La Faille - Volume 1 : La quête d Echo
209 pages
Français

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La Faille - Volume 1 : La quête d'Echo , livre ebook

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Description

Des siècles se sont écoulés depuis les événements contés dans "Rémoras" et "La Trappe", au cours desquels la face du monde a été profondément transformée.
Plus de place pour l’excentricité ou la contestation, sous peine d’effacement. Mais plus de criminalité, plus de perversion non plus. L’humanité profite désormais d'un monde calme, d’un monde en paix, d’un monde PARFAIT !
Seul un grain de sable persiste. Un petit groupe de femmes et d’hommes – terroriste et criminel aux yeux de la majorité, résistant et libérateur pour une minorité – est prêt à tout pour rendre aux Hommes leur libre arbitre.
Mais perdre le paradis sur Terre, est-ce vraiment souhaitable ?
Victor parviendra-t-il à ouvrir la boîte de Pandore de ce nouveau monde ? La Collecteuse Echo, pièce majeure de cette quête libératrice que très peu souhaitent, parviendra-t-elle à échapper au Traqueur Romeo, lancé à sa poursuite ?
Le passé détient peut-être les clefs du futur, mais le remède ne sera-t-il pas pire que le mal ?
Découvrez "La Quête d’Echo", le premier volume de la nouvelle trilogie de M.I.A : "La Faille".

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 30 septembre 2014
Nombre de lectures 831
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0037€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

LA FAILLE
Volume 1 : La quête d’Echo

M.I.A



© Éditions Hélène Jacob, 2013. Collection Science-fiction . Tous droits réservés.
ISBN : 979-10-91325-96-7
Prologue


Lorsque j’étais enfant, les histoires qu’on me racontait à propos du Grand Cataclysme me rendaient terriblement triste. J’imaginais les morts, les blessés et les disparus. Je percevais l’horreur d’un tel effondrement et l’ampleur gigantesque de la Reconstruction, mais sans vraiment comprendre de quoi il s’agissait. Je ressentais surtout le poids de la perte, de la résignation et de l’oubli. Mais mes élans de désespoir ne duraient jamais bien longtemps, seulement le temps du récit, avant d’être remplacés par une simple amertume impalpable qui me poursuivait souvent pendant des jours.
Les légendes ont une puissance d’évocation particulière et peuvent vous marquer à jamais… paradoxalement sans doute parce qu’on veut croire qu’elles sont exagérées par nature et qu’on aime cultiver les émotions déplacées, les frissons qu’elles nous procurent. Nous n’y voyons que des contes qui nous renvoient un bout déformé de notre passé.
En grandissant, j’ai compris qu’elles sont pourtant quelquefois moins dures que la réalité et que leurs véritables racines sont progressivement gommées, dans un processus inconscient de lente érosion. Ainsi, elles deviennent plus acceptables par ceux qui les reçoivent et les transmettent à chaque nouvelle génération.
Mais la légende principale qui a bercé toute ma jeunesse est un tissu de mensonges.
Rien ne s’est produit comme cela est écrit dans nos bases de données. On nous cache la vérité depuis la nuit des temps et personne n’a jamais remis en cause l’histoire qu’on nous a racontée pendant des siècles pour justifier le mode d’existence qui est le nôtre aujourd’hui. Enfin… presque personne… Mais ils sont si peu nombreux à combattre la thèse officielle…
L’ampleur de la dissimulation est telle que j’ai de la peine à y croire moi-même, alors que j’en ai toutes les preuves sous les yeux. Je comprends que la légende soit plus simple et moins douloureuse à accepter que la réalité nue, pour la majorité d’entre nous. Car aujourd’hui, je souffre de connaître la vérité. Et si c’était à refaire, je voudrais qu’ils confient ma mission à quelqu’un d’autre.
Le savoir a un prix, un prix que les ignorants n’auront jamais à payer. Celui de la responsabilité.
Je suis désormais responsable de cette découverte et ma décision peut tout changer. J’ai le poids de l’avenir sur les épaules et je ne me sens pas capable de faire le bon choix.
Pourtant, il faut que je me décide vite, car il nous reste très peu de temps…
Chapitre 1 – Echo


Sa chute fut violente et elle atterrit sur sa cheville droite, sans avoir le temps de se préparer correctement au choc. L’élancement se propagea immédiatement jusqu’au genou, avant de refluer et de se concentrer au-dessus du pied, en une suite de pulsations rapides et douloureuses.
Elle s’affaissa sur l’herbe et palpa sa jambe à travers la botte pour constater l’étendue des dégâts. Rien de trop grave. Une simple entorse que sa combinaison intégrale mettrait moins de cinq minutes à soigner, si elle fonctionnait encore correctement.
Elle se releva très vite et contrôla méthodiquement les emplacements stratégiques de son vêtement, afin de vérifier que le tir reçu quelques secondes plus tôt n’avait pas endommagé l’essentiel.
Les capteurs digitaux du tissu marron métallisé réagirent normalement sur sa manche gauche et transmirent instantanément les informations requises à son écran rétinien. Température extérieure : 25 °C, qualité de l’air supérieure à la moyenne habituelle, taux d’humidité satisfaisant, fonctions vitales normales, mais pouls anormalement élevé. Elle se sentait effectivement essoufflée et luttait pour reprendre ses esprits.
Tous les autres transmetteurs de gauche semblaient actifs et elle répéta l’opération sur sa manche droite. Un message d’erreur s’inscrivit en rouge et clignota devant sa rétine. Le système de camouflage semblait mort et le module de transfert était manifestement endommagé.
Non, surtout pas ça !
Cette nouvelle la prit au dépourvu. Si la réparation automatique de sa combinaison refusait de se déclencher, elle resterait coincée et aurait fait tout cela pour rien.
Tentant de lutter contre la panique, elle effleura encore une fois les capteurs et reçut une autre suite de messages négatifs, avant d’obtenir l’information que le système de recyclage de ses fluides corporels était de nouveau opérationnel. Cette fonction était pour le moment le cadet de ses soucis et elle eut un sourire amer.
Si je ne peux pas rentrer, crever de soif n’a de toute façon pas grande importance…
Elle fit quelques pas et testa l’état de sa cheville. Le système de guérison était bien actif et la douleur s’estompait déjà. Elle se raccrocha à ce point positif et tenta de mettre de l’ordre dans ses idées, en observant d’un œil vif l’endroit où elle était arrivée.
La zone alentour était partiellement boisée et elle se trouvait dans une sorte de clairière mal délimitée. Ce fut seulement en contemplant les arbres qu’elle prit pleinement la mesure de la situation.
Victor avait raison, ça a vraiment marché ! Tout est absolument différent !
Elle tourna sur elle-même, en espérant trouver quelques traces d’activité humaine, mais ne vit rien d’autre que la végétation chétive et un oiseau qui voletait timidement de branche en branche. Aucune trace de son passage n’était plus perceptible. Elle se sentit terriblement seule et abandonnée.
Elle retira le sac qu’elle portait sur son dos et fouilla rapidement dedans pour vérifier que tout avait survécu au voyage. Le contenu n’était pas absolument essentiel à sa mission, mais un grand soulagement l’envahit lorsqu’elle constata que rien n’était endommagé. Ces quelques affaires étaient le seul lien qui la rattachait à son point d’origine. Elle n’aurait pas supporté d’en être privée.
Cette vérification lui avait permis de recouvrer un semblant de calme et elle constata que son pouls était redevenu régulier. Elle étudia rapidement les données géographiques en sa possession afin de s’orienter. Il lui fallait s’éloigner de la zone du point de passage, c’était sa priorité. Elle opta pour le sud.
Elle referma le sac et le remit en place, tandis que ses réflexes reprenaient le dessus. Elle n’aurait jamais dû perdre autant de temps dans ces circonstances. Plus de trente secondes s’étaient déjà écoulées depuis son arrivée.
Tandis qu’elle se mettait en marche d’un pas soutenu, elle appuya légèrement sur sa tempe droite et attendit que l’écran rétinien apparaisse à nouveau. Elle fut rassurée de voir que le système d’enregistrement des rapports spéciaux répondait parfaitement.
Tentant de mettre dans sa voix plus d’assurance qu’elle n’en éprouvait, elle se racla légèrement la gorge avant de parler d’une voix rapide.
Rapport spécial numéro 1, enregistré par l’agent-collecteur Echo. Je viens d’effectuer le transfert. D’après les indications de mon système, tout s’est passé correctement. Ma combinaison a subi des dommages et je suis pour l’instant dans l’impossibilité de me rouvrir un passage. La plupart des autres fonctions sont opérationnelles et j’espère que la réparation automatique va finir par s’activer. Le lieu que je suis en train de filmer est celui de mon arrivée et présente une végétation absente de mon point de départ, qui ne figure pas non plus dans ma base documentaire. Cette information confirme mon déplacement temporel. Je dois maintenant quitter la zone pour recueillir de nouvelles données, me mettre à l’abri et poursuivre ma mission. Fin du rapport spécial numéro 1.
Echo appuya une seconde fois sur le capteur temporal et coupa l’enregistrement. Ce rapport alla se stocker immédiatement dans son centre nerveux, dans une zone distincte du système de sauvegarde permanent. Tout ce qu’elle voyait, entendait et percevait était automatiquement enregistré en temps réel, mais la procédure exigeait que des rapports particuliers soient parallèlement effectués, pour qu’elle p

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