Récits de Noirepierre
351 pages
Français

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Récits de Noirepierre , livre ebook

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Description

La Citadelle de Noirepierre. Une vieille forteresse en ruine, habitée par Dieu sait quel esprit maléfique, reclus aux confins du monde. Du village misérable qui gît à sa frontière, jusqu'à ses marécages hantés, il faudrait être fou pour s'aventurer en pareille contrée.


Pourtant, des héros venus de royaumes lointains y ont traîné leurs basques, en quête de richesse et de gloire : ceux qui en sont revenus se comptent sur les doigts d'une main. Que viennent-ils donc chercher en ces lieux désolés ?


La rédemption, pour ce chevalier déchu ?


Une vie de solitude, pour cette enfant que l'on nomme sorcière ?


Quelques âmes à importuner, pour ce farfadet facétieux ?



Récits de Noirepierre, l'histoire d'un monde vacillant sur son point de bascule, dans lequel chacun des personnages prend part sans jamais comprendre la portée de ses actes.


Le roman s'emploie à fouiller du côté de l'humain dans ce qu'il a de plus grandiose et de plus détestable, à examiner ses croyances et son rapport au pouvoir.


La forteresse qui y siège est le véritable personnage principal du roman, elle est le témoin impassible du temps qui file et de l'Histoire qui se tisse.


Tapie dans l'ombre, la créature hantant Noirepierre attend son heure ; s'il n'y prend garde, le lecteur lui aussi pourrait bien finir par servir ses noirs desseins...

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 8
EAN13 9782374539034
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0060€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

Présentation
La Citadelle de Noirepierre. Une vieille forteresse en ruine, habitée par Dieu sait quel esprit maléfique, reclus aux confins du monde. Du village misérable qui gît à sa frontière, jusqu'à ses marécages hantés, il faudrait être fou pour s'aventurer en pareille contrée.
Pourtant, des héros venus de royaumes lointains y ont traîné leurs basques, en quête de richesse et de gloire : ceux qui en sont revenus se comptent sur les doigts d'une main. Que viennent-ils donc chercher en ces lieux désolés ?
La rédemption, pour ce chevalier déchu ?
Une vie de solitude, pour cette enfant que l'on nomme sorcière ?
Quelques âmes à importuner, pour ce farfadet facétieux ?

Récits de Noirepierre , l'histoire d'un monde vacillant sur son point de bascule, dans lequel chacun des personnages prend part sans jamais comprendre la portée de ses actes.
Le roman s'emploie à fouiller du côté de l'humain dans ce qu'il a de plus grandiose et de plus détestable, à examiner ses croyances et son rapport au pouvoir.
La forteresse qui y siège est le véritable personnage principal du roman, elle est le témoin impassible du temps qui file et de l'Histoire qui se tisse.
Tapie dans l'ombre, la créature hantant Noirepierre attend son heure ; s'il n'y prend garde, le lecteur lui aussi pourrait bien finir par servir ses noirs desseins…


***


Né en 1992, Tristan Morlaës mène une première vie de bibliothécaire à Paris et Strasbourg, durant laquelle il écrit des articles sur le jeu vidéo pour La revue des livres pour enfants et participe au podcast culturel Le PostCast . En août 2021, il délaisse son quotidien bien rangé pour partir sur les routes d'Europe et d'Asie.
Depuis, le goût du voyage s'est mêlé à celui de l'écriture, et il continue de noircir le papier au fil des kilomètres.
RÉCITS DE NOIREPIERRE
Tristan Morlaës
Collection du Fou
À Madame Clavier, qui m’a enseigné l’échec, l’effort, le dépassement de soi, l’humilité. En un mot : la musique.
Merci.
Première partie
« Dans l’obscurité qui tombe, dans le grondement du cœur qui s’affole, le Roi-Dieu élève encore son poing armé.
Il frappe.
Il frappe. »

Janua Vera , Jean-Philippe Jaworski
Le Chevalier Hurlant
Adossé contre les pierres sombres de la Citadelle, le Ritter Guillian aspirait de longues goulées d’air vicié. Son épée pendait misérablement à main dextre, son bouclier reposait à même le sol, criblé de flèches brisées et épuisé d’entailles. Une main gantée de cuir posée sur sa gorge dénudée, dont une pièce d’armure avait été arrachée au cours d’une récente bataille, le Ritter suait son angoisse. Son regard naguère si fier courait nerveusement d’un bout à l’autre de la pénombre. Ses lèvres habituellement teintées de morgue se hérissaient d’un rictus brûlant. Au bout de son épée, son poing tremblait encore.
Rien pourtant autour de lui ne bougeait. Aucun poignard dans le noir, aucune lame répondant aux reflets des torches sur l’acier. Pas un souffle de vie le long de ce couloir rongé d’hiver, pas même un rat logé sous les pierres glacées qui le soutenaient. Guillian était seul, et peut-être était-ce cela qui l’inquiétait de la sorte. Cela et l’ombre du Mal qui glissait ses doigts effilés jusque dans son esprit, échardes de terreur enfoncées dans le crâne et la cervelle. Doucement, sans même s’en rendre compte, Ritter Guillian laissa un son aigu et douloureux s’échapper de sa gorge, une plainte semblable à celle d’un chien aux abois lorsque les loups rôdent, ou à celle que l’on prête aux fantômes. Dans son poing, son épée s’agitait d’incontrôlables spasmes.
 
Ils étaient quatre cavaliers à s’être aventurés en Terres du Mal : une Dame en armes et ses trois chevaliers. Fiers et droits sur leurs montures, leurs armures étincelaient sous la brûlure du soleil couchant. Leurs visages altiers portaient un regard loin au-devant, sans crainte aucune face au danger qu’ils allaient affronter. Tous quatre avaient longuement erré, allant de village en village, cueillant les contes et légendes qui couraient sur ce lieu tissé de malice. Parfois, on louait leurs services, pour défendre un castel ou en assiéger un autre. Parfois, on les priait de chasser les terribles bestes rôdant aux alentours des villages, trop démunis pour quérir l’aide d’un seigneur ou de mercenaires ; et la Rose toujours acceptait, retardant de quelque temps encore l’affrontement inévitable, la rencontre que sa destinée attendait patiemment. « On a tout le temps de mourir », disait-elle souvent ; « le Mal attendra bien que je vienne en aide à ces pauvres gens avant que je ne me rende à lui. »
Guillian chevauchait aux côtés de la Rose depuis tant d’années qu’il n’aurait su les compter. Elle l’avait recueilli alors qu’il n’était encore qu’un jeune homme, ignorant presque tout de la science des armes, sur les ruines de son village incendié. Comme chacune des Épines qui accompagnaient la jeune femme, Guillian traînait dans son sillage des blessures qui l’avaient amputé d’une part de sa vie. Lui n’avait ni nom, ni domaine, ni rien dont être fier après la mort des siens et la destruction de ses terres ; mais la Rose l’avait trouvé et lui avait donné son titre.
— Ritter Guillian tu seras à présent, lui avait-elle dit en ce jour fatidique, dressée du haut de sa monture, ses prunelles vertes fichées dans son regard perdu. C’est le nom que l’on donne aux chevaliers, là d’où je viens.
— Mais je n’ai nul seigneur à servir ni terre à défendre, avait-il protesté.
— À mes ordres tu obéiras, Ritter Guillian ; je serai ton seigneur. De ta vie tu me protégeras ; et je serai ta terre. Je suis la Rose, qui parcourt les royaumes pour y terrasser le Mal et venir en aide aux pauvres gens. Tu seras l’une de mes Épines, et ma mission sera la tienne. Je ne te promets ni gloire ni richesse autre que celle que l’on se taillera dans le sang et la terreur, car ainsi est faite la vie véritable d’un chevalier, loin des tables d’abondance et des festins des rois. Qu’en dis-tu, Ritter Guillian ? Accepteras-tu de me suivre ?
Et Guillian avait accepté son nom, posé un genou à terre et présenté la nuque pour que la Rose y dépose le baiser d’acier d’une épée dégainée. Ainsi était-il entré à son service, agenouillé dans les cendres encore chaudes de son ancienne vie, le regard brûlant de sa Dame coulant sur ses épaules.
 
La Rose et ses Épines étaient arrivées au petit village bordant les Terres du Mal par une nuit sans lune. Ils avaient longuement chevauché et étaient harassés, et l’apparition soudaine de ces quelques bâtisses, si piteuses soient-elles, leur avait donné un peu de baume au cœur. À la lueur d’une torche qui mordait la nuit, Sire Noaille de Lancefer avait déchiffré le panneau de bois annonçant le nom des lieux, mais plus personne ne désignait l’endroit ainsi depuis bien longtemps. Pour tous ceux qui connaissaient ces terres de terreur et d’ombres, le village avait gagné un sobriquet plus seyant. Le tavernier du bouge, un sourire sardonique au coin des lèvres, le leur avait révélé : Cendrespoir. Telle était l’appellation véritable de ces terres, celle forgée par ses habitants et ses chevaliers errants. Cendrespoir était son nom maléfique, tressé de magie et de serments brisés.
— Voilà qui n’augure rien de bon, avait maugréé Sire Arnaud de Boirouge.
Mais la Rose s’était contentée de hausser les épaules sous sa cuirasse de fer, et avait déclamé :
 
Quel que soit le nom dont le Mal se drape
Il nous incombe de porter la frappe
Sans peur et sans relâche
Où qu’il se terre, où qu’il se cache.
 
Et ses Épines d’opiner gravement du chef, et le tavernier et ses habitués de tordre leurs mines en moues moqueuses.
Les quatre chevaliers étaient repartis de Cendrespoir au petit matin, alors que l’aube perçait le ciel de ses traits de lumière. Ils chevauchèrent toute la journée durant, car la route menant à la Citadelle était longue et tortueuse, et on la disait maudite. De fait, chaque parcelle de ces terres respirait la maledisance, et les ombres de

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