Douze écarlate
123 pages
Français

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Douze écarlate , livre ebook

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Description

La France va vivre des heures de cauchemar suite à des attentats terroristes de grande ampleur jusqu’alors inégalés. L’horreur va régner en maître sur Paris et plonger la capitale dans l’effroi.
De cette journée de terreur pourtant, va naître un amour inconditionnel entre Olivier, jeune trentenaire taciturne et replié sur lui-même, et Lily, un bébé abandonné à son triste sort dans une ruelle désertée.
Comme si le destin avait décidé de faire jaillir malgré tout un peu de lumière depuis les ténèbres.
Quand des années plus tard ce même destin va s’acharner à nouveau sur Lily, jusqu’où Olivier sera-t-il prêt à aller ?

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 10 janvier 2017
Nombre de lectures 1
EAN13 9782312049878
Langue Français

Extrait

Douze écarlate
Sophie Cotton
Douze écarlate
LES ÉDITIONS DU NET
126, rue du Landy 93400 St Ouen
© Les Éditions du Net, 2017
ISBN : 978-2-312-04987-8
À Léa , Emie et Maxime …
Peu importent les autres…
Peu importe la difficulté…
Allez toujours au bout de vos rêves mes amours.
Prologue
Le soleil perçait timidement à travers les interstices du volet roulant de la chambre d’hôpital, austère et déjà sans vie. On peinait à lui donner tout juste quinze ans. Pourtant, la jeune femme, qui replaçait par un simple réflexe purement féminin la mèche de cheveux blonds qui grignotait son visage creusé et amaigri, venait d’entamer sa vingtième année. Tous ceux dont la vie avait été éclairée au passage de cet ange descendu tout droit du ciel avaient célébré cette deuxième décade il y avait à peine quinze jours. En la couvrant de cadeaux, de fleurs et surtout d’attentions. Comme si tous déjà avaient pressenti la nouvelle qu’ils venaient de recevoir en pleine face quelques minutes auparavant.
Mais il faudrait plutôt écrire seconde décade n’est-ce pas ? Second se rattache généralement à la deuxième occurrence d’un événement qui n’aura jamais de suite. Or Lily ne serait jamais trentenaire, ils en avaient la certitude maintenant. Exprimer ses peines, c’était déjà le chemin vers l’acceptation, lui avait seriné Victoire un nombre incalculable de fois. Autant pour convaincre son mari que pour se convaincre elle-même sans doute. Ou peut-être était-ce une tentative stérile de masquer son propre désarroi ? Elle était bien plus pragmatique, plus détachée que lui. Olivier aurait pu le lui reprocher, mais il n’en était rien. Elle avait toujours été ainsi de toute façon, bien plus forte et courageuse que lui, mais toujours à ses côtés malgré tout. Une ancre éternelle dans son océan de difficultés tempétueuses. Il aurait dû lui en vouloir pour ce pseudo-détachement, mais Olivier en était en réalité plutôt jaloux. Il aurait été tellement soulagé de pouvoir s’extraire, ne serait-ce que quelques instants, de cette chape de plomb qui l’étreignait minute après minute, seconde après seconde, qui ne lui laissait aucun répit, aucune pause, aucune respiration dans ce marasme qu’ils vivaient tous quotidiennement depuis des mois. Il aurait voulu avoir sa trempe, son courage, son abnégation. Victoire était un roc, fier estoc qui le défierait toujours en riant face aux assauts de la houle. Elle était exactement ce dont leur fille avait besoin. Non, lui il restait là, hébété, englué dans son malheur, perdu et désemparé, frêle esquif balloté par les courants. Comme avant. Comme toujours. Sans pouvoir procurer à sa petite fille, sa toute petite et unique enfant qui n’était même pas de son sang – comme si ça avait la moindre importance ! –, la force dont elle avait tant besoin. Telles étaient en tous cas les pensées qui lui traversaient l’esprit en observant ce corps décharné qui attendait son heure en souriant déjà aux anges, envers et contre tout. Contre tous. Une vision céleste apparue comme par magie il y avait une vingtaine d’années et qui finalement se tenait comme dans un hall d’aéroport, son billet retour à la main et sa valise lourdement chargée de souvenirs. La sérénité dont sa fille faisait preuve le cloua sur place. Et ce n’était pas la première fois. Pourtant, ce qu’il pouvait deviner sur ce visage lui fit l’effet d’une dague plantée en plein cœur.
Olivier était conscient que Lily allait bientôt les quitter. Conscient aussi qu’elle emporterait avec elle un gros morceau de lui. Une monstrueuse et énorme part de lui. Parce que ce petit bout de femme avait transcendé son existence comme personne auparavant. Elle était devenue la lumière qui avait illuminé toute sa vie depuis 19 ans maintenant, la flamme qui avait réchauffé ce cœur asséché par l’abandon et l’indifférence passive d’une famille précocement meurtrie, l’étincelle qui lui avait donné foi en l’existence. Il n’avait pas élevé Lily ; au contraire c’était elle qui l’avait fait grandir. Comment envisager de continuer à vivre une fois qu’elle aurait quitté ce monde ? Pourquoi fallait-il qu’il subisse tout cela une nouvelle fois ? Il ne pouvait s’y résoudre. Ces dix-neuf années avaient été tellement folles, tellement intenses ! Il avait besoin de s’y accrocher, de se les remémorer ; elles étaient la bouée sans laquelle il allait se noyer.
Oui cette histoire méritait d’être racontée, d’être couchée sur le papier comme on couche son enfant le soir dans un petit lit douillet : pour se rassurer nous-mêmes, sur notre rôle de parent, et le réconforter en même temps par des promesses vertueuses de lendemain dont on n’est même pas convaincu soi-même. Oui il aurait voulu que le monde entier puisse comprendre comment il était devenu le papa de Lily .
19 ans plus tôt…
Chapitre I
Il y avait peu de chances que le métro soit bondé à cette heure avancée de la matinée mais, depuis 5 ans maintenant qu’il était « monté à la capitale » comme disait sa très chère mère, Olivier n’appréciait toujours pas de se retrouver coincé dans un wagon confiné. Avec trente personnes autour de lui qui lui feraient respirer leurs dessous de bras, poseraient des mains qui avaient trempé on ne sait où sur la poignée qu’il allait immanquablement devoir relever pour sortir, ou qui lui souffleraient leur merveilleuse haleine de chien mouillé en plein nez. Alors au diable le gain de temps, il emprunta une nouvelle fois le vélo de son voisin pour se rendre au travail. Théo était un gars absolument formidable. Comprendre par le que, contrairement à Olivier , il appréciait de rendre service à autrui. Tout ce qu’il déposait dans la cour de l’immeuble était en libre-service : de l’arrosoir au sèche-cheveu, en passant par le réchaud à gaz, la totalité de ce qui se trouvait sur l’étagère en pin de la cour commune intérieure était à disposition de celui ou celle qui la convoitait.
Théo était un adepte du recyclage. Il parcourait quotidiennement les bennes et les poubelles du quartier pour récupérer ce qu’il estimait susceptible d’avoir une nouvelle vie. Une seconde chance, selon lui. Puis il s’enfermait dans son atelier du rez-de-chaussée, attenant à sa loge, aux vitres tellement sales et au verre si piqueté que la lumière ne les traversait plus depuis belle lurette. Et il soudait, étamait, collait, clouait et rafistolait ses trésors pour qu’ils reprennent vie.
Olivier le soupçonnait assez régulièrement d’invoquer une quelconque fée bleue, ou verte peu importe, en tout cas venue d’ailleurs, dans le secret espoir qu’elle anime un jour l’un de ses chefs d’œuvre en le saupoudrant de poudre dorée toute scintillante. Il assisterait alors au miracle d’une magie oubliée depuis le fond des âges, révélée à notre ère à son unique attention. Car ce cher Théo avait tout du rêveur mégalo. Un jour, il confia à Olivier qu’enfant, il rêvait d’être le héros qui sauverait la Terre d’une abominable catastrophe cosmique. C’était cette ambition en tout cas qui l’avait poussé à devenir ingénieur. Malheureusement pour lui, il n’avait jamais réussi les concours d’entrée aux Grandes Écoles . Il n’avait cependant pas abandonné ses rêves, et se disait qu’un jour, peut-être… il retenterait. Après tout, 23 ans, ce n’était même pas encore ce qu’on appelle la force de l’âge ! Olivier s’interrogeait régulièrement sur les circonstances qui avaient conduit Théo à prendre ce poste de gardien d’immeuble : vocation, occasion ou piston ?
Pour ce matin, la force n’était pas avec Olivier malheureusement. Il avait le vent en face et son moyen de locomotion avait déjà déraillé une fois. Le jeune trentenaire n’avait pas de tendances particulièrement écolos. Non, il était simplement légèrement associable sur les bords. Il était fait pour une vie d’ermite, Victoire le lui avait suffisamment reproché. Le vélo, c’était donc mieux que le métro. Mais pour le coup, la difficulté de l’exercice aurait pu le faire changer d’avis. Tu aurais dû prendre le métro, Olivier… se dit-il pour lui-même. Et c’est tandis que cette pensée immensément profonde le traversait qu’une rincée

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