Leçons de vie
227 pages
Français

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Description

À quelques jours de ses 14 ans, Paul est confronté au terrorisme.
Sous ses yeux, sa sœur, son frère et 30 autres enfants sont pris en otages à Loyada, tout près de Djibouti en Afrique de l’est.
Deux d’entre eux seront tués, plusieurs autres blessés, lors de l’opération de libération.
Le traumatisme est toujours présent, d’autant qu’une chape de plomb s’est abattue sur cette affaire, si peu connue 41 ans après les faits.
Entre temps, Paul va connaître la maladie.
Pendant les 15 dernières années, il affrontera 3 cancers différents.
Il est toujours sous la menace de 2 d’entre eux, qui ne se guérissent pas.
Ce récit est le témoignage de son vécu de la prise d’otages et de la lutte contre la maladie.
Des moments de vie plus ou moins heureux le parsèment : ses voyages et ses rencontres à travers le monde, le harcèlement au travail,…
Le message de Paul est multiple.
D’abord, il entend redonner de l’espoir à ceux qui sont confrontés à la maladie.
La lumière peut être au bout de l’interminable tunnel.
Ensuite, il souhaite que les ex otages soient reconnus, notamment des pouvoirs publics.
Enfin, il rend hommage à ses médecins, aux libérateurs de sa sœur et de son frère, tout comme aux bénévoles qui se mobilisent en faveur de ceux touchés par la maladie ou le terrorisme.
Les droits seront versés à des associations qui soutiennent les victimes du cancer et du terrorisme.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 25 avril 2017
Nombre de lectures 5
EAN13 9791029006807
Langue Français

Extrait

Leçons de vie
Paul Vitani
Leçons de vie
De Djibouti à Villejuif , en passant par la Corse ,…
Les Éditions Chapitre.com
123, boulevard de Grenelle 75015 Paris
© Les Éditions Chapitre.com, 2017
ISBN : 979-10-290-0680-7
Avant - propos
« Quand tu traverses l’enfer, surtout continue d’avancer. » Winston Churchill
Je n’ai pas tout de suite prêté attention à cette photographie que je venais de scanner d’une diapositive d’époque. C’était fin janvier 2015 et, avec Patricia, mon épouse, nous étions partis nous reposer quelques jours en Corse. J’avais des circonstances atténuantes. Je souffrais le martyre au niveau des lombaires depuis plusieurs mois, malgré kiné, ostéopathie, anti-inflammatoires,…
Je ne savais pas encore qu’un troisième cancer s’installait dans mon corps.
Cette photo date sans doute du 1er février 1976. Elle a probablement été prise par mon père.
Cette photo serait impossible à prendre aujourd’hui, non seulement parce que nous avons pris quarante années, mais aussi parce que la 13è DBLE {1} a quitté Djibouti pour partir à Abou Dhabi, puis, depuis 2016, dans le Larzac.
Lorsqu’elle a visionné cette photo, ma sœur Nathalie a immédiatement remarqué les chaussures qui l’habillaient. C’était celles que mes parents venaient de lui acheter, quelques jours avant que la photo ne soit prise. Celles que, deux jours plus tard, elle devait porter dans ce bus maudit.
Nous étions très beaux, insouciants. Nathalie allait avoir 7 ans, Thierry avait 10 ans et demi, Pascal filait sur ses 12 ans et j’ai eu 14 ans quelques jours après.
Cela faisait presque deux ans que nous étions à Djibouti.
École le matin, plage l’après-midi. Comment ne pas rêver une telle enfance, une telle jeunesse, une telle scolarité ?
Certes, il y avait eu ici ou là, des attentats en ville, avec « quelques » morts et blessés.
Un mois et demi avant, le 20 décembre 1975, un Noratlas ou Nord 2501 ; l’avion de transport militaire ; fut menacé par des chasseurs Mig 19, forcé à atterrir en territoire somalien, fouillé de fond en comble, car l’équipage était soupçonné de faire de l’espionnage, avant d’être, enfin, autorisé à repartir pour Djibouti, pour la base aérienne, la BA 188 Emile Massart, nom presque homonyme avec l’un de « mes » futurs oncologues. Mon père aurait pu participer à cette mission.
Quelques semaines auparavant, un légionnaire fut découvert découpé en morceaux juste à côté de notre domicile, face au club hippique.
Malgré tout, au collège Boulaos, je discutais facilement avec des copains Djiboutiens de divers sujets, comme, avec mon camarade Saleh, de l’avenir du territoire : « Vivement notre indépendance, afin que nous soyons maîtres de notre destin ». Auquel je lui répondais : « vous ne pourrez jamais être réellement indépendants, car vous n’avez que peu de ressources, et vous ne tarderez pas de le regretter ».
Mais, nous étions au centre d’un échiquier, dont les pièces étaient manœuvrées par la France, par les différents mouvements autonomistes ou indépendantistes, mais aussi par la Somalie voisine et son protecteur soviétique, et, en arrière-plan, par les Etats-Unis. Au nord du territoire, le détroit du Bab-el-Mandeb fermait la stratégique mer Rouge. La route du pétrole, venant du golfe Arabo-persique, était trop proche.
L’enfer allait s’abattre sur nous : prise d’otages, terrorisme, enfants tués, d’autres paralysés. Sans compter une trentaine de soldats et terroristes tués « de l’autre côté ».
Jours et nuits d’angoisse, de souffrance.
Plus d’une quinzaine d’années avant que je puisse en parler sans avoir de fortes émotions. C’est encore le cas plus de quarante années après. Je n’arriverai peut-être jamais à évoquer tout ce que j’ai vécu, vu et que je sais, sans en parler normalement. Pourtant, j’ai connu d’autres fortes émotions avec toutes ces maladies successives depuis 2002.
Cette photo est très belle. Je n’ai pas tout de suite remarqué qu’elle est aussi chargée de symboles. Symbolique parce que nous allions passer de l’innocence à la brutalité. Symbolique, pour plein d’autres raisons encore.
Nous sommes devant l’entrée de la 13è DBLE. Notre maison est à quelques centaines de mètres, en direction du quartier d’Ambouli. Mon père nous amenait de temps en temps au quartier légion pour déjeuner ou diner au mess. Maman devait être à ses côtés lorsqu’il nous a photographiés.
Nathalie est serrée dans cette croix de Lorraine, qui, forcément, renvoie au général de Gaulle. Lorsqu’il était président de la République, fin août 1966, il se rendit à Djibouti, dont le territoire s’appelait alors la Côte française des Somalis.
Des manifestations et affrontements meurtriers réclamant l’indépendance eurent lieu. La légion étrangère, peut-être la 13è DBLE, soutint la gendarmerie dans les opérations de maintien de l’ordre, qui furent meurtrières.
L’année suivante, en 1967, le Territoire français des Afars et des Issas (TFAI) succédait à la Côte française des Somalis. La route de l’indépendance semblait tracée.
Cela n’empêcha pas la prise d’otages.
Cette croix de Lorraine était située à un « jet de pierre » de la cathédrale de Djibouti, là où Pascal et Thierry ont fait leurs communions. Cette croix, en « terre d’islam » comme l’on dit de nos jours, et si tenté qu’une terre doive s’intégrer à une religion, souligne donc la proximité entre chrétienté et islam, entre Europe et Afrique.
Même s’il n’y a jamais eu à Djibouti d’oppression religieuse, cette croix renvoie tout de même aux minorités persécutées, comme c’est le cas en Irak et en Syrie depuis quelques années. Mais pas besoin d’aller si loin de Djibouti, puisqu’en Somalie voisine au sud, de nos jours, les shebabs radicalisés essayent d’imposer leur vision de la religion, de la société. Cette Somalie qui joua un rôle prépondérant dans la prise d’otages.
En cette année 1976, d’autres minorités étaient persécutées au nord du TFAI, lorsque l’Erythrée luttait pour son indépendance. Aujourd’hui, en Erythrée, le chef des indépendantistes est devenu dictateur et martyrise son propre peuple.
Cette croix évoque aussi la chrétienté de l’Ethiopie voisine, dont la royauté a pris fin au début de notre séjour djiboutien, en septembre 1974. La fleur de lys, placée entre Nathalie et moi-même, renvoie également à la royauté, celle de Louis-Philippe 1er, qui fonda la légion étrangère en 1831. Le roi des Français fut le dernier des Capétiens. La fleur de lys était leur symbole.
Cela est bien plus ancien, mais comment ces plongeons dans l’histoire ne pourraient-ils pas aussi faire songer à ce berceau de l’humanité que fut donc l’Ethiopie, pays où je me rendis en famille en août 1975, au moment où Haïlé Sélassié 1er ; le descendant de la reine de Saba qui séduisit le roi Salomon ; rendit son dernier soupir.
Ces plongeons dans l’histoire me rappellent aussi le Kenya ; situé à peine plus au sud ; où, avec Patricia, nous nous sommes rendus tant de fois. Nous y avons beaucoup de connaissances, musulmanes notamment, tout comme chrétiennes. Certains sont nos amis, indépendamment de leur foi.
Mais revenons à cette photo pour remarquer enfin, qu’à ma gauche, sont symbolisés deux légionnaires qui montent au front.
Leur courage est justement mis en valeur. C’est qu’il en a fallu à André Soubirou, André Milésie et Pierre Jorand, les légionnaires du 2è REP (régiment étranger de parachutistes) pour courir, avec leurs camarades du GIGN, sous la mitraille des terroristes et des soldats somaliens ; plusieurs milliers de balles tirées sur eux et sur les enfants {2} ; afin d’arriver jusqu’au bus pour en libérer les otages, pour libérer Nathalie, Thierry et leurs camarades, des assassins qui voulaient les égorger.
Ce livre rend donc également hommage à ce courage.
Il évoque aussi la brutalité des hommes, l’inquiétude, la souffrance, le traumatisme et forcément, la culpabilité ; avec ce car que je vois partir, à l’intérieur duquel se trouvent Nathalie, Thierry, Franck, Jean-Luc, Virginie… Ces enfants que je connaissais ; même si leur souvenir s’est estomp

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