De la drogue au Coran, ou les dégâts des préjugés
244 pages
Français

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De la drogue au Coran, ou les dégâts des préjugés , livre ebook

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Description

Un témoignage authentique qui fera tomber tous les a priori. Drogue, bonne mères de familles et maltraitance, Islam, violence conjugale, quartiers, gens « biens » et voyous. Un ton parfois choquant mais des situations exactes, actuelles et grâce auxquelles on voit les choses différemment.
Ce livre est aussi une histoire d’amour. Être une mère « cachée dans une droguée » m’a offert un point de vue exceptionnel. Les gens se comportent différemment devant une droguée ou devant M. le Maire.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 03 juillet 2018
Nombre de lectures 8
EAN13 9782312059426
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Extrait

De la drogue au Coran , ou les dégâts des préjugés
Cécile
De la drogue au Coran , ou les dégâts des préjugés
LES ÉDITIONS DU NET
126, rue du Landy 93400 St Ouen
© Les Éditions du Net, 2018
ISBN : 978-2-312-05942-6
Avant -propos
J’ai lu au cours de ces dix dernières années, environ quatre cent témoignages sans jamais m’y retrouver entièrement. D’où l’envie d’écrire un livre porté sur plusieurs sujets omniprésents dans la société, mais tellement méconnus : la drogue, l’Islam et leurs préjugés, le milieu de l’enfance maltraitée, qui m’a bouleversée par sa banalité et l’indifférence des témoins, dans une société censée être évoluée et civilisée.
Je retrouve des parties de mon vécu dans certaines histoires de flics (Bénédicte Desforges en a écrite deux magnifiques, très honnêtes !). La maltraitance physique, l’inceste est souvent décrite, la manipulation, la violence psychologique et ses dégâts le sont moins. Parce que plus sournois, plus difficiles à décrire, ils ont l’air moins graves. Ils détruisent néanmoins bien des vies, c’est aussi ce que je vais essayer d’expliquer.
Je m’appelle Céc’. C’est le surnom que mes potes me donnaient parce que j’ai toujours l’air défoncée à la céc’ (cocaïne) : je suis survoltée, H24 je ne tiens pas en place, je réagis au quart de tour.
Même dans les films, dans les médias on n’ose pas dire ce que je vais raconter. Ce qu’il se passe dans les vrais bas-fonds de la société, mais pas seulement : le plus grand nombre de squelettes ne sont pas cachés dans un placard de HLM , il n’y aurait pas la place. En revanche, dans un beau grand meuble sculpté main, au milieu d’une salle à manger chic et soignée, chaises louis je sais quoi accordées à la table…
Je veux casser tous ces préjugés : tous les drogués ne sont pas voleurs, feignants, lâches et égoïstes. Tous les barbus ne sont pas des terroristes. Tous les « voyous » ne sont pas des ordures. « Les récidivistes », ce sont eux qui ont pris soin de moi, eux qui m’ont donné les clés pour que je ne m’enfonce pas plus encore. Tous les jeunes blondinets travailleurs à l’air innocent ne le se sont pas. Certains collectionnent les fichiers pédophiles sans jamais être inquiétés. Normal, ils ne vendent pas de drogue eux. Ils paient des impôts.
Et puis aussi les préjugés (positifs) envers les « bons citoyens » : ceux qui n’ont pas de casier judiciaires. Qui ne se droguent pas. Des français bien blancs, dont la pelouse est tondue parfaitement, ceux qui ont un métier honorable.
J’ai découvert la défonce avec les médicaments que me donnait mon médecin de famille, pour essayer de venir à bout de mes insomnies. Avant mes onze ans, je ne me contentais plus d’attendre qu’il prescrive, j’en demandais, de plus en plus fort, de plus en plus souvent. Je faisais de terribles cauchemars, une dépression.
Puis, je suis passée à plus fort vers mes quatorze ans. J’ai connu la dépendance psychologique avant mes quinze ans. Le vrai manque physique d’héroïne à dix-huit ans. Je suis tombée enceinte à dix-neuf ans sans réussir tout de suite à stopper la spirale destructrice dans laquelle je m’étais plongée. Mon bébé m’a donné la force de ne pas crever dans un hall. Il m’a soutenue, motivée et j’ai réussi.
J’ai pourtant grandi dans un village de campagne. Le week end j’allais m’enterrer dans les HLM les plus pourris du département. Ma famille n’est pas pauvre, on recevait plein de cadeaux à Noël, des vêtements neufs, des vacances chaque années.
J’ai abandonné le peu d’amies que j’avais, pour côtoyer des dealers, des tarés, des drogués, des psychopathes. J’étais aussi folle qu’eux, du moins c’est ce que je croyais.
Dieu merci je me suis posée pour mes enfants, j’ai tout fait. J’ai toujours ressenti comme une anesthésie affective. J’avais l’impression de m’amuser et de tout contrôler. Cet humour noir coûte très cher.
J’ai toujours eu un grand besoin d’apprendre, de côtoyer plein de gens différents. J’ai appris, de la meilleure manière qu’il soit, par l’expérience et les erreurs.
Je suis surdouée mais je ne le savais pas à cette époque, je croyais être folle. J’étais tellement différente des autres ! Et pour moi surdoué signifiait génie, or je n’en suis pas un. Ça ne m’est donc jamais venu à l’idée avant d’avoir vingt-trois ans. Je faisais des recherches concernant le comportement de mon fils. En lisant les livres de Monique de Kermadec ( L’adulte surdoué et Le Petit Surdoué de 6 mois à 6 ans ) j’ai d’un coup tout compris. Mon fils, lui, a été détecté par sa pédopsychiatre.
Avant ça je me croyais folle. Bizarre. Anormale. Dangereuse. Malade.
Je suis quelqu’un de lucide, trop, vraiment trop, et ça m’a coûté cher. Sans aucun filtre, tout me saute aux yeux, même ces choses très douloureuses que l’esprit habituellement, adoucit pour se préserver. Sans enfant, ma vie n’avait aucun prix, il a fallu que je donne la vie pour enfin vivre moi aussi.
De cette expérience, il me reste une profonde déception de l’être humain, mes enfants et cette belle religion qu’est l’islam.
J’ai choisi volontairement d’axer mon récit sur certains sujets, d’en éviter d’autres. Un de mes objectifs étant de montrer la différence entre apparence et réalité, ainsi que les dégâts profonds des préjugés sur une vie. Dans un souci de sincérité, même si ça peut être choquant, je transcris mon regard, mes émotions de l’époque, et complète avec mon regard d’adulte, en italique.
J’ai également modifié des noms par respect pour la vie privée.
Les détails que je donne permettent de comprendre la subtilité d’une situation, les subtilités qui rendent la violence morale si difficile à détecter. Un regard extérieur perçoit ça comme un détail, mais la répétition et le but évident de nuire en fait une violence très destructrice. J’ai rencontré énormément de personnes qui paraissent folles ou simplement nulles, mauvaises, mais n’étaient en réalité que des victimes. Seul indice : à côté de ces personnes, un proche qui se plaint, en souffre, mais qui au fond rayonne. L’intention de nuire et la répétition.
Surdoué, Haut potentiel ou la douance : mode de fonctionnement du cerveau, dont est dotée 1 ou 2 % de la population, selon les statistiques. Ce qui signifie que tout le monde en connaît au moins un. Un QI élevé ne suffit pas à qualifier quelqu’un de « surdoué », d’autres critères sont à prendre en compte.
Monique de Kermadec explique dans ses livres qu’il est aussi difficile pour une personne dotée d’un QI de 70 de s’intégrer dans la société, qu’à une personne qui est évaluée à 130.
Je suis très sensible, j’ai une excellente mémoire affective, et de manière générale. Je suis entière et mon caractère rend ma vie sociale quasiment nulle. C’est un choix, je préfère ça à être hypocrite. Les convenances sociales et la diplomatie sont indispensables, mais je n’y arrive pas. Je ne suis pas naturelle et à un moment, je bug.
Chez un adulte éclairé, c’est facile de comprendre, d’analyser, de remettre en question. Un enfant, ça ressent ces émotions sans les comprendre. Combien de mes « copains du fond de la classe » étaient des surdoués non détectés. On s’est tous retrouvés quelques années plus tard chez le dealer.
J’ai de gros problème en société dite « civilisée ». Je ne supporte pas l’autorité, surtout si elle n’est pas crédible. Je suis très empathique, je sais parfaitement ce que ressent l’autre et je m’en sers en bien ou en mal selon le contexte. Je suis intraitable, intenable, inadaptable et en vieillissant, de plus en plus asociale. J’ai trouvé un métier idéal, sans patron ni collègues, sans aucun contact : l’écriture, la rédaction Web… Même les clients j’ai du mal parfois.
À 22 ans j’ai arrêté définitivement l’héroïne. Ça faisait un an que j’étais clean, mais j’avais rechuté deux fois un gramme. Je provoque involontairemen

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