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Description

Chrysanthe est une pythie au service d'Apollon.


Une nuit, une vision la frappe : entourée de cadavres putréfiés, déformés par une maladie sombre et mystérieuse, elle entrevoit la chute prochaine d'Athènes et se voit maudite par une entité redoutable qui la prendra en chasse.


Le même soir, l'Arc d'Argent d'Apollon protégé par la gardienne Danaé est volé. Dans le port du Pirée, un navire égyptien s'échoue et libère le mal entrevu par la pythie...


Âqen, mercenaire, est le seul survivant de cette tragédie. Il se réveille sur une plage, l'Arc d'Argent en main.


Tous les trois ignorent tout de la tragédie se jouant à leur insu. En quête de leur propre liberté, ils devront faire face à leur destin, un futur teinté de fatalité.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 21 mars 2023
Nombre de lectures 7
EAN13 9791070002759
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0037€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

Kórakès, les enfants maudits
Caroline Blineau
Kórakès, les enfants maudits

Crée, écrit et illustré par : Caroline Blineau




















©2023 Nanachi
Édité par : Nanachi Éditions, La Rabatelière, France
ISBN :
Dépôt Légal : Février 2023
À toutes les âmes qui aspirent à la liberté.
Prologue :
La chute de la Lumière
L a Lumière inondait les cieux, la terre, le sommet du Parthénon. Sa dominance était telle qu’elle inspirait, à celle qui l’observait, un respect teinté de crainte. Ses feux flattaient la statue aux dimensions monumentales d’Athéna Promachos, accrochaient des reflets rouges et or sur la déesse représentée dans toute sa noblesse guerrière.
La déité de la sagesse envoyait un message clair à ses ennemis et en suivant son regard tourné vers l’horizon, Chrysanthe fut surprise de voir des nuées de corbeaux prendre d’assaut la cité d’Athènes. 
Les oiseaux s’unirent en une seule entité, un immense corbeau blanc qui, déployant ses ailes, les étira à l’infini et se colora en noir. Les paupières de la jeune femme se refermèrent.
Aussitôt, le règne de la Lumière prit fin.
Chrysanthe ouvrit les yeux, accompagnée par le chant d’agonie de milliers d’hommes, femmes et enfants. Dans les ténèbres instaurées, des incendies éclairaient la tragédie qui se jouait : dans un fossé, des corps se décomposaient sous ses pieds tandis que les flammes consumaient tout sur leur passage.
Les cadavres étaient tordus, hideusement boursouflés, couverts de pustules. La bouche des défunts restait ouverte sur un cri sans fin. Et les rares hères encore en vie s’avançaient au bord de ce gouffre, se lamentaient, implorant que les dieux leur viennent en aide.
Tremblante, Chrysanthe essaya d’escalader cette montagne de chairs putréfiées qui ne faisait que grandir. L’impression de se trouver aux Enfers, dans les champs des châtiments, nouait la gorge de la jeune femme. Aussi, quand elle vit un enfant malade sur le point de basculer dans la fosse, elle ne put qu’émettre un hoquet de surprise.
Sortis de nulle part, des hommes plongèrent leurs mains dans la poitrine du garçon.
Les lèvres de ce dernier s’ouvrirent en grand, libérant un corbeau qui se fraya un chemin dans d’affreux sons de gargouillis mêlés au sang qu’il régurgita. Ce spectacle paralysa Chrysanthe. Elle implora intérieurement Apollon de lui venir en aide.
Seul le silence répondit à ses prières.
Les infanticides ne cessèrent pas et ne se limitèrent pas aux fillettes ou aux garçonnets. Les meurtriers, êtres habillés de manteaux de plumes noires, avaient la tête coiffée d’un crâne au bec de corbin. Ils utilisaient leurs longs doigts terminés en serres pour blesser ou tuer les victimes. Impuissantes, la plupart d’entre elles vinrent tomber dans le trou.
Des croassements s’élevèrent, comme des rires moqueurs. Tout autour de Chrysanthe, il pleuvait des cadavres. Soudain, un lion surgit du noir pour affronter les hommes-corbeaux.
Malgré toute la férocité de l’animal au pelage d’or, ses efforts s’avérèrent inutiles.
Incapable de les combattre, il poussa un terrible et long râle de douleur avant de s’effondrer sur le sol. Les créatures se jetèrent sur lui pour se repaître de sa chair, tels les charognards évoluant dans les cieux. Eux-mêmes, appelés par un congénère aux atours immaculés, ne tardèrent pas à le rejoindre en se métamorphosant à leur tour.
Son regard suivit leur progression. Aux abords de la cité, des loups rouges se ruèrent contre les remparts, les portes, finirent par prendre d’assaut les rues, les bâtiments. Ils achevèrent leur œuvre de chaos et de destruction sur la ville affaiblie.
La statue d’Athéna se brisa.
Le corbeau blanc, précédé de tout son cortège, partit vers l’Ouest.
La vue de Chrysanthe se brouilla : elle reconnut un grand port où les bateaux, échoués, déversaient une substance noirâtre.
Parmi cette noirceur, un éclat d’argent s’imposa. La silhouette d’un oiseau fendit les nuées. Lui aussi fut avalé par les ténèbres.
☼ ☼ ☼
Chrysanthe se réveilla en sursaut, frappée par une douleur aiguë dans son œil droit. Un murmure lui échappa :
— Kórakès ?
La vision s’étiolait peu à peu, laissant derrière elle un sentiment troublant. La souffrance, quant à elle, était bien réelle. Dans les brumes de son esprit tourmenté, la pythie d’Apollon entendit un cri déchirer le calme de cette chaude nuit. Des ailes froissèrent l’air frénétiquement.
Des tréfonds de la grotte où reposait la première des pythies, une femme hurlait de rage et d’affliction. Elle frappait au hasard autour d’elle, comme prise d’un accès de fureur qui la consumait tout entière.
Enfin, à bout de souffle, elle laissa tomber ses lames.
— Volé…
La Gardienne gronda :
— L’Arc d’Argent ! Il a été dérobé !
Elle poussa un sifflement qui n’avait rien d’humain. La guerrière s’affaissa, porta une main à son visage. À la place où auraient dû se trouver ses yeux, il n’y avait qu’une cavité vide et sanguinolente. Ce soir, elle avait doublement échoué.
☼ ☼ ☼
Un navire égyptien approchait du port du Pirée. La mer, calme il y a quelques minutes, s’était mise en colère. De lourds nuages noirs s’amoncelèrent à l’horizon, occultant la lumière de la lune et des étoiles. Ainsi ballottée dans tous les sens, l’embarcation ne tarda pas à être engloutie par une vague gigantesque.
Enfin, le soleil revint éclairer le monde et caresser de ses bras le seul survivant du naufrage. Il se redressa pour vomir un mélange d’eau de mer et de bile noire, s’agrippa au sable pour s’extirper de la carcasse du bateau. L’homme repoussa dans un grognement le corps putréfié d’un de ses compagnons d’infortune. Ils avaient tous péri bien avant que ne se lève la tempête, frappés par un mal étrange. Les uns après les autres, décimés par une maladie qu’il n’avait jamais observée. Il avait été seul à affronter les éléments.
Sa survie relevait du miracle. L’Égyptien se mit à genoux et éclata de rire. Un rire désabusé, glacial. À bout de forces, il se laissa retomber sur le sol et perdit connaissance.
Il découvrit, à son réveil, un magnifique arc argenté.
Chapitre I :
« Connais-toi toi-même »
— Chrysanthe ! Chrysanthe, réveille-toi ! Tu es très en retard ce matin !
La jeune femme repoussa doucement sa couverture. Elle se sentait nauséeuse et son œil droit la faisait souffrir. Le rêve de la nuit dernière la hantait même maintenant, alors qu’elle dévisageait sa servante, une amie d’enfance qui venait de son village natal.
La stupéfaction et la crainte que la prophétesse put lire sur son visage achevèrent de l’inquiéter.
— Chrysanthe, tu… ton œil… qu’est-ce qui s’est passé ?
Sa suivante allait dire autre chose, mais referma la bouche, se leva avec précipitation. Chrysanthe devinait ses pensées pour les décrypter avec une facilité qui la troublait toujours autant :  tu es tombée malade.   
— Qu’est-ce que tu racontes ? Je me sens bien, Daphné.
Mais celle-ci déguerpissait déjà, la laissant seule avec ses interrogations. Un soupir s’extirpa de ses lèvres et elle s’habilla, ignorant pour le moment la peur qui avait étreint son amie et son propre cœur.
Chrysanthe ne cessait de penser à ce cauchemar. Jamais encore elle n’avait dû faire face à pareille vision. Un augure ? La pythie en était convaincue. Elle devait aller consulter les autres.
Elle n’était pas la seule prophétesse de Delphes. Deux femmes, d’un âge bien plus avancé que le sien, se relayaient à tour de rôle pour les oracles. Elle avait été choisie, au grand étonnement de tous, durant les derniers jeux delphiques, lors d’une représentation très remarquée. Le Grand Prêtre Néréeus l’avait tirée de sa vie paisible pour une autre, tout aussi tranquille. Trop monotone pour cette fille si jeune et rêveuse. Quatre années s’étaient écoulées et Chrysanthe s’en était finalement accommodée. En partie grâce à Néréeus qui lui laissait trop de liberté, au goût de très nombreuses personnes.
C’était lui qu’elle décida de trouver en premier.
Les oiseaux sombres avaient envahi Delphes et ses environs depuis un certain temps. Si Chrysanthe s’était habituée à leur présence, à leurs chants lugubres où elle décelait une beauté mélancolique, pareils aux poètes déclamant leurs textes, ce n’était pas le cas des fidèles ou simples visiteurs.
Prenant soin de dissimuler ses cheveux et son visage comme il était de rigueur, la jeune pythie traversa le temple dédié à Apollon, choisissant de se déplacer avec furtivité pour ne pas attirer l’attention. Tout cela accompagnée par la « poésie » des corvidés, assez calmes aujourd’hui.
Elle trouva Néréeus sur le seuil de l’adyton où nul, hormis lui et les prophétesses, ne pouvait entrer. Son visage, constellé de rides, avait l’air grave : Daphné aurait-elle couru jusqu’à lui pour l’informer de son état ?
— Suis-moi dehors, se contenta-t-il de dire à la surprise de la jeune femme.
Sur le fronton du temple était gravée une maxime attribuée à Apollon ou à Chilon de Sparte, l’un des Sept Sages de Grèce. Un titre honorifique qui saluait la grandeur de ces savants, penseurs ou politiciens.
— « Connais-toi toi-même ».
Le Prêtre aimait parler en énigmes. Bien souvent, Chrysanthe ne manquait pas de répondant face à ces petits jeux auxquels ils s’adonnaient ensemble.
Cette fois, la jeune pythie demeura plongée dans un mutisme qui ne lui ressemblait pas. Face à son malaise, le vieil homme lui offrit un sourire encourageant.
— Tout va bien, Chrysanthe ?
— C’est Daphné qui est venue te trouver ?
La demoiselle était sur la défensive. À son tour, il contempla la pythie. Elle chercha à se dérober, baissant la tête pour cacher son œil malade.
— Non, répondit-il. Mais elle semblait avoir Cerbère aux trousses ! Que s’est-il passé ?
— Rien d’important.
Elle s’entêtait. La voix du Grand Prêtre se durcit :
— Montre-moi.
Chrysanthe releva la figure vers lui, soucieuse.
Sa main chassa ses boucles blondes, décrocha le voile qui dissimulait la partie supérieure du visage et ne cilla même pas en découvrant cette étrangeté, perd

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