Drôle de printemps
177 pages
Français

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Description

Confronté à des évènements auxquels, comme tous ceux de sa génération, il ne fut pas préparé et par lesquels il tente de ne pas se laisser emporter, ce jeune homme livre, au fil des jours, les réflexions que lui inspire le monde dans lequel il a dû plonger.

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Publié par
Nombre de lectures 1
EAN13 9782383510963
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0075€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

Drôle de printemps
La SAS 2C4L — NOMBRE7,ainsi que tous les prestataires de production participant à laréalisation de cet ouvrage ne sauraient être tenus pourresponsables de quelque manière que ce soit, du contenu engénéral, de la portée du contenu du texte, ni dela teneur de certains propos en particulier, contenus dans cetouvrage ni dans quelque ouvrage qu’ils produisent à lademande et pour le compte d’un auteur ou d’un éditeurtiers, qui en endosse la pleine et entière responsabilité.
Jean Martin-Dupont
Drôle de printemps
À Fabienne, qui m’incita à faire revivre cepassé totalement estompé.

À tous mes compagnons, connus et inconnus, quisuivirent la même route.

À mes enfants, petits-enfants et arrière-petits-enfants pour qu’ils en gardent mémoire, car :

« La mort ne vient qu’avec l’oubli. »

«  Répondant à l’appel de laFrance en péril, vous avez été de bonscompagnons qui, au premier rang, lui ont permis de remporter lavictoire ».
Charles de Gaulle


« Ils choisissent la périlleuse aventure dupassage des Pyrénées pour l’honneur de servir ».
Maréchal de Lattre de Tassigny
« Vivre n’est rien. Vivre libre est tout ».

Abbé Grégoire .
Tu seras un homme mon fils si :
Tues capable de garder ton sang-froid quand tout le monde, autour detoi, perd la tête.
Tues capable, quand tous doutent de toi d’avoir confiance entoi-même mais d’admettre, aussi, qu’il soit permisde douter de toi.
Tues capable d’attendre sans te fatiguer d’attendre.
Tues capable de rêver, sans te laisser asservir par tes rêves.
Tues capable, rencontrant le triomphe ou le désastre d’accepterl’un et l’autre comme deux imposteurs.

Devise scoute en 1932 librement inspirée du poème If de Rudyard Kipling.
Avant-propos
« Mauvais souvenirs ! Soyez pourtant lesbienvenus, vous êtes ma jeunesse lointaine ! »
Courteline
Ilne faut voir dans le récit qui suit ni une relationhistorique, ni des mémoires et encore moins un écritporteur d’un quelconque message.
Certainesexpressions employées, bien qu’inusitées de nosjours, choqueront probablement quelques lecteurs. Elles ont étélaissées à dessein, non pour raviver des rancœursqui, Dieu merci, sont d’un autre âge, mais pour éclairersur l’état d’esprit de l’époque.Elles permettront, même, de mesurer le chemin parcouru en undemi-siècle, dans le bon sens.
Cespages ne sont que la compilation de la correspondance adresséeà sa famille, par un adolescent pris dans le cyclone quibalaya la planète de 1939 à 1945.
Confrontéà des évènements auxquels, comme tous ceux de sagénération, il ne fut pas préparé et parlesquels il tente de ne pas se laisser emporter, ce jeune hommelivre, au fil des jours, les réflexions que lui inspire lemonde dans lequel il a dû plonger
Lavoie était étroite. Demeurer sur un chemin dont il n’yaurait pas lieu de rougir plus tard fut une gageure qu’ilfallait tenir, en ne se fiant qu’à soi.
Préambule
Les Évadés de France
(1940-1943)
S’évaderde France, de nos jours, c’est partir en vacances, découvrirdes horizons nouveaux, bref se détendre, s’évaderde la vie quotidienne et cela d’autant plus aisément quel’on franchit les frontières sans souvent s’enrendre compte. C’est pourquoi le titre de cet article peutparaître incongru.
Maisil fut un temps, pas si lointain, où quitter la France, quiétait occupée, n’était pas une partie deplaisir. Ces quelques lignes ont simplement pour but de sortir del’ombre cet épisode du conflit mondial et surtout faireun devoir de mémoire.
Onne connaît et on ne parle que de deux formes de résistance :l’intérieur et l’extérieur.
Partirfut à la fois un défi et un délit.
Prologue Derniersbeaux jours
Octobre1938 – Les évènements de ces derniers mois soufflèrentle chaud et le froid, nous faisant tantôt espérer undénouement heureux, tantôt sombrer dans le pessimisme leplus profond. Mais à notre âge, les soucis s’oublientvite. Aussi est-ce l’esprit encore tout imprégnédes souvenirs des deux mois de vacances que je viens de vivre que jeregagne le « Cours Sogno » à Lyon.
Cetétablissement privé est englobé dans le collègedes Lazaristes, connu sous le nom de « Lazos ».Il est tenu par les Frères des Écoles Chrétiennes.Depuis un an, j’y suis interne. Je rentre en mathématiquesspéciales, à savoir en seconde année des classespréparatoires aux Grandes Écoles, la « Taupe »en jargon estudiantin.
L’institutionsurplombe toute la ville. Située au milieu d’un parc àflanc de colline, juste en dessous de la Basilique de Fourvière,elle offre, simultanément, un cadre agréable et uneambiance assez détendue. Ces deux élémentspermettent de trouver, aisément, le calme et la concentrationnécessaires aux études que nous poursuivons.De plusnous logeons non pas en dortoir mais en chambres individuelles.Chacun a, ainsi, la possibilité de travailler à sonpropre rythme. Enfin la discipline est assurée par lespensionnaires eux-mêmes. Pas de Cerbère pour nous épierni de règlement trop contraignant.
Notrevie studieuse et quasi monacale se déroule à la cadenced’un horaire rigoureux. En toutes saisons, nous nous levons àl’aurore, et même avant en hiver. Sitôt unetoilette de chat terminée, nous assistons à la messe.Puis, viennent l’étude, pour nous mettre dans le bain dela journée, et ensuite le petit déjeuner. Aprèsce dernier, promenade et bavardage dans le parc avant d’entreren cours.
Quelquesmoments de détente, impromptus, viennent interrompre, parfoisfort à propos, la monotonie de ce programme immuable.
Chaquemois, on nous accorde un week-end de sortie. J’en profite pourme rendre à Belley. Là, chez ma tante, la sœur dema mère, je me retrempe dans l’atmosphèrefamiliale.
Lesautres dimanches, nous ne disposons, au début de l’après-midi,que de courts instants de liberté. Nous devons êtrerentrés à seize heures trente, pour assister au« Salut ». Après cet office, nous nousreplongeons dans nos livres jusqu’au souper. Bref, tout estpour le mieux dans le meilleur des mondes… pour étudier.
Montravail, avec à la clé la perspective des examens oùla concurrence est sévère, m’absorbe entièrement.Par moment, néanmoins, mon esprit est absent. Je ressens,comme beaucoup d’autres, une véritable anxiété.Des nuages, de plus en plus menaçants, s’amoncellent surnos têtes.
Aprèsl’annexion de l’Autriche, « l’Anschluss »,les nazis, en dépit des accords de Munich, s’emparent dela Tchécoslovaquie. Ne voulant pas être en reste, lesItaliens, qui jugulèrent l’Abyssinie, envahissentl’Albanie. Les hommes politiques, en France comme ailleurs, seconduisent, vis-à-vis des deux Dictateurs de l’Axe,comme de véritables pantins. Par ce comportement, ils nousentraînent, inéluctablement, vers la guerre. Personne,pourtant, ne semble douter que les Alliés sortiront,facilement et rapidement, vainqueurs de cet affrontement.
Cependant,l’Abbé Larue, notre professeur de mathématiques,chef de bataillon de réserve dans les Chasseurs alpins, qui afait ses preuves durant la « Grande Guerre »,ne partage, absolument pas les mêmes convictions.
Sonattitude me remet, très souvent, en mémoire, uneremarque du Général Georges, adjoint du GénéralGamelin, général en chef des armées, qui, àl’époque, m’avait frappé.
C’étaitau mois d’août 1937. Un dimanche, nous lui avions renduvisite à Morzine, où il était en villégiature.Au cours de la conversation, il avait glissé cette phrasesibylline : « Si nous continuons ainsi, Hitler etMussolini nous mettront d’accord ! ». Hélas !Les évènements devaient, par la suite, lui donnerrapidement raison.

Juin1939 – Depuis plusieurs décades nous vivons ballottés,continuellement, entre espoir et angoisse, tant en raison de lasituation mondiale que de l’incertitude planant sur noslendemains.
Nousvenons de terminer de « plancher ». Admissibleà l’École des Mines de Saint-Étienne, jeme trouve seulement en liste d’attente, après l’oral.
Monclassement, cependant, est porteur d’espoir. Compte tenu desdésistements qui, habituellement, se produisent toujours, jesuis pratiquement sûr « d’intégrer »une « Grande École ». Dans le plusmauvais des cas de figure, j’ai la quasi-certitude d’yentrer l’année suivante .

Juillet1939 – Vers le 15, je pars pour Belley. Comme tous les ans, venantde Rabat, toute ma famille m’y rejoint. Nous y passons ensemblel’été.
Avecmes frères, cousins et amis, nous mettons à profit lesbeaux jours, partageant nos loisirs entre tennis, baignades etpromenades à vélo. La belle saison aidant, nousretrouvons l’insouciance de notre âge. Nous en oublionspresque ce qui se trame dans le monde.

Août1939 – Malgré l’orage qui se prépare, auquel nulne veut croire, nous partons, le 28, pour une longue randonnéeà vélo. Notre projet est d’accomplir le circuitBelley, Chamonix, Belley. L’itinéraire prévupasse par Chambéry, Albertville, Megève àl’aller et au retour par Cluses, Annecy, Aix-les-Bains et lecol du Chat…
Àpeine étions-nous arrivés à Chamonix, que, surtous les murs, sont placardées d’immenses affichesordonnant la « Mobilisation générale ».Cette décision du gouvernement nous prit de court et nousinquiéta au plus haut point, bien que, sur les ondes, les voixofficielles ne cessaient de nous seriner, tel un leitmotiv, que :« la mobilisation n’est pas la guerre ! ».
Nousdécidons, malgré les appels au calme, de rentrer,immédiatement, à la maison. Le parcours (200 kmenviron), effectué en une seule étape, met notreendurance à très rude épreuve.

Septembre1939 –Dès lors les évènements s’enchaînenten série. Nous sommes très loin d’avoirconscience qu’ils vont complètement bouleverser laphysionomie de la vie de centaines de millions de gens.
Ausein de mon entourage, pour l’instant, seul mon oncle esttouché par le rappel des réservistes. Il fit laGuerre « 14-18 » comme officier du Servicede Santé. Incorporé en 1912, il ne fut rendu àla vie active qu’en 1919. Malgré de tels états deservices, il doit fermer son cabinet de chirurgien-dentiste etrejoindre un hôpital à Lyon.
Quantà moi, amère déception ! À l’Écoledes Mines de Saint-Étienne, en raison des circonstance

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