Séculaires
164 pages
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Séculaires , livre ebook

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Description

À la suite d'une série de guerres, de catastrophes économiques et climatiques, l'humanité s'est réfugiée dans des stations orbitales aux dimensions cyclopéennes, reliées à la Terre mourante par des ascenseurs spatiaux.


Trois immortels, Ânkhti la prêtresse née à Sumer, Hektôr le héros de l'antiquité grecque et Gabriel le Loinvoyant, endormis depuis des siècles, se réveillent dans une crypte mécanisée et s'en échappent pour découvrir une civilisation dystopique où mortels et pâles cohabitent en une harmonie malsaine.


Au sein de la Cité Crépusculaire, dans une fuite en avant au cours de laquelle ils devront déjouer bien des dangers, les immortels essaieront de comprendre comment ils ont échoué dans ce futur improbable et qui en veut à leur Sang multimillénaire.


Une histoire de buveurs de sang qui ne prononce jamais le mot V...

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 3
EAN13 9782374539881
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0052€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

Présentation
À la suite d'une série de guerres, de catastrophes économiques et climatiques, l'humanité s'est réfugiée dans des stations orbitales aux dimensions cyclopéennes, reliées à la Terre mourante par des ascenseurs spatiaux.
Trois immortels, Ânkhti la prêtresse née à Sumer, Hektôr le héros de l'antiquité grecque et Gabriel le Loinvoyant, endormis depuis des siècles, se réveillent dans une crypte mécanisée et s'en échappent pour découvrir une civilisation dystopique où mortels et pâles cohabitent en une harmonie malsaine.
Au sein de la Cité Crépusculaire, dans une fuite en avant au cours de laquelle ils devront déjouer bien des dangers, les immortels essaieront de comprendre comment ils ont échoué dans ce futur improbable et qui en veut à leur Sang multimillénaire.
Une histoire de buveurs de sang qui ne prononce jamais le mot V…
 
 
***
 
 
Passionné de science-fiction, de fantastique et de fantaisie, les univers imaginaires ont toujours attiré Olivier Saraja . À travers ses écrits plus fictionnels, il essaie d’explorer la face sombre de l’humanité pour susciter réflexion, espoir, mais surtout divertissement.
SÉCULAIRES
Olivier Saraja
Science-Fiction
 
 
Cet ouvrage est dédié à la mémoire de Christine Roussel.
Je le dédie conjointement à Alain S., Franck C. et Jean-Pierre R.,
dont nos soirées avec Christine ont inspiré l’univers des Séculaires.
Vous auriez dû en être les héros, la vie en a décidé autrement.
Mais je ne vous ai pas oubliés.
Prologue
Ânkhti. Sounou, Haute Égypte, rive droite du Nil.
Premier millénaire av. J.-C.
 
Le couvercle de pierre granitique arracha au sarcophage un grondement qui fit trembler la crypte entière. Les psalmodies des prêtresses se déversaient en dépit de leur angoisse, tandis qu’une femme aux traits sombres se penchait sur le corps desséché désormais à découvert, au centre du caveau. Les portes du mausolée, grandes ouvertes, laissaient filtrer la lumière des étoiles et de la Lune pour révéler la poussière de syénite en suspension, ainsi que le fil d’une dague rituelle. D’un geste vif, la thaumaturge s’entailla le poignet et son sang écarlate s’égoutta sur les lèvres momifiées du défunt, au rythme de ses supplications murmurées. Au-dehors, la clameur de la bataille s’imposait au point de presque couvrir les voix des officiantes. Des lames s’entrechoquaient, des corps tombaient, des gens mouraient.
— Ô Gardien, éveillez-vous, je vous en implore, chuchota la femme à la peau brune. Nos ennemis sont à nos portes.
Les silhouettes des premiers soldats violèrent l’embrasure du sépulcre, puis se jetèrent sur les prêtresses qui s’égaillèrent en cris hystériques. Le son des lances impitoyables traversant les chairs et raclant les os ne détourna pas la dernière officiante de son macabre rituel.
Le cadavre ouvrit soudain les yeux, révélant deux billes d’une pâleur telle qu’on aurait pu les croire aveugles. Il se dressa dans le craquement sinistre de ses tendons desséchés. Sa voix rouillée exhala un croassement de rage et de douleur mêlées. Une onde de terreur se répandit dans le mausolée, figeant les belligérants. Ils périrent tous de ses serres immortelles, cette nuit-là, et l’on ne perçut bientôt plus que le chuchotement lointain de la cataracte du Nil.
 
*
 
Hektôr. Forêt marcynienne, rives de la Kinzig.
Premier siècle apr. J.-C.
 
Le silence de la nuit était retombé sur les routes escarpées et enneigées. Ne s’entendaient plus que quelques râles d’agonie, qui allaient en s’étiolant, et le renâclement des chevaux. Des flocons virevoltaient, arrachant des grésillements quasi inaudibles lorsqu’ils fondaient en touchant les cadavres encore chauds qui jonchaient le sol maculé de boue et de sang, entre les épicéas clairsemés de cette portion de la Forêt Noire. Six barbares survivants, probablement des Suèves, se tenaient à genoux, doigts croisés sur la tête en position de reddition, des fumerolles de condensation s’échappant de leurs bouches haletantes. Une décurie romaine les encerclait, immobile. Les soldats semblaient taillés dans le marbre. Aucune marque de transpiration ne suggérait qu’ils puissent être vivants. Leurs plaques thoraciques ne se soulevaient sous l’effet d’aucune respiration. La peau de leurs visages et de leurs mains offrait un teint terne, presque gris. Leurs lames étaient souillées de sang, et plus étonnant, leurs mentons couverts de vermillon. Les vaincus se soumettaient à un décurion et son conseiller qui les dominaient, du haut de leurs chevaux. Le premier était bardé de fer, et contemplait ses adversaires avec sévérité. Il tenait toujours avec fermeté le glaive qui avait récemment servi, car, homme d’action, il n’était pas resté désœuvré pendant que sa troupe massacrait leurs ennemis pourtant en surnombre. Le second paraissait nimbé de ténèbres, emmitouflé dans une robe et un manteau à capuchon aussi sombre que le paysage sur lequel il se découpait était neigeux.
— Il est bientôt temps, Seigneur, souffla l’éminence grise. Nous devons absolument retrouver votre sœur Hécube pour le Solstice d’Hiver et la route reste longue pour rejoindre le Tertre, en Gaule. Vous ne pouvez vous permettre aucun retard.
— Il reste tant à faire, ici, protesta le guerrier. Les barbares demeurent vigoureux et ma Décurie a encore un rôle à jouer pour mettre ces chiens à genoux. Rien ne saurait ternir la grandeur de Rome.
— Vous n’en avez plus le loisir. Vous connaissez les règles des Lignées. Nul ne peut s’y soustraire sous peine d’apostasie. Rome attendra.
Le décurion reporta son attention contrariée sur les captifs. Il n’y avait dans son regard nulle étincelle de compassion.
— Que l’on en finisse, alors.
Les barbares ne comprenaient pas le latin, mais le ton de la discussion se révélait sans équivoque. Le chef de la troupe défaite grogna et cracha un glaviot ensanglanté dans la neige en devinant le verdict qui venait de tomber.
— Verdammte Dämonen !
Le décurion se détourna tandis que ses soldats décapitaient, avec un synchronisme effrayant, les malheureux vaincus. Les corps s’effondrèrent, les têtes roulant ici ou là avec des expressions d’horreur peintes sur les visages.
— Pas des démons, s’excusa-t-il presque. Pour vous, plus probablement des dieux.
 
*
 
Gabriel. Palais du Latran, résidence principale du Pape.
XIIIe siècle apr. J.-C.
 
Les deux hommes déambulaient dans le cloître, mains croisées dans le dos tandis qu’ils devisaient. Leurs sandales arrachaient aux dalles de pierre un léger écho, et ils jouaient à cache-cache avec la Lune lorsque leur promenade les menait sous l’ombre protectrice d’un pilier. Les rosiers et les massifs fleuris emplissaient l’air d’un parfum suave et plaisant. L’un d’eux avait la peau parcheminée et endossait la robe des ecclésiastes, ornée de dorures ainsi que pourvue d’un capuchon masquant une partie de son visage. Pour qui avait l’oreille fine, son accent paraissait étrange, comme d’une autre culture, une autre époque.
— Tu porteras mon message à tes frères et sœurs, y compris ceux des Lignées cousines. La localisation de nos refuges est sauve pour un temps encore, mais il faudra envisager de nouvelles caches. Il est important de ne pas faire croître nos communautés de façon trop ostentatoire, également, ou alors seulement pour leurrer leur attention.
Son interlocuteur affichait un teint de porcelaine, renforcé par les reflets de la Lune sur des traits d’une beauté angélique. Il décroisa ses mains pour appuyer ses paroles. Sa voix sonnait aussi douce que déterminée, son ton solennel, mais ses sourcils étaient froncés.
— Ne pouvons-nous donc plus nous servir de notre influence sur les Papes pour assurer notre protection ?
— Nos nouveaux ennemis ont conscience de nos collusions. Ils agissent en marge pour s’en préserver, et sont résolus à nous pourchasser jusqu’au dernier. Leur Ordre les entraîne à cette seule fin : nous localiser, nous détruire. Pour les avoir vus à l’œuvre, il ne faut sous-estimer ni leurs techniques de combat ni leur équipement. Ils scelleront notre sort. Respecter l’Alternance ne sera jamais plus nécessaire qu’en ces temps troublés. Nous devons tromper leur vigilance, nous faire oublier en cédant notre place à tour de rôle à nos frères et sœurs.
— Mais pourquoi demeurez-vous ici, quasiment en leur sein, s’il y a tant à craindre d’eux, mon Maître ?
Les lèvres du vieil homme s’étirèrent en un sourire carnassier, les rayons lunaires accrochant ses féroces canines.
— Il faut bien que quelqu’un les surveille. Et si je dois tomber, tu te dresseras un jour pour reprendre ma charge. Toute ta glorieuse immortalité, je t’ai formé comme mon propre fils pour cela : me succéder. Tu ne me décevras pas.
 
*
 
Darius. Ouistreham, proche de Sword Beach, Normandie.
Milieu du XXe siècle apr. J.-C.
 
Les balles continuaient de siffler dans les rues en contrebas de l’ancienne boulangerie. De temps à autre, la détonation d’un Panzer IV tentait de mettre fin aux confrontations, mais les tirs d’armes légères reprenaient ensuite de plus belle. Les commandos britanniques et les fusiliers marins français se livraient à une lutte acharnée avec les occupants allemands. Par la fenêtre ouverte, les senteurs de métal surchauffé, de poudre brûlée et de corps éviscérés rappelaient l’âpreté des combats insensés qui se jouaient, sur toute la côte normande.
Ils étaient quatre immortels à se tenir à l’étage du commerce déserté. Sur le parquet qui grinçait, les cadavres aux yeux exorbités de plusieurs soldats allemands s’étalaient, figés dans des poses grotesques. Gorges ou poignets avaient été mis en pièces. Vidés de leur sang, leur peau apparaissait des plus livides. Ils n’avaient cependant pas accepté leur destin avec résignation, comme en témoignaient les impacts de balles qui constellaient les murs de l’ancienne chambre d’enfants. Certaines avaient déchiqueté les vêtements de leurs agresseurs qui ne s’en souciaient pourtant guère, en dépit des organes vitaux touchés. Au pied de

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