Le Maître de la lumière
134 pages
Français

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Le Maître de la lumière , livre ebook

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Description

Deux familles Corses, les Orthofieri et les Christiania, se vouent une haine réciproque depuis le meurtre de César Christiani, assassiné, comme la justice d'alors l'a cru, par un membre de la famille Orthofieri. Cent ans plus tard, la vérité va éclater grâce au petit-fils de César , Charles, historien de son état, qui fait une découverte fantastique : la luministe, plaque de métal découverte par son grand-père et qui permet de restituer les évènements passés...

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 30 août 2011
Nombre de lectures 68
EAN13 9782820609205
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0011€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

Le Ma tre de la lumi re
Maurice Renard
1933
Collection « Les classiques YouScribe »
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ISBN 978-2-8206-0920-5
Chapitre 1 L’AVENTURE TENDRE ET ROMANESQUE

Cette histoire extraordinaire commence trèsordinairement.
À la fin du mois de septembre 1929, le jeunehistorien Charles Christiani résolut d’aller passer quelques joursà La Rochelle. Spécialisé dans l’étude de la Restauration et durègne de Louis-Philippe, il avait déjà publié, à cette époque, unpetit livre très remarqué sur Les Quatre Sergents de LaRochelle ; il en préparait un autre sur le même sujet etestimait nécessaire de retourner sur place, pour y consultercertains documents.
Il nous a paru sans intérêt de rechercherpourquoi la famille Christiani était déjà rentrée à Paris, rue deTournon, à une époque de l’année où les heureux de ce monde sontencore aux bains de mer, en voyage, à la campagne. L’automne semontrait morose, et ce fut, croyons-nous, la seule raison de ceretour un peu prématuré. Car M me Christiani, safille et son fils ne manquaient pas des moyens de mener l’existencela plus large, et disposaient des gîtes champêtres où l’on goûte unrepos plus ou moins mouvementé. Deux belles propriétés familiales,en effet, s’offraient à leur choix : le vieux château de Silazen Savoie, qu’ils délaissaient complètement, et une agréable maisonde campagne située près de Meaux ; c’est là qu’ils avaientpassé tout l’été.
Au moment où nous sommes, le noble et spacieuxappartement de la rue de Tournon abritait, en les Christiani, troisêtres parfaitement unis : M me LouiseChristiani, née Bernardi, cinquante ans, veuve d’Adrien Christiani,mort pour la France en 1915 ; son fils Charles, vingt-sixans ; Colomba, sa fille, moins de vingt ans, charmante, à quinous devons l’adjonction d’un quatrième personnage : BertrandValois, le benjamin de nos auteurs dramatiques, le plus heureuxfiancé sur le globe terrestre.
Il faut noter queM me Christiani tenta – sans insister, du reste – dedécider son fils à retarder son départ pour La Rochelle. Elle avaitreçu, le matin même, une lettre qui lui semblait motiver un séjourde Charles en Savoie, à ce château de Silaz où l’on n’allait jamaisque pour régler des questions de fermages ou de réparations. Cettelettre émanait d’un antique et dévoué régisseur, le bonhomme Claude(prononcez « Glaude » si vous voulez respecter l’usagelocal). Il y parlait de diverses affaires relatives à la gestion dudomaine, disant que la présence de M. Charles serait bienutile à ce sujet, et que, au surplus, il souhaitait cette présencepour une autre raison qu’il ne voulait pas exposer, parce que« Madame se moquerait de lui, et pourtant, il se passait àSilaz des choses qui le bouleversaient, lui et la vieillePéronne ; des choses extraordinaires dont il fallaitabsolument s’occuper ».
– Il a l’air affolé, ditM me Christiani. Tu ferais peut-être bien, Charles,d’aller d’abord à Silaz.
– Non, maman. Vous connaissez Claude etPéronne. Ce sont de vénérables célibataires, mais des primitifs,des superstitieux. Je vous parie qu’il s’agit encore d’une histoirede revenant, de servant , comme ils disent !Croyez-moi, cela peut attendre, j’en suis certain. Et comme j’aiprévenu de mon arrivée le bibliothécaire de La Rochelle, je ne vaispas, vous le pensez bien, lui donner contre-avis en l’honneur deces excellents mais simples vieillards. Quant aux affaires, aux véritables affaires, rien ne presse ; c’estvisible.
– À ton aise, mon enfant. Je te laisselibre. Combien de temps resteras-tu à La Rochelle ?
– À La Rochelle même, deux joursexactement. Mais j’ai l’intention de revenir en faisant un petitdétour par l’île d’Oléron, que je ne connais pas. J’ai appris toutà l’heure, du concierge, que Luc de Certeuil s’y trouve. Il disputeun tournoi de tennis à Saint-Trojan ; c’est une bonne occasionpour moi…
– Luc de Certeuil…, prononçaM me Christiani sans le moindre enthousiasme et mêmeavec une réprobation assez marquée.
– Oh ! soyez tranquille, maman. Jene nourris pas pour lui une tendresse excessive. Mais enfin,n’exagérons rien. Il est comme bien d’autres, ni mieux ni plusmal ; je serais content de trouver quelqu’un de connaissancedans cette île inconnue de moi ; et je sais qu’il sera trèsheureux de ma visite.
– Parbleu ! fitM me Christiani, pendant qu’une lueur d’irritationbrillait dans ses yeux noirs.
Et, d’un geste qui révélait sonmécontentement, elle lissa les bandeaux presque bleus quiencadraient son visage bistre de Méditerranéenne. Luc de Certeuillui était antipathique. Il occupait, dans l’immeuble, unappartement de trois pièces, sur la cour ; Charles, peumondain, ne l’eût sans doute jamais rencontré sans cettecirconstance, que l’autre avait mise à profit pour entrer enrelations. C’était un joli homme sans scrupules, un sportif, undanseur. Il plaisait aux femmes, malgré son regard déroutant.M me Christiani l’avait tenu à l’écart jusqu’auxfiançailles de sa fille Colomba : car elle était méfiante etrésolue.
– Enfin, dit-elle, penses-tu pouvoir êtreà Silaz dans une semaine ?
– Assurément.
– Bien. Je vais l’écrire à Claude.
Ces propos s’échangeaient un lundi.
Le jeudi suivant, à deux heures del’après-midi, Charles Christiani, accompagné du bibliothécaire quilui avait grandement facilité ses investigations, débouchait sur leport de La Rochelle et cherchait des yeux le vapeur Boyardville , en partance pour l’île d’Oléron.
Son compagnon, M. Palanque, conservateurde la bibliothèque municipale, le lui désigna ; un steamer dedimensions plus imposantes que Charles ne l’eût imaginé. Le bateau,rangé le long du quai, était animé de cette effervescence humainequi précède toujours les traversées, si insignifiantessoient-elles. Les mâts de charge, avec un bruit de chaînesdéroulées, descendaient des marchandises par les panneaux de cale.Des passagers franchissaient la passerelle.
Depuis de longues années, le Boyardville accomplit quotidiennement le voyage aller etretour de La Rochelle à Boyardville (île d’Oléron), avecescale à l’île d’Aix quand l’état de la mer le permet, c’est-à-direle plus souvent. L’horaire des départs varie selon les marées. Ladurée du voyage, dans un sens, est d’environ deux heures ;quelquefois davantage.
M. Palanque accompagna sur le pont lejeune historien, qui déposa sa valise contre la cloison du rouf despremières classes et s’assura d’un de ces fauteuils pliants dit« transatlantiques ».
Le temps, sans être splendide, ne laissaitrien à désirer. Bien que le ciel manquât de pureté, le soleil étaitassez vif pour projeter les ombres et baigner d’une lumière chaudel’incomparable tableau du port de La Rochelle, avec ses vieillesmurailles et ses tours historiques.
– À Boyardville , disaitM. Palanque, vous trouverez aisément une auto qui vousconduira en moins d’une demi-heure à Saint-Trojan. D’ailleurs, enété, il y a peut-être un car qui fait le service.
– J’aurais pu prévenir de mon arrivéel’ami que je vais retrouver, il ne se déplace jamais qu’enautomobile – à des allures, du reste, vertigineuses ! – maisil se serait cru obligé de venir me prendre à Boyardville ,et je tiens surtout à ne déranger personne.
M. Palanque, qui regardait CharlesChristiani le plus ordinairement du monde, surprit un brusquechangement dans la physionomie de son interlocuteur : une trèsbrève secousse, aussitôt réprimée, et, dans les yeux, l’éclair queproduit tout à coup l’attention subitement éveillée. Malgré lui,M. Palanque suivit la direction de ces regards, attirés versquelque particularité imprévue et, sans nul doute, des plusintéressantes. Et il découvrit ainsi l’objet d’une curiositéintense à ce point.
Deux jeunes femmes, discrètement maisparfaitement élégantes, issues de la passerelle, mettaient le piedsur le pont.
Deux jeunes femmes ? Un instant d’examenmodifiait le premier jugement. La blonde, oui, celle-là, était unejeune femme. Mais la brune ne pouvait être qu’une jeunefille ; elle en portait les marques exquises dans l’éclatjuvénile de sa beauté.
– Voici d’aimables compagnes devoyage ! dit le bon M. Palanque, avec l’air de féliciterl’heureux passager.
– Certes ! murmura Charles. DesRochelaises ? Les connaissez-vous ?
– Je n’ai pas cet honneur et je leregrette ! C’est la première fois qu’il m’est donné de lesapercevoir.
– Elle est ravissante, n’est-cepas ?
– Laquelle ? demandaM. Palanque, en souriant.
– Oh ! dit Charles, d’un ton dereproche, la brune, voyons !
Un commissionnaire, porteur de légers bagages,suivait les deux voyageuses. Sur leur indication, il dépo

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