De l autre côté
239 pages
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De l'autre côté , livre ebook

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Description


"Marc se concentra sur l'ameublement du salon, détaillant chaque objet. Non, sa vision était trop claire, trop réaliste pour être en train de rêver. Pourtant, le reflet dans le miroir en face de lui venait de disparaître, à la façon d'un téléviseur qu'on éteint. Sur la surface devenue noire de la glace, se forma un portrait en négatif. Celui d'un homme qui le contemplait, comme à travers une vitre."


De l'autre côté, extrait.



Avez-vous déjà succombé à la curiosité, à la gourmandise ou même à l'amour ? Comme tout le monde, me direz-vous. Il n'en faut pourtant pas plus pour que les héros d'Henri Bé basculent de l'autre côté de la fragile frontière qui sépare notre quotidien de leurs cauchemars.


Trente années en hôpital psychiatrique – en tant qu'infirmier ! – ont ciselé le regard d'Henri Bé sur la psyché humaine. Pulsions, rêves, névroses : ses personnages reflètent ce qu'il y a de meilleur comme de pire en chacun de nous.
Surtout de pire.


De l'Angleterre victorienne au futur proche, des contes de notre enfance aux légendes urbaines japonaises, de H.P. Lovecraft à Jean Rollin, laissez-vous entraîner... de l'autre côté.

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 12
EAN13 9782491282035
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0037€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

De l'Autre Côté
Henri Bé

LES OMBRES D'ELYRANTHE
2020
Préface :
Florence BARRIER

† † † † † †
© Henri Bé, 2018
ISBN : 978-2-491282-03-5
En application de la loi du 11 mars 1957, il est interdit de reproduire intégralement ou partiellement le présent ouvrage sans l’autorisation expresse de l’auteur.
________________________________________________
Les Ombres d’Élyranthe
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† † † † † †
PRÉFACE
La frontière est mince entre le rire et le ricanement, l’amour et la haine, la caresse ou la griffure. Et même, contre toute attente, entre le noir et le blanc. Henri Bé peint à travers ses nouvelles un tableau étrange de notre monde, tout en clair-obscur, composé de désirs et de transgressions. Une œuvre qui prend une teinte différente selon l’angle sous lequel on l’aborde. Si vous aimez les jeux d’ombres et de lumière, apprêtez-vous à plonger dans un véritable parcours de l’imaginaire qui vous conduira à la lisière de la réalité, là où toutes les nuances de gris se superposent.
Peintre du quotidien, Henri Bé s’aventure, par d’imperceptibles transitions, vers les rivages inquiétants du fantastique, nous brossant les portraits de héros en proie aux incertitudes : amour, mort, vie... Il esquisse, par d’habiles coups de pinceau, des personnages étonnamment familiers, desquels nous nous sentons immédiatement proches, pour ensuite mieux se jouer de leurs travers – de nos travers.
Au cours des histoires qui suivent, plusieurs fils conducteurs se dessinent, nous entraînant inexorablement d’un texte à l’autre et formant la toile de fond de son univers.
Tout d’abord, la symbolique du seuil, du passage : un thème récurrent qui s’invite dans chacune des nouvelles présentées ici. La première frontière, celle qui nous obsède tous, est la mort, et son pendant universel : le désir de savoir ce qu’il y a de l’autre côté. Nous entrons donc dans le vif du sujet avec le texte qui ouvre ce recueil et lui donne son titre. Cette frontière est parfois floue, fluctuante, à peine évoquée : une porte, une fenêtre, une ouverture par laquelle le héros se fraie un chemin. L’orée d’un bois, le voile d’une musique, un rêve qui se confond avec la réalité, l’instant fugace qui sépare le jour de la nuit. Cette limite, aussi intangible soit-elle, n’en est pas moins réelle et nécessaire, indispensable à la plongée dans le fantastique. Ce qui donne aux nouvelles d’Henri Bé une résonance particulière, c’est la présence de cette dimension supplémentaire, née de la superposition de ce qui est devant et de ce qui se trouve derrière le seuil symbolique. Le mélange de l’étrange et du familier produisant autre chose.
Cette obsession de la lisière s’exprime sous la forme du double. Dans les objets tels que des masques ou le reflet dans un miroir, mais également dans les protagonistes. Nous rencontrerons donc dans ces pages des personnages à double personnalité (n’oublions pas qu’Henri Bé a travaillé plus de trente ans en tant qu’infirmier psychiatrique), des héros qui vont de pair – certains, même, ne peuvent exister l’un sans l’autre. Des couples insolites, voire impossibles. Et nous affronterons la bête qui sommeille en chacun de nous. La perte d’unité de l’être, l’oubli de soi installent l’étrange au cœur même de la réalité. L’homme est double, toujours : un autre être vit en nous, près de nous, que nous ne connaissons pas et qui peut provoquer notre aliénation. Pour cela, il suffit parfois de bien peu, comme de prêter l’oreille à la petite voix que l’on fait si souvent taire, de succomber à une pulsion. Il devient alors nécessaire de retrouver une conscience et une identité en se détournant de son double, de son alter ego – ou en l’acceptant, quel qu’en soit le prix à payer.
Le lecteur ne manquera pas de remarquer l’omniprésence de la féminité. L’image de la femme se retrouve sous toutes ses formes : figure maternelle, épouse, fille, sœur, amie, amante. Et même quand elle est absente, la figure féminine se dessine comme en creux. Les femmes chez Henri Bé possèdent une nature terriblement ambivalente, vampirisant l’homme, parfois à leur insu, et le remettant en question. Ce qui caractérise les femmes d’Henri Bé, c’est leur farouche volonté de vivre et d’avancer, le désir de se confronter à la réalité pour mieux s’en affranchir. Là aussi, on retrouve cette notion de passage : la femme soumise, l’épouse modèle, les filles égarées deviennent des figures fortes et indépendantes. Elles ressortent grandies, transformées – transfigurées, pourrait-on dire – de leur confrontation avec l’inhabituel. Ce n’est pas l’amour qui imprime sa marque au fer rouge, mais l’étrange. D’ailleurs, on le sait bien : il n’y a pas d’amour heureux qui dure éternellement. Ici moins qu’ailleurs, où toute pulsion tend à s’associer à la mort. Encore un contraste, dans ce jeu d’ombres et de lumière. L’amour chez Henri Bé est terrible et fatal. Au fond, la véritable séductrice, ce n’est pas la femme, mais la mort.
La mort… Une fatalité parmi tant d’autres. Il est des situations, des actes que l’homme ne saurait éviter. Une fatalité pèse sur lui. Ou plutôt des fatalités. On est loin de la puissance divine qui préside aux destinées des hommes dans la tragédie antique : ici, nous parlons plutôt de contraintes quotidiennes, matérielles, qui s’imposent aux protagonistes. Cette fatalité est parfois le fruit du hasard (une panne d’essence, une panne d’électricité, et l’histoire prend soudain le mauvais chemin) mais résulte bien plus souvent des protagonistes eux-mêmes. Nul n’échappe à sa nature ni à ses pulsions : amour, concupiscence, curiosité, gourmandise… Les héros d’Henri Bé ne dérogent pas à cette règle. En cela, notre auteur s’impose en peintre de la nature humaine. Ses protagonistes en eux-mêmes n’ont rien d’exceptionnel : ce sont des gens comme vous et moi, avec leurs petites habitudes, leur petit train-train, leurs grands espoirs et leurs grandes déceptions. Des gens tout ce qu’il y a d’ordinaire menant leurs affaires ordinaires. Une négligence, une tentation, un rêve trop obsédant et la porte s’entrouvre, dévoilant l’autre côté.
Le tragique consiste en la perte irrémédiable de ce qu’ils ont de plus cher, qui entraîne le désarroi et devient moteur du récit, amorçant une quête pour combler ce manque. Henri Bé s’amuse parfois à inverser la situation : la présence ou le retour d’un être cher deviennent parfois plus perturbants que ne l’avait été sa disparition. Chacun s’aperçoit à un moment ou à un autre que ce en quoi il avait mis toutes ses espérances n’est qu’un leurre. Dès lors, son univers s’écroule et la situation ne peut se résoudre qu’en une fin tragique : la mort, la fuite, la folie ou l’errance. Le mal court dans l’œuvre d’Henri Bé, un mal tenace, sournois, ricanant. Il y a dans sa narration quelque chose de nerveusement irritant : un jeu du chat et de la souris dont on sait qu’il ne peut que mal finir. Le recueil que nous vous présentons dévoile un univers de faux-semblants, un jeu de l’être et du paraître où choses et gens ne sont pas ce qu’ils donnent à voir. Tous avancent masqués, délibérément ou inconsciemment, jusqu’à ce que l’auteur décide enfin de nous dévoiler ce qui se dissimule derrière les artifices.
Henri Bé conteur ? Oui, en un sens : il explore le quotidien pour en exprimer toute l’inquiétante étrangeté avec un naturel désarmant. Le fantastique d’Henri Bé est soumis à l’inflexibilité du destin qui apparaît comme le tout-venant de notre vie. Comique, tragique ou dérisoire : il n’est pas de nouvelle où le hasard n’intervienne. Nul n’est à l’abri de ce petit grain de sable qui vient gripper définitivement la machine de sa vie.
Alors, quand nous ne sommes que des marionnettes subissant les caprices du destin, quel choix nous reste-t-il à part pousser cette porte entrouverte et affronter ce qui se cache de l’autre côté ?
Florence Barrier
† † † † † †
DE L’AUTRE CÔTÉ
N'avez-vous jamais rêvé de découvrir ce qui se passe après la mort ? Avez-vous déjà promis à un proche de revenir de l'autre côté, de lui faire un signe, si on vous en donnait la possibilité ? Tiendriez-vous cette promesse coûte que coûte ?
« Cette nouvelle est inspirée par une légende : deux sœurs se sont juré que la première des deux qui mourrait reviendrait discuter avec la survivante de la vie dans l'au-del

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