Le Résident
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Description

Fantastique paranormal - 176 pages (nouvelle couverture) -


Les maisons ont-elles une âme ?


Derrière leurs vieilles tapisseries usées, sous les charpentes de leur grenier, leurs murs peuvent-ils libérer d’anciennes colères, des drames oubliés ?


Alice et ses parents vont le découvrir à leurs dépens.


... Lorsque l’emprise devient cauchemar !

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 8
EAN13 9791096384099
Langue Français
Poids de l'ouvrage 3 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0022€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Le résident
Frédéric Livyns
Frédéric Livyns
M entions légales Éditions Élixyria http://www.editionselixyria.com https://www.facebook.com/Editions.Elixyria/ ISBN : 979-10-96384-09-9 Corrections : Nord Correction Photographie de couverture : Late Night Rabbit
Chapitre 1 Bertrand acheva de préparer le petit déjeuner. Il v érifia que rien ne manquait et, satisfait de sa rapide inspection, décida d’appeler sa fille. — Alice ! cria-t-il du bas des marches de l’escalier menant au premier étage. Il n’obtint aucune réponse confirmant que son appel avait été bien réceptionné mais, de toute façon, il n’en attendait pas. Il tira à lui une des chaises disposées autour de la table et s’y assit. Il ne lui restait plus qu’à patienter. C’était chaque matin la même sérénade : Alice traînassait dans son lit et, suite à cela, c’était la course. Sur ce point, elle tenait bien de sa mère. Cette dernière éprouvait également d’énormes difficultés à s’extirper de ses draps et s’apprêtait toujours à la dernière minute. Il y avait cependant une amélioration par rapport aux autres jours étant donné que son épouse se trouvait déjà sous la douche. Bertrand réitéra son appel et obtint un « oui » ens ommeillé. Alice se trouvait encore dans son lit et allait arriver une fois de plus en retard à l’école ! — Je ne sais pas si tu as vu l’heure, mais il est temps de t’activer un peu ! cria-t-il du bas des marches. — Ouais, ça va ! J’arrive ! À en juger par le ton employé, Bertrand était sûr q ue sa fille était maintenant tout à fait réveillée. Delphine, son épouse, entra à ce moment dans la cuisine. — Bonjour, chéri ! lui dit-elle en bâillant. — Salut, ma puce. Tu as bien dormi ? — Comme un loir ! Et toi ? — Ça peut aller. — Tu as l’air bien nerveux. — À qui la faute ? Je ne voudrais pas te stresser, mais il est temps de se dépêcher si on ne veut pas rater le train. — Calme-toi ! Si on manque celui-là, il y en aura bien un après. — Comme tu veux ! capitula Bertrand, voyant bien qu’il ne servait à rien d’insister. Bertrand et Delphine travaillaient dans le même min istère et bénéficiaient d’un horaire flottant au sein de celui-ci, ce qui leur permettait de s’organiser comme ils le désiraient. — Alice ne s’est pas encore levée ? demanda Delphine. — Je suppose que si. Je l’ai déjà appelée deux fois. — T’a-t-elle entendu ? — Si j’en crois la façon dont elle m’a répondu, je répondrais par l’affirmative. C’est tout juste si elle ne m’enguirlande pas parce que j’ose la réveiller. — Il faut dire que tu as toujours eu le chic pour réveiller les gens en douceur. — Si elle ne mettait pas autant de temps pour se le ver, je ne serais pas obligé de
donner de la voix. — Bah ! S’il est trop tard pour qu’elle prenne le b us, nous la conduirons à l’école en allant à la gare. Cela ne nous fera qu’un petit détour. — Il faudrait quand même que cela ne devienne pas u ne habitude ! Il serait temps qu’elle apprenne à se lever dès que le réveil sonne. Si elle a déjà une telle propension à la flemmardise à son âge, je préfère ne pas imaginer ce qu’il en sera quand elle vieillira. — Elle est perturbée par le déménagement. Mets-toi à sa place. Elle change de maison, d’école et d’amis. Ce n’est sûrement pas évident à gérer pour une fille de son âge. — Arrête un peu ! Elle a 15 ans ! Ce n’est plus une gamine ! Elle est assez grande pour comprendre certaines choses. — Je ne dis pas le contraire ! Je souligne juste que c’est un changement… — Pour nous non plus, ce n’est pas facile ! l’interrompit Bertrand. Nous nous sommes éloignés de notre lieu de travail et nous voilà obligés de faire la navette. Si tu penses que ça m’amuse de prendre le train tous les jours ! C’est un rythme de vie totalement différent pour tout le monde, mais il suffit d’y mettre un peu de bonne volonté pour s’adapter. — Ce n’est pas le même pour elle. — Elle était quand même bien contente de venir habiter ici ! — Tu as raison, mais ce n’en est pas moins perturbant pour autant. Bon, je vais voir si elle est bientôt prête. — Laisse, je vais y aller. Déjeune à ton aise. — Et toi ? — J’ai déjà eu tout le temps étant donné l’heure à laquelle je suis descendu. — Tu as encore des problèmes d’insomnie ? — Non, non. J’ai quitté mon lit par plaisir ! J’ado re arpenter la cuisine pendant que tout le monde dort ! — Ce n’est pas la peine d’être sarcastique ! Nous n ’y pouvons rien si ton sommeil est systématiquement troublé. Il est néanmoins temps de faire quelque chose pour y remédier. — Tu as entendu le médecin comme moi. Tant que je n e prendrai pas quelques jours de repos, cela n’ira pas mieux. Et comme il est hor s de question actuellement de prendre congé au bureau, je ne suis pas près de me reposer. — Les certificats médicaux ne sont pas faits pour les chiens. Le médecin voulait bien te couvrir une semaine ou deux mais tu as refusé. — Tu connais mon chef. J’imagine déjà sa réaction si j’ai le malheur de m’absenter. — Nul n’est indispensable. De plus, si tu fournis u ne attestation, il ne peut rien faire de plus que t’envoyer le médecin contrôle. — Je préfère ne pas tenter le diable. — D’accord. Il y a une autre solution. — Laquelle ? — Si tu laissais tomber temporairement les travaux que tu as entrepris dans la maison et mettre tes soirées à profit pour te relaxer ? — Si je fais cela, Dieu seul sait le temps durant lequel nous vivrons dans ce chantier ! — Tu exagères ! Ce qu’il reste à faire est secondaire. Il suffit de réaménager les caves et le grenier. Le plus important est fait. — Si tu le dis ! — Ce ne sont quand même pas des pièces dans lesquelles nous vivons ! Je ne vais à la
cave que lorsqu’il me faut des conserves ou des boissons. Quant au grenier, nous n’y avons pas encore mis les pieds depuis que nous avon s emménagé. — Je n’aime pas laisser les choses inachevées. — Non, mais regarde-toi ! Tu ne pourras pas tenir l e coup fort longtemps dans de telles conditions. — Tu as probablement raison. Je vais quand même pre ndre congé pour la fin de la semaine. — À la bonne heure ! À cet instant, Alice pénétra dans la pièce. — Salut tout le monde ! — Déjà levée ? dit ironiquement Bertrand. — Eh oui ! Comme quoi tout arrive ! — À qui sait attendre ! renchérit Delphine. — Ça va ! Ne vous moquez pas de moi. Je suis complètement crevée. — Tu n’as pas passé une bonne nuit ? demanda sa mère. — Et longue, surtout ! ajouta son père. — Je n’ai pas arrêté de faire cauchemar sur cauchemar. — Ça se voit à ta tête, dit Bertrand. — Ouais, je sais ! On dirait que je sors tout juste de la nuit des morts-vivants. — Et encore, le mot est faible, pouffa Delphine. Ceci dit, tu ferais un très joli zombie. — N’en rajoutez pas, merci ! — Allez ! Dépêche-toi un peu. — Je n’ai pas faim. — Mange quand même un petit quelque chose. Il n’y a rien de plus mauvais que de ne pas déjeuner. Alice avala péniblement un croissant et but une tasse de café. — Bon ! On va y aller, déclara Bertrand. — Je vais chercher mes affaires, dit Alice. Elle remonta dans sa chambre et en redescendit pres que immédiatement. Ses parents avaient déjà enfilé leur veste. — Tu es prête ? demanda son père. — Ça y est, dit-elle en s’engouffrant dans son manteau, on peut y aller. Bertrand sortit la voiture du garage. C’était une BMW dernier modèle. Delphine avait consenti à ce qu’il s’octroie cette petite folie. Après tout, ils avaient reçu l’un et l’autre une promotion et la différence de salaire ainsi engendr ée le leur permettait. Alice fut la première à prendre place tandis que sa mère vérifiait une dernière fois si tout était bien éteint dans la maison. Elle avait contracté cette manie dès le début de leur vie de couple. Bertrand trouvait cela irritant, mais ne cherchait en rien à corriger cette marotte. Une fois tout le monde installé, il prit le chemin de l’école. Ils arrivèrent à destination en quelques minutes. — Si mademoiselle veut bien se donner la peine de d escendre, dit Bertrand pour taquiner sa fille. — Je dois ouvrir la portière moi-même ? Décidément, les serviteurs ne sont plus ce qu’ils étaient ! Alice avait un sens de l’humour fort développé. Un simple mot suffisait à déclencher une avalanche de traits d’esprit que l’on pouvait très difficilement interrompre. Elle tenait
cela de son père. Cette faculté l’aidait grandement à relativiser les choses. Lorsque quelque chose la tracassait ou la peinait, elle dém ystifiait systématiquement son angoisse ou sa douleur. — Sois sage ! lui dit sa mère. — Ne t’inquiète pas, je le serai plus qu’une image. Sur ces mots, elle descendit de la voiture. Elle esquissa un petit signe de la main et s’en alla sans se retourner. Ses parents redémarrèrent et, une heure plus tard, arrivèrent au travail.
Chapitre2 Alice regarda sa montre. Il lui semblait que le cou rs de mathématiques durait depuis une éternité alors qu’il n’y avait qu’un quart d’heure qu’il était commencé. Il faut dire que cette matière ne l’avait jamais enthousiasmée. De plus, le fait que le professeur s’exprime sur un ton monocorde incitait plus à dormir qu’à êt re attentif. De toute façon, elle ne pigeait rien à ses exposés. Elle regardait d’un air résigné les graphiques au tableau sans même chercher à les comprendre. Sa voisine de classe était forte dans cette branche et elle lui permettait de copier sur elle lors des contrôles. De cette manière, elle réussissait ses interrogations sans avoir à mémoriser cette matière rébarbative. Elle prit son mal en patience se disant que, après tout, le cours se terminait dans une demi-heure. Ces derniers se donnaient par tranche h oraire de quarante-cinq minutes. — Mademoiselle Deltend ! Alice sursauta. Le professeur venait de l’interpeller. Il avait déposé son feutre sur le bureau et la regardait d’un air contrarié. — Oui, Monsieur ? — Si mon cours vous ennuie, n’hésitez surtout pas à me le dire ! — Je suis désolée. — Je n’en doute pas. Vous seriez bien aimable de no us faire partager les pensées qui vous ont entraînée hors du chemin de la connaissance. Elles devaient sans nul doute être passionnantes. — Je ne pensais à rien de spécial. C’est juste que je suis fatiguée. — À dix heures du matin ? Peut-on en connaître la raison ? — J’ai très mal dormi. — Pourtant, à votre arrivée dans la cour de récréat ion ce matin, vous paraissiez en pleine forme. Vous n’étiez pas la dernière à rigoler. — Disons que, le temps passant, la fatigue s’accumule. — Vous voulez jouer au plus malin avec moi ? — Je vous assure… — Très bien. Remettez-moi votre journal de classe. J’y écrirai un mot à l’attention de vos parents à la fin du cours. Vous le ferez signer pour le prochain, c’est-à-dire demain. — Mais… — Et pour vous faire passer l’envie de réclamer, vo us me copierez cinq pages pour la même date. Alice sentit les larmes lui monter aux yeux. C’était trop injuste ! Elle n’avait rien fait ! Elle fouilla dans son cartable à la recherche de son journal de classe. Impossible de remettre la main dessus. — Alors, mademoiselle Deltend ! — Je ne le trouve pas. — Vous l’avez oublié ? — Non, non.
— Apportez-le-moi, en ce cas ! Alice commençait à s’énerver. Elle était pourtant c ertaine de l’avoir rangé dans la pochette extérieure de son cartable la veille au soir. À moins qu’une de ses amies ne lui ait fait une blague ? Si tel était le cas, il était plu s que temps qu’elle lui rende discrètement sinon le professeur serait vraiment en colère. Alice n’avait pas l’habitude d’être prise à partie par les enseignants étant donné que son comportement était généralement docile et concentré. L’accès d’humeur de son instituteur ne lui en paraissait que plus effrayant. Quant à la réaction de ses parents suite à une remarque négative d’un de ses enseignants, elle osait à peine l’imaginer. Elle se doutait néanmoins que la sanction parentale serait pire que celle infligée par le professeur. Elle devait cependant se rendre à l’évidence, son journal de classe ne se trouvait pas dans son cartable. — Je suis désolée, Monsieur, mais je ne sais pas où il est. — Merci, mais je crois que nous l’avions tous remar qué ! Voilà plus de cinq minutes que vous empêchez vos camarades d’assister à mon co urs ! Mais ne vous inquiétez pas, je rédigerai une lettre pour signifier à vos parents q ue, non contente de rêvasser durant la classe, vous faites de plus preuve d’un manque d’or dre navrant. De là à en déduire un évident désintérêt pour les activités scolaires, il n’y a qu’un pas. Je vous prie de croire que la remarque adressée à vos parents sera corsée. Le cours se poursuivit dans un silence glacial que seul l’exposé du professeur brisait, jusqu’à ce que la sonnerie annonçant la fin des cou rs retentisse. Les élèves n’osèrent cependant pas se lever pour quitter la classe, de p eur que l’instituteur ne s’énerve encore plus. — Voilà ! Par vos facéties, vous m’avez empêché de donner entièrement la suite de la matière ! dit-il brusquement à Alice. — Mais… — Et arrêtez de discuter ! Votre impertinence dépasse les limites admissibles ! Il la toisait d’un air réellement furieux. Alice n’osait plus bouger. — Vous pouvez quitter la classe, annonça le professeur aux élèves. Ces derniers ne se le firent pas dire deux fois. Alice remit toutes ses affaires en place et s’empressa de rejoindre ses camarades. Sur le pas de la porte, elle fut rappelée par le professeur. — Quant à vous, mademoiselle Deltend, vous viendrez chercher votre petit cadeau après la récréation. Je désire le voir signé par vos parents pour demain sans faute. Alice quitta les lieux sans même lui répondre. Il n e restait plus qu’une heure de cours cette matinée. Elle la brosserait, ainsi que l’heur e d’étude qui suivait, en prétextant un malaise et rentrerait chez elle. De toute façon, elle était tellement énervée qu’elle serait dans l’incapacité de suivre les cours normalement. Il valait mieux stopper là les dégâts. Elle téléphonerait à sa mère pour la prévenir qu’elle rentrait plus tôt. En lui présentant bien les choses, elle n’y verrait certainement aucun inconvénient. Dans un premier temps, tout au moins. Quand elle prendrait connaissance de la remarque négative adressée à sa fille, elle changerait probablement d’opinion. Il s erait toujours temps d’aviser à ce moment, se dit Alice.
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