Les eaux répétitives
161 pages
Français

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Description

L’espèce humaine a fini de respirer. Après une guerre sans merci entre les hommes et les machines, ces dernières vivent désormais seules au milieu de buildings vides, qui comme des herbes folles, peuplent la ville-monde. La violence de la guerre était l’une de leurs bases, la paix revenue, les machines apprennent que ce l’ennui veut dire. Deux androides discutent de l’attente et de la jouissance surprenante des hommes dans un souterrain antiatomique sous l’ancien Caire. De cette vie qui coulait dans les veines et qui permettait aux hommes d’être heureux ou de violer leurs enfants. Ces robots sont à la recherche de l’antidote contre l’ennui et ils fouillent dans les émotions universelles de l’Homme pour y trouver un peu de couleurs.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 20 septembre 2013
Nombre de lectures 13
EAN13 9782923916699
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0026€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Targa Kolikov –Les eaux répétitives/1
Les eaux répétitives
TARGA KOLIKOV
© ÉLP éditeur, 2013 www.elpediteur.com elpediteur@yahoo.ca
ISBN : 978-2-923916-69-9
Conception de la couverture : Allan E. Berger à partir d’une image de David Sanz Martin
Polices libres de droit utilisées pour la composition de cet ouvrage : Linux Libertine et Libération Sans
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ÉLP éditeur est une maison d’édition 100% numérique fon-dée au printemps 2010. Immatriculée au Québec (Canada), ÉLP a toutefois une vocation transatlantique: ses auteurs comme les membres de son comité éditorial proviennent de toute la Francophonie. Pour toute question ou commentaire concernant cet ouvrage, n’hésitez pas à écrire à : elpedi-teur@yahoo.ca
À propos de Targa Kolikov
Né en 1987, Targa Kolikov écrit comme on combat : avec force et sincérité. Parfois fragile, parfois fulgurante, sa prose nous entraîne dans un univers fantastique où l’on peut sentir affleurer les enjeux, hélas, bien réels de l’homme moderne.
En 2009, il publieL’explosion inévitable du volcan somnolent aux éditions L’harmattan.
Déclin de l’occident, désamour de soi, rupture du lien avec la nature, comptent parmi les subtiles et innombrables obsessions de ce jeune auteur. Page après page, il nous les dévoile à grands coups d’éclairs et parvient à dire ce qui ne se dit pas.
à Brigitte Fontaine
« Les communautés et les religions sont le cancer d’un monde global. » Voilà ce qu’aurait raconté notre héros s’il avait pu remonter les flots des eaux répétitives.
L’eau des océans tombe aux confins des mondes et cer-tains matins, comme avant pour le lait, il n’y en a plus.
On racontait souvent que de la nature poussaient les forêts, des hommes les déserts. Voilà c’est la fin de la guerre. Les hommes ont presque disparu et des déserts, il n’y en a plus. Nous sommes seuls.
L’espèce humaine a fini de respirer.
Le temps ne permet plus à la moisissure de se déposer sur notre enveloppe métallique, nous, androïdes. Nous effleurons l’immortalité du bout des doigts. Notre proces-seur, ce cœur mécanique, se régénère par lui-même. Il semble que les heures se soient arrêtées, pour reprendre leur souffle, après une épuisante course vers la fin. Rien ne meurt désormais. Il n’y a pour tout dire plus grand-chose de vivant ni de mort, nous sommes là, ici, androïdes, voilà tout. Et nous ne comprenons pas les sentiments ni leurs couleurs. Le verbe doit être entendu comme le fait que ni moi ni mes collègues sommes capables de ressentir.
La société dans laquelle nous vivons ressemble aux atlantides. Loin des naissances, éloignés des anciennes sécurités et des peurs, des vomissements que la race humaine avait sagement mis en place, de tout ce qu’elle avait de plus toxique au plus profond d’elle-même, de tout cela seul résiste un certain passé qui s’étouffe comme ferait le boa. Tout aspire vers la beauté, le calme étale ses tentacules à chaque endroit où le soleil perce encore. Les temps sont des êtres, le futur est un poisson, le présent une mouche. Il ne reste plus grand-chose de vivant ici. La planète Terre, la ville, la ville-monde, la Terre-ville, après la récréation nucléaire, a été reconstruite de manière à garantir la pérennité du robot libre. Libre et éternel, de l’énergie pure qui nous conduira à une apoca-lypse en retard, comme toujours. Les soleils restent figés et dans la ville-monde nous nous attribuons des missions pour nous occuper. C’est-à-dire que nous travaillons, en quelque sorte, pour renforcer notre liberté. Cela nous donne une certaine constance, une certaine raison de vivre. Le rôle et le travail de chacun n’étant que pure-ment fonctionnels, ayant détruit les êtres et la nature, nous n’avons plus grand-chose à foutre de sérieux mais
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nous le faisons. Les malades, les nourritures, l’irrésistible envie de baiser pour répandre des fleurs et l’ensemble des questions qui nourrissaient les existences ont entiè-rement disparu, nous devons donc nous inventer un rôle à défaut de pourrir mentalement.
C’est comme ça que je qualifierais la fin du monde et l’éden illimité, les questions n’existent plus. Ni les réponses d’ailleurs. On s’en fout. La terre est plate.
Tiré au sort par un super calculateur qui nous décrit les tâches à faire parmi les robots bienveillants et tra-vailleurs, la grande et pérenne société androïde me demanda explicitement d’assurer les fonctions de peintre et d’historien pour une durée n’excédant pas deux siècles. Mes dons programmés se mirent en marche. Je me suis mis à repeindre des anciennes toiles de Kan-dinsky en utilisant des traits plus mathématiques, moins humains. Cela rendait scolaire ces tableaux, ces derniers ressemblaient alors à des photocopies de piètre qualité. J’exerçais donc les cent soixante-treize années avec le plus grand sérieux sans jamais qu’aucune incohérence naturelle ou un problème de concentration ne viennent me dévier de la haute estime que j’avais pour ces choses-là. Je travaillais, je peignais et racontais l’histoire, je la
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bouclais. Mais j’ai souhaité aller un peu plus loin, faire du zèle dans mes recherches, toujours dans cette optique inculquée de comprendre au mieux nos racines et nos ancêtres, les hommes. La grande guerre avait tout détruit du lien qui avait pu se créer entre nous et eux. Seuls les bâtiments de l’ancienne civilisation humaine non détruits témoi-gnaient de la présence d’anciens maîtres des lieux. Nous soupçonnons aussi qu’une poignée d’hommes continue à se cacher derrière les ruines, électrifiée par des fous qui leur vendent des jours nouveaux malgré le fait qu’aucun d’entre eux n’a été aperçu depuis plus d’un siècle. Nous nous sommes réappropriés les espaces et les édifices. Du nord de l’Alaska au bassin de la vie éthiopien s’étendent les ramifications de la ville-monde dans laquelle nous, robots, sommes désormais destinés à évoluer.
Nous, je, gouvernons sur le monde. Je me plais à me promener régulièrement dans les rues aux formes de couleuvres non loin duDistrict one, c’est-à-dire plus ou moins au niveau de l’ancien Caire. Mon métier d’historien m’offre des passe-droits, je peux alors creuser, effectuer des fouilles où bon me semble. Cela m’a toujours intrigué, le fait que le temps trans-
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