À six ans dans le camp de la mort de Bergen-Belsen
212 pages
Français

À six ans dans le camp de la mort de Bergen-Belsen

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Description

Mais cette fois-ci, c'étaient des sons qui encombraient mon cerveau, des bruits de gens qui se plaignaient: ils souffraient, ils agonisaient, parmi des voix fortes de personnes qui donnaient des ordres... Puis ces bruits se sont atténués, le garçonnet que j'étais m'est apparu: j'étais là-bas dans le camp, dans cet espace réduit, concentrationnaire, entouré de fils de fer barbelés, de miradors et encombré de baraquements... Je me voyais courir partout, moi l'insupportable gamin que tous repoussaient car je ne pouvais rester un moment sans bouger, dominé par les nerfs qui créaient en moi une énergie infinie, mais néfaste à ma santé. Je déambulais dans ce périmètre restreint, tout offert à la quête, jamais rassasiée, de trouver une improbable substance alimentaire... Je guettais, aux environs de midi, la vue des récipients à nourriture et regardais avec joie se former la file des mères pour la distribution unique et journalière. J'allais enfin manger! Comment vivre à Bergen-Belsen, au coeur de l'innommable? Et comment vivre et grandir après cela? M. D. Régent apporte ses réponses intimes à ces questions latentes en replongeant dans sa mémoire de l'expérience concentrationnaire et dans les souvenirs de la faim, de l'horreur, de la privation... Les convois, le spectacle de la mort, les sons et les odeurs, mais encore l'ennui total et les humiliations... tous ressurgissent au fil de ce témoignage éloquent, qui se confronte pleinement aux traumatismes à jamais présents à l'esprit de l'auteur. Un homme qui a dû ainsi apprendre à accepter ses cicatrices pour se bâtir une existence heureuse... Et si, alors, ce texte nous démontrait, en sourdine, les pouvoirs de la résilience qui permettent aux individus de se relever et d'avancer?

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 14 novembre 2013
Nombre de lectures 99
EAN13 9782342015201
Langue Français
Poids de l'ouvrage 11 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0109€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

À 6 ans dans le camp de la mort de BergenBelsen
Marcel Daniel Régent À 6 ans dans le camp de la mort de BergenBelsen
Publibook
Retrouvez notre catalogue sur le site des Éditions Publibook : http://www.publibook.com Ce texte publié par les Éditions Publibook est protégé par les lois et traités internationaux relatifs aux droits d’auteur. Son impression sur papier est strictement réservée à l’acquéreur et limitée à son usage personnel. Toute autre reproduction ou copie, par quelque procédé que ce soit, constituerait une contrefaçon et serait passible des sanctions prévues par les textes susvisés et notamment le Code français de la propriété intellectuelle et les conventions internationales en vigueur sur la protection des droits d’auteur. Éditions Publibook 14, rue des Volontaires 75015 PARIS – France Tél. : +33 (0)1 53 69 65 55 IDDN.FR.010.0118345.000.R.P.2013.030.31500 Cet ouvrage a fait l’objet d’une première publication aux Éditions Publibook en 2013
Ce livre est un témoignage, un don d’espoir offert à ceux qui souffrent d’un traumatisme, d’une fêlure issue d’un environnement hostile, mû par la volonté de faire du mal à autrui jusqu’à l’extermination morale et physique. Mon parcours atypique n’est autre qu’une preuve vivante que Mère nature procure des ressources insoupçonnées pour aller de l’avant quand la société humaine, souvent monstrueuse, s’acharne sur vous. Oui, après l’internement dans le camp de déportation de Bergen-Belsen à six ans, j’ai connu une vie à peu près normale, j’ai créé une famille avec une femme à aimer et j’ai occupé un emploi de sala-rié jusqu’à une retraite bien méritée. J’ai plus appris sur la déportation en lisant des livres que comme acteur de cette tragédie. Même si Bergen-Belsen n’était pas un camp d’extermination, tel Auschwitz, ne vous y trompez pas, ce n’était pas le club Med… ! Quelques-uns de mes lecteurs eurent la critique dure à la lecture du second passage de mon livre. Ils ne compre-naient pas que je relate mon existence dès mon retour de Bergen-Belsen. J’affirme que l’histoire de ma déportation, de notre déportation, doit être dite et écrite sans être le point final du narrateur. Même si beaucoup de rescapés n’ont pas eu la chance de renaître, tant ils se sont enfermés dans une bulle de souffrance, leur odyssée ne s’est pas arrêtée en 1945. Que sont-ils devenus, quelle fut leur vie de femme, leur vie d’homme ? Là est l’intérêt !
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Moi, je n’ai fait que narrer ce que j’ai vu, ce qu’un en-fant de six ans a filmé dans sa petite tête, dans les cellules d’un cerveau peu à même à tout comprendre. Les nazis nous décrivaient ni comme des êtres humains ni comme des animaux. Nous n’étions pour eux que de la vermine à détruire, à faire disparaître. Avoir réussi ma vie (et non pas réussir dans la vie) en ayant fondé une famille, voilà une belle victoire sur ces monstres qui nous en croyaient incapables. C’est pour cela que j’affirme qu’au bord de la détresse, de la profonde affliction, on peut rebondir et résister à la tentation de se laisser mourir. Aujourd’hui, en 2012, je suis vivant et bien vivant malgré mes problèmes de santé. J’ai résisté et je résiste à la tentation de me laisser aller !
SANS HAINE NI OUBLI
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