioNet 3 . Le professeur répondrait aux plus pertinentes durant son argumentaire ou à la fin, en fonction de son envie du moment. Quant aux autres, il les écarterait comme autant de quantités négligeables ne justifiant pas que l’on y perde du temps.
Dans plusieurs salles de classe, il discernait, parmi les élèves, quelques drones posés à même les pupitres, voire carrément au sol ou sur les marches des escaliers. La plupart étaient des modèles simples dotés d’une caméra capable d’enregistrer la totalité de la conférence. Les élèves pouvaient ainsi assister au cours « en différé ». Un moyen comme un autre de vivre à son rythme personnel.
Il s’agissait d’un phénomène en augmentation dans certains quartiers de la mégalopole où les individus ne suivaient pas tous les enseignements dispensés. Tout dépendait du niveau tant intellectuel que financier des universitaires et de leurs parents. Certains, les plus studieux, arrivaient ainsi à travailler le jour et à étudier la nuit, parfois même en obtenant des notes très satisfaisantes. Pour d’autres, envoyer son drone s’avérait n’être qu’une réponse à leur paresse chronique. Les fêtards qui ne parvenaient pas à quitter leur lit le matin optaient en toute logique pour l’apprentissage « à la carte », pratique sur le moment, mais complétement improductif sur le long terme. Ces universitaires-là allaient rarement loin. La plupart du temps, ils ne visualisaient jamais les cours enregistrés. Ils se contentaient souvent de notes médiocres et de résultats plus que moyens. Certes, avec un enseignement adapté prodigué par un véritable professeur pour les guider et les aider, plusieurs auraient pu reprendre le flambeau de la connaissance, voire même dépasser les plus studieux. Malheureusement, le système ne s’occupait que des meilleurs. La sélection « naturelle » éliminait les plus faibles.
Mais Brian se moquait de tous ces jeunes qu’il jugeait irresponsables ! Il était payé au temps passé, pas au nombre d’auditeurs à ses exposés. Aussi poursuivit-il son travail de sa voix traînante :
— Vous savez sans doute déjà que les drones ont été imaginés et expérimentés durant la Première Guerre Mondiale par vos ancêtres. Par contre, je vous apprendrai peut-être que le terme « drone » est un mot anglais utilisé pour désigner le mâle de l’abeille, autrement dit le faux-bourdon 4 . À en croire le récit populaire, dans les années 1930, certains avions-cibles émettaient un bruit proche de celui que produit cet insecte tout en disposant d’une vie aussi éphémère. Cette appellation, d’abord utilisée par dérision, s’est finalement implantée dans le langage courant.
Brian soupira de découragement en parcourant des yeux certaines remarques désobligeantes émises par plusieurs étudiants et retranscrites par les nombreux engins automatisés présents dans chaque salle de classe. Année après année, les jeunes se montraient de plus en plus irrespectueux envers leurs aînés !
— Toujours est-il, continua-t-il sans émotion apparente, que ces drones ont considérablement évolué au fil des décennies. Ils étaient, avant tout, des engins aériens militaires parfaitement adaptés à des missions de reconnaissance et de prise de photographies. Ils devinrent ensuite terrestres, pour accomplir quantité d’actions plus proches du terrain ; puis marins, pour des missions de surveillance des tsunamis et autres mouvements de vagues. Dans certains cas, ils furent aussi employés à des fins moins glorieuses puisqu’ils ont permis, entre autres, d’éliminer certains terroristes en étant adaptés en drones de combat. Depuis plusieurs années, les drones se sont transformés en objets civils. Ils ont envahi notre quotidien au même titre que la téléphonie ou l’informatique que vous connaissez tous. La réglementation s’est adaptée à la demande, bon gré mal gré, ainsi qu’aux besoins croissants d’assistance des humains en général. La lettre « D » apposée en préfixe à tous les modèles de drones, civils comme militaires, est un exemple de cette stricte réglementation. Désormais, il est concevable de dire que les drones sont partout et rendent tant de services qu’ils en deviennent indispensables au commun des mortels.
Sous la mosaïque d’images des amphithéâtres projetée sur le mur, Brian vit s’inscrire la question qu’il obtenait toujours durant cette leçon historique.
— Oui, reprit-il, une interrogation légitime. Pourquoi des drones, et pas des robots ? Ce qui entraîne une autre question : où finit le drone et où commence le robot ? Ou, en d’autres termes : qu’est-ce qui différencie un robot d’un drone ?
Plusieurs remarques et demandes s’affichèrent de concert. Cela fit sourire Brian, malgré les années écoulées, les élèves demeuraient tellement prévisibles. Navrant !
— Bien sûr, la réponse se trouve dans l’adaptabilité et le nombre de tâches. En fait, un drone est généralement un objet conçu pour une fonction unique ou pour un ensemble d’actions spécifiques relativement proches. Ils peuvent, par exemple, activer d’autres appareils via une connexion infra-rouge ou Bluetooth. De fait, ils sont ultraspécialisés ! Leur conception les rend extrêmement maniables et légers. Souvent de petite taille, ils peuvent transporter des charges bien plus lourdes que leur propre poids. C’est surtout le cas des drones terrestres qui assistent les ouvriers sur les chantiers de constructions urbains. Quant aux modèles aériens, leurs utilisations sont variées, et pas uniquement limitées à la simple prise de vidéos. En résumé, un robot serait soit trop grand, soit trop lourd, soit inadapté du fait même de sa pluridisciplinarité. Il serait vite dépassé, même en dotant son cerveau d’une intelligence artificielle capable d’auto-apprentissage 5 . Non, c’est un fait incontournable, confirmé par de nombreuses études scientifiques menées par divers organismes d’enquête, le drone est fait pour cohabiter avec l’homme, pas le robot.
Nouvelle série de questions posée par les étudiants, vite parcourue par Brian sans lui octroyer la moindre surprise.
— Certains d’entre vous semblent connaître le concept de « Vallée de l’étrange » 6 élaboré durant des recherches effectuées dans les années 1970 7 . Un roboticien de l’époque, dont le temps a effacé le nom 8 , s’intéressait à la réaction des êtres humains mis en présence de robots humanoïdes. Toute personne confrontée à ce que l’on pourrait qualifier d’androïde développe une réaction psychologique inconsciente. Même si ledit robot est très ressemblant, notre cerveau est capable de repérer les infimes détails non-humains. De fait, la vision d’un androïde met mal à l’aise et perturbe tout humain. Certes, chacun le vivra de manière différente, mais cela ne changera rien au problème. L’interaction entre robots humanisés et êtres vivants est vouée à l’échec, quelle que soit la situation.
Brian soupira en parcourant des yeux les commentaires. Il trouvait les étudiants toujours aussi pressés, incapables d’attendre la fin d’un argumentaire.
— J’y viens, assura-t-il. La dénomination « Vallée de l’étrange » est liée à un graphique traçant la « courbe d’acceptabilité » d’un objet proche de la forme humaine à nos sens humains 9 .
En quelques mouvements des doigts sur son clavier virtuel, il fit apparaître une courbe ressemblant à un « N » déformé dont l’une des pointes aurait glissé vers le bas. Sans le voir, il savait que cette image venait de jaillir du néant au-dessus de sa représentation holographique dans toutes les salles de classe. Il en eut confirmation en discernant plusieurs visages s’orienter vers le haut.
— Le creux le plus important, commenta-t-il, en dessous de la ligne des abscisses tenant compte du degré de ressemblance à un humain dit en bonne santé constitue cette fameuse « Vallée de l’étrange ». Vous remarquerez également qu’un objet en mouvement creuse davantage la courbe en question que le même objet immobile…
* * *
Dans l’un des amphithéâtres de la mégalopole, Terry Mizos, un étudiant parmi tant d’autres, écoutait avec une attention soutenue. Sur son épaule gauche, le boîtier loué par la faculté à tous les élèves lui permettait de projeter sur son pupitre l’image d’un clavier et d’un écran d’ordinateur. Mieux qu’une représentation visuelle, la technologie employée transformait toute surface en écran tactile 10 . Pour prendre des notes, le jeune homme n’avait qu’à pianoter directement sur la surface lisse. Par liaison Wi-Fi, les données ainsi saisies se synchronisaient directement sur sa page personnelle dématérialisée dans le Cloud spécifique de la mégalopole. Un gain de place et d’argent, puisqu’il était désormais inutile aux étudiants de s’encombrer d’un quelconque sac de classe.
Même s’il ignorait son nom et les traits de son visage, Terry adorait depuis toujours les cours dispensés par le professeur présent par image holographique interposée. Celui du jour confirmait la règle en dépassant toutes ses espérances. Les drones le fascinaient. Et pour cause : il en bricolait dans son garage. Certes, il était facile de s’en procurer si ses moyens financiers le permettaient, mais la plupart s’avéraient trop « bridés » pour le satisfaire. Aussi passait-il son temps libre à récupérer des pièces un peu partout autour de lui afin de les assembler sous des formes nouvelles. Le reste dépendait de ses talents, d’un peu de programmation et de beaucoup d’imagination !
Terry n’avait jamais entendu parler de ce concept de « Vallée de l’étrange ». Très intéressé, il ouvrit une page Internet directement sur la projection appliquée sur son pupitre. Il ne lui fallut qu’un instant pour atteindre une page dédiée développant cette théorie scientifique. La courbe qu’il découvrit s’avérait plus détaillée que celle présentée par le professeur holographique. L’étudiant fut étonné de constater qu’au plus profond de cette fameuse « Vallée de l’étrange » se situaient également les cadavres, les zombies et les mains artificielles 11 .
Allant plus loin dans sa lecture, il comprit un peu mieux le concept évoqué. La région du cerveau concernée était celle connectant le cortex visuel, régisseur des mouvements, au cortex moteur, contenant les neurones miroirs. Aussi appelés neurones d’empathie, les neurones miroirs s’occupaient de la capacité à percevoir les émotions 12 . À en croire plusieurs études complémentaires, le cerveau se montrait incapable d’établir un lien entre une apparence robotique et des mouvements humains. Pour résumer, un robot se mouvant comme un robot ou un homme bougeant comme un homme ne posait aucun problème au cortex cérébral. Néanmoins, lorsque mouvements et apparence ne concordaient pas, le cerveau réagissait en émettant des signaux pouvant entraîner des réactions de simple dégoût à la phobie.
Captivé par ses lectures virtuelles, Terry réalisa, à son grand regret, qu’il avait perdu le fil de la conférence. Un rapide tour d’horizon visuel, et il se rendit compte qu’il n’était pas le seul à avoir décroché. Il remarqua même deux ou trois étudiants en train de dormir sur leur pupitre à des gradins inférieurs. Pour sa part, il était seul au milieu d’une rangée de trois sièges située tout en haut de l’amphithéâtre. À sa gauche et à sa droite, deux drones, posés à même le pupitre de plastique, filmaient le cours, imperturbables, pour le compte de leurs propriétaires respectifs qui, manifestement, avaient mieux à faire ailleurs !
Une habitude discutable aux yeux de l’étudiant. Elle augurait un temps futur où les cours deviendraient de simples enregistrements déshumanisés qui passeraient d’un support digitalisé à un autre. Cette idée en amena une autre. Terry se demandait comment serait perçu un professeur « drone » par ses élèves. Serait-il mieux ou moins bien écouté que cette image holographique ? Et en remplaçant celle-ci par un androïde ? Des questions intéressantes qui auraient mérité des recherches plus approfondies…
En observant le drone posé à sa droite, l e jeune homme remarqua une série de chiffres et de symboles spécifiques gravés sur la partie « charnue » de l’engin. Surpris, il s’approcha, intrigué par les moteurs aux formes disproportionnées, par les pales directionnelles en métal rigide, ainsi que par l’absence de protection contre la pluie ou la poussière. De nombreuses couches de peinture ne parvenaient pas non plus à dissimuler plusieurs déformations de la structure initiale. L’étudiant s’y connaissait suffisamment pour reconnaître un modèle inusité, presque une antiquité. Il se demanda à quel élève pouvait appartenir un engin aussi archaïque !
Une vibration dans sa bouche mit fin à son expertise visuelle. Un simple appui sur son avant-bras lui suffit pour décrocher son téléphone cellulaire implanté dans son crâne. Aussitôt, une voix connue résonna dans son conduit auditif via le minuscule émetteur situé dans son oreille :
— Terry, arrête de reluquer mon drone, s’il te plaît !
— C’est le tien, Drilona ? s’étonna-t-il. Tu m’as pourtant habitué à utiliser des modèles plus récents et plus agréables à l’œil.
Le jeune homme n’avait pas à élever la voix, un simple murmure s’avérait suffisant, car le récepteur se situait tout près de ses cordes vocales, greffé là à sa majorité légale, comme beaucoup d’habitants de la mégalopole.
— Oui, confirma la voix de Drilona. L’autre drone a eu comme qui dirait un accident.
— Ne me dis pas que tu t’es remise aux combats de drones, la réprimanda Terry.
— Je ne t’appelle pas pour que tu me critiques, répliqua Drilona. J’ai un plan à te proposer.
— Si c’est pour gâcher une soirée à regarder des drones s’entre-détruire, c’est…
— Plus énorme que ça ! Viens chez moi, je te montrerai.
— Je suis au cours, comme tu peux le constater, si tu es connectée à ton drone.
— Laisse tomber ce vieux croulant qui parle d’histoire antique ! Je t’attends. Mais pas longtemps… Ne viens pas pleurer si ma porte est close lorsque tu arriveras…
La communication fut interrompue, laissant le jeune homme face à ses doutes et à ses interrogations.
Après un instant d’hésitation, tiraillé entre le désir de suivre l’exposé de l’enseignant sur l’histoire des drones et sa curiosité piquée au vif par l’invitation énigmatique de l’adolescente, Terry quitta l’amphithéâtre. Bien sûr, le professeur ne s’en rendit pas compte. Il avait bien trop d’élèves en même temps pour scruter leurs allées et venues. De toute manière, à quoi bon : il n’était pas payé pour cela !
Comme à son habitude, Terry marchait vite. Il n’appréciait pas d’être en retard. En quittant la faculté, il se remémorait encore les propos entendus durant le dernier cours sans vraiment être attentif à ses pas. Perdu dans ses pensées, il faillit heurter un gamin de moins de six ans. L’enfant portait un harnais adapté à sa morphologie et marchait à l’extrémité d’une laisse rouge retenue par un drone aérien peint de couleurs vives 13 . Le bambin se contenta d’esquiver promptement sans paraître se préoccuper outre mesure de l’incident évité de justesse. Pour sa part, l’engin volant se désintéressait complétement du promeneur. Sa mission était de conduire l’enfant d’un point à un autre, pas de s’occuper des piétons trop pressés. Du moins, tant que l’intégrité physique de son petit protégé n’était pas compromise.
Terry regarda le duo s’éloigner en soupirant. Intérieurement, il se convainquit de faire un peu plus attention à son environnement immédiat. Il se dirigea ensuite vers le parking public le plus proche. À l’aide de sa micro-puce individuelle implantée sous la peau du revers de sa main gauche, il loua un D-Cycle et enfourcha prestement la selle en mousse confortable. Son statut d’étudiant lui octroyant la gratuité des vélos-drones disponibles dans les rues, il ne s’en privait pas. Il savait qu’il en irait tout autrement lorsqu’il travaillerait, si, du moins, il trouvait un emploi. La courbe du chômage était si haute qu’elle aurait crevé le toit d’un gratte-ciel si elle avait été tracée à partir du rez-de-chaussée.
Le D-Cycle n’était ni plus ni moins qu’une amélioration des anciens vélos en libre-service. À ceci près qu’ils étaient à présent dotés de quatre roues. Celles-ci abritaient des rotors pivotants calqués sur ceux des drones. Les moyens de transport les plus utilisés dans la mégalopole étaient des équivalents civils de tiltrotor 14 . Une simple action sur le guidon orienta les quatre propulseurs, et Terry s’engagea dans le couloir de circulation principal.
Tout autour de lui, à différentes hauteurs et dans les deux sens, des centaines d’objets filaient à leur vitesse propre. Entre les minuscules drones livreurs, les D-Cycles, les D-Bus, les rares D-Trucks autorisés à circuler, et les nombreux D-Cars, peu d’espace demeurait vide de mouvement. De fait, la mégalopole ressemblait à une fourmilière gigantesque où le silence et l’immobilisme n’avaient pas droit de cité, de nuit comme de jour.
Né dans cette agitation perpétuelle, Terry ne s’en formalisait pas outre mesure. Au contraire, il appréciait de n’être qu’un simple « neurone » perdu au cœur d’un « macro-organisme ». Après tout, rien ne lui était inaccessible du moment que cela existait quelque part sur le réseau neuronal localement géré au sein de la mégalopole.
Emporté par sa griserie du système en place, il ne prêtait guère attention à celles et ceux qui en étaient exclus. Par manque d’argent ou de compétences, bon nombre d’individus devenaient des marginaux survivant tant bien que mal dans les soubassements de la mégalopole. Des lieux nimbés de crépuscule où la misère côtoyait la maladie et la mort. Mais quelle cité pouvait se vanter de n’avoir pas sa propre face sombre ?
De part et d’autre de la voie de circulation, le jeune homme vit apparaître de grands écrans propulsés et orientés par des drones aériens. Les messages affichés en lettres géantes annonçaient un ralentissement important un peu plus loin, et proposaient de suivre un itinéraire alternatif qui allait obliger les usagers à faire un important détour. Terry estima le temps perdu à près de deux heures, s’il suivait les nouvelles indications routières. Il ne souhaitait pas faire attendre Drilona si longtemps. Aussi opta-t-il pour une solution plus inventive.
Quittant la voie rapide, il descendit garer son D-Cycle dans le parking jouxtant un établissement labyrinthique communément appelé « Le Centre ». Il s’agissait d’un assemblage hétéroclite de centres commerciaux ayant fusionné dans l’un des quartiers les plus peuplés de la mégalopole. On pouvait se procurer tout et n’importe quoi dans « Le Centre », ce qui le rendait inestimable pour des milliers et des milliers de riverains.
Mais, pour l’heure, les lieux attiraient Terry en tant que raccourci. De nombreux travelators 15 parsemaient les différents niveaux dédiés à la vente. Certains rapides, d’autres lents, mais tous permettaient de se déplacer sans effort sur d’assez longues distances. Mieux encore, l’aspect le plus intéressant aux yeux de l’étudiant, ces trottoirs roulants allaient lui donner la possibilité de traverser en un minimum de temps un quartier entier de la mégalopole. En quittant « Le Centre » de l’autre côté, il déboucherait dans une rue proche du domicile de Drilona. Un petit saut en D-Cycle, et il serait chez elle. Le jeune homme estimait ainsi gagner un peu plus de quarante minutes par rapport au trajet alternatif proposé par les services urbains automatisés.
Si les bruits de la rue à l’extérieur avaient pu lui paraître assourdissants, le nombre de décibels à l’intérieur des couloirs traversant « Le Centre » s’avérait à peine moins élevé. Les innombrables publicités défilant sur les murs, les plafonds et les sols entrecroisaient leurs slogans dans un ballet de lumières psychédéliques. Il était possible de les écouter en se plaçant exactement dans le flux des haut-parleurs dissimulés. La plupart des clients ne s’en souciaient pourtant pas. Habitués, voire blasés par ce déferlement continu, les gens vaquaient à leurs occupations, imperturbables.
Terry était du nombre de ces indifférents. Enchaînant les trottoirs roulants, les escalators et autres travelators, il avançait en droite ligne vers son but. Çà et là, son œil exercé lui permettait de repérer les nombreux drones patrouilleurs. Équipés de systèmes visuels à la pointe du progrès, capables de capter la chaleur des corps même au travers d’obstacles solides, ces engins sondaient la foule en permanence. Même en pleine affluence, tout voleur prenait le risque certain d’être démasqué. Toutefois, pour les promeneurs comme Terry, cette surveillance continuelle ne posait aucun problème.
Une enseigne particulière attira cependant le regard de l’étudiant qui ralentit le pas ; celle d’un magasin dans lequel il adorait se rendre lorsqu’il était « en fonds ». Un lieu dédié aux drones, en général, et aux modèles exclusifs, en particulier. Le fronton du commerce indiquait en grosses lettres mouvantes : Drones & Drones . Au travers de la devanture, il était possible de discerner quantité d’engins de nouvelle génération côtoyant des accessoires permettant d’améliorer des modèles plus anciens. Comme toujours, une file d’attente importante partait du comptoir pour s’étirer jusqu’à la double porte d’entrée. Terry avait connu pire. Lorsqu’une série spéciale de drone était commercialisée, il n’était pas rare que des amateurs dorment à même le sol plastifié devant le magasin pour être parmi les premiers acheteurs dès l’ouverture. Une folie de l’offre et de la demande qui avait toujours choqué l’adolescent. Mais la société de consommation se nourrissait de ce genre de comportements excessifs. Cela risquait donc de ne pas évoluer en mieux dans les temps à venir…
Quelques éléments présentés en vitrine attiraient l’œil du jeune homme. Certains de ses prototypes avaient bien besoin d’améliorations. Hélas ! il n’avait ni l’argent ni le temps d’effectuer des emplettes. Drilona l’attendait.
La traversée des nombreuses voies parcourant « Le Centre » ne souffrit que d’un unique arrêt supplémentaire : un passage rapide aux toilettes publiques. Entre les cours du matin, la course en D-Cycle, et la longue marche de couloir en couloir, la vessie de l’étudiant atteignait sa limite. Comme dans tous ces lieux de commodités, l’impersonnel régnait en maître absolu. Pour entrer, il fallait utiliser sa micro-puce bancaire greffée entre les métacarpes de sa main gauche 16 . Ensuite, une fois l’endroit quitté, un système automatique de nettoyage œuvrait afin de garantir une propreté convenable au suivant. Et ainsi de suite, ad vitam æternam … Du moins, aussi longtemps que l’énergie électrique ne manquait pas.
De retour dans le trafic urbain, Terry loua un vélo-drone dans le parking le plus proche. En définitive, il avait gagné plus de cinquante minutes sur la déviation prévue pour contourner les embouteillages. Il s’en félicita intérieurement. Un bon raccourci, « Le Centre »…
Moins d’une heure après son départ de la conférence, Terry prévenait Drilona de son arrivée imminente via un simple message dicté sur sa page personnelle. À l’instant où son visiteur posait le pied devant le seuil, la jeune femme ouvrit la porte.
Dès le battant repoussé, elle se jeta sur le jeune homme pour l’embrasser avec fougue. Plaqué contre le mur, la bouche soudée par les lèvres féminines, Terry éprouva la plus grande difficulté à repousser son amie, tant physiquement que mentalement :
— Tu sais pourtant que cela ne fonctionne pas entre nous, bredouilla-t-il avec une sincérité discutable.
Quelques mois plus tôt, les deux camarades de classe étaient devenus amants. Mais ils s’étaient assez vite rendu compte que leurs opinions et leurs goûts divergeaient dans bien des domaines de la vie courante. Drilona jugeait Terry trop « pantouflard » ; alors que lui la trouvait trop « délurée ». Bref, ils avaient finalement mis un terme à leur relation amoureuse d’un commun accord, redevenant peu ou prou bons amis. Ce n’était pourtant pas toujours le cas pour la jeune femme qui utilisait parfois Terry comme défouloir sexuel.
— Psychologiquement, c’est exact, éluda-t-elle. Mais, physiquement, c’est toujours bon de te revoir…
En moins de temps qu’il n’aurait fallu pour le relater, les deux adolescents se retrouvèrent enlacés. À demi nus et couchés sur le simple tapis du salon, ils se souvinrent du temps durant lequel ils avaient formé un couple.
Après un long moment, lorsqu’il fut parvenu à réprimer les instincts de la jeune femme, Terry réclama de connaître le but réel de son invitation.
— Tu ne devineras jamais qui je vois depuis un moment, s’enthousiasma Drilona tout en glissant son corps athlétique dans une robe à l’opacité toute relative.
— Je n’ai qu’à consulter ta page…
— Cecilian Adomei, lâcha-t-elle dans un souffle.
— Pas le fils de Kelyann, quand même…
— Si, si, lui-même, le fondateur du consortium A.D.O.M.E.I. : All Drones Omnicompetents Multiforms Engineering Innovations .
— Incroyable, souffla Terry.
— Et il y a plus, lui susurra-t-elle à l’oreille, comme si elle lui révélait un secret d’état.
— Quoi ?
— Ce soir, il m’emmène visiter l’une des usines de drones de son père.
— Trop cool ! s’écria le jeune homme. Tu crois que je pourrais vous accompagner ?
Sa compagne secoua la tête d’un air contrarié.
— Pas à ce rendez-vous, j’en ai peur, avoua-t-elle. Je ne lui ai pas encore parlé de toi. Ni de nous, d’ailleurs. Mais, la prochaine fois, c’est promis.
— En ce cas, pourquoi me l’annoncer ?
— Parce que je savais que cela te plairait, minauda-t-elle. Que tu serais frustré et en colère…
— Raison de plus. Pourquoi me sortir de cours juste pour me dire ça ?
— Parce que tu es trop mignon quand tu es déçu… Et que j’adore te consoler…
Sans lui demander son avis, elle bondit sur le jeune homme qui ne parvint pas à lui résister, une fois de plus. Nonobstant, il ne le regretta pas vraiment…
* * *
Après ces quelques heures passées avec son ami Terry, Drilona le congédia avec gentillesse, mais fermeté. Dès son ami disparu de son champ de vision, elle prit une douche rapide, rassembla quelques affaires à la hâte, puis se dirigea vers la station de D-Cycles la plus proche. Empruntant une quantité ahurissante de couloirs de translation, de puits ascensionnels à contre-sens et de galeries souterraines, elle atteignit une zone de la mégalopole surnommée « Underground » par les habitués. Éloignée des beaux quartiers du centre et de sa proche périphérie, surveillés en permanence par les drones patrouilleurs, cette section urbaine se trouvait à l’extérieur de la zone de contrôle des forces policées. Un véritable paradis pour tous ceux et celles qui préféraient vivre en marge de la société, par...

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