Dans les années 60, des enfants atteints de nanisme et condamnés à ne jamais grandir, commencent à être traités par l'hormone de croissance, alors extraite d'hypophyses humaines. Les résultats sont encourageants. L'espoir est alors immense pour eux et pour leurs parents. Beaucoup d'enfants grandiront, mais certains des lots de cette hormone ont été contaminés par le prion. À l'époque, celui-ci n'était pas encore identifié, et il était impossible de déceler cette contamination. Des enfants en seront les malheureuses victimes des années plus tard. Le scandale a été violent: depuis la première plainte déposée en 1991 jusqu'au procès de 2008, des médecins et des scientifiques ont été traités de criminels et traînés devant les tribunaux. Marie Frances, pédiatre et directeur de recherche à l'Inserm, a été aux premières loges de cette aventure médicale ponctuée d'espoir. Son récit, s'adresse au grand public, aux jeunes chercheurs, aux enfants qui ont grandi grâce au traitement et surtout aux parents de ceux qui sont partis... Elle apporte sa vérité, resituée dans le contexte de l'époque. Sans prétendre justifier le comportement des acteurs de ce drame, elle rappelle utilement que les avancées scientifiques se font rarement sans dégâts et parfois dans la douleur, une douleur partagée par les patients et par les médecins.