Château hanté
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Château hanté , livre ebook

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Description

Le docteur B. se rend au château de Sirvoise, appelé par le duc de Castièvre qui lui demande de lui consacrer du temps pour lui prodiguer soins et attention. À son arrivée, il se rend compte en effet que le duc n'est pas dans son état habituel. Celui-ci lui avoue qu'il a acheté le château pour une bouchée de pain, sous prétexte qu'il était hanté, mais depuis, les gens l'accusent d'avoir monté cette fable. Pour dérider le duc, notre docteur lui propose d'organiser un bal costumé au château. Durant le bal, notre duc déguisé en Charles Quint harangue la statue équestre de François Ier qui s'anime. Mais, est-ce bien monsieur de Rocroy, le fiancé de la soeur de la duchesse de Castièvres, qui est dans l'armure?...

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 30 août 2011
Nombre de lectures 198
EAN13 9782820609489
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0011€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Ch teau hant
Maurice Renard
1920
Collection « Les classiques YouScribe »
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ISBN 978-2-8206-0948-9
À Jean Veber
Château hanté

Un jour – c’était avant la guerre-, onm’apprit que le duc de Castièvre venait d’acheter le fameux châteaude Sirvoise. Et, quelques semaines après, par une lettre scellée àses armoiries, M. de Castièvre me conviait à le rejoindredans sa nouvelle résidence.
« Ma femme s’est mis en tête que je meporte mal, écrivait le duc, et que vos soins me sont nécessaires.Il me semble pourtant que ma santé ne laisse rien à désirer. Maisvous me voyez trop heureux de pouvoir satisfaire, avec le désir dela duchesse, la grande envie que j’ai de vous recevoir ici.Venez. »
Mon amitié pour lui et la connaissance quej’avais acquise de son tempérament nerveux – pour ne pas dire plus– me firent un devoir de répondre à son appel. Je décidai de luiconsacrer mes vacances.
Le château m’apparut au soleil, historique etgrandiose, comme l’une des plus merveilleuses créatures de pierreque la Renaissance ait enfantées. On peut croire là-dessus lestableaux, les gravures et les cartes postales : Sirvoise estbien ce miracle d’architecture qui, dominant la Loire sablonneuse,édifie sa blanche apothéose sur un fond de collines douces,crespelées de forêt.
M. de Castièvre m’attendait auperron. Bien que mon arrivée le ragaillardît manifestement, je fusfrappé de son aspect sinistre. Il s’obstina toutefois, enricanant :
– C’est la duchesse qui a réclamé votreconcours. Je ne vais pas mal du tout, allons ! Commetoujours ! Comme toujours !
La jolie M me de Castièvreme regardait avec des yeux remplis d’inquiétude.
Elle voulut m’accompagner elle-même à lachambre qui m’était destinée. C’était pour m’instruire de l’état deson mari.
Quand ils s’étaient installés, elle et lui, àSirvoise, le duc avait d’abord montré beaucoup de belle humeur.Tout le ravissait dans son acquisition. Il s’employait avec feu àl’entretien du château, à sa restauration, à l’étude de sonhistoire. Mais, lentement, la vieille ennemie funèbre, l’affreusehypocondrie dont je croyais l’avoir délivré, avait remis la griffesur sa victime… La duchesse ne démêlait pas la cause de cetterechute, parmi les innombrables soucis dont tout homme estimportuné, qu’il soit duc ou gagne-petit. De ces millecontrariétés, quelle était celle que la névrose avait grossie etdéformée pour s’en nourrir ? Mystère. En ceci,M. de Castièvre éludait toutes les questions, rebutaittoutes les sollicitudes. On comptait sur moi, son confesseurlaïque, pour tirer de lui l’aveu de sa chimère et la peinture deson obsession.
Je promis de me mettre à l’œuvresur-le-champ.
Une heure avant dîner,M. de Castièvre et moi, tous deux sous le smoking, nousnous trouvâmes tête à tête dans un salon du meilleurXVI è me siècle. J’en profitai pour faireparler mon malade.
Au bout d’un certain temps, après avoirmultiplié les « mais non, mais non, je n’ai rien qui m’ennuie,je vous le jure ! », le duc finit par reconnaître que« tout de même, peut-être, mais si peu… »
– Oui, vous m’y faites penser : unechose me taquine, tenez, c’est vrai !
– Laquelle ?
– Ceci entre nous, n’est-ce pas ?…Vous savez, reprit-il en fronçant les sourcils, que je suispropriétaire de Sirvoise depuis quelques mois seulement. Vous savezaussi, comme tout le monde, que je le convoitais depuis des années…Eh bien, cette longue et légendaire convoitise, c’est elle qui estl’origine de mes ennuis présents !… Mon cher, il faut vousdire : j’ai eu Sirvoise pour un morceau de pain…
– Allons donc ?
– Un morceau de pain, vous dis-je. Parceque Sirvoise passe pour être hanté !
Le duc souriait d’une manière ambiguë.

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