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Description

Recueil de nouvelles - Fantastique - 164 pages


Âmes sensibles, s'abstenir


De la nouvelle fantastique au conte noir, ce recueil contient des histoires terrifiantes. Possession, hantise, folie, phobie : tels sont les ingrédients majeurs de cet ouvrage. Insidieusement, l’auteur nous entraîne dans les méandres de l’épouvante et nous nous laissons prendre au piège de l’horreur.


Alors, vous qui êtes sur le seuil de l’inconnu, laissez-vous tenter. Entrez...

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 52
EAN13 9782379610912
Langue Français
Poids de l'ouvrage 2 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0030€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Entrez…

Frédéric Livyns
Frédéric Livyns



Mentions légales
Éditions Élixyria
http://www.editionselixyria.com
https://www.facebook.com/Editions.Elixyria/
ISBN : 978-2-37961-091-2
Corrections : Nord correction
Photographie de couverture : JumlongCh
Remerciements


Je tiens particulièrement à remercier Didier de Vaujany et L.S.Ange pour leur confiance et permettre à ce recueil de nouvelles d’avoir une nouvelle vie.
Un grand merci à Céline Leclercq pour ses corrections et son regard avisé sur mes textes.
Un immense merci à tous mes lecteurs et lectrices qui me font l’honneur de me suivre depuis tant d’années, et spécialement à toi qui tiens ce recueil entre les mains.
La créature


Serge sursauta. Son portable venait de sonner. Il tâtonna sur sa table de nuit avant de saisir enfin l’appareil. Juste au moment où il allait répondre, la sonnerie s’arrêta. Serge alluma dans sa chambre et se redressa. Il regarda l’heure : minuit passé de dix-huit minutes ! Qui donc pouvait bien l’appeler aussi tardivement ? Il regarda les appels en absence et constata qu’il s’agissait de Lise. Cette dernière était une de ses meilleures amies. Ils passaient régulièrement une heure ou deux, le soir, au téléphone, et se voyaient les week-ends. Ils étaient tous deux célibataires et, comme ils s’entendaient très bien, Serge et Lise mettaient leurs solitudes en commun. Mais, ces derniers temps, il commençait à développer une autre forme de sentiment dont il n’avait pas encore fait part à son amie. Serge préférait laisser les choses se faire. Ils étaient si bien ensemble qu’il aurait été malheureux de gâcher cette amitié par de l’impatience. Comme ils venaient de passer les quinze derniers jours ensemble dans la nouvelle maison de Lise, cela les avait encore plus rapprochés.
Lise avait laissé un message sur la boîte vocale. Serge en composa le numéro afin de l’écouter. Il avait du mal à distinguer clairement ce que disait son amie, d’une part parce qu’il était encore à moitié endormi et d’autre part parce qu’elle parlait tellement vite qu’il ne comprenait pas la moitié de ses paroles. Tout ce que Serge avait compris était qu’elle allait arriver chez lui d’ici une demi-heure environ.
La nuit promet d’être courte , se dit-il.
En effet, il devait se lever à 6 heures pour se rendre au travail. Tel était également le cas de Lise, étant donné qu’ils travaillaient tous deux dans le même ministère. Serge descendit au salon et s’installa confortablement sur le divan. Il alluma la télévision pour tuer le temps en attendant son amie. Son chien le rejoignit. Il sauta à côté de son maître, fit plusieurs fois le tour de lui-même, comme s’il cherchait sa place et finit par se coucher en boule en soupirant.
Peu avant 1 heure, Serge entendit claquer la portière d’une voiture juste devant son domicile. Il se leva et alla ouvrir la porte. Lise sortit de son véhicule. Elle avait passé une veste au-dessus de son pyjama. Serge se dit que, pour être partie de chez elle sans même prendre la peine de s’habiller, quelque chose de grave avait dû se produire.
— Excuse-moi de te déranger à cette heure, dit Lise en souriant de manière gênée.
— Ce n’est pas grave. Mais ne reste pas dehors, tu vas attraper froid.
Lise s’empressa de répondre par le geste à l’invitation. Elle déposa son sac sur un fauteuil et se laissa choir sur le divan d’un air soulagé. Le chien ouvrit un œil et regarda la nouvelle arrivée. Reconnaissant Lise, il fit aller sa queue, ce qui lui valut d’être gratifié d’une caresse.
— Que se passe-t-il ? demanda Serge
— Tu vas me prendre pour une folle, dit Lise.
— Je me demande bien pourquoi.
— Ben… Je n’osais plus rester chez moi.
— Pourquoi ?
— Il y a des bruits.
Serge esquissa un sourire, ce qui eut le don de déplaire à son amie.
— Vas-y, moque-toi de moi ! lança-t-elle.
— Mais non, mais non, s’empressa de se défendre Serge. Je vais nous faire du café et tu vas me raconter tout cela tranquillement. Je te promets que je ne me moquerai pas.
Cette promesse laissait Lise sceptique.
Quelques minutes plus tard, Serge déposa une tasse fumante devant son invitée et s’assit en vis-à-vis.
— Allez ! Raconte-moi ce qui s’est passé.
— J’étais partie me coucher et, comme je n’arrivais pas à trouver le sommeil, j’ai lu un magazine, et puis… j’ai entendu un bruit dans la pièce d’à côté.
— Celle dans laquelle tu as installé ta penderie ?
— C’est cela.
— Tu as été voir ce que c’était ?
— Je me suis dit que c’était probablement quelque chose qui tombait et je n’y ai pas trop prêté attention. J’ai donc continué à lire. Quelques instants plus tard, le bruit s’est répété.
— Et là, tu es allée voir ?
— Certainement pas. Je ne sais pas pourquoi, mais j’ai commencé à avoir peur. J’avais l’impression qu’il y avait quelqu’un dans la pièce. En même temps, je n’osais pas descendre, car, pour atteindre les escaliers, je suis obligée de passer devant la porte de cette pièce.
— Ce n’était probablement rien. Il ressemblait à quoi, ce bruit ?
— On aurait dit un vêtement que l’on déchire.
— Peut-être que quelque chose est tombé dans ta penderie et a déchiré une de tes robes ?
— C’est possible, mais ce n’est pas tout.
— Ah bon ? Qu’y a-t-il eu d’autre ?
— J’ai finalement trouvé le courage de descendre. Mais je n’en menais pas large tant j’avais peur.
— Il faut reconnaître que tu es facilement impressionnable. Et puis, c’est une nouvelle maison aussi.
— C’est ce que je me suis dit pour tenter de me rassurer. En plus, c’était la première nuit que j’y passais seule. J’ai songé que ce n’était probablement rien. J’ai donc pris ma couette et me suis installée sur le divan avec la lumière allumée. Cela m’a un peu rassurée.
— Et tu t’es endormie ?
— Juste quand je m’assoupissais, j’ai entendu un autre bruit.
— Un autre bruit ?
— Comme quelque chose qui tombait dans l’escalier. Une balle ou un truc de ce genre. On aurait dit que cela rebondissait sur les marches. Là, j’ai tellement eu la trouille que j’ai empoigné ma veste, mes clés de voiture et j’ai quitté la maison. Je t’ai téléphoné alors que je démarrais. Tout cela me paraît un peu ridicule, maintenant que je te le raconte.
— Ne t’inquiète pas, tu as bien fait. Tu peux dormir ici si ça te rassure.
— Je ne te dérange pas ?
— Bien sûr que non.
— Tu sais ce que j’aimerais ?
— Non. Quoi ?
— C’est que demain soir, tu prennes tes affaires et que tu viennes dormir chez moi. Il n’y a probablement rien, mais je me sentirai plus rassurée si tu es là.
— Pas de problème.
— Merci, répondit-elle, soulagée.
— Il faut dormir maintenant.
— Je n’ai pas trop envie d’aller travailler, demain. Je suis complètement naze. Ça ne te dirait pas de poser congé ? Comme cela, on peut regarder s’il n’y a rien d’anormal dans la maison durant la journée.
Serge réfléchit quelques secondes avant d’acquiescer.
— D’accord. Faisons cela. De toute façon, étant donné l’heure, on serait trop crevés pour faire quoi que ce soit de potable au boulot. Autant dormir convenablement. Je vais te chercher une couverture.
Un petit quart d’heure plus tard, ils s’endormirent.

Les deux amis arrivèrent le lendemain en début d’après-midi. Ils firent sans tarder le tour de la maison, en commençant par la pièce dans laquelle Lise avait entendu les premiers bruits, mais après une longue et rigoureuse inspection, ils durent se rendre à l’évidence : il n’y avait strictement rien d’anormal. Lise se sentait parfaitement stupide. Serge la rassurait en disant pour la énième fois que c’était normal de ne pas être totalement à l’aise dans une nouvelle maison. D’autant plus que celle-ci était assez ancienne et que, par conséquent, certains bruits pouvaient effectivement se produire. Des sons tels que le craquement des boiseries pouvaient prendre des proportions effrayantes, la nuit.
Ils passèrent le restant de la journée à faire du shopping. Cela eut le mérite de distraire Lise. Le soir arrivé, ils rentrèrent à la maison, les bras chargés de paquets. Ils dînèrent et regardèrent une comédie à la télévision. Au fur et à mesure que le temps passait et que la nuit tombait, Serge se sentait de plus en plus oppressé. Une sourde angoisse montait en lui. Il était bien incapable de s’expliquer pourquoi. Serge s’efforçait de cacher ses appréhensions à Lise afin de ne pas l’inquiéter. Il fut alors pris d’une violente migraine qui le força à s’allonger et à ingérer un antidouleur. Serge finit par aller s’allonger dans la chambre d’ami. Lise resta en bas en compagnie du chien de celui-ci et regarda la télévision. S’il avait besoin de quoi que ce soit, Serge n’aurait qu’à l’appeler.

Juste comme il allait s’endormir, Serge entendit un léger bruit provenant de derrière la porte de la chambre. On aurait dit les ongles d’un petit animal piétinant le parquet. Serge se dit que son chien avait dû monter pour le rejoindre et se leva pour le laisser entrer. Lorsqu’il ouvrit la porte, il n’y avait rien ni personne. L’angoisse qui l’avait assailli précédemment revint de plus belle. Il descendit les escaliers et constata que son chien était couché aux côtés de Lise sur le divan. Ce n’était donc vraisemblablement pas lui le responsable des bruits à l’étage.
Lorsqu’elle vit la pâleur de son ami, Lise se rendit immédiatement compte que quelque chose d’anormal se passait.
— Qu’y a-t-il ? demanda-t-elle.
— Tu n’as pas laissé monter le chien ?
— Non, il n’a pas bougé d’ici. Pourquoi ?
— J’ai entendu comme des bruits de pattes devant ma porte.
Lise pâlit à son tour.
— Ce n’est rien, tenta de la rassurer Serge, il doit y avoir un rat ou une souris. Cela arrive dans les vieilles maisons qui ont été inoccupées. Je vais prendre la lampe de poche et aller voir.
— Je t’accompagne.
— Si tu veux, répondit-il, tout en se sentant soulagé de ne pas avoir à y aller seul.
Ils allumèrent dans toutes les pièces, guettant la moindre preuve du passage d’un quelconque animal, mais ne trouvèrent absolument rien. Cette inspection nocturne eut au moins le mérite d’apaiser complètement Lise, qui put de la sorte constater qu’il n’y avait rien dans la maison. Pour sa part, Serge se dit qu’il avait dû s’assoupir. Il commençait à se sentir ridicule également. Peut-être avait-il été plus impressionné qu’il n’avait bien voulu l’admettre par le récit de son amie, la nuit précédente ? Ils redescendirent et, après une bonne tasse de thé, décidèrent d’un commun accord d’aller dormir.
— Je peux te demander quelque chose ? demanda Lise.
— Quoi ?
— Tu veux bien dormir avec moi, cette nuit ? Je me sentirai plus en sécurité.
— Je veux bien.
— Ne va pas en tirer des conclusions hâtives, déclara Lise en rigolant.
— Pas de danger. Je suis bien trop crevé.
Ils montèrent se coucher. Allongés l’un près de l’autre, le chien couché au pied du lit, ils ne tardèrent pas à s’endormir.

Serge se trouvait dans un café en compagnie de Lise. Alors qu’ils devisaient gaiement par cette belle journée, un grondement sourd retentit et s’amplifia jusqu’à devenir douloureux, vrillant la tête de ceux qui l’entendaient. Les gens se bouchaient les oreilles pour atténuer le mal. Les vitres de la devanture du café commencèrent à vibrer. Serge cria à son amie de se coucher sur le sol, avant de se jeter lui-même à plat ventre en fermant les yeux. Juste à cet instant, les parois de verre explosèrent en milliers de fragments. Le bruit assourdissant devint de plus en plus aigu puis s’arrêta finalement. Serge se releva et regarda autour de lui : il était le seul survivant. Son amie, les clients, tous avaient été impitoyablement lacérés par les projectiles de verre. Tous étaient morts ! Sous le choc, il regarda dehors. La rue avait été complètement ravagée. Les façades des maisons, de l’autre côté, avaient été entièrement arrachées. Au centre de la route trônait un avion à l’arrière déchiqueté.
Serge se fraya un chemin parmi les corps et sortit. Un silence lisse régnait, comme si toute vie avait déserté l’endroit. Il repéra alors un homme vêtu de noir, assis sur une chaise. Bien qu’il lui paraisse incongru que quelqu’un reste stoïquement assis de la sorte, il se dirigea vers l’homme. À peine eut-il fait quelques pas qu’il s’arrêta. Quelque chose d’anormal lui criait de s’arrêter, qu’il ne devait pas continuer s’il voulait survivre…
La porte de l’avion s’ouvrit brusquement. En tournant la tête, Serge eut le temps d’apercevoir quelques cadavres par les hublots : ils avaient la bouche grande ouverte sur un dernier cri. Une vieille dame descendit des décombres de l’appareil. Visiblement, elle n’était pas blessée. Alors qu’il aurait normalement dû se précipiter pour lui porter secours, Serge ne bougea pas. Quelque chose le lui interdisait. La vieille dame posa le pied à terre et se dirigea vers l’homme sur sa chaise. Lorsqu’elle fut arrivée à sa hauteur, tous deux se retournèrent, comme s’ils venaient subitement de remarquer sa présence. Le vieil homme tenait un grand bocal en verre dans lequel on pouvait voir flotter des doigts racornis. Serge s’aperçut alors que ce qu’il avait pris pour une vieille dame était en fait une petite fille au visage fripé et aux cheveux blancs. Il remarqua avec horreur que ses pieds nus étaient dotés d’immenses ongles jaune brun se tortillant sur eux-mêmes comme s’ils n’avaient plus été coupés depuis des lustres. Elle pointa vers lui une main dont les doigts avaient été sectionnés et articula d’une voix caverneuse :

« Viens… Vieeeens… »

Serge se réveilla couvert de sueur. Jamais il n’avait fait un tel cauchemar. Il se recoucha sur le flanc. Lise se retourna vers lui dans son sommeil. Alors qu’il la regardait en se disant à quel point elle était belle, Lise ouvrit des yeux blancs révulsés et, dans un souffle, dit :

« Vieeeeeeeens… »

Serge se releva en hurlant, se prit les pieds dans les draps et bascula du lit. Il s’écrasa sur le plancher avec fracas. La lumière jaillit. Réveillée en sursaut, Lise le regardait.
— Ça va ? demanda-t-elle, inquiète.
— J’ai fait un cauchemar, répondit machinalement Serge.
Il se voyait mal expliquer à son amie ce qui l’avait fait réagir de la sorte.
— Viens te recoucher, dit-elle en tapant le matelas à ses côtés.
Tant bien que mal, Serge se redressa et s’allongea. Il n’osait se rendormir. Lise n’avait en revanche pas ce problème, étant donné qu’elle avait de nouveau sombré dans le sommeil. Le chien regardait son maître d’un air interloqué. Il se demandait visiblement quelle mouche l’avait piqué.
Serge eut beau se tourner dans tous les sens, il ne parvint pas à retrouver le sommeil. Son cauchemar était encore trop vivace dans son esprit. Il décida de se lever et de laisser dormir tranquillement son amie. Son chien le suivit.
Parvenu silencieusement au rez-de-chaussée, l’animal s’arrêta net devant les jambes de son maître et montra les crocs en direction du salon. Fébrilement, Serge tâtonna, à la recherche de l’interrupteur. Lorsqu’il le trouva et l’actionna, nulle lumière ne jaillit. La pièce était juste chichement illuminée par la lune qu’il pouvait apercevoir par la porte-fenêtre.
Dans les ténèbres, deux points blancs semblaient le fixer. Le chien aboya et se lança en direction de la chose tapie dans l’obscurité. Un hurlement de douleur retentit et le silence revint.
La forme se redressa et un crissement se fit entendre. On aurait dit des ongles frottant contre du carrelage. Une panique folle et irrépressible s’empara de Serge qui, bien que voulant fuir de tout son être, était paralysé par la peur.
Une silhouette se dessina au clair de lune. La petite fille de son rêve se tenait devant lui. Elle soufflait doucement :

« Viens… Vieeeens… »

Serge hurla alors que la forme se jetait sur lui et le renversait sur le sol.

Lise se réveilla en sursaut. Elle avait entendu un cri affreux, elle en était certaine. Elle alluma dans la chambre et vit que son ami n’était plus là. Surmontant sa peur, elle s’extirpa de son lit et descendit les marches.
— Il a dû se lever pour aller aux toilettes, se dit-elle afin de se rassurer.
Lise ouvrit la porte au bas des escaliers. Une odeur forte qu’elle ne pouvait définir régnait dans la pièce et la prenait à la gorge.
Elle actionna l’interrupteur. La lumière jaillit, dévoilant un macabre spectacle : son ami gisait sur le sol. Son visage avait été tailladé comme par les griffes d’un animal sauvage. C’est alors qu’elle remarqua les mains. Les doigts de son ami avaient été sectionnés. Sous le choc, elle tomba à genoux. Elle n’avait plus la force de hurler. Les larmes roulaient silencieusement sur ses joues et se mêlaient au sang de son ami.
Elle se redressa. Fuir ! Il fallait qu’elle fuie ! N’importe où ! Cela valait mieux qu’ici ! Elle allait se réfugier chez un voisin et appeler la police ! Elle marcha vers la porte en faisant attention de ne pas glisser sur le sang qui recouvrait le sol et dont ses chaussettes s’imprégnaient à chaque pas. Elle aperçut le corps du chien – ou, du moins, ce qu’il en restait.
C’est alors qu’elle remarqua les petites traces de pas ensanglantés.
Des pieds de petite fille , pensa-t-elle.
Ils se dirigeaient vers le vestibule et s’arrêtaient brusquement à la porte entrebâillée de la cave. Elle passa précautionneusement devant l’embrasure et marcha à reculons jusqu’à la porte d’entrée. Alors qu’elle posait la main sur la poignée, la porte de la cave s’ouvrit en grand, une forme décharnée en jaillit et agrippa Lise avant qu’elle n’ait pu sortir. Celle-ci hurla et se débattit, mais la pression sur sa gorge était telle qu’elle perdit rapidement connaissance.

« Vieeeeeeeens… », souffla une dernière fois la chose avant d’emporter sa victime inconsciente vers les ténèbres du sous-sol.
Présence
 
 
Paul se laissa tomber sur le divan. Il était épuisé, mais heureux. Il venait enfin de terminer son déménagement. Durant deux jours, Paul avait vidé son ancien domicile et déplacé toutes ses affaires dans la maison qu’il venait de louer pour une période de trois ans. Il était satisfait de son nouveau chez-lui. C’était une maison de rue toute simple, mais très lumineuse, ce qui le changeait radicalement du studio dans lequel il avait vécu pendant six ans. En plus, le loyer était vraiment donné pour une maison aussi spacieuse. Lorsqu’il avait demandé au propriétaire comment il se faisait que le montant fût aussi peu élevé, ce dernier lui avait répondu que c’était en raison d’un drame. Le locataire précédent s’était suicidé quelques mois auparavant. Le propriétaire avait alors complètement rénové et rafraîchi la maison avant de la remettre en location. Peut-être croyait-il de la sorte effacer la mauvaise réputation que risquait d’avoir son bien ? De toute façon, Paul s’en moquait éperdument. Il n’était pas superstitieux. Il regarda autour de lui. Cela lui faisait drôle de voir le salon dégagé de toutes les caisses. Il n’aurait jamais cru avoir amassé autant d’affaires en six ans. Il y avait des centaines de livres et de revues, plus de trois cents CD, quelques vieux vinyles, deux consoles de jeux avec les accessoires qui se greffent autour… Bref, il avait porté en tout et pour tout plus de cinquante caisses contenant des objets allant de l’indispensable ustensile de cuisine au simple accessoire de décoration.
Paul regarda l’heure. Il s’aperçut avec surprise qu’il était à peine 19 heures. Il décida de mettre un film, histoire d’avoir un semblant de soirée avant d’aller se coucher. Il devait en effet se lever tôt le lendemain pour se rendre à l’enterrement du père de l’un de ses meilleurs amis. Paul regardait le film sans vraiment le voir et, lorsque le générique de fin apparut sur l’écran, il aurait été totalement incapable de dire avec précision quelle avait été la chute de l’histoire, tant son esprit était fatigué. Il éteignit les lumières et monta se coucher. À peine allongé sur son lit, il sombra dans un profond sommeil.
Paul sursauta. Son réveil indiquait 23 h 58. Il avait fait un cauchemar dont il ne se souvenait pas. La seule chose qui lui restait de son rêve était cette sensation d’étouffement qui l’avait réveillé. Son cœur battait à toute allure. Il se remit sur le dos et se força à respirer de manière profonde et régulière. À travers les rideaux tirés, une lumière faible provenant du réverbère dans la rue illuminait chichement la chambre. Paul referma les yeux. Alors qu’il allait sombrer à nouveau, un bruit le rappela à la réalité. Il ouvrit grand les yeux, mais ne vit rien. Le silence était redevenu uniforme. Il resta attentif encore de longues secondes avant d’essayer de trouver une nouvelle fois la position idéale pour se rendormir. C’est alors que le bruit se reproduisit. On aurait dit le raclement de quelque chose que l’on traînait sur le sol. Cela provenait d’en bas. Le bruit ressemblait à celui que fait une chaise lorsqu’on la tire de table sans prendre la peine de la soulever.
Paul hésita brièvement avant de se décider à se lever. Il chaussa ses pantoufles et descendit silencieusement les marches menant au rez-de-chaussée. Paul savait très bien que les vieilles maisons produisent toujours des bruits auxquels il faut un certain temps pour s’habituer, mais il était à présent quasiment certain que ce n’était ni un craquement du bois ni quelque chose d’approchant. Il pensa immédiatement à un cambrioleur. Paul n’était pas un peureux, mais il n’avait jamais eu à faire face à ce genre de situation. Il ne savait pas comment il devait réagir, mais il n’allait pas se laisser dépouiller sans réagir.
Un silence de plomb l’accueillit lorsqu’il posa le pied sur le carrelage de la cuisine. N’entendant plus aucun bruit anormal, il alluma dans la pièce. Il n’y avait rien de spécial. Paul alla illuminer les autres pièces également, mais, là aussi, tout était normal. Rassuré, il éteignit partout et remonta. J’ai dû m’endormir et rêver , se dit-il.
Il s’était à peine déchaussé que le bruit se reproduisit. Là, il n’y avait plus aucun doute possible : quelqu’un s’était introduit dans la maison ! Paul descendit sans précaution, alluma et constata qu’il n’y avait rien. Il avait la sensation désagréable que des choses étranges se produisaient. La personne avait à nouveau dû se cacher en l’entendant descendre. Il fit le tour complet du rez-de-chaussée, regarda derrière chaque meuble et ouvrit toutes les portes, y compris celles de la salle de bains et des toilettes. Il alla...

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