La Dernière Sorcière aux Yeux d Or
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Français

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La Dernière Sorcière aux Yeux d'Or , livre ebook

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Description

La légende prétend qu'il existait un monde merveilleux, un lieu magique où humains et créatures surnaturelles vivaient en paix.


Un clan de puissantes sorcières aux yeux d'or y maintenait l'équilibre, jusqu'à ce qu'un mage au cœur aussi sombre que l'obsidienne le décime lors d'une nuit sanglante.


L'harmonie rompue, le monde bascula dans le chaos. Le mal y règne désormais en maître, obligeant les êtres magiques à se cacher et les humains à se battre pour leur survie.


Mais l'espoir revient lorsque l'Oracle prédit le retour des sorcières aux yeux d'or, car l'une d'elles a survécu au massacre.


Une jeune fille de prénommée Elena.






Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 3
EAN13 9782490630363
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0060€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

L ’ AUTEURE
Lily Davinni est née, a grandi et vit en région parisienne.
Après un bac littéraire, elle obtient un diplôme de droit, mais n’a jamais pu oublier sa première passion : l’écriture.
Inspirée par un univers fantastique mêlant les livres de J.K Rowling, de J.R.R. Tolkien ou de C.S. Lewis et ses propres rêves, ou plutôt cauchemars, elle se lance dans l’écriture de son premier roman fantasy : La Dernière Sorcière aux Yeux d’Or.
Grâce aux encouragements de ses proches et de son chat, elle ose proposer son manuscrit à l’édition. Pari gagné.


Lily Davinni






Direction Éditoriale : Guillaume Lemoust de Lafosse
© Inceptio Éditions, 2020
ISBN : 978-2490630-36-3
Inceptio Éditions
13 rue de l’Espérance
La Pouëze
49370 ERDRE EN ANJOU
www.inceptioeditions.com


À mes parents, qui sans le savoir, m’ont donné l’envie d’écrire,
À mon chéri, mon soutien inconditionnel,
À mon frère, tu vois qu’il est sorti !


PROLOGUE
La légende dit qu’il existait un monde mystérieux par-delà les plus grandes montagnes de la Terre. Un monde merveilleux, magique, où tout était possible. Là-bas, régnait la paix, la joie, la richesse. Là-bas, n’existaient ni misère, ni peur. Alatar était l’archétype du monde parfait.
Un clan de sorcières y sauvegardait l’équilibre. Leurs pouvoirs étaient tels, qu’elles étaient idolâtrées au même titre que les divinités : les plus grands rois sollicitaient leurs conseils tandis que les plus féroces créatures magiques baissaient les yeux devant elles. Elles étaient encensées et respectées… mais enviées. Leurs pouvoirs étaient terriblement convoités.
Un jour, Barral, un puissant mage noir, jaloux de la puissance des sorcières, créa une armée afin de les éliminer et de devenir le sorcier le plus puissant d’Alatar. C’est ainsi que les gardiennes de l’équilibre, malgré leurs immenses facultés, furent exécutées après une longue nuit de lutte sanglante. Leurs yeux d’une splendide couleur dorée, source de leur magie, furent conservés par Barral qui devint ainsi, l’être le plus craint d’Alatar. Mais détenir les yeux d’or ne lui suffisait pas. Il lui fallait bien plus : il lui fallait régner en maître sur ce Monde !
Il commença alors une guerre barbare destinée à assujettir tous les peuples habitant Alatar. Les armées noires du mage parcoururent le monde avec l’objectif ultime d’obtenir l’allégeance des êtres terrifiés depuis le massacre des sorcières, et de tuer tous ceux qui ne se soumettraient pas. Beaucoup périrent durant ces treize années terribles de lutte et de carnage. Nombreux fuirent, espérant demeurer invisibles aux yeux du danger. Peu restèrent encore debout face à l’ennemi, attendant vainement, celui ou celle qui les sauvera de leur déchéance. Mais l’espoir sombra aussi vite que l’armée du mage noir dévastait les contrées autrefois en paix.
L’équilibre n’étant plus maintenu, le monde bascula dans le chaos durant de longues années.
Mais derrière chaque ombre, se cache un rayon de lumière. L’espoir revint lorsque l’Oracle prédit le retour des sorcières et avec elles, le retour de l’équilibre à Alatar, car l’une d’elles avait survécu au massacre… une petite fille prénommée Elena.



CHAPITRE I
Jeune sorcière au cœur pur,
Puise la force de ton âme,
Guide-nous à travers la nuit sans étoiles,
Fais naître la lumière au creux de tes mains,
Doux espoir,
Et le monde scintillera à nouveau.

Mes yeux s’ouvrent sur le plafond où je peux encore percevoir le regard doré fixé sur moi, brillant dans la pénombre tels des sphères d’or, illuminant ma chambre telle une lune éclairant la nuit noire. Je cligne des yeux pour faire disparaître les dernières images de mon rêve récurrent.
C’est déjà l’aube et bientôt, je devrai me lever. Inspirant profondément, j’essaie d’oublier cette voix douce qui me hante toutes les nuits. Une berceuse ! Une berceuse qui tourne en boucle dans ma tête et dont je ne mémorise jamais les paroles. Mais cet air ! Cette voix ô combien enchanteresse ! Je ne sais pas à qui elle appartient, mais le simple souvenir de ce rêve me fait frissonner de la tête aux pieds. De peur ? De tristesse ? Je ne saurais le dire.
— Debout, petite marmotte ! Je sais que c’est ton anniversaire, mais les bêtes n’en tiennent pas compte !
La voix enjouée de mon père me fait sourire et oublier mes tergiversations. Ce n’est qu’un rêve de toute façon. Certes, un rêve que je fais toutes les nuits depuis quelques semaines et une mélodie que je fredonne toute la journée, mais cela reste un songe tout droit sorti de mon imagination.
M’obligeant à me lever, je traverse la maison et sors pieds nus afin de tirer un seau d’eau fraîche du puits. Après une rapide toilette et un petit-déjeuner avalé en trois bouchées, je relève mes manches, tresse mes longs cheveux châtain clair, mets mon chapeau de paille et me dirige vers la grange. Attrapant un seau plein de graines, je me fais un devoir de nourrir les animaux avant de les faire sortir prendre l’air.
Je m’assieds sur une botte de foin et admire le soleil se lever doucement sur les prés, teintant d’orangé l’herbe fraîchement broutée par les vaches et les chèvres adorées de mon père. Je me sens soudain sereine et oublie mon cauchemar de la veille pour m’imprégner de l’atmosphère paisible qui règne sur la ferme. Je souris, appréciant ces moments privilégiés avec la nature. Les besognes ne me répugnent pas, au contraire. J’aime m’occuper des bêtes. J’aime l’odeur de la paille, la fragrance plus subtile de l’herbe et le caquètement des poules. Les regarder sautiller et courir dans tous les sens lorsque je viens les nourrir me donne le sourire.
Je vis dans une petite ferme près du village de Belle-Rose avec mon père, Anatole et ma mère, Constance. Notre maison au confort limité et aux installations rudimentaires, se situe à l’écart du village, chose dont je me réjouis grandement. Bien sûr que j’envie l’aisance et les privilèges que peuvent avoir certaines personnes bien nées, mais j’apprécie ma vie et adore mes parents. Je ne la changerais pour rien au monde… Quoique, à la réflexion, si on me donnait la possibilité de corriger une seule et unique chose, je choisirais sans doute une autre couleur pour mes yeux. Oui, avoir de beaux yeux bleus comme mon père ou même noisette comme ma mère, serait la petite touche qui comblerait mon bonheur. Seulement c’est impossible, à moins de les crever, mais alors, je serais aveugle et encore plus laide que la Recousue. Fataliste, je me dis que malheureusement, je devrai me contenter de ce que la nature m’a donné.
Après quelques minutes à profiter de ce sublime paysage, je vais rejoindre mon père qui assemble la paille. Attrapant un râteau, je me mets à la tâche. Papa fait toujours mine de s’étonner de ma force. Comme dans une œuvre de l’esprit que nous connaîtrions par cœur, ma réponse reste inlassablement la même :
— C’est parce que j’ai hérité de tes talents, Papa !
— Ce sont plutôt ceux de ta mère ! répond ensuite mon paternel sur le même ton.
Oui, j’aime ma vie, ma famille et même la ferme. Si seulement nous pouvions vivre que tous les trois, ensemble pour toujours. La vie serait tellement calme et paisible, ennuyeuse certes, mais paisible.
— Elena, pourrais-tu aller au village ?
À ces mots, je me raidis et le râteau glisse de mes mains. Parmi toutes les corvées que je dois accomplir, me rendre au village est la plus désagréable de toutes. Pire encore, cette perspective me remplit d’effroi.
— Ne peux-tu y aller, Maman ? demandé-je d’une voix suppliante. Je ne voudrais pas que Papa finisse seul.
— Ton père se débrouille très bien, rétorque ma mère, consciente de mes peurs.
— Mais, son dos le fait souffrir !
— Elle a raison, Constance, tente mon père en me faisant un clin d’œil discret avant de se plier en deux. Mes épaules me font atrocement mal.
— Ne lui trouve pas d’excuses, Anatole ! Je sais que tu vas parfaitement bien, sinon je t’aurais entendu te plaindre toute la nuit. Et puis, je suis en train de préparer un repas pour ton anniversaire, Elena, alors si tu veux que je le finisse à temps… va.
Je pousse un lourd soupir plein de regrets, espérant encore adoucir ma mère par ma mine de chien battu. Son sourire en coin me fait comprendre qu’elle ne mord pas à l’hameçon. Je n’ai pas le choix. Mon père me sourit avec tristesse.
— Pour te faire oublier ta peur, je vais te donner de quoi réfléchir.
Un sourire naît sur mes lèvres. J’adore ses énigmes, d’autant plus celles qui sont si difficiles que mon esprit ne pense à rien d’autre qu’à les résoudre.
— Plus j’ai de gardiens, moins je suis gardé. Moins j’ai de gardiens, plus je suis gardé. Qui suis-je ?
— Je n’en ai aucune idée !
— Réfléchis bien, ma fille.
Je secoue la tête et le supplie du regard. Papa lève les yeux au ciel, un sourire amusé sur ses lèvres à peine visibles sous les longs poils de sa moustache.
— Tu abandonnes bien vite, aujourd’hui.
— C’est parce que je suis pressée de connaître la réponse.
— Bon, très bien ! capitule mon père en riant. La réponse est : un secret.
— J’aurais en effet pu le deviner toute seule, avoué-je en grimaçant.
— Je le sais bien mais tu as préféré donner ta langue au chat ! Sache, ma fille, que l’abandon ne te sera pas toujours permis. N’oublie pas que, dans la vie, tu seras parfois contrainte de poursuivre ta quête, même lorsque tu auras envie de fuir.
Je me pince les lèvres. Il arrive souvent que mes parents me prodiguent des conseils bien trop sérieux pour notre vie simple. Après tout, quels périls risquerais-je de rencontrer en devenant fermière ? Cependant, même si je ne vois pas l’utilité de tels enseignements, je ne bronche jamais. Qui sait ce que l’avenir me réserve ?
Papa sourit soudain face à ma mine renfrognée.
— En voilà une autre et tu n’obtiendras la réponse qu’à ton retour. Prête ?
J’acquiesce d’un hochement de tête et me rapproche pour l’écouter attentivement.
— Je suis immobile pendant la vie et je me promène durant ma mort. Qui suis-je ?

J’y réfléchirai durant ma dangereuse expédition. Comme vous devez vous en douter face à mon enthousiasme flagrant, je n’aime pas le village. Les habitants me scrutent toujours d’un œil indiscret et curieux. Même si je me montre polie et aimable – comme me l’a enseigné ma mère –, je sais que je leur inspire une certaine crainte.
La raison est simple : mes yeux sont dorés. Ce n’est pas seulement un éclat jaune que certains iris marron peuvent avoir à la lumière du soleil, mais une intense couleur or recouvrant entièrement mes iris. Maman a pour habitude de dire qu’un ange s’est penché sur mon berceau et a jeté des milliers de paillettes d’or sur mes iris. Je n’y crois pas une seconde et je ne suis pas la seule. Superstitieux de nature, les villageois interprètent mon anormalité soit comme un cadeau des dieux, soit comme un signe de présence maléfique, cette dernière interprétation étant celle de la plupart des imbéciles. Et les imbéciles sont légion à Belle-Rose.
Je dois reconnaître que mon attitude renforce leur méfiance. En effet, je suis certes polie, mais très introvertie. Je ne dis pas un mot et ne soutiens jamais le regard de quiconque. Les gens se demandent devant mon mutisme et mes yeux constamment baissés, si je ne suis pas atteinte d’une déficience mentale. Ce n’est pas le cas. Je suis tout à fait saine d’esprit. Toutefois, je manque cruellement de confiance en moi et puis, je n’ai pas envie de me confronter aux interrogations et à la haine de certains croyants pour lesquels je suis la réincarnation du mal. J’en rirais si je n’étais pas le sujet constant de critiques de tous les badauds de Belle-Rose.
Levant les yeux vers le ciel, je guette l’approche d’un nuage qui ternirait cette magnifique journée avant de poursuivre mon chemin en traînant des pieds. L’énigme de mon père me revient en tête mais je peine à me concentrer. Je suis terrifiée à l’idée de croiser certaines jeunes filles adorant me tourmenter. Ces dernières, issues de bonnes familles et prétentieuses à souhait, ont décidé de faire de ma pauvre personne, leur souffre-douleur. Depuis quelques années, elles ne cessent de me ridiculiser. Derrière leurs coiffures aux jolies boucles, leur visage aux traits angéliques et leurs luxueuses robes de satin, se cache un esprit vicieux dont les rouages ne cessent de tourner pour trouver la meilleure façon de me blesser. Même si leurs piques me touchent bien plus qu’elles ne le devraient, j’ai décidé – par lassitude et par peur de représailles contre mes parents – de ne plus riposter à leurs attaques. Les moindres paroles ou gestes déplacés font aussitôt accourir une horde de personnes bien nées à la ferme. Mes pauvres parents ont beau me défendre en soulignant la cruauté de leurs pestes de filles, rien n’y fait : je suis le mal incarné et je n’ai aucune excuse à leurs yeux.
Bien sûr, l’arme principale des pimbêches qui me houspillent est l’étrangeté de mes yeux. Mais au fil du temps, ma personne entière est devenue source d’inspiration mesquine. Même la pauvreté et le mode de vie de ma famille sont devenus les cibles des railleries. Toutefois, je ne suis pas stupide. Je sais très bien qu’autre chose se cache derrière ces persiflages puérils. Je sais parfaitement que ce qui alimente leur colère sans pour autant être avouable, sont les sentiments amoureux que j’éprouve pour le fils du gouverneur de Belle-Rose. Les langues de vipères utilisent mes émois visibles pour me tourner en ridicule et me harceler.
Il faut reconnaître que Jean est aux yeux de toutes les jeunes filles en âge de se marier, le meilleur parti du village. Toutes rêvent de le prendre pour époux. Le jeune homme est non seulement beau et charmant, mais il vient aussi d’une bonne famille. En conséquence, les mères s’imaginent leur fille au bras du fils de Monsieur le Gouverneur quand les pères se voient marcher aux côtés de ce dernier, et les filles rêvent de jouir des privilèges qui leur seraient accordés.
Ces rêves sont aussi ceux de Rosabelle, la belle mais impitoyable Rosabelle. Ses vaniteux parents ont été jusqu’à prénommer leur enfant en hommage à la ville, persuadés qu’elle en serait la reine, un jour. D’ailleurs, Rosabelle qui a hérité de l’arrogance de ses géniteurs, est à la tête du groupe qui me persécute. Même s’il est clair que je n’ai pas la moindre chance face aux jolies boucles blondes qui encadrent le visage de poupée délicate de ma rivale, elle ne peut s’empêcher de me haïr.
Le pire, c’est que je ne me fais pas d’illusions. Je sais que Rosabelle est celle que Jean épousera. Leurs familles respectives ne sont-elles pas les plus anciennes et les plus riches du village ? Ces gens ont depuis longtemps déjà, bien avant la naissance de leurs enfants, cherché un moyen d’unir leurs deux familles « royales ». Leur vœu va être exaucé par le mariage de Rosabelle et Jean, célébré au printemps prochain. Quelle aubaine pour ces deux clans d’avoir pour l’un, un charmant fils et pour l’autre une magnifique fille, tous deux en âge de se marier ! Les préparatifs n’ont même pas commencé, que ce mariage est déjà devenu le sujet de conversation préféré des villageois.
Bien sûr, tout le monde savait que cela arriverait un jour, mais il se passe si peu de choses à Belle-Rose, que la moindre nouvelle devient le centre d’intérêt de toute une communauté. De plus, la famille de Rosabelle en fait un tel évènement que personne à des kilomètres à la ronde et même à la grande ville, ne peut ignorer cette union. Et malgré tout ce tintamarre, Rosabelle ne peut s’empêcher de me mener la vie dure.
Ce qui rend d’autant plus furieuse la belle demoiselle et la pousse à me tourmenter davantage, est que Jean se montre étrangement plaisant envers moi. Mon ennemie ne comprend évidemment pas ce qui pousse son fiancé à se montrer si amical avec « la paysanne mal fagotée » et craint même qu’il ne soit attiré par mes yeux d’or. Mais après tout, Rosabelle et Jean vont se marier et, bien que le jeune homme fasse preuve de bonté à mon égard, elle – et elle seule – portera la magnifique bague d’une valeur inestimable à son joli petit doigt, tandis que la paysanne que je suis passera sa vie seule avec ses animaux.
Je secoue la tête pour arrêter de penser à Rosabelle, à Jean, au parfait couple qu’ils forment et à leur future progéniture qui sera sans aucun doute adorable. Quoique, adorable soit un tantinet exagéré si cette progéniture a le caractère de sa mère. Cette pensée amène un sourire sur mes lèvres trop pleines pour être jolies, sourire qui disparaît instantanément. Je ne souhaite attirer l’attention de personne et ma bonne humeur risque de terroriser plus d’un villageois.
Je me hâte de parcourir le chemin qui mène à la boulangerie du village. J’achète rapidement ce dont ma mère a besoin et repars tout aussi vite. Je ne veux surtout pas croiser Rosabelle et ses amies qui, je le sais, risquent de m’importuner. Je passe rapidement dans les ruelles sans me faire remarquer et soupire de soulagement lorsque je dépasse la dernière maison du bourg.
À l’orée du bois, une silhouette vêtue d’une longue robe de coton noir élimé me fait marquer un temps d’arrêt. Je salue la « Recousue », une femme à l’âge incertain qui vit dans le coin le plus sombre de la forêt. Celle-ci est surnommée ainsi car ses paupières sont… cousues.
La rumeur dit qu’elle était autrefois une magnifique sorcière qui pouvait tuer d’un seul regard. Certaine de son pouvoir et de sa beauté, elle aimait ensorceler les hommes afin de les réduire en esclavage avant de les tuer une fois qu’elle s’en lassait. Le peuple effrayé et en colère face à toutes ces disparitions, aurait décidé de se réunir, de la capturer et d’arracher ses yeux avant de coudre ses paupières. Privée de ses prunelles, réceptacle de son pouvoir malfaisant, la sorcière aurait été relâchée et se terre depuis, dans sa maison vétuste sans adresser la parole à quiconque.
Je ne crois évidemment pas à ces histoires. D’une, parce que les sorcières et la magie n’existent pas, et de deux, car j’éprouve de la compassion pour cette femme que tous semblent exclure à cause d’une anomalie physique. Après tout, je suis moi-même reléguée au ban de la société à cause de la couleur particulière de mes yeux. Je ne vais donc pas faire subir à une autre ce que j’endure moi-même.
C’est pourquoi je la salue toujours lorsque je la croise. La femme ne me répond jamais et se détourne à chaque fois… sauf aujourd’hui. Son visage aux multiples cicatrices disgracieuses, encadré de longues mèches de cheveux noirs comme la nuit, reste tourné vers moi. Elle semble me fixer à travers ses paupières closes et abîmées. Mal à l’aise, je détourne les yeux et continue mon chemin tête baissée. Mais je fais à peine quelques pas qu’une voix criarde parvient à mes oreilles, me faisant grimacer.
— Mais ne serait-ce donc pas notre petite sorcière adorée !? dit Rosabelle avec un sourire mauvais.
Je fais mine de ne pas entendre ses propos et passe mon chemin sans la regarder. Tournant la tête vers la forêt, je constate avec surprise que la Recousue a disparu.
— Une minute, sorcière, où vas-tu ?
Une masse de tissus soyeux et colorés me barre la route. Je me retiens de lever les yeux au ciel. Même si je dépasse Rosabelle d’une bonne tête, je sais que je ne ferai pas le poids contre sept filles en lourds jupons à cerceaux.
— Je dois rentrer chez moi, réponds-je en regrettant de ne pas pouvoir arracher le chignon de cette petite peste. Si vous voulez bien me laisser passer, mes parents m’attendent.
— Mais non, reste un peu avec nous, répond Rosabelle, un sourire mauvais affiché sur ses lèvres roses comme une framboise. Nous pourrions bavarder un peu. Si je me souviens bien, c’est ton anniversaire, n’est-ce pas ? Tu as dix-huit, non ?
Je hoche la tête.
— Ma pauvre, poursuit-elle avec une tristesse feinte. Tu vas devenir vieille fille. Plus aucun homme ne voudra de toi !
— Si tant est qu’un homme ait déjà voulu d’elle, ajoute méchamment Béatrice, provoquant ainsi le rire de ses amies.
— Je n’ai que faire d’un époux, réponds-je, feignant l’indifférence.
Rosabelle éclate d’un rire presque maléfique. Dire que c’est moi qu’on traite de monstre…
— Quel vilain mensonge ! Tu ne peux qu’être peinée de voir qu’une demoiselle de mon âge va se marier tandis que toi, vieille fille de dix-huit ans…
— Je suis ravie que vous soyez mariée pour vos seize ans, Rosabelle, rétorqué-je avec amabilité.
— Oh ! Que tu es gentille, ironise la jeune fille en se tournant vers ses amies avec malveillance. Et si tu venais avec nous afin que nous puissions t’offrir un petit présent ?
Ma gorge s’assèche brusquement. Notant le regard entendu qu’échangent mes ennemies, je me demande avec inquiétude ce qu’elles préparent, même si je n’ai pas envie de le découvrir. Je sais pertinemment que quoiqu’elles souhaitent me faire, cela ne me plaira pas. Prenant mon courage à deux mains, j’affiche un sourire désolé et tente de maîtriser le sentiment de panique qui commence à me gagner.
— Ce serait avec plaisir, mais je n’en ai pas le temps.
— Allons, nous n’en avons que pour quelques minutes ! s’impatiente Rosabelle, tandis que ses suivantes forment un cercle autour de moi.
Je réprime un mouvement de recul et contemple les visages méprisants qui m’entourent. Oui, elles ont une idée derrière la tête. La panique qui m’a maintenant pleinement envahie, commence à se teinter de colère et de ressentiment. Comment peuvent-elles faire preuve de tant de cruauté ? Toutefois, pour ne pas déclencher les hostilités et leur donner ainsi une bonne raison de m’agresser pour ensuite aller se plaindre auprès de leurs parents, je conserve mon calme et ma courtoisie.
— Pardonnez-moi, Mesdemoiselles, mais je ne peux m’attarder plus longuement. Je suis attendue. Si vous aviez l’obligeance de me laisser passer…
Mon affabilité a le don d’agacer Rosabelle qui, telle une enfant capricieuse, se met à taper du pied couvert d’un soulier neuf assorti à sa robe, mains posées sur les hanches. Comprenant que ces pestes ne vont pas céder facilement, je tente malgré tout de reprendre mon chemin. Malheureusement, les filles me bloquent le passage. Je plante alors mon regard dans celui de leur reine et attends patiemment qu’elle se décide à me libérer.
— Laissez-la passer, finit-elle par dire après m’avoir toisée un long moment de ses yeux d’un bleu aussi glacial que le ciel d’hiver. Elle ne sait manifestement pas apprécier notre compagnie.
Je retiens un soupir de soulagement. Malgré la capitulation de mes ennemies, je reste sur mes gardes. Tant que je ne serai pas hors de leur portée, je serai toujours en danger. D’ailleurs, je ne fais que quelques pas, que la voix aiguë de la fiancée de Jean résonne à nouveau cruellement à mes oreilles :
— Mais attends ! Permets-nous au moins de t’offrir ton présent avant que tu ne t’en ailles !
Je ne me retourne pas et poursuis ma route, accélérant la cadence. Une douleur aiguë entre les omoplates me fige sur-le-champ. Une autre me pousse à faire un pas. Oh non. Des rires mesquins s’élèvent et je n’ai d’autre choix que de courir, une main maintenant fermement l’anse de mon panier, malgré les poignées de cailloux qui écorchent la peau de mon dos. Je passe rapidement devant la Recousue dont la réapparition instantanée m’aurait intriguée en d’autres circonstances, et cours sans m’arrêter jusqu’à ce que j’atteigne la porte de ma maison. Le visage inquiet de ma mère m’accueille, me brisant davantage le cœur. Sans prendre la peine de nettoyer mes larmes, je m’écroule dans ses bras, tremblante.
— Pourquoi me font-elles ça, Maman ? Que leur ai-je fait ?
— Ma pauvre chérie ! Je suis tellement désolée !
— Je les déteste ! Elles sont si cruelles !
— Elles le regretteront un jour, je te le promets, me réconforte-t-elle en caressant doucement mes cheveux.
— Quand cela ? J’en ai assez de subir tous ces tourments parce que mes yeux sont horribles ! C’est injuste !
— Ne dis pas cela, Elena. Écoute-moi, s’écrie ma mère tendrement en prenant mon visage entre ses mains afin d’essuyer les larmes sur mes joues. Tu as les plus beaux yeux du monde. Crois-moi, ajoute-t-elle précipitamment face à ma moue dubitative. Tu es juste dans un lieu où les gens ne savent pas apprécier ta particularité. Mais aie confiance. Un jour, tu verras que tes iris ont bien plus de valeur que n’importe quel trésor de ce monde.
— Tu dis seulement cela parce que tu es ma mère ! rétorqué-je d’une voix tremblante.
— Je dis cela car c’est la vérité, réplique-t-elle en me serrant dans ses bras. Tu verras bientôt. Tu comprendras que j’ai raison. Et cela arrivera bien plus vite que tu ne le penses.


CHAPITRE II
Malgré ma promesse de ne plus mettre les pieds au village, je suis tout de même contrainte d’y retourner la semaine suivante. Mon père étant trop occupé, il ne peut s’y rendre pour acheter les quelques condiments dont nous avons impérativement besoin. Il m’a cependant épargné cette corvée toute la semaine qui a suivi le fameux jour de mon anniversaire larmoyant. J’espère qu’aujourd’hui, la chance sera de mon côté et m’évitera une confrontation avec Rosabelle…
— Bonjour sorcière !
Je craignais plus que tout au monde d’entendre cette voix. Je me lamente, demandant au ciel pourquoi il s’acharne ainsi sur ma personne insignifiante. Pourquoi ne puis-je faire un aller-retour au village sans m’attirer des ennuis ? Inspirant profondément, je compte jusqu’à trois, affiche un sourire aimable et me tourne vers le demi-cercle de filles joliment parées.
— Tu es partie tellement vite la dernière fois que nous ne savons même pas si tu as apprécié notre présent, dit la reine des pestes d’une voix mielleuse.
— Que puis-je pour vous, Rosabelle ? demandé-je sans relever sa perfide remarque.
Un grand sourire se dessine sur ses lèvres avant de se transformer en moue concentrée. Lorsqu’elle trouve une réponse adéquate – selon son point de vue –, son regard s’éclaire.
— Je voudrais une potion qui puisse te rendre aussi petite qu’une souris ! Non, mieux encore, une potion qui pourrait te faire disparaître de la surface de la Terre afin que personne n’ait à supporter la vue de ton visage et de tes yeux affreux.
La hargne dans sa voix me touche malgré moi. Je n’arrive toujours pas à concevoir que je puisse engendrer tant de haine. Pourtant, je n’ai jamais fait de mal à Rosabelle, ni à quiconque de ses amies.
— Tu n’es qu’une erreur de la nature, Elena ! poursuit-elle en s’approchant de moi. Tu n’es pas digne de respirer le même air que moi ! À vrai dire, tu n’es même pas digne de respirer l’air de la Recousue !
Ces paroles provoquent les rires des autres jeunes filles ainsi que ma propre colère. Malgré la promesse que je me suis faite de ne jamais répliquer, je ne peux m’empêcher de rentrer dans le jeu de mon ennemie jurée.
— Vous savez bien que je ne suis pas une sorcière, Rosabelle, sinon…
— Sinon ?
Je fais moi-même mine de réfléchir, imitant grossièrement la posture qu’elle avait empruntée quelques secondes plus tôt. Puis je souris de toutes mes dents.
— Je vous aurais transformée en crapaud. Oh non ! En vipère, ce qui reflète tout à fait votre personnalité et qualifie parfaitement votre langue !
Je reprends brusquement mon souffle, interdite. Je ne sais pas d’où m’est venu ce regain de courage. Peut-être suis-je tout simplement lasse de supporter ces moqueries infantiles ? J’espère seulement que ce petit acte de rébellion n’aura pas de conséquences pour mes parents.
— Oh, toi tu vas me…
— Assez, Rosabelle !
Une vague de soulagement m’envahit en entendant cette voix qui m’a déjà sauvée à maintes reprises. Je me tourne vers mon héros et détaille sa haute silhouette avec intérêt. Ses magnifiques cheveux couleur de blé mûr sont retenus sur sa nuque par un catogan de cuir. Sa redingote bleue, de la même couleur que ses yeux, surplombe une chemise de brocart blanche. Ses jambes fines et élancées sont enserrées dans un pantalon blanc et des bottes de cuir. Il est parfait !
— Arrêtez de la persécuter, dit-il avec sévérité.
— Mais Jean…, commence Rosabelle d’une toute petite voix que je n’avais encore jamais entendue.
— Je sais ce que vous lui avez fait subir le jour de son anniversaire, la coupe-t-il. Pourquoi donc vous acharnez-vous sur elle ? N’en avez-vous pas assez de tous ces enfantillages ? Je vous rappelle que vous n’êtes plus une enfant !
— Dites cela à celle qui vient tout juste de m’insulter !
— Peut-être que si vous cessiez de l’importuner à chaque fois que vous croisez son chemin, elle n’en ferait rien. Et pour être franc, elle n’a pas tout à fait tort pour ce qui est de votre côté vipère, sourit Jean en faisant un clin d’œil à mon attention.
Les battements de mon cœur s’accélèrent à la vue de ce petit geste que j’interprète comme une marque d’affection. Mais, en voyant le visage de Rosabelle, je me dis que Jean aurait mieux fait de s’abstenir. Il n’a même pas le temps de comprendre les intentions de sa promise que déjà, celle-ci se jette sur moi, nous faisant tomber toutes les deux à terre. Je n’ai d’autre choix que de me débattre afin de me débarrasser du poids de la petite – mais plutôt robuste – Rosabelle qui me maintient férocement au sol, notamment grâce à la charge de ses différents jupons.
Hurlant de rage, Rosabelle plante ses ongles dans ma gorge avec l’intention d’y laisser sa marque. Ma peur se manifeste et me fait trembler de tous mes membres tandis que je me débats vainement sous sa furieuse offensive. Un fourmillement naît dans ma poitrine et remonte jusqu’à ma main droite. Intuitivement, je plaque ma paume contre le buste de mon ennemie. Le corps de Rosabelle est subitement projeté en l’air par un faisceau de lumière avant de tomber lourdement au sol dans une corolle de soie rose poudré.
Incrédule, je regarde ma main puis Rosabelle. Je répète ce mouvement à plusieurs reprises, ne comprenant pas comment cette lumière aveuglante a pu jaillir de ma paume.
— Sorcière !
Je reste pétrifiée, laissant la foule former un cercle autour de moi. Des murmures stupéfaits et apeurés échappent aux villageois. Jean ainsi que toutes ces personnes qui me dévisagent semblent terrifiés et horrifiés à la fois. Qui peut leur en vouloir ?
— C’est une sorcière !
Cette fois, c’est Rosabelle qui, debout face à moi, me fixe avec un mélange de crainte et d’horreur. Son chignon est maintenant décoiffé et sa robe est maculée de poussière. Du dos de la main, elle essuie sa joue abîmée avec agacement. Son visage se tord soudainement en un masque de rage.
— Je vous l’avais dit qu’elle était maléfique !
Je secoue la tête. Non, je ne suis pas maléfique et Rosabelle le sait bien. C’est elle qui m’attaque sans motif et qui me mène la vie dure. Mais qui se préoccupe du mauvais traitement subi par une fermière aliénée alors que la future belle-fille du gouverneur se dresse contre elle ? Il suffit de voir les villageois reculer, inquiétés par ses propos auxquels ils prêtent foi. Je me tourne vers Jean en arborant une mine suppliante, mais ce que je lis sur son visage m’enlève tout espoir de le voir revenir à mon secours.
— Capturez-la ! s’exclame le menuisier.
— Crevez-lui les yeux ! crie le boulanger.
— Non ! Je ne suis pas une sorcière ! me défends-je, laborieusement.
— Elle mérite le bûcher ! ajoute Rosabelle.
L’effroi a visiblement laissé place à une satisfaction malsaine. L’idée de me voir brûler vive fait naître un sourire si cruel sur ses lèvres, que toute personne ayant un tant soit peu de jugeote comprendrait que je ne suis pas l’être le plus démoniaque ici.
— Non, attendez ! intervient miraculeusement Jean, son corps faisant barrage entre les villageois et moi.
Un bien maigre barrage qui ne tiendra pas longtemps. Et si ces gens mettent la main sur moi, je ne donne pas cher de ma peau. La potence m’attend quoique je fasse ou dise pour me défendre. Décidée à échapper à mon funeste sort, je me lève et laisse mes jambes me porter loin de ces fous. Je ne réfléchis pas, sachant pertinemment que je dois m’éloigner des habitants de Belle-Rose, fuir le plus loin possible. Le martèlement furieux d’autres pas et les cris de rage me poursuivent. Les villageois se sont lancés à ma poursuite. Je sais qu’à mon allure, je n’arriverai pas à leur échapper. Pour les semer, je dois me cacher là où ils auront du mal à me suivre, où leurs sens seront assez embrouillés pour ne pas me repérer, où leur terreur les fera quitter les lieux et remettre mon exécution au lendemain.
Sans réfléchir, je m’enfonce dans le coin le plus sombre de la forêt, celui qui abrite la maison de la Recousue. Un semblant de courage me pousse à demander de l’aide à cette femme différente des villageois. À celle en laquelle je me reconnais moi-même. Peut-être pourrais-je me cacher chez elle ? Peut-être aura-t-elle la générosité de me couvrir ? Moi qui ne l’ai jamais méprisée, au contraire des autres. Je sais que là-bas, personne n’osera venir me chercher. Les villageois ont bien trop peur d’elle.
Cette idée me rassure et me pousse à accélérer mes foulées malgré ma vision amoindrie par l’absence de lumière et par les larmes qui s’agglutinent dans mes yeux. Inévitablement, vient le moment où je me prends le pied dans une racine et tombe misérablement à terre. Mes dents se plantent dans ma lèvre inférieure pour m’empêcher de laisser échapper un cri de douleur et ainsi, ameuter mes poursuivants. Je me redresse en tremblant, les yeux fixés sur mes mains ensanglantées, la gorge nouée de frayeur.
Les hurlements des paysans se font de plus en plus audibles et je comprends qu’ils se rapprochent dangereusement de l’endroit où je me trouve. Je n’arriverai pas à atteindre la maison de la Recousue à temps. Dans un instant de découragement, je pense que si je suis réellement une sorcière, je mérite mon éventuel futur sort. Je dois me rendre aux villageois. Peut-être qu’ils se montreront cléments envers moi ? Peut-être se contenteront-ils de m’enfermer dans un cachot et de me relâcher une fois qu’ils verront que je ne représente aucun danger ?
Tu rêves, ma fille !
Un sanglot désespéré franchit mes lèvres et je dois serrer mes paupières de toutes mes forces pour retenir mes larmes. J’ai blessé l’enfant chérie de l’une des familles les plus influentes du village, la fille destinée à épouser le fils du Gouverneur. Je serai certainement brûlée vive avant même de pouvoir parler pour ma défense. Que faire, alors ? Sentant soudain un objet contre mon bras, j’ouvre la bouche pour crier mais suis aussitôt muselée par une main sèche. Deux paupières balafrées apparaissent dans mon champ de vision.
— Pas un bruit, me souffle la Recousue. Ils arrivent.
Le soulagement, mêlé à l’étonnement de voir cette femme me venir en aide, me submerge et me fait vaciller alors que je suis à genoux. Mais pourquoi est-elle là ?
Elle ne m’a jamais adressé la parole, et maintenant que le village entier veut ma mort, elle m’aide ? Mais après tout, entre sorcières, il faut savoir faire preuve de solidarité, non ? pensé-je avec un brin d’ironie.
En voyant un léger sourire sur les lèvres de ma sauveuse, je suis prise d’un doute. Peut-elle lire dans mes pensées ? Je suis sur le point de lui poser la question, mais elle s’éloigne et commence à marmonner tout en exécutant d’étranges mouvements avec ses mains. Une danse curieuse qui ressemble…...

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